Lorsque j'ai débuté ma carrière en flottille vers la fin des années 60, les membres d'équipage en tenue de vol ne portaient pas de signe apparent permettant l'identification de leur grade.
La combinaison de vol, en effet s'apparentait plus à une tenue de travail qu'un uniforme militaire.
Au sein de l'unité opérationnelle, tout le monde se connaissait et cette absence du grade ne posait aucun problème, chacun sachant exprimer vis a vis de l'autorité les marques extérieures de respect qui lui étaient dues.
Toutefois lors des escales ou des séjours sur terrains extérieurs, dès l'arrêt des moteurs, on voyait s'égayer sur le tarmac une ribambelle de bonshommes verts dont la similitude vestimentaire n'autorisait aucune identification hiérarchique.
Se fonder éventuellement sur une apparente ancienneté au vu des traits marqués d'un membre de l'équipage ne relevait pas toujours du bon choix.
Ainsi l'histoire rapporte que lors d'une escale, un vieux chibani d'officier marinier dont j'ai oublié le nom, avisant la face juvénile et la stature chétive d'un membre de l'équipage qui descendait l'échelle d'accès de l'Atlantic, lui tint à peu près ce langage :"Eh mousse va me chercher ton chef"
Le dit mousse sans un mot, remonta dans l'avion, se saisi de son couvre chef qui n'avait jamais autant mérité cette acception, dévala à nouveau l'échelle et se planta devant l'officier Marinier qui, à la vue d'une casquette ornée de plusieurs galons parallèles à l'horizon, se rendit compte de sa cruelle méprise. Pas de sanction bien sûr mais l'envie chez le protagoniste confondu de se trouver ailleurs!
Je ne saurais souscrire à l'idée que ce genre d'anecdote savoureuse a contribué chez nos instances supérieures à revoir la réglementation en matière de tenue de travail chez les aéros, toujours est-il que quelques années plus tard, le port du galon sur la tenue de vol était devenu obligatoire.
De plus, avec l'arrivée de nouvelles combinaisons plus seyantes dotées de petites surfaces en velcro destinées a recevoir le patronyme et le grade du porteur, il devenait difficile de se soustraire à cette nouvelle mesure qui, à mon point de vue, me paraissait futile.
Toutefois, soucieux de toujours m'inscrire dans la voie de l'obéissance et du périmètre réglementaire, j'ai aménagé à mon goût cette nouvelle contrainte comme en témoigne l'image ci-dessous.
J'ai essuyé quelques remarques piquantes mais qui n'ont jamais été suivies d'une obligation de me mettre en règle.
Je confesse que mon ancienneté à NIMES m'a certainement beaucoup aidé pour assouvir cette gentille facétie.
Cordialement









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Il est vrai que le petit " M......" était aussi surnommé monsieur 13500 tours!!!! Pourquoi?... Ses bras ne lui permettaient pas de pousser la commande de puissance jusqu'au régime de décollage de 15250 t/min. Bonne journée