En général nous passions le week-end à Toulon et la semaine à St Tropez.
A St Tropez nous appareillions dès le matin pour aller charger quelques torpilles à l’usine après quoi nous sortions du Golfe pour les tirer sur des cibles sous-marines. Une vedette de l’ECAN de St Tropez nous accompagnait ainsi qu’un hélicoptère minuscule piloté par un premier maître. Nous étions de retour à quai en fin d’après midi.
La vie à bord était très agréable.
Dans le port de St Tropez nous étions à quai le long de la jetée, près du phare, sauf lors de la fête de la Bravade pendant laquelle nous étions cul à quai près de la statue du Bailly de Suffren. L’équipage défilait derrière les fifres et tambourins et,pour cette occasion, le grand pavois était hissé.
Notre mascotte était « La Puce », une chienne de race indéterminée qui connaissait parfaitement les différents mouvements du bord. Pour « la soupe », la chienne attendait à l’arrière, près de la descente trop abrupte pour elle, que l’un d’entre nous la porte jusqu’en bas dans la cafétéria.

Notre routine fut, pendant mon embarquement, troublée par une escale à Nice et par une opération du côté des Baléares.
Lors de l’escale à Nice nous en avons profité pour aller skier à Auron. Un seul parmi nous avait déjà chaussé des skis. Il fit la plus belle chute….Notre Quartier Maître torpilleur, originaire de Djibouti, voyait de la neige pour la première fois de sa vie.
Bien sur nous avons skié en uniforme de marin et ce n’était pas triste. Pas peur de descendre mais il ne fallait pas que quelqu’un traverse la piste devant nous car nous ne savions ni tourner ni nous arrêter…Pour le casse croûte le nécessaire provenait du bord. Pour le vin…nous en avions plus que nécessaire.. Mais la montagne donne soif et nous étions tous d’accord pour reconnaître que le cambusard se bonifiait avec l’altitude…Les séances de ski après déjeuner étaient acrobatiques.


Notre ballade dans les eaux des Baléares fut tout à fait accidentelle. Nous étions d’alerte SAR (Pavillon Roméo dans la mature, si mes souvenirs de timonier sont fidèles…) et nous reçûmes l’ordre d’appareiller pour rechercher un Anglais (Mr White ???) échappé de prison (du côté d’Hyères) et qui avait quitté la France en volant un voilier. Le voilier avait été repéré par un Neptune P2V7. Lorsque nous arrivâmes près du voilier l’Anglais s’était échappé avec une embarcation de sauvetage. Nous remorquâmes le voilier jusqu’à Toulon.
Je « touchais » une part de la prime de remorquage en 1967.