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Guerre de Corée 1950-1953

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COLLEMANT Dominique
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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par COLLEMANT Dominique le Jeu 29 Oct 2009 - 8:45

SUITE DU RECIT DU LIEUTENANT PERRON

(Photo et extraits du journal du Bataillon et provenant des archives de mes Parents)



La section des pionniers : Une belle équipe ardente , rayonnante...

Spoiler:
"1300 heures . Violente explosion à quelques mètres . Poussière et fumée envahissent mon P.C. D'autres explosions , à gauche , à droite , partout. Du 155 , du 81 et du sans recul. Cette fois , c'est pour nous. Les hommes ont bondi dans leurs abris, ajustent leurs casques , leurs vestes blindées , et se terrent. Le bombardement est d'une violence inouie : dans mon bunker , il faut hurler pour se faire entendre. Pas question de lever la tête . Bientôt , la crête disparait dans un brouillard de poussière de fumées et de flammes.Les hommes paraissent nerveux , écrasés. Vers 5 heures de l'après-midi , je décide d'aller faire un tour chez GUERASSIMOFF qui ne répond plus. Le chef de groupe de gauche , TETIARAHI , m'y a précédé. Le bunker de l'observateur se fait maintenant sérieusement allumer , il faut ramper pour l'atteindre.A peine arrivé , un 75 sans recul nous touche de plein fouet . TETIARAHI est blessé au bras gauche et choqué.Il fera par la suite , preuve d'un très beau courage en regagnant son poste après un pansement sommaire , en se battant , isolé de son groupe , pendant toute la nuit.Nous évacuons les lieux en rampant par un vieux boyau Chinois , accompagnés d'explosions.L'artillerie semble de nouveau se reporter sur 281, mais nous restons soumis à un feu dense de canons sans recul , de chars et de mortiers très précis.Pendant que TETIERAHI peut se faire panser , je réorganise son groupe , fait mettre en place les armes automatiques et je souffle un peu, épuisé par tous ces mouvements , la tension nerveuse et plusieurs nuits sans sommeil.Jusqu'ici , aucune perte par bombardement. Je pense à la mission qui est nette , incisive; tenir , sans esprit de recul. Si je lâche , 281 sera pris et la contre-attaque qui suivra pour reprendre ce piton nous coutera de un à deux bataillons.Le processus est connu , garanti.
Avec mes cinquante pionniers , je me sens un peu responsable de ces centaines de vies humaines qui , à cette heure encore , goutent aux joies simples de la vie...."
(Lieutenant PERRON chef des pionniers)


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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par COLLEMANT Dominique le Ven 30 Oct 2009 - 8:22

18h00 le 6 Octobre 1952 à Arrow-Head les Chinois attaquent ....



(Dessin de Umbdenstock p. , et extrait de texte archives de mes Parents , provenant du journal du Bataillon "Le Piton")

Spoiler:
"Il faut donc tenir jusqu'au bout BOUDINEAU m'arrache soudain à mes réflexions: "Mon Lieutenant , les Chinois!" Et sans attendre il lache ses premières rafales.
18h00 à cent cinquante mètres , par groupes entiers , bayonnette au canon , silencieuses d'abord , puis en hurlant , les premières vagues d'assaut courent sur l'éperon qui mène à notre crête.
Elles sont fauchées impitoyablement. Le tir de mortier cessé tout d'un coup ; seuls crépitent mitrailleuses et F.M.Les "illuminating" éclairent maintenant le champ de bataille ; le spectacle est hallucinant:une fourmillière en marche . Je file au P.C. en vérifiant au passage que les hommes sont à leurs emplacements de combat. Je ne reverrai pas la plupart d'entre eux. Après un baroud désespéré , à court de munitions , la fourmilière les achèvera sur son passage. Quelques uns d'entre eux , isolés , réussiront à regagner les lignes , abrutis choqués pendant plusieurs jours.Le Colonel a pu être contacté et , dans quelques minutes , un véritable enfer va se déclencher: Les Chinois écrasant la côte 281 de leur artillerie , notre artillerie écrasant la plaine et les premiers pitons Chinois , et , nous entre ces deux enfers.Quelques silhouettes en casquettes se profilent maintenant sur la crête. La mitrailleuse de BOUDINEAU s'arrête tout d'un coup . Enrayage ?
par contre , celle de LAGAREC et de GAVRILOFF sont toujours en pleine action .
Bruits de trompette Chinoise. Sur ma gauche une explosion de grenades, cris et toute une file de silhouettes Chinoises qui courent sur la crête.J'écrase le tout de grenades , mais impossible d'endiguer ce flot qui semble interminable et se rabat sur nous. Je décide d'évacuer mon P.C. sur le poste de GAVRILOFF , plus défendable.
Tout se passe bien , malgré les explosions et les hurlements qui se rapprochent. Le sergent LAGAREC ne rejoindra pas , tué sur sa mitrailleuse.Je ramasse tout ce que je peux trouver comme grenades , et me cache dans un élément de tranchées pour protéger le repli de ce groupe et pour essayer de contacter mon groupe de gauche , en plein corps à corps . Ici commence ma véritable aventure .
Me voici au centre d'un réseau de tranchées et de barbelés Par groupes de trois ou quatre , les Chinois progressent , la bayonnette piquée au fusil. Je suis invisible dans mon trou , caché par des buissons .Une à une , je lance mes grenades , en prenant soin de les laisser fuser quelques secondes. Leur explosion s'accompagne de hurlements et de râles . Parfois , en me cherchant , ils se battent entre eux.Souvent , ils passent à cinquante centimètres de moi , et je distingue leur profil rude qui se découpe sur un ciel gris-jaune...."

