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Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges

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LES HISTOIRES A BALISSON

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balisson
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Age : 79
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par balisson le Sam 12 Aoû 2006 - 11:39

Pourquoi ce nom : Requin, j'avoue ne pas savoir
Concernant cet accrochage, Georges Fleury, l'évoque dans son livre " bérets verts en Algérie" dans le passage : la mort d'un soldat exemplaire, Fleury n'étant pas présent à cette date à Jaubert, il ne fait que relater très succintement cet accrochage
Salutation - JCB



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Omer
SECOND MAITRE 1ère CLASSE
SECOND MAITRE 1ère CLASSE

Age : 64
Electronicien d armes NON

Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par Omer le Sam 12 Aoû 2006 - 14:16

Bravo et encore !

pas d'autres mots. Cordialement





André Verzwyvel

Linux, y a moins bien...
Mais c'est plus cher ;)
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BONNERUE Daniel
SECOND MAITRE 1ère CLASSE
SECOND MAITRE 1ère CLASSE

Age : 81
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par BONNERUE Daniel le Sam 12 Aoû 2006 - 16:05

Je suis tes récits avec beaucoup d'attention, mon cher BALISSON. Je trouve que la manière dont tu raconte et ton style feraient de toi un excellent écrivain.

Le nom du poste "REQUIN" vient de celui du lieutenant de vaisseau REQUIN du 1/DBFM, mort au champ d'honneur en mai ou juin 1956. Pour la date exacte il faudrait que je demande à mon vieux copain René BAIL. Ce dernier est d'ailleurs en train de préparer un ouvrage consacré à la DBFM dans lequel il parlera notamment de l'accrochage survenu à REQUIN en juillet ou août 1956 et qui a fait de nombreux morts.
D'après ce que dont je me souviens, le LV REQUIN, qui s'adonnait aux douces joies de l'opium, souvenir de l'Indochine, avait été "viré" de la Marine, mais a fait partie des gens qu'on est allé rechercher (les rappelés) lorsqu'il a fallu "mettre le paquet" en Algérie, notamment lorsque le CV Pierre PONTCHARDIER commandait la DBFM. Lors d'un accrochage particulièrement violent avec les fells, le LV REQUIN à été tué après s'être glorieusement conduit ; une manière de se "racheter" en quelque sorte...




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balisson
QM 2
QM 2

Age : 79
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par balisson le Sam 12 Aoû 2006 - 18:06

Bonsoir 3 T 55
Merci pour le renseignement concernant Requin, ma mémoire a des failles, mais au fait: l'ai-je jamais su??
Tu me parles de René Bail qui prépare un bouquin sur la DBFM et qui évoquera un certain accrochage en 1956 à Requin, il ne peut s'agir que de celui qui a eu lieu au Djebel Zachri et que je décris dans " le Nivelle du Djebel Zachri", j'y étais, je l'ai vécu, j'allais te proposer de le lui envoyer, mais bien évidemment toute vérité n'est pas bonne à dire, il ne faut surtout pas ternir l'image de la marine par la conduite ignominieuse de certains hommes.
à+ Balisson



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Claude JORGE
MAJOR
MAJOR

Age : 76
NON

Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par Claude JORGE le Sam 12 Aoû 2006 - 22:14

Des histoires racontées ainsi par des participants, avec tout ce que cela représente c'est un pur bonheur, continu balisson.



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ecofousec
QM 1
QM 1

Age : 53
NON

Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par ecofousec le Dim 13 Aoû 2006 - 1:26

JCB...
Ton courrou est certe légitime....Cela me remet en mémoire les coups de gueule chronique de mon Grand Pére ( Mat 1927 et OPE) :
" Tous des marins suisses, planqués derrière des charettes de chocolat..."
1) Je n'es rien contre les suisses...Ceci étant plutôt une image d'épinal
2) Nous sommes à l'ére des sucrettes....Cela ressemble à du sucre....Mais....
3) Avoir été présent lors d'un eveinements particulier n'est pas donné à tout le monde...Y avoir survécu encore moins...50 ANS plus tard, arrêttons la langue de Bois!
De tout coeur et de raison avec toi Balisson.
C'est encore aujourd'hui un privilége de "L'Ecole du Vice"





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balisson
QM 2
QM 2

Age : 79
NON

Après Conan...Balisson le rebelle

Message par balisson le Dim 13 Aoû 2006 - 19:19

Après Conan…Balisson le rebelle


Le 11 01 1955 – École des Mousses – Le Dourdy – Loctudy.

