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Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges

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Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

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Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 0:46

Juste d'avant d'attaquer... :study:

Le 14 décembre prochain, cela fera 210 ans pile que cet évènement a eu lieu. Certes, ce n’est pas un de ces grands combats qui ont influencé le cours de l’histoire, comme Aboukir ou Trafalgar, ce n’est qu’une simple escarmouche navale qui a vu s’affronter une corvette française et une petite frégate anglaise, aux larges de nos côtes, durant le Directoire et tandis que Bonaparte, privé de flotte, rongeait son frein en Egypte.

Si vous avez déjà visité le Musée de la Marine, vous avez du remarquer cette grande fresque navale dans la salle principale. Les moins chanceux d’entre vous en ont probablement découvert une reproduction dans un bouquin ou, qui sait, accroché au mur d’un carré.

J’ai, entre autres défauts, une passion inassouvie pour les vieux faits d’armes un peu oubliés. Mais les sources sont rares, fragmentaires, onéreuses et la plupart des historiens ne traitent que très rarement ces incidents de guerre. Cependant, depuis quelques années, grâce au miracle de cette cochonnerie de PC et des 29,90€ que nous versons mensuellement à ces incapables de fournisseurs d’Internet à haut débit, il est possible, depuis son fauteuil, de dénicher de véritables petites merveilles dans les rayons des bibliothèques françaises et étrangères.

Cà prend du temps – Vive la retraite !-, çà nécessite une pratique de la langue de Shakespeare – encore que la littérature anglaise du XVIII et XIXème siècle soit plus facilement digérable que les écrivains américains modernes ! – car, çà ne va pas vous étonner des masses, sur le sujet naval, pour un écrit français, il doit bien exister une vingtaine d’ouvrages anglo-saxons. Si vous vous posiez encore des questions sur l’origine de la suprématie navale anglaise, au cours des siècles passés, ne cherchez plus, tout ce qui se rapporte à la mer est, pour eux, une seconde nature.

Bon, allez, assez causé !...Attaquons le vif du sujet !

Ah, j’ai bien lu et relu la charte du forum…En principe, mon pensum entre bien dans le cadre défini, ne marche pas sur les plates-bandes des historiens professionnels et n’est pas objet de polémique…sauf de la part des Brits mais cela devrait plutôt vous faire plaisir. En plus, franchement, en-dehors de l’asséner à une bande de Matafs, je ne vois pas trop ce que j’aurais pu en faire…j’avais bien pensé aux repas de mariage, communion et bar-mitsvah mais, actuellement, mon carnet d’événementiels est vide.

Je vous préviens, compte-tenu des contraintes techniques des posts, il m’en faut sept pour fourrer le tout. Je vais me prendre le Bidel avec élan, moi…je le sens !... lol!

Loïc


Dernière édition par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 2:28, édité 1 fois
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Loïc Charpentier
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Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7 (1)

Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 0:47

Date & lieu.
Date : 14 décembre 1798 (21 Frimaire an 7)
Lieu : A environ 170 km au large de l’estuaire de la Gironde (indication d’époque, d’origine française : « à 30 lieues des atterrages français »). La lieue marine correspond à 5565m, ce qui nous donne un peu plus de 165 km.
Visibilité bonne. Couverture nuageuse. Mer formée. Vent modéré de l’ordre de 10 nœuds.
Les adversaires :

Corvette française de 8 La Bayonnaise – percée à 12 sabords par bord.
Déplacement : 580 tonneaux.
Armement : 24 canons de 8 (batterie principale) – 6 canons de 6 long et 2 obusiers de 36 (Modèle 1787), sur le gaillard d’arrière – 8 pierriers de 1 livre en bronze. (Nota : les 2 obusiers de 36 remplacent 2 pièces de 6 long).
Nota : la distinction « long » ou « court » n’existe, dans la Marine française, que pour les canons de fer de 4, 6 et 8 (Ordonnance de 1786). En principe, elles sont destinées à l’artillerie de gaillard pour éviter des accidents de tir dans les haubans.
Mousqueterie et armes blanches (sabres, piques, haches, coutelas).
Commandant : Lieutenant de vaisseau Jean Baptiste Edmond Richer. Officiers : 2 enseignes dont un, commandant en second.
Equipage : Entre 200 et 220 hommes.
Garnison : Il n’est pas prévu de garnison sur les corvettes de cette classe. Mais le hasard a voulu que la corvette transporte une unité de troupes de Marine et des Colonies.
Passagers : 30 soldats des troupes des Colonies (Régiment d’Alsace) avec un officier, sous-lieutenant ou lieutenant Ledanseur (?), et, en principe un sous-officier (sergent), tous de retour d’un poste en Guyane.
Provenance du bâtiment : Cayenne
Destination (probable) : Rochefort

Frégate anglaise de 12 Ambuscade - percée à 13 sabords par bord.
Déplacement : 684 tonneaux (source anglaise) en réalité : 1096 tonneaux (source française).
Armement : 26 canons de 12 (batterie principale) – 6 canons de 6 et 8 caronades de 24 livres sur les gaillards. Nota : le nombre de pierriers (swivel) n’est pas précisé mais il est vraisemblable qu’elle en embarquait quelques uns, selon les habitudes de l’époque.
Mousqueterie et armes blanches (sabres, piques, haches, coutelas).
Commandant : Capitaine Henry Jenkins. Officiers : 3 lieutenants (identifiés : premier lieutenant et commandant en second : Dawson Maindon, troisième lieutenant : John Briggs, qui est alité pour cause de maladie).
1 lieutenant des Royal Marines (Sinclair), un commissaire de bord (William Bowman Murray).
Equipage : Effectif théorique, 250 hommes mais il semble que son rôle d’équipage était incomplet et qu’aux environs du 10 décembre, son équipage total n’était que de 212 hommes et même peut-être de l’ordre de 200 hommes, suite à un détachement de prises.
Garnison : une compagnie de Royal Marines. Effectif théorique : Trente hommes.
Provenance : Portsmouth (le 5 décembre 1798), elle fait partie du blocus britannique au large des ports français.
Particularité : l’Ambuscade est à l’origine une frégate française (Embuscade), capturée par les Anglais, lors de la tentative, en 1796, de débarquement en Irlande. Donnée par des sources anglaises comme lancée en 1773, après vérification, cette frégate de 12 a plus probablement été mise à flots, en 1789, à l’arsenal de Rochefort.


