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par Michel47 le Sam 30 Déc - 10:59
Dassault propose dix-huit avions de combat Rafale au Maroc.
Le royaume chérifien pourrait être le premier client export de Dassault Aviation pour son nouvel avion de combat.
L'Arabie Saoudite financerait l'opération.
Le Maroc pourrait devenir le premier client export du Rafale, l'avion de combat de Dassault Aviation, selon des sources industrielles concordantes.
Les Marocains, soucieux de renforcer leur flotte aérienne notamment vis-à-vis de l'Algérie qui vient de s'offrir plus de 60 avions de combat russes de dernière génération - 28 Sukhoi - 30 et 40 Mig 29 -, pourraient équiper leur armée de l'air de 12 à 18 Rafale, soit un gros escadron.
Le contrat serait négocié de gré à gré entre le Maroc et Dassault Aviation.
Une commande, certes modeste, mais qui aurait le mérite de lancer enfin le Rafale à l'export après ses échecs successifs aux Pays-Bas, en Corée du Sud et enfin à Singapour.
Il y a peu de temps encore, ce dossier n'était pas vraiment une priorité pour les industriels du team Rafale, Dassault, Thalès et Safran. Mais le retentissant fiasco français en Arabie Saoudite, qui a finalement préféré l'avion Eurofighter (EADS, BAE Systems et Finmeccanica) au Rafale a paradoxalement ouvert les portes du royaume chérifien à l'appareil de Dassault Aviation.
Compensation.
Pour arriver à conclure cette vente, Paris compte sur un jeu à deux bandes, via l'Arabie saoudite qui financerait les appareils marocains, selon nos informations.
La diplomatie saoudienne est coutumière de cette pratique.
L'industrie de défense française aurait déjà bénéficié de cette pratique en Irak où les Saoudiens avaient, selon les spécialistes, financé dans les années 80 l'achat de missiles antichars français Roland.
Le royaume wahhabite a également aidé par le passé le Pakistan à équiper ses forces armées.
C'est dans ce cadre complexe que l'opération marocaine pourrait se réaliser.
Car les Saoudiens ont visiblement sous-évalué l'énorme déception des Français à la suite de leur décision d'opter pour l'Eurofighter.
L'échec du Rafale à Riyad a en effet été très durement ressenti à Paris.
Du coup, les missions diplomatiques françaises au palais du roi Abdallah ont fini par ébranler les esprits saoudiens qui n'avaient pas pris la mesure des enjeux du Rafale pour la France, estime-t-on au sein des industriels.
En signe de compensation, l'Arabie Saoudite, dont l'achat des avions Eurofighter est irréversible, ferait ce geste vis-à-vis de la France, via le Maroc.
Le patron de Dassault Aviation, Charles Edelstenne, qui a toujours cru aux chances du Rafale à l'exportation, a coutume de dire que, pour gagner un contrat à l'étranger, " nos appareils doivent bénéficier de certaines conditions " : le Rafale sera exporté " là où les clients ne veulent pas acheter américain ou ne veulent pas acheter uniquement américain ", faisait-il observer récemment à La Tribune.
Nous gagnerons " à chaque fois que l'environnement politique le permettra ".
Récemment, il rappelait qu'il y avait toujours quelques surprises auxquelles on ne s'attend pas en matière d'export.
C'est peut-être le cas avec le Maroc.
Libye, dossier épineux.
Mis à part le royaume chérifien, les chances de vendre le Rafale à court terme sont minces.
Pour l'heure, les équipes commerciales de Dassault Aviation étaient jusqu'ici beaucoup plus tournées vers la Suisse qui est en train de préparer un appel d'offres.
En Grèce, le constructeur estime qu'il est toujours en course en dépit de l'avance de l'Eurofighter auprès des autorités qui achètent pourtant traditionnellement leurs avions aux États-Unis et à la France.
Mais la volonté des Allemands de placer des Eurofighter à la Turquie pourrait irriter les Grecs. Reste enfin à plus long terme la Libye mais le dossier est très épineux.
Pas sûr que la France ose franchir le pas en dépit de l'insistance des industriels.