Balisson, tu pars ce soir en permission spéciale, ta grand-mère a été renversée par un camion, elle est décédée aujourd’hui….
Quimper, train de nuit, arrivée au Mans vers 22 heures, il fait nuit noire, mes parents habitent à Mulsanne, petite commune connue mondialement pour son célèbre virage, ah ! mes amis je suis véritablement peiné que vous ne connaissiez pas le virage de Mulsanne, celui des 24 heures du Mans, la course d’endurance la plus connue de tous, mais non, pas de chevaux, de voitures, voyons les gars, vous ramollissez …..
Mulsanne est à une quinzaine de kilomètres de la gare Mancelle, les vieux ( pour moi ce n’est pas péjoratif) ne savent pas que je suis arrivé, impossible de les contacter, pas le téléphone, encore moins de portable, pas d’ordi, ni d’ADSL, pas de cybercafé, on est en 1955.
A 16 ans, pour un futur commando, ce genre d’épreuve ne me rebute pas, 1 Km à pied, ça use, ça use, 15 Km à pied ça use les souliers. Et pas âme qui vive sur cette P…. de nationale 158 reliant Le Mans à Tours, pas un seul véhicule qui ne l’emprunte, faire du stop à cette époque et qui plus est en uniforme, no problème, pas même un obsédé sexuel en quête d’un petit giron de 16 piges, maintenant tu ne peux pas faire 100 mètres esseulé sans te faire, ou molester ou sodomiser ; à 300 mètres de chez mes parents, sans que je lui fasse signe, et pour cause, un camion s’arrête

- Où vas-tu le mataf ? monte
- Grand merci, mais je suis arrivé
Tout vient à point pour qui sait attendre, il y a des adages que j’exècre.

Deux jours plus tard, retour au Dourdy, en passant par Auray, arrêt incontournable et souvenirs indélébiles, et pour ceux qui s’en souviennent, le chef de gare qui annonçait : « Auray, cinq minutes d’arrêt, les pissotières au bout du quai » avec un accent ben d’chez nous et en roulant les R. Pour avoir fait l’école des Pupilles et des Mousses, j’ai dû emprunter un certain nombre de fois cet itinéraire, et si mes souvenirs ne me trahissent pas, à chaque passage à Auray, c’était toujours le même gugus qui indiquait aux passagers la direction des urinoirs. A cette époque on ne connaissait pas la semaine de 35 heures et les 7 semaines de vacances. Maintenant les annonces sont enregistrées, et c’est une voix suave et langoureuse qui nous prie de vouloir bien attendre deux heures le TGV en provenance de X dans lequel un objet suspect a attiré l’attention d’un contrôleur zélé ( pour une fois pas en grève), juste le temps de déplacer une escouade de CRS, la brigade anti-gang et une section de démineurs ; ( image des temps modernes).