Dernière édition par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 2:29, édité 2 fois
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Loïc Charpentier
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Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7 (2)

Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 0:49

Nota : Pour effectuer une comparaison entre les deux bâtiments adverses, j’ai réalisé le montage ci-dessous. Il ne faut prendre en compte que les dimensions générales car la corvette dessinée est du type franc tillac avec une batterie découverte en barbette, alors que dans la réalité, la Bayonnaise dispose d’une batterie basse de 8 et d’une batterie de gaillard, configuration assez similaire à la frégate de 12. De plus, le nombre de sabords dessinés est, pour le moins, assez fantaisiste. La corvette est le plus petit bâtiment à trois-mâts carré de la Flotte et n’est, généralement, rien d’autre qu’une frégate en réduction. Au fil des décennies, son évolution suit celle de la frégate. La corvette de 8 a pris la place de l’ancienne frégate de 8, apparue en 1740, elle-même remplacée par la frégate de 12, puis par la frégate de 18 au tournant du siècle.

(1)


Chronologie
Remarque : les heures indiquées sont celles du méridien de Greenwich, ou comme on dit de nos jours, heures GMT. Il y a donc une heure de décalage par rapport au méridien de Paris employé par les Français. Ainsi, quand il est indiqué 7H00, comme ci-dessous, il est en réalité, 8H00, heure française, ainsi de suite.

7H00 du matin:

L’Ambuscade est au point de rendez-vous, en attente, pour faire jonction avec une autre frégate anglaise, la Stag (Capitaine York). Les hommes de quart signalent une voile au large en approche. Pour l’état-major, comme pour l’équipage, pas de doute possible, c’est la Stag attendue et la veille ne cherche pas à affiner l’identification de l’arrivant. Hormis les hommes de quart, officiers et équipage sont appelés pour le petit déjeuner (Breakfast).

Un peu avant 9H00 du matin :

Le navire non identifié est à portée de canon. Brutalement il change de cap (serre au vent) et envoie de la toile, vraisemblablement pour éviter le combat. La manœuvre l’identifie comme un navire ennemi. L’Ambuscade ordonne le branle-bas (les deux bordées en service) et prend ses dispositions pour entamer la chasse.

(2) Chronologie et évolutions de l'Ambuscade et la Bayonnaise.



Entre 11H00 du matin et midi :

L’Ambuscade, apparemment meilleur marcheuse, rattrape le fuyard, se retrouve à portée de canon et lâche sa première bordée. L’adversaire réplique aussi sec. A ce stade de la poursuite, celui-ci a été identifié comme une petite frégate française de 28 canons, La Bayonnaise (son nom est inscrit dans le cartouche de poupe). Les deux navires hissent leurs couleurs après avoir lâché leur première bordée. La Bayonnaise réduit sa voilure et accepte le combat.

Entre midi et 13H00 :

Le duel d’artillerie dure près d’une heure, à portée de mousquet (150 mètres environ).

Aux environs de 13H00 :

Explosion d’une pièce de 12 dans la batterie principale de l’Ambuscade. Son origine reste indéterminée (défaut mécanique, erreur de chargement, coup au but de la Bayonnaise).
Dégâts constatés : Un canon hors d’usage, écoutille de pont démoli, début d’incendie des canots sur leur chantier (nota : le pont supérieur (aérien) comporte une grande découpe centrale, le chantier, dans laquelle sont entreposés les canots et chaloupes du bord. Les quilles des canots dépassent dans le plafond de la batterie située en dessous), 11 blessés graves, début de panique dans la batterie et interruption momentanée du tir.


Dernière édition par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 2:35, édité 4 fois
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Loïc Charpentier
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Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7 (3)

Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 0:50

Après 13H00

La Bayonnaise profite de la confusion pour tenter de s’esquiver en envoyant de la toile.
Dégâts constatés : gros dégâts à la coque et au gréement, importantes pertes humaines dont le commandant (LV Richer) et son second, qui sont blessés et hors de combat.

L’Ambuscade reprend sa chasse en se positionnant sous le vent (de la corvette) mais le navire français en envoyant de la toile supplémentaire se met hors de portée de sa batterie (la corvette française doit être à 400/500m sur son avant).

13H30 à 14H30 (estimation personnelle)

La Bayonnaise manœuvre pour éperonner et aborder l’Embuscade sur son arrière tribord. Les sources anglaises précisent que l’initiative de l’abordage vient de l’officier commandant le contingent de soldats, qui aurait convaincu le dernier officier de marine français, encore au poste de combat, du succès de la manœuvre.

La Bayonnaise éperonne, de son beaupré, l’Ambuscade sur son tribord arrière, à la hauteur du gaillard, et, dans le choc, casse son bâton de foc, sa civadière, perd son mât de hune (le premier à l’avant) qui s’écroule sur le pont de l’Ambuscade et masque (ou désempare) la roue de gouvernail (de son adversaire). Elle dérape vers la poupe du navire anglais mais reste accrochée aux chaines de manœuvre du gouvernail soit par ses pelles d’ancre, soit par un grappin (c’est la version officielle anglaise).

(3) La Bayonnaise éperonne l’Ambuscade – Lavis d’Ozanne.



(4) Une autre représentation du combat.






14H30 à 16H00 (estimation personnelle)

Selon la version anglaise, les soldats français, juchés sur le beaupré, arrosent du feu de leur mousqueterie le gaillard d’arrière et subissent une salve de riposte en règle des fusiliers-marins britanniques, les Royal Marines. Le premier lieutenant, Maindon, touché mortellement à l’aine, est transporté à l’infirmerie et y décède rapidement. Le capitaine Jenkins, commandant en titre, est également gravement blessé par une balle de mousquet qui lui explose la tête de fémur et est évacué du pont. Le lieutenant Sinclair des Royal Marines, reçoit une balle dans la cuisse et une autre dans l’épaule qui le mettent hors de combat et nécessitent son évacuation. Au même moment, le maitre, Monsieur Brown, prend une balle en pleine tête.

