
En deux ans, 21 chalutiers ont bénéficié des installations et des moyens de la base navale.
En permettant aux pêcheurs d'utiliser les installations de la base navale, la Marine s'est fait des amis.
Même s'ils l'aiment bien, les pêcheurs de la région ont poussé un ouf de soulagement lorsque le Marité a quitté Cherbourg. Près de deux ans et demi dans la cale Napoléon, c'est long.
C'est qu'elle leur est utile la cale. Et particulièrement au printemps, où ils y effectuent le carénage de leurs navires.
En juin 2006, la Marine nationale avait proposé une convention à la chambre de commerce et d'industrie. Il s'agissait de mettre à disposition les installations de réparation navales du port militaire au profit des pêcheurs de Cherbourg. « D'apporter une aide exceptionnelle aux marins pêcheurs pour l'entretien de leurs navires et la gestion des arrêts techniques pendant l'occupation de la forme Napoléon par le trois-mâts Marité. »
Conditions
Les pêcheurs avaient peu de solutions. Pour être performants, leurs bateaux doivent être carénés régulièrement. L'élévateur à bateaux des CMN pouvait être utilisé. Mais en période de crise, le coût d'utilisation de cette installation en faisait reculer plus d'un. Et il n'existe pas d'autres cales pour ce type d'opération avant Granville ou Ouistreham.
Certes, l'accès au port militaire suppose des conditions. Pour accueillir les chalutiers, il fallait d'abord que les formes de la base navale soient disponibles. Ainsi que le personnel et les moyens nautiques. Il fallait aussi que les pêcheurs obéissent à des obligations, liées au statut des lieux.
« Sur une période de plus de deux ans, les remorqueurs portuaires et leurs équipages militaires ont accueilli 21 navires de pêche »
Le personnel de la base navale a également participé à la réalisation de chantier clos et indépendants. « Elle a mis en oeuvre de nombreux moyens logistiques et techniques pour préparer les échouages, les mises en place de chalutiers et leur déséchouage dans les bassins les plus adaptés » se félicite Yann Bizien, porte-parole de la préfecture maritime.
La base navale a par ailleurs fourni l'eau et l'électricité nécessaire aux travaux durant les chantiers menés par les entreprises sous-traitantes.
Patrimoine
Les deux métiers ont apprécié cette collaboration. « Ces mesures exceptionnelles représentent 130 jours de passage au bassin. Soit une durée moyenne de six jours par chalutier. Elles ont contribué au maintien en condition de ce patrimoine, et à la poursuite des activités de pêche pendant les travaux réalisés sur le Marité »
Certes, les possibilités étaient là. La réduction du format de la Marine a ralenti l'occupation des formes. Et on a pu y voir aussi une façon intelligente d'apaiser des tensions parfois latentes entre deux communautés maritimes. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, les pêcheurs disent « merci amiral ».
Thierry DUBILLOT.
Ouest-France









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