Un véhicule m’attend à Quimper et j’arrive au Dourdy vers minuit ; dans le baraquement Suffren tout le monde dort, les ronflements rageurs du S/M de service que je n’ose déranger n’arrivent même pas à perturber leur sommeil.
Je repère mon hamac, au troisième étage, donc tout en haut, bravo les copains, super sympa, il est à poste, je n’ai plus qu’à me déshabiller et à me coucher, sans bruit, je n’ai pas le droit de réveiller les amis.. et puis je suis fatigué, ce n’était pas une partie de plaisir…
Je commence à sommeiller, et ….. VRANGGGGGGG, le salopard du dessous tire sur la corde ( pour les biffins qui liront cette histoire), sur le bout, pour les marins, mon hamac en position de balançoire de décroche et s’affale sur celui du dessous…
Branle-bas.. Hurlements…Vociférations…Rires…Quolibets…en un mot comme en cent c’est le foutoir complet, il y a ceux qui savent et qui se marrent, et les autres qui, ignorant cette farce, rouspètent. Le bruit s’amplifie, se propage, s’en va crescendo, tant et si bien que le gardien de ces lieux que, dans mon immense mansuétude j’avais laissé dans les bras de Morphée, fait surface, encore tétanisé par l’énorme dose de Gwin-ru qui aurait anesthésié un régiment de polonais, se dirige d’un pas mal assuré vers l’œil de l’ouragan et s’enquiert d’une voix pâteuse de l’identité du délinquant.
Il ne peut s’agir que de Balisson Jean-Claude, chef de Hune, bon élément ( pas pour longtemps), ensuite gabier et après plus rien, c’est ce qui s’appelle tomber de Charybde en Scylla.
Punition : vous allez me dégréer et gréer votre hamac 10 fois, ensuite vous viendrez me voir. Et ce salaud qui éteint la lumière, ce n’est déjà pas une sinécure que de le faire en plein jour, imaginez dans le noir ?
Bon gré, mal gré, merci les potes, me voilà entrain de me battre avec ces putains de bouts de ficelle, j’ai toujours été fâché avec les nœuds, le seul que je connaisse, c’est celui de retour de campagne…Là, je vous en bouche un coin.
Punition exécutée, satisfait de mon exploit, je me présente au S/M qui, légèrement dégrisé mais irrité par mon attitude désinvolte et mes réparties quelque peu insolentes, me gratifie d’une autre punition : tenir une règle à une extrémité, l’autre extrémité sur le sol et tourner tout autour…Punition infâmante à mes yeux que je refuse d’exécuter catégoriquement. Son visage s’empourpre (de vin), il n’en croit ni ses yeux ni ses oreilles, mais je persiste et signe.(Balisson le rebelle).
Je devine dans son regard assassin une envie non dissimulée de me rosser, enfin il se ravise et sort mon dossier… Ah ! il a choisi d’aller chez les Fuscos, eh ! ben, voilà qu’elle est bonne comme idée, vous allez me faire deux heures de pelote au gymnase avec me Mousqueton… Ce fameux Mousqueton qui nous meurtrissait l’épaule au stand de tir lorsque par malheur la crosse n’était pas bien maintenue.
Deux heures de marche en canard avec ce fusil à bout de bras au-dessus de la tête…Epuisé, harassé, mais pas vaincu, jamais vaincu….Une punition d’hommes……

Comme c’est curieux la vie…la mort…. Trois années plus tard j’apprends que ce S/M est décédé en opérations à la DBFM, d’une crise cardiaque en crapahutant dans les Djébels.
S’il s’était appliqué ce genre de punition régulièrement, il aurait peut-être connu une mort plus glorieuse ?

Balisson Jean-Claude

Concocté et écrit le 13 08 2006



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Bernard ( nanar )
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par Bernard ( nanar ) le Dim 13 Aoû 2006 - 23:04

Je découvre ce fil seulement maintenant... ouf ! c'est vrai qu'il faudrait en faire un livre ... subitement on se sent tout petit à côté de toi... chapeau bas et merci l'ancien.





Amitiés Bernard GEORGE
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† SEGALEN Georges
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par † SEGALEN Georges le Dim 13 Aoû 2006 - 23:13

Balisson,
bien concocté et écrit, espèce de rebelle.



Je reste Chouf à vie dans le cœur.
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ecofousec
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par ecofousec le Dim 13 Aoû 2006 - 23:18

:cheers: :cheers: :cheers:
Que le vent te pousse... encore très longtemps !!!





Mousse, que le vent te pousse !
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Claude JORGE
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par Claude JORGE le Lun 14 Aoû 2006 - 11:21

Avec un fait banal, ta façon de narrer il en sort une histoire agréable à lire.



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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par Invité le Lun 14 Aoû 2006 - 12:42

Pas de commentaire particulier, si ce n'est chapeau bas BALISSON.
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balisson
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par balisson le Lun 14 Aoû 2006 - 14:23

Bonjour,
Sans ta permission, mon cher Daniel Bonnerue, et étant convaincu de la véracité de tes dires, je me suis permis d'étayer et de compléter mon récit " le poste Requin" avec ta réponse très pertinente concernant ce LV.
Mais, dis-moi, tu es un puits insondable de connaissances..
Salutations.
JCB
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BONNERUE Daniel
SECOND MAITRE 1ère CLASSE
SECOND MAITRE 1ère CLASSE