Le (maitre) canonnier monte sur le pont pour signaler un incendie dans les appartements arrière. L’équipage, craignant une explosion de la soute à munitions, reflue vers le gaillard d’avant de la frégate et s’y barricade, en dépit des exhortations du commissaire du bord, W.B.Murray, seul officier encore debout.

L’incendie serait dû à un feu de gargousses (charges de poudres en sac) intempestif, alors que les canonniers anglais tentaient de tirer dans l’étrave de la Bayonnaise, depuis une fenêtre tribord du château arrière. Dégâts : les servants de la pièce (cinq à six hommes), tous plus ou moins grièvement blessés, et une chaloupe du bord, suspendue à ses porte-manteaux sur le flanc de la frégate, endommagée.

A partir de là, toujours selon les sources britanniques, c’est la panique totale. Les marins français, suivant l’exemple donné par leurs camarades soldats, envahissent le pont de l’Ambuscade et, après un bref (sic) corps à corps -« alors on se combat au pistolet, à la pique, à la hache, au poignard, au couteau ; tout instrument devient une arme mortelle ; on se prend aux cheveux, à bras le corps, et parfois les lutteurs tombent ensemble de l’arrière de l’Embuscade dans la mer…C’est une boucherie. » (Extraits d’Histoire Maritime de la France – Tome VI (1794-1815) – page 141 – Léon Guérin – 1851)- se rendent maitres de la frégate ennemie.

Durée du combat : Trois heures dont une heure pour la seule séquence de combat à partir de l’abordage.


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Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7 (4)

Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 0:51

(5) L’équipage de la Bayonnaise monte à l’abordage.
Tableau de Louis-Philippe Crépin, exécuté en 1801 - Ambuscade et Bayonnaise - Musée de la Marine (Paris)



Après le combat :

L’équipage de la Bayonnaise doit prendre sa corvette désemparée en remorque de la frégate Ambuscade capturée pour rallier, le 20 décembre 1798, l’arsenal de Rochefort-sur-Mer. L’état-major et l’équipage de l’Ambuscade bénéficient d’une libération sur parole ou d’un échange de prisonniers et sont rapatriés en Angleterre dès 1799.

Pertes officielles :

• Côté britannique :
Une frégate
10 morts
36 blessés graves.
60 à 70 blessés dits légers.

• Côté français :
30 morts
30 blessés graves
Près de 100 blessés dits légers.

Les suites :

Le capitaine Jenkins, ainsi que les survivants de l’état-major et de l’équipage britanniques furent traduits en cours martial, en Aout 1799, mais acquittés pour « concours de circonstances exceptionnelles ». (26-27-28 aout 1799 à bord du HMS Gladiator à Portsmouth). Néanmoins un fort soupçon de couardise et de lâcheté face à l’ennemi a toujours plané sur l’équipage de l’Ambuscade, même s’il en a été lavé, au bénéfice du doute, par le jugement du tribunal militaire.

Le lieutenant de vaisseau Richer, commandant de La Bayonnaise fut promu, sur le champ, capitaine de vaisseau (saut de deux grades d’un coup). Le Directoire exigea du Bureau des prises, en sus des parts de prise normales, le payement d’une prime supplémentaire de 3500 francs par canon long et caronade comptabilisés à bord de l’Ambuscade. Ces primes furent réparties entre officiers et équipage selon un barème précis.

La frégate Embuscade fut réintégrée, après réparations, dans l’Armée Navale de la République mais fut, à nouveau, capturée par les Britanniques, en 1803, peu de temps après la rupture de la Paix d’Amiens.

Commentaires

Britanniques et Français, tous sont d’accord pour qualifier ce combat de « boucherie ». Le bilan humain peut paraître, à première vue, relativement modique. En effet, les Anglais n’enregistre que 10 morts et les Français, 30. Avant tout, il convient de s’entendre sur le terme « blessé légers », comme il est perçu à l’époque…Tant que le bonhomme est debout, peut marcher, voir et (éventuellement) entendre, c’est un blessé léger. La dénomination « blessé grave » dans les marines de l’époque s’applique à des cas extrêmes, plus proches de l’agonie que d’une hypothétique remise en forme. Cà concerne les cas nécessitant une amputation importante, un bras, une jambe, quand ce ne sont pas les deux !…A noter que dans les conditions médicales de l’époque, une amputation de membre se déroule en 10 à 15 secondes, pour éviter un trop gros choc chirurgical au « patient ». L’élixir de laudanum, extrait de l’opium, est rare et souvent réservé à l’usage des officiers blessés. De toute façon, après l’amputation, la survie du blessé est tributaire des conditions d’hygiène, de mer et la gangrène achève souvent le travail entamé par le projectile adverse. Du coup, si on analyse d’un peu plus près le bilan, on constate que plus des deux-tiers de l’équipage français sont morts ou blessés et une bonne moitié du britannique. Dans ce contexte, le capitaine de la frégate anglaise, Jenkins, qui s’est pris une balle de mousquet (17,4mm de calibre !) dans la tête de fémur, a eu de la chance de s’en sortir et si, d’aventure, il a pu conserver sa jambe, il est vraisemblable qu’il se soit présenté au Conseil de Guerre avec des béquilles et qu’il ait fini sa carrière navale comme demi-solde de la Royal Navy. Il n’y a plus trace de lui dans les listes d’active de la Royal Navy…en tout cas, je n’en ai pas trouvé.


