LE COURAGE DU LIEUTENANT PERRON CHEF DES PIONNIERS
(Texte et photo des archives de mes Parents , provenant du journal du Bataillon de l'époque)

Les Lieutenants PERRON et LIRON , grands blessés...
A SUIVRE....
Bill
(Texte et photo des archives de mes Parents , provenant du journal du Bataillon de l'époque)
- Spoiler:
- "Les groupes se succèdent et commencent à dévaler la pente. Il faut fuir , cette fois . C'est alors que je reçois ma première blessure au coté droit par balle. Sensation de brulure . En arrivant chez GAVRILOFF , je reçois une deuxième blessure au bras droit qui me fait lacher ma carabine , mais je tiens le coup .La situation est confuse , et chacun se bat au corps à corps.L'on heurte des Chinois camouflés dans des buissons. GAVRILOFF roule au bas de la pente avec l'un d'entre eux et revient après l'avoir achevé. Eux aussi doivent être à court de munitions car je reçois , à un moment donné , une volée de cailloux. Coups de crosse , coups de fusils lachés à bout portant , cris , explosions, blessés qui gémissent , le combat dure.Vers sept heures trente , je reçois un coup violent à la tête et a la machoire. Je m'écroule en vomissant mon sang et en gémissant. Quelques minutes plus tard , une autre blessure à la tête . Je perds connaissance .
Plus tard , une autre blessure à la cuisse gauche ; plus tard une autre blessure au bras droit qui m'enlève mon biceps. Toutes ces blessures m'arrachent à mon sommeil et réveillent mes plaies.
Des tas d'idées me passent par la tête. J'essaie de prier , mais la douleur est trop atroce. Je ne puis garder les yeux ouverts plus de cinq secondes.Des caillots de sang m'obstruent la gorge et m'empêchent de respirer. Je perds connaissance , en pensant:"Je suis mort".
A un moment donné , je me réveille au bas de la pente sud , à une soixantaine de mètres du piton.M'y a-t-on transporté? J'entends des cris , des sonneries de trompette , et du baroud sur 281. Puis tout ce bruit décroit un peu . J'aperçois des silhouettes qui redescendent en transportant des corps.Sans doute des Chinois qui se replient . Cette idée me donne du courage. J'essaie de me mettre sur mes jambes , sans succès.Mais j'arrive à ramper sur le dos. Je remonte la pente en m'arrétant toutes les cinq secondes , épuisé. J'appelle : "GAVRILOFF!, Pionniers" Rien ne répond. Seulement une volée de grenades. De nouveau un coup à la tête. Je perds connaissance.
Le lendemain , je me trouve près d'un filet d'eau , entre les pionniers et la 1ère Compagnie.Je me souviens vaguement d'avoir rampé pendant la nuit.Le bombardement a tout remué , et le filet n'est plus qu'un bourbier ou je porte mes lèvres .
Je m'étends sur le dos résigné. Soudain , un jeune Chinois vient près de moi en souriant . Il me tend sa gourde d'eau. Je meurs de soif.Puis aidé d'autres Chinois , il me traîne le long de la rivière, à l'ouest du piton . Ils me laissent à l'abri d'un rocher.Ils sont une quinzaine , sans doute une sonnette.Je m'endors.Quelques temps plus tard , ils s'affairent de nouveau autour de moi: c'est pour me fouiller et m'arracher la fermeture -éclair de ma veste blindée.Bruits d'avions; explosions proches de rockets; balles qui sifflent. J'arrive à distinguer autour de moi quelques cadavres. De temps en temps , le jeune Chinois (qui doit être le chef du groupe), me tend des miettes de galette de riz et sa gourde.Je la repasse à un Chinois blessé , allongé près de moi et qui a la figure en sang.Dans l'après midi , d'autres bruits d'avions , autres explosions proches: un de nos "air-strikes" . Lorsque je fais un mouvement pour changer de position , mon gardien (une sale gueule) me file sa bayonnette sous le nez.Je passe ainsi la journée , gémissant faiblement , épuisé par la perte de sang , a demi inconscient , parfois réveillé par l'une de mes blessures.
Vers le soir , un tir de mortier tombe pile sur nous.J'entends des râles , puis j'aperçois des silhouettes qui se dispersent en courant. J'arrive à me remuer et à me cacher au bord de l'eau.Deux heures plus tard , le Lieutenant POUPARD me recevra dans ses bras."
Lieutenant PERRON
Note personnelle: (info de mon Ami Stanislas SALISZ):
Le Lieutenant PERRON sera transporté à l'hopital de Tokio puis au val de Grâce à Paris.
En 1953 , il ira ,alors qu'ils étaient au val de Grâce , avec Stanislas SALISZ acceuillir à l'aéroport de Paris , le Sergent BEZAMAT qui rentrait de captivité .

Les Lieutenants PERRON et LIRON , grands blessés...
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Bill










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