Lieutenant PERRON Chef des pionniers


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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par COLLEMANT Dominique le Sam 31 Oct 2009 - 8:52

LE COURAGE DU LIEUTENANT PERRON CHEF DES PIONNIERS

(Texte et photo des archives de mes Parents , provenant du journal du Bataillon de l'époque)

Spoiler:
"Les groupes se succèdent et commencent à dévaler la pente. Il faut fuir , cette fois . C'est alors que je reçois ma première blessure au coté droit par balle. Sensation de brulure . En arrivant chez GAVRILOFF , je reçois une deuxième blessure au bras droit qui me fait lacher ma carabine , mais je tiens le coup .La situation est confuse , et chacun se bat au corps à corps.L'on heurte des Chinois camouflés dans des buissons. GAVRILOFF roule au bas de la pente avec l'un d'entre eux et revient après l'avoir achevé. Eux aussi doivent être à court de munitions car je reçois , à un moment donné , une volée de cailloux. Coups de crosse , coups de fusils lachés à bout portant , cris , explosions, blessés qui gémissent , le combat dure.Vers sept heures trente , je reçois un coup violent à la tête et a la machoire. Je m'écroule en vomissant mon sang et en gémissant. Quelques minutes plus tard , une autre blessure à la tête . Je perds connaissance .
Plus tard , une autre blessure à la cuisse gauche ; plus tard une autre blessure au bras droit qui m'enlève mon biceps. Toutes ces blessures m'arrachent à mon sommeil et réveillent mes plaies.
Des tas d'idées me passent par la tête. J'essaie de prier , mais la douleur est trop atroce. Je ne puis garder les yeux ouverts plus de cinq secondes.Des caillots de sang m'obstruent la gorge et m'empêchent de respirer. Je perds connaissance , en pensant:"Je suis mort".
A un moment donné , je me réveille au bas de la pente sud , à une soixantaine de mètres du piton.M'y a-t-on transporté? J'entends des cris , des sonneries de trompette , et du baroud sur 281. Puis tout ce bruit décroit un peu . J'aperçois des silhouettes qui redescendent en transportant des corps.Sans doute des Chinois qui se replient . Cette idée me donne du courage. J'essaie de me mettre sur mes jambes , sans succès.Mais j'arrive à ramper sur le dos. Je remonte la pente en m'arrétant toutes les cinq secondes , épuisé. J'appelle : "GAVRILOFF!, Pionniers" Rien ne répond. Seulement une volée de grenades. De nouveau un coup à la tête. Je perds connaissance.
Le lendemain , je me trouve près d'un filet d'eau , entre les pionniers et la 1ère Compagnie.Je me souviens vaguement d'avoir rampé pendant la nuit.Le bombardement a tout remué , et le filet n'est plus qu'un bourbier ou je porte mes lèvres .
Je m'étends sur le dos résigné. Soudain , un jeune Chinois vient près de moi en souriant . Il me tend sa gourde d'eau. Je meurs de soif.Puis aidé d'autres Chinois , il me traîne le long de la rivière, à l'ouest du piton . Ils me laissent à l'abri d'un rocher.Ils sont une quinzaine , sans doute une sonnette.Je m'endors.Quelques temps plus tard , ils s'affairent de nouveau autour de moi: c'est pour me fouiller et m'arracher la fermeture -éclair de ma veste blindée.Bruits d'avions; explosions proches de rockets; balles qui sifflent. J'arrive à distinguer autour de moi quelques cadavres. De temps en temps , le jeune Chinois (qui doit être le chef du groupe), me tend des miettes de galette de riz et sa gourde.Je la repasse à un Chinois blessé , allongé près de moi et qui a la figure en sang.Dans l'après midi , d'autres bruits d'avions , autres explosions proches: un de nos "air-strikes" . Lorsque je fais un mouvement pour changer de position , mon gardien (une sale gueule) me file sa bayonnette sous le nez.Je passe ainsi la journée , gémissant faiblement , épuisé par la perte de sang , a demi inconscient , parfois réveillé par l'une de mes blessures.
Vers le soir , un tir de mortier tombe pile sur nous.J'entends des râles , puis j'aperçois des silhouettes qui se dispersent en courant. J'arrive à me remuer et à me cacher au bord de l'eau.Deux heures plus tard , le Lieutenant POUPARD me recevra dans ses bras."