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Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 0:56

Les retombées politiques furent très importantes. Pourtant ce n’était qu’un combat parmi tant d’autres et les unités engagées n’étaient pas particulièrement majeurs, une frégate « légère » de 12, les belligérants avaient déjà standardisé la « course au calibre » en produisant les frégates « lourdes » de 18, et une corvette de 8. On est loin d’un navire de ligne, d’un 90 ou même d’un 74. Ce n’étaient que deux petites unités de surveillance et de liaison.

Mais ce combat survint à un moment important.

En France :

Nous venions de prendre une déculottée mémorable à Aboukir, en Aout de la même année (1798), notre énième tentative de débarquement en Irlande avait lamentablement foirée (Octobre 1798) et la flotte anglaise assurait un blocus permanent à la sortie de tous nos ports. Alors, cette victoire fut une véritable aubaine pour le Directoire qui n’avait pas attendu nos médias modernes pour faire sa pub ! Néanmoins, la presse de l’époque, notamment le Moniteur, resta très mesurée, rédigeant un article d’une petite vingtaine lignes avec, certes, l’abus d’emploi de superlatifs héroïques mais tout à fait dans l’esprit d’une presse de guerre. De toute façon, les faits d’armes de notre marine sont toujours restés très secondaires dans notre beau pays de terriens indécrottables…Surtout que nos succès terrestres, à l’époque, faisaient un peu d’ombre à ce genre d’action isolée, même si l’entame de l’année 1799 verra se constituer la Deuxième Coalition.

En Grande-Bretagne :

La Royal Navy est alors en plein marasme, confrontée à des mutineries d’équipage, justifiées par les exécrables conditions de vie à bord, son système d’enrôlement par voie de presse (non pas celle qu’on lit mais la capture physique et systématique de citoyens britanniques enrôlés, contre leurs grés, dans la Royal Navy), la sévérité extrême de son code de justice militaire et le mépris affiché par une grande partie du corps d’officiers vis à vis de leurs équipages (Nelson est une exception, d’où sa légende toujours existante…cela dit, ce n’ était pas un tendre, non plus !). Certains équipages de navires refuseront même le combat devant l’ennemi. L’Amirauté réglera le problème en pendant un certain nombre de mutins et en conseillant à ses officiers de légèrement diminuer la ration de coups de fouet (véridique !).

Alors, même si la perte de l’Ambuscade n’est qu’un incident de guerre anodin, elle tombe au plus mauvais moment. Ce qui fait que des années après et jusqu’à nos jours, le combat de l’Ambuscade et la Bayonnaise reste un sujet sensible pour les historiens navals anglo-saxons…Oui, parce que les Américains s’y sont aussi intéressés.

Bien que le texte exploité soit des plus officiels, compte-rendu du combat extrait de la « Naval Chronicle », on constate un parti pris très net dans sa rédaction. Volonté de surévaluer les caractéristiques de la corvette française, l’effectif de son équipage et, à l’inverse, sous-estimer autant que possible ces mêmes éléments pour la frégate anglaise. L’explosion du canon dans la batterie et l’incendie à la poupe ne sont dus qu’à la malchance, en aucun cas à l’action du français. Attribution d’un rôle excessif à la troupe embarquée sur la Bayonnaise ; sans vouloir minimiser son apport précieux, il y a doute quant à la réelle qualité militaire d’un détachement de 30 soldats des Colonies, peu amarinés, qui viennent de passer un mois en mer, confinés dans une petite corvette, après un an et demi ou deux ans en affectation dans un environnement hostile tel que la Guyane de l’époque. Personnellement, j’accorderai plus de crédit à la vingtaine de fusiliers-marins britanniques, qui, eux, appartiennent à une unité d’élite réputée, sont parfaitement intégrés à la vie à bord et formés pour ce type de combat naval.


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Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 0:59

De même, l’accent est mis sur une mauvaise ambiance à bord de l’Ambuscade, sur son équipage constitué, pour une bonne part, de gibiers de potence, de pauvres hères extraits des geôles anglaises et de mousses et novices inexpérimentés. Il est vrai, également, que certains témoignages insistent sur une différence de traitement très nette entre les fidèles du capitaine Jenkins, qui l’avaient suivi sur l’Ambuscade et les autres marins. L’Ambuscade était en poste dans la flotte de blocus depuis suffisamment de temps pour que son équipage soit correctement amariné. Elle n’avait fait qu’un simple aller-retour à Portsmouth, début décembre, pour y ramener des prises, faites en novembre, et venait, quelques jours avant sa rencontre avec la Bayonnaise, d’en capturer encore deux autres. Les témoignages français font état d’une défense acharnée et les dégâts et les pertes enregistrés par la Bayonnaise prouvent l’efficacité de la canonnade et de la mousqueterie anglaise.

PS : je "m'étions" un peu gourationné sur les données limites...d'où ce post 5 bis non prévu... :(


Dernière édition par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 2:41, édité 2 fois
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Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 1:00

Les polémiques britanniques sont aussi diverses que variées.

Techniquement, elles portent :

Sur l’armement réel de la Bayonnaise

“Baïonnaise, mounting 24 long French 8…and six long 6, with two brass 36-pounders carronades…total 32 carriages-guns, besides eight large swivels…” (Naval History of Great Britain (tome 2)
"Bayonnaise, armée de 24 canons long français de 8…et six canons long de 6, avec deux obusiers en bronze de 36, en sus de 8 gros pierriers… »

C’est une corvette de 8 mais elle disposait de 2 obusiers de 36 ! - L’Embuscade embarquait, de son côté, 8 caronades de 24, autrement plus redoutables que nos obsolètes obusiers de pont. De plus, les deux obusiers de 36 (modèle 1786/87) étaient réglementaires depuis trois ou quatre ans et les Britanniques le savaient parfaitement. L’auteur se garde bien de mentionner les pierriers (swivel) qu’embarque sans aucun doute la frégate britannique. De toute façon, ils auront beau faire, la simple comparaison des salves, telle que pratiquée à l’époque, prouve la supériorité très nette de l’Ambuscade:
Ambuscade : 13 x 12 + 3 x 6 + 4 x 24 = 384 livres
Bayonnaise : 12 x 8 + 3 x 6 + 1 x 36 = 150 livres, comme la livre française est supérieure de 10% à la livre anglaise, çà nous fait 165 livres anglaises.
La bordée française ne représente que 42% de la salve britannique, donc, même si on y rajoute les 4 livres des pierriers, çà ne va pas réduire de beaucoup le déséquilibre.

(6) Disposition générale d’une pièce d’artillerie de marine.



Durant la Révolution, les canons de fer sont revêtus de peinture noire et les affûts sont peints en rouge (pigments d’ocre rouge). Sous l’Empire, on adoptera pour les affûts une couleur jaune ocre, à l’instar des Britanniques, comme on peut encore le voir dans les batteries du Victory.

“The print represents… She has 12 guns…on her main deck, with a bow or bridle port, making 13 ports in all”[/i[i]](Naval History of Great Britain (tome 2) - Edward Pelham Brenton (Captain of the RN) – 1837)
La gravure représente…Elle (La Bayonnaise) a 12 canons…à sa batterie principale, avec un sabord d’étrave ou de liure, faisant 13 sabords en tout ».

Effectivement, le tableau de Louis-Philippe Crépin (voir plus haut) est superbe mais plus héroïque qu’historiquement vraie. Cependant, exécuté en 1801, par un peintre officiel de la Marine, il est, au moins, scrupuleusement exact sur le plan des caractéristiques des bâtiments. La Bayonnaise est une corvette de 8, percée à douze sabords par bordé. De surcroit, on ne décompte que 12 sabords, sur la peinture, et dans l’hypothèse (fausse) où il y en aurait treize, les sabords de chasse ne sont réglementairement armés, dans la marine française, qu’en cas de chasse – ce qui n’est pas le cas, la Bayonnaise étant chassée – avec la pièce la plus proche qu’on déplace pour l’occasion. Vu la durée de la chasse (3H00), il est possible que l’équipage de la Bayonnaise ait déplacé les deux pièces de 8 en bout de batterie pour les utiliser comme pièces de retraite depuis le tableau d’arcasse de la corvette -manœuvre prévue réglementairement. Par contre, l’Ambuscade, lancée à Rochefort en 1789, dispose, probablement d’une muraille percée à 14 selon la pratique rencontrée sur les frégates de 12 tardives.


Dernière édition par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 2:42, édité 4 fois
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Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 1:01

“…Ambuscade, mounting eight 24-pounder carronades beyond her 32 long guns (12-pounder), or 40 guns in all.” (Naval History of Great Britain (tome 2) - Edward Pelham Brenton (Captain of the RN) – 1837)
“Ambuscade, armée de 8 caronades de 24 livres en sus de ses 32 canons long de 12 livres, ou 40 canons en tout »

Vous noterez la différence de traitement de l’information. Si l’auteur avait pu, il aurait rajouté les petites cuillers du carré dans le décompte de l’artillerie du français ! ...Certes, ce n’est qu’une corvette de 8 mais, attention, elle disposait de 2 obusiers de 36 ! - L’Embuscade embarquait, de son côté, 8 caronades de 24, autrement plus redoutables que nos obsolètes obusiers de pont. De plus, les deux obusiers de 36 (modèle 1786/87) étaient réglementaires depuis trois ou quatre ans et les Britanniques le savaient parfaitement. Le rédacteur se garde bien de mentionner les pierriers (swivel) qu’embarque sans aucun doute la frégate britannique.

(7) Comparaison caronade de 24 anglaise et obusier de pont de 36 français


2) Sur l’effectif total de son équipage…

« Including an officer and 30 troops…a crew of at least 250 men and boys »…”according to the “rôle d’équipage”…same ship…crew alone amounted to 280” (Naval History of Great Britain (tome 2) - Edward Pelham Brenton (Captain of the RN) – 1837)

De même que pour l’armement et les dimensions de la Bayonnaises, les Anglais vont s’efforcer de prouver que l’équipage du bâtiment français était bien supérieur en nombre à celui de l’Embuscade. Dans le cas présent, ils ont déniché le rôle d’équipage d’un navire soi-disant similaire.

3) Sur le déplacement et la classe réelle de l’Ambuscade et de La Bayonnaise.

« ..whom we may now introduce as the French 28-gun frigate.. » (Naval History of Great Britain (tome 2) - Edward Pelham Brenton (Captain of the RN) – 1837)
« …que nous pouvons maintenant identifier comme une frégate française de 28 canons.. »

Non, La Bayonnaise est une corvette de 8 avec 12 canons par bord (2 x 12), comme le précise le rapport de budget pour le service de l’An 8 devant le conseil des Cinq-Cents (19 Fructidor An 7), page 21.

(8) Budget de la Marine - An 8 (1799-1800) – Rapport du Citoyen Boulay-Paty (de la Meurthe) - extrait de la liste des corvettes – La Bayonnaise (ligne 26) est bien classée corvette de 24 pièces de 8 long, donc percée à 12.






“The Ambuscade measured 684 tons …” (Naval History of Great Britain (tome 2) - Edward Pelham Brenton (Captain of the RN) – 1837)

« L’Ambuscade déplaçait 684 tonneaux… »

Non, faux. L’Ambuscade est une frégate française, produite à Rochefort, on peut retrouver ses caractéristiques. Elle déplace réellement 1096 tonneaux, poids moyen des frégates de 12, soit pas loin du double de son adversaire (580 tonneaux), ce qui est, somme toute, assez logique pour un bâtiment classé frégate de 12.

(9) Frégate de 12 – Monographie d’une frégate de 12 – La Belle Poule, 1765 – Editions J.Boudriot & Ancre.


(10) Budget de la Marine - An 8 (1799-1800) – Rapport du Citoyen Boulay-Paty (de la Meurthe) - extrait de la liste des frégates de 12 – L’Ambuscade capturée a été réintégrée dans la classe des frégates de 12 de l’Armée Navale de la République.