Lieutenant PERRON

Note personnelle: (info de mon Ami Stanislas SALISZ):
Le Lieutenant PERRON sera transporté à l'hopital de Tokio puis au val de Grâce à Paris.
En 1953 , il ira ,alors qu'ils étaient au val de Grâce , avec Stanislas SALISZ acceuillir à l'aéroport de Paris , le Sergent BEZAMAT qui rentrait de captivité .



Les Lieutenants PERRON et LIRON , grands blessés...


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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par COLLEMANT Dominique le Dim 1 Nov 2009 - 8:31

LA BATAILLE D'ARROW-HEAD Cote 281 (5 au 12 Octobre 1952)



(Carte provenant du livre d'Erwan Bergot ("Bataillon de Corée") et que j'ai renseigné pour mon sujet.)

Spoiler:
Extraits de textes d'Erwan BERGOT tiré de son très beau livre aux éditions des Presses de la Cité , pour compléter mon récit ci dessus:


"Les blessés se comptent maintenant par dizaines. Sous le feu , les brancardiers Coréens vont les chercher et les ramènent vers l'arrière. Mais il n'y a plus vraiment d'arrière. A l'infirmerie de base , six kilomètres au sud , plantons et secrétaires creusent en hâte des trous sous leurs guitounes.
Vers dix heures du matin , l'aviation intervient . Peut être enregistre-t-elle des coups au but. Elle ne ralentit en rien l'intensité de la préparation Chinoise."

" L'après-midi est déja avancée et l'artillerie Chinoise tire toujours.
Cela fait exactement dix heures que le matraquage se poursuit . Les volontaires sont saturés de bruits , asphyxiés de fumée et de terre , abasourdis par le spectacle qui se modifie sans cesse , un peu comme s'ils se trouvaient sous la pelle d'un buldozer.
Dix heures sous les obus peuvent rendre fou."

18h00 attaque Chinoise :

"Les trompettes mugissent , déclenchant l'assaut. PERRON aperçoit les vagues Chinoises qui s'élancent , se ruant par les brèches des barbelés et escaladant directement la crête qui mène au coeur de sa position . Il entend aussi la voix de GAVRILOFF: "Feu à volonté ! Nettoyez-moi tout ça!"
Il est six heures exactement . Les mitrailleuses se sont mises en action , crachant sans répit , taillant des sillons sanglants dans la masse toujours renouvelée de fantassins en gris-jaune qui pensaient peut être gagner sans combattre , étonnés de s'apercevoir que , dans ces ruines , des hommes , vivent encore et se défendent, comme des lions.
A la pièce de GAVRILOFF réplique celle de LAGAREC , puis celle de BOUDINEAU."

(Erwan Bergot)

Et mon frère dans cet enfer ?


Philippe COLLEMANT pionnier au Bataillon Français de l'O.N.U.

Au stade actuel de mes recherches , je sais peu de choses.
Il est dans le groupe du Sergent LAGAREC qui se trouve avec PERRON. Sur les douze hommes de son groupe , 7 vont être tués et 1 blessé .
Des 4 groupes de pionniers , le sien est celui qui va avoir le plus de pertes.
Mon frère va survivre dans un premier temps au bombardement , puis au corps à corps qui va se passer au moment ou leur position va être submergée. Ensuite il va se replier , gravement blessé (un bras arraché) pour tenter de regagner le poste de secours de 281.
54 hommes en position avancée , face à deux régiments Chinois.
C'est une véritable fourmilière qui monte à l'assaut des troupes Françaises , au son du clairon et sous un déluge de feu. Le spectacle était hallucinant : les soldats communistes escaladant leurs morts pour avancer et avancer encore.
La section pionnier se sacrifiera devant les troupes Chinoises.


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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par COLLEMANT Dominique le Lun 2 Nov 2009 - 8:16

ATTAQUE CHINOISE DU 6 0ctobre 1952 par le pionnier Stanislas SALISZ



(Photo Stanislas SALISZ)

Voici le récit de l'attaque , tel que me l'a raconté Stanislas SALISZ camarade de mon frère.
Stanislas SALISZ faisait partie du groupe commandé par GAVRILOFF , à droite de la position de mon frère.

Spoiler:
" Lors de l'attaque , les Chinois ne pensaient pas encore trouver du monde sur nos positions.
Les Chinois sont arrivés , arme à la bretelle , au coude à coude et en chantant . J'ai attendu qu'ils soient à cinq mêtres pour les allumer. C'était eux ou moi ....J'y pense encore aujourd'hui....
Ils étaient deux divisions et nous étions si peu . Je tirai avec ma mitrailleuse . En dix minutes j'ai tiré environ 500 cartouches. Pour que notre position ne soit pas repérée , on avaient retiré les balles traçantes des bandes de mitrailleuses. Plus de burette d'huile , le canon était rouge.
Nous avions avec nous 4 Américains qui donnaient les coordonnées à l'artillerie.
Le sergent-chef GAVRILOFF fut d'abord blessé lors d'un corps à corps au niveau de nos positions.En sortant du bunker , GAVRILOFF m'a dit: "On se replie"
Il me donna le commandement avec pour mission de ramener les deux hommes encore valides de notre secteur et les Américains. Il est mort à coté de moi.
LESPINE , mon chargeur de mitrailleuse fut tué lui aussi.
Nous nous sommes dégagés du blockhaus et en sortant sur la crête j'ai crié: "y a quelqu'un ?" , personne ne répondait.
On s'est replié en sautant les barbelés. Nous n'avions plus d'armes. Les Chinois nous lancaient des grenades . J'en ai reçu une sur mon casque ....qui n'a pas explosée....
Quand cela s'est calmé , nous nous sommes repliés en bas de notre piton .
En bas du piton , sur une petite plateforme , on s'est fait tiré dessus par la 1èe Compagnie qui nous prenait pour des Chinois.
Roland GAVRILOFF ("Popof") à reçu une balle dans le cou et il est mort à coté de moi.
Il y avait des cadavres Chinois partout.
La compagnie était environ à 500 mètres. La nuit tombant , nous avons crapahuté vers elle. En arrivant au sommet , j'ai vu le Colonel BORREILL avec un Américain.
Je fut d'abord soigné à l'infirmerie de 281. J'avais reçu des éclats d'obus aux jambes et à la gorge et suis resté invalide à 80% après 4 opérations"

(Stanislas SALISZ)


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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par COLLEMANT Dominique le Mar 3 Nov 2009 - 9:13

L'attaque Chinoise du 6 Octobre 1952 par le pionnier François-Louis MORANDELLI



(Dessin de Umbdenstock journal du Bataillon de 1952)
Récit qu'il m'a fait.
Morandelli se trouvait dans le groupe du Sergent TETIARAHI à proximité de mon frère.



Spoiler:
"Les Chinois montaient l'arme à la bretelle , ne pensant pas que nos positions étaient occupées.
LAMPERTI , Corse comme moi à été tué à coté de moi.
Les Chinois étaient tellement nombreux , que je me demande comment je m'en suis sorti.
Comme armement , j'avais ma carabine et des grenades. J'ai tiré , tiré , mais ils étaient tellement nombreux qu'ils avançaient sur la crête en montant devant nous.
Je me suis replié derrière la crête et j'envoyai ma baillonnette dans le ventre des Chinois.
Je me suis dit : "Je suis cuit". Un obus est tombé , j'ai été blessé à la tête , j'ai roulé par terre et je me suis évanoui.
On m'a balancé une grenade à l'épaule et un éclat est entré entre les deux plaques du gilet blindé (plaques en duralumin)).
L'éclat à ,été arrété par mon portefeuille..., je me suis évanoui par manque d'air.
J'ai réussi à me remettre , une fois , deux fois , et j'ai rampé pour me mettre à l'abri.
Le matin , je suis rentré dans nos lignes.
J'ai d'abord été opéré sous une tente dans un hopital de campagne , puis j'ai été évacué à l'hopital de Tokio.
Ensuite , retour en France , Val de Grâce un mois et à Noël 1952 j'étais réformé."

François-Louis MORANDELLI


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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par COLLEMANT Dominique le Mar 3 Nov 2009 - 22:52

Stanislas SALISZ et François-Louis MORANDELLI aujourd'hui...