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Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7 (8)

Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 1:03

Le pompon de la mauvaise foi (Ah, perfide Albion !) revient à ce dernier extrait…

« … believing the picture, from which this engraving was taken, to have been that "displayed in the Louvre; and shown in the Luxembourg in 1821, we cannot concur with a contemporary in the statement, that " the size of the British ship was as much magnified beyond ; as that of her opponent was diminished below, the real fact. ..” (Naval History of Great Britain (tome 2) - Edward Pelham Brenton (Captain of the RN) – 1837)
“ …En se fiant à la peinture, dont est issue cette gravure, exposée au Louvre et vue au (palais du) Luxembourg en 1821, nous ne pouvons rejoindre l’opinion d’un contemporain, «le fait est que la taille du navire anglais est très largement surestimée, alors que celle de son adversaire est amplement diminuée »

…Et l’auteur, un tantinet plus honnête …mais il est vrai qu’à cette époque, la France et la Grande-Bretagne ne sont plus en guerre…de conclure :

« On the contrary, we think that here; as in the minutiae of detail already noticed, English naval artists have something to learn.” (Naval History of Great Britain (tome 2) - Edward Pelham Brenton (Captain of the RN) – 1837)
“…Au contraire, nous pensons qu’ici, comme (nous l’avons) déjà relevé dans la minutie des détails, les peintres de marine anglais ont beaucoup à apprendre. »

En espérant ne pas avoir été trop enquiquinant et qu’à votre prochaine visite au Musée de la Marine, vous observerez ce monumental tableau d’un œil plus attentif. Une dernière chose, pour les lecteurs de la saga navale de Patrick O’brien, la HMS Surprise, commandée par Jack Aubrey n’est autre qu’une frégate française de 12.


Sources:

Artillerie de Mer dans la Marine de France (1650-1850) - Jean Boudriot & Hubert Berti – Editions Ancre (1992)

France Militaire, Histoire des Armées françaises de Terre et de Mer de 1792 à 1837 – A. Hugo - Editions Delloye (1838) – Tome III – Cet ouvrage est établi à partir des Bulletins des Armées, du Moniteur et des documents officiels – Origine BNF.

Guerres Maritimes sous la République & l’Empire – Contre-amiral Jurien de la Gravière – Editions Charpentier (1860) – Tome I – Origine BNF.

Histoire Maritime de la France – Léon Guérin – Editions Dufour & Mulat (1851) - Tome VI. Origine BNF.

History of the Mutiny at Spithead & the Nore – William Johnson - Bradbury & Evans, editors (1862) - Origine American Library.

La Frégate dans la Marine de France (1650-1850) - Jean Boudriot & Hubert Berti – Editions Ancre (1993)

Naval History of Great Britain – Volume II – William James (RN) – Editions R.Bentley (1837) – Origine American Library.

Rapport fait par Boulay-Paty (de la Loire-Inférieure) au nom de la commission de Marine, sur le matériel de la Marine & des Colonies pour le service de l’An 8 – Séance du 19 fructidor An 7 – Conseil des Cinq-Cents – Origine BNF


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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par MARCOT Daniel le Sam 5 Juil 2008 - 1:25

Félicitation pour ce récit captivant



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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 1:32

"MARCOT"
Moi qui croyais être seul, à c'te heure ! :sleep: lol!

Merci !...
Mais ne le dis pas trop fort... tu risques de t'en mordre les doigts... 😢 je peux être intarissable sur ce genre de sujet ! [Boulet !]

Bonsoir.
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par MARCOT Daniel le Sam 5 Juil 2008 - 1:48

A titre personnel je suis demandeur et à mon avis je ne suis pas le seul



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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Loïc Charpentier le Sam 5 Juil 2008 - 1:54

"MARCOT"

Voui, mais alors faudra légèrement revoir les possibilités de "chargement de la cargaison"...
Car c'est assez sportif d'insérer un texte un peu conséquent plus les images...
[Il est où le smiley qui se tape la tronche contre un mur ?]... lol!
C'est pour çà que j'ai réservé mes huit posts à des heures indues... :sleep:


Dernière édition par Momo le Sam 5 Juil 2008 - 2:37, édité 1 fois (Raison : CITATION RETIRÉE - MESSAGE JUSTE AU-DESSUS)
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Tinto le Sam 5 Juil 2008 - 1:57

J'ai bien fait de ne pas quitter le bord rapidement...
Merci pour ce récit captivant, Loïc...N'hésite pas à poursuivre, c'est trés intéressant.
Amicalement...Et bonne nuit... :sleep: :sleep:




   
André RODRIGUEZ, Chouf toujours (1967-73).
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Philippe Richard
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Philippe Richard le Sam 5 Juil 2008 - 21:56

Bonsoir Loïc, j'ai justement un livre de Maurice Loir( Gloire et souvenirs maritimes)livre daté de 1895,sur le combat de la corvette la "Bayonnaise contre la frégate anglaise
" l'embuscade"je ne peut le scanner car le livre est trop gros .Mais je vais écrire les 2 pages en 3 fois.

Le combat à eut lieu le 14 décembre 1798.
Récit de Maurice Loir.