Photo que j'ai prise lors d'une cérémonie à l'Arc de Triomphe le 13 Octobre dernier.
Ce fut beaucoup d'émotions pour moi ce jour la .....





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re: Guerre de corée 1950-1953

Message par Matelot le Mer 4 Nov 2009 - 16:44

Merci DOMINIQUE pour ton récit sur cette campagne.

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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par COLLEMANT Dominique le Jeu 5 Nov 2009 - 21:45

Le récit émouvant de l'attaque Chinoise du 6 Octobre 1952 par le pionnier Henri RIBES.

Voici la version, telle qu'il me l'a racontée au téléphone.
Henri RIBES était dans le groupe de François-Louis MORANDELLI et fut fait prisonnier ce jour là.

Spoiler:
"Notre chef à Harrow-Head était le Lieutenant PERRON, un ancien para de la légion.
PERRON et ROGER voulaient renforcer les positions, on creusait en permanence...
On savait par nos chefs qu'une attaque était imminente par les renseignements obtenus.
Avant le déclenchement de l'attaque nous avons subit les tirs de l'artillerie Chinoise pendant 4 à 5 jours.
Lors de l'attaque, on se trouva face à un régiment à 4 bataillons.
J'étais dans le même trou que LAMPERTI (un Corse).
LAMPERTI tirait au fusil mitrailleur, moi je passai les chargeurs, et de l'autre main je lançai des grenades.
J'étais dans le groupe du Sergent TETIARAHI, qui blessé fut un des premiers à décroché.
On s'est rapidement vu fichus : Plus de commandements, plus de liaisons radios.
LAMPERTI m'a dit : "On est fichu, il faut mieux qu'on se replie" et on a essayé de se replier à toute pompe.
LAMPERTI est parti en longeant la crête et il fut tué en tombant sur des Chinois.
Moi, blessé (éclats d'obus dans une épaule et dans le dos), je suis parti en remontant la pente d'Arrow-Head.
Je suis rentré dans un blockhaus et dedans se trouvaient... des Chinois.
Je fut fait prisonnier.
Le lieutenant PERRON très grièvement blessé se retrouva dans un trou avec un Chinois blessé.
Je me souviens du Sergent-chef GAVRILOFF qui était parachutiste, une belle figure de la section, de BARRES un Parisien, de GUERASSIMOFF un Niçois comme moi qui arriva à se replier et ne fut pas blessé, de FAUCHIER blessé, de MENESTRIA blessé.
Les camarades disparus ont surement été pulvérisés par les obus.
Si un obus tombait sur un abri, il pulvérisait tout.
Lors de ma captivité, je n'ai pas subit de sévices, les Officiers Chinois étaient assez respectueux, au contraire des Nords-Coréens qui tuaient les prisonniers.
Un jour, alors que j'étais déjà prisonnier depuis un moment, un Officier Chinois m'a dit :
- "Je vais vous présenter quelqu'un que vous connaissez".
Et je me suis retrouvé avec le Sergent BEZAMAT.
Nous étions tous deux blessés, moi ayant reçu des éclats d'obus dans une épaule et dans le dos, et BEZAMAT grand blessé, de nombreux éclats d'obus dans le derrière.
On ne nous les a pas enlevés de suite... et nous avons soufferts.
Nous sommes rentrés en Août 1953 à l'échange des prisonniers et nous n'étions pas très épais.
Les blessés ont été rapatriés en avions, nous en faisions parti.
J'ai été hospitalisé au Val de Grâce.
HENRI RIBES

Ce témoignage est le 3ème, des camarades de mon frère.

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Re: Guerre de Corée 1950-1953

Message par BONNERUE Daniel le Jeu 5 Nov 2009 - 23:52

Mon cher Bill, j'ai lu avec une intense émotion le long récit que tu as fait concernant ces vaillants soldats dont ton frère faisait partie.
Après la Corée, le bataillon a servi en Indochine, notamment en combattant les Viêts sur les hauts-plateaux annamites (GM 100 An-Khé, Pleiku, si ma mémoire ne me fait pas défaut).
Dans mes archives je détiens des photo de Corée que je publierai ci-après dès que je les aurai localisées sur un de mes disques durs. Malheureusement, je n'ai pas beaucoup d'éléments pour les légender, mais je me renseignerai. Tu pourras toujours demander l'avis des camarades de ton frère avec lesquels tu es en contact.

Dans ce sujet, tu nous as montré ce qu'était l'amour fraternel en cultivant le souvenir d'un grand frère trop tôt disparu, sans que tu aies eu l'opportunité de suffisamment le côtoyer comme cela aurait dû se dérouler en temps normal.



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