Le plus beau fait d'armes dont puise s'enorgueillir notre histoire navale, si riche d'événements,
un des exploits les plus glorieux que puissent offrir les fastes maritimes d'un peulpe, est le combat de la corvette la "Bayonnaise" contre la frégate "l'Embuscade";combat dont le dénouement fut la prise de cette dernière.
La "Bayonnaise était une fine corvette, d'une élégance presque coquette.Une batterie barbette de vingt pièces de 8 formait toute son artillerie.Sortie de Cayenne dans les premiers jours d'octobre, des vents constamment favorable l'avaient pussée vers la France;le 14 décembre,elle n'était plus qu'à trente lieues dans le sud-ouest des côtes de Bretagne, lorsqu'elle fut aperçue par la frégate "L'Embuscade", qui se mit à sa chasse; " l'Embuscade" était un fort et beau navire, armé de 42 canons dont le plus grand nombre était de 24 et 18( surement pouces, inches).La corvette républicaine ne pouvait attendre un pareil ennemi sans imprudence; son capitaine, le lieutenant de vaisseau Edmond Richer, fit aussitôt remettre le cap au large; mais la supériorité de marche que la frégate anglaise avait sur elle ne tarda point à rendre le combat inévitable; il s'engagea bientôt à petite portée, et se prolongea ainsi avec vivacité, sans que la disproportion des forces fit pencher la victoire pour l'un des deux bâtiments."L'Embuscade", voulant terminer ce combat en foudroyant son ennemi sous les volées de son écrasante artillerie, força de voile et vint prendre positionà une portée de pistolet de la corvette française, que dès cet instant, le fer de chacune des bordées de l'anglais ébranla jusque dans la quille.
"La Bayonnaise", quelque fût le courage de ses défenseurs, ne pouvait supporter longtemps pareille attaque: il fallait se rendre.Ce malheur semblait la seule péripétie possible d'un tel engagement.La valeur et l'enthousiasme de nos matelots républicains en trouvèrent un autre."A L'ABORDAGE!! A L'ABORDAGE!! s'écria-t-on de tous cotés,Richer, qu'étonne d'abord cette pensée d'audace, semble fort indécis: "A L'ABORDAGE!! A L'ABORDAGE!!" reprennent les matelots; et les soldats, d'un cri unanime, répètent :"A L'ABORDAGE", " Mes amis, dit enfin cet officier, je compte assez sur votre dévouement pour me rendre à vos voeux: soyez dignes de la République et de la France.

Suite du récit de Maurice Loir demain.
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par bethus jean-luc le Sam 5 Juil 2008 - 22:35

Merci cher ami Loïc pour ce superbe reportage digne d'un journaliste professionnel.
Ne t'inquiètes pas, tu ne nous a nullement "enquiquiné", bien au contraire... On en redemande.
C'est un article très passionnant, très documenté, très instructif.
Surtout lorsqu'il s'agit de combat contre la Royal Navy, notre "bête noire" à l'époque, je précise bien à l'époque et qu'en général les confrontations navales franco-anglaise ne se terminaient pas majoritairement à notre avantage.
J'ai visité le musée de la marine voici quelques années, j'avoue ne pas me souvenir de ce tableau.
Mais après avoir lu ce post, je serai beaucoup plus attentif lors de ma prochaine visite.
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Soren
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Soren le Sam 5 Juil 2008 - 23:21

Loïc,
Trés beau reportage,captivant.
Ah, je vais bien dormir,enfin on leur mets une pâtée.....une avoinée,une raclée.
On en redemande.Pas Trafalgar,pas Aboukir,pas....attends un peu.

Yan.
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Philippe Richard
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Philippe Richard le Dim 6 Juil 2008 - 5:22

suite et fin du récit du livre de Maurice Loir,

Mille cris d'enthousiasme accueillirent ses paroles; on cout aux armes,que l'on se dispute;les demi-piques,les pistolets,les haches d'armes, les sabres passent dans toutes les mains.Richer,portant vivement la corvette sur la frégate anglaise,la heurte avec tant d'énergie que le mât de misaine de la "Bayonnaise" tombe sur le gaillard d'arrière de "l'Embuscade".
"c'est un pont que nous donne le hasard" s'écrie l'enseigne de vaisseau Ledenseur en s'élançant à la tête des combattants.En vain les anglais redoublent-ils leur feu de mousqueterie,ce pont étroit est franchi sous une grêle de balles.On s'attaque, on se prend au corps,on lutte;toutes les armes se choquent et se croisent sur l'arrière de l'ennemi,où il ne reste bientôt plus que quelques cadavres.Culbutés de cette position,les anglais se replient sur les passe-avants,dont ils barricadent les marges étroites.Après une nouvelle mélée,où les anglais opposent l'acharnement du désespoir à l'intrépidité d'un dévouement enthousiasme,les français reste maitre de tous les points de la frégate; les anglais mettent bas les armes,le drapeau rouge tombe,et le pavillon français est hissé à la tête du grand mât,salué par les cris de "VIVE LA REPUBLIQUE":!
L'Embuscade était à peine au pouvoir de nos Marins,que le reste de la mâture de la "Bayonnaise",criblée par les boulets ennemis,s'écroula avec fracas.La corvette victorieuse dut ainsi être remorquée par la prise,et entra dans la rade de Rochefort.

(France Maritime)
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Loïc Charpentier
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Loïc Charpentier le Dim 6 Juil 2008 - 11:42

Merci aux hommes du quart de nuit! Capitaine d'Armes, vous veillerez à ce que l'équipe de quart recoivent double ration de tafia pour sa vigilance. lol!

Super, l'extrait du bouquin de Maurice Loir! Merci!...C'est exactement le type de prose française qui pose problème...Hihi...De l'héroïsme et de l'épique par paquet de douze mais une précision historique très sujette à caution.

Les caractèristiques des bâtiments sont erronées...

La Bayonnaise n'a pas de "batterie principale en barbette" mais une disposition similaire à celle de l'Ambuscade, avec une batterie couverte (24 x de huit) et une batterie de gaillard ( 6 x 6 et 2 x 36). De son côté l'Ambuscade n'embarque aucune pièce d'un calibre supérieur à 24 livres (les 8 caronades de 24 pounds ou livres anglaises sur les gaillards). A l'inverse des Brits, les récits "romanesques" français s'efforcent toujours à renforcer la puissance de feu de l'Anglais et à diminuer celle du Français...c'est de bonne guerre, vous m' direz! :D

A noter les descriptions fort peu navales...La "Bayonnaise était une fine corvette, d'une élégance presque coquette et l'Embuscade" était un fort et beau navire, c'est le genre de détail qui aide bien quand on fait un peu de recherche historique! 😢

J'ai toujours été admiratif sur la puissance vocale du LV Richer qui, sérieusement blessé entre midi et 13h00 et évacué dans l'entre-pont, réussit à galvaniser au milieu de la canonnade, les hommes de pont! Il avait du embarquer un porte-voix, avant son évacuation, ce n'est pas possible autrement. :suspect:

Le lieutenant ou sous-lieutenant Ledanseur ou Ledenseur, qui commande le détachement de troupe des Colonies, est promu "enseigne de vaisseau" par intervention personnelle de l'auteur :D . Un autre texte d'un auteur français attribue l'initiative de l'abordage à Ledenseur. Qu'il y ait eu accord préalable sur la manoeuvre, aucun doute mais je ne vois pas un biffin, même des troupes de Marine et des Colonies, prendre le "commandement" sur le pont d'un batiment de la "Royale"...Il en est de même pour le "lefnant" des Royal Marines sur l'Ambuscade. Selon toute logique, l'enseigne de vaisseau, officier en second, avait réglementairement pris le commandement et la décision a du être prise en se concertant avec Richer sur son lit de douleurs, probablement ramené dans sa cabine ou dans la grande chambre.

J'aimerais bien mettre la main sur le rapport de combat établi par l'état-major de la Bayonnaise mais il doit être conservé à Rochefort, à l'ancienne caserne Martrou (mon ancienne école de spé) et, malheureusement, c'est un chouïa loin de mes géraniums alsaciens. 😢 . Si l'un d'entre vous à une idée pour dénicher ce document, je suis preneur! :study:
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Philippe Richard
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Philippe Richard le Dim 6 Juil 2008 - 12:29

Loïc, c'est bien dit que c'est un récit, et Maurice Loir à dû l'écrire avec des invraisemblances, mais le livre existe et édité par les librairies hachette et Cie 79, boulevard St Germain, Paris, et daté de 1895,signé de France-Maritime.Les archives officielles sont elles à Cherbourg ?.
D'après ce livre Maurice Loir était embarqué sur le"Borda",ce livre est dédié à ses camarades de ce navire.
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Loïc Charpentier
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Loïc Charpentier le Dim 6 Juil 2008 - 13:21

Philippe Richard a écrit:Loïc, c'est bien dit que c'est un récit, et Maurice Loir à dû l'écrire avec des invraisemblances, mais le livre existe et édité par les librairies hachette et Cie 79, boulevard St Germain, Paris, et daté de 1895,signé de France-Maritime.Les archives officielles sont elles à Cherbourg ?.
D'après ce livre Maurice Loir était embarqué sur le"Borda",ce livre est dédié à ses camarades de ce navire.

Farpaitement! :D Il n'est pas question de faire la fine bouche sur les écrits français se rapportant à ces faits d'arme, bien au contraire. C'est juste un peu dommage qu'à la différence de leurs confrêres anglo-saxons qui disposent d'une mine d'informations fiables, l'incontournable Naval Chronicle, les écrivains navals français fassent preuve d'une approximation un peu excessive. Même Jurien de la Gravière, pourtant contre-amiral, donc dans le bain jusqu'au cou, est largement perfectible sur ce plan-là.

En fait, c'est une approche "philosophique" totalement différente entre les deux ennemis séculaires. Les Français privilégiant le côté "héroïque" et "humain", les Anglais, plus pragmatiques, comme d'hab, l'aspect "technique" des évènements. Il faut attendre, à mon avis, l'arrivée d'historiens modernes comme Philippe Masson, aujourd'hui disparu, ancien Historien officiel de la Marine, pour trouver un propos plus technique et plus conforme aux évènements.

C'était la mode au XIXème siècle, en France, il faut faire avec. :D A contrario, quand tu lis, sur notre site, le superbe post sur Dien-Bien-Phu, tu trouves un correctif précis, apporté par l'un des membres, sur le type de bâtiment utilisés...O tempora, O mores! Les habitudes anglo-saxonnes finissent par prendre raçine en pays gaulois. Finalement, le côté "artistique" a son avantage pour les chercheurs à la petite semaine dans mon genre, çà oblige à farfouiller un peu partout pour tenter d'y voir clair...Un vrai bonheur!

J'ai encore quelques épisodes "croustillants" des combats navals de la Révolution et de l'Empire, comme le combat du 13 Prairial An 2 ou "l'Affaire du Convoi de Blé", ce n'est pas triste non plus, surtout que, sur le Oueb, on trouve encore des "papiers" dythirambiques sur les principaux acteurs français qui laissent un tantinet rêveur.

Kenavo. :D
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Loïc Charpentier le Dim 6 Juil 2008 - 13:28

Philippe Richard a écrit:... Les archives officielles sont elles à Cherbourg ?...

Sauf erreur de ma part, d'après la classification officielle des archives, pour la période concernée, les documents seraient à Rochefort. ...Mais bon, je dis çà "de tête"...Mais à Cherbourg, il n'y a pas grand-chose. C'est ventilé entre Toulon et Rochefort suivant le type document. 😢
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Philippe Richard
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Philippe Richard le Dim 6 Juil 2008 - 17:24

Bien reçu, évidemment je suis d'accord avec toi, pour le récit de M.Loir, tout était raconter à notre avantage, je te l'accorde,mais fallait quand même en faire mention.
Pour les archives je pense aussi que c'est plutôt à Rochefort si elle existent.
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Loïc Charpentier
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Re: Combat de l’Ambuscade & la Bayonnaise – 21 frimaire An 7

Message par Loïc Charpentier le Dim 6 Juil 2008 - 18:31

Philippe Richard a écrit:Bien reçu, évidemment je suis d'accord avec toi, pour le récit de M.Loir, tout était raconter à notre avantage, je te l'accorde,mais fallait quand même en faire mention.
Pour les archives je pense aussi que c'est plutôt à Rochefort si elle existent.

Cà me donne une idée...Quelle période, l'ouvrage de M. Loir couvre-t-il ? Celui-là, je ne l'ai pas (trop tardif! lol! )...La prochaine fois que je vous assène un pensum du même genre - en principe, c'est sur la même période - ce pourrait être amusant d'y faire à nouveau référence.
:)
Tu as gagné le droit de te faire solliciter par MP...désigné volontaire d'office. :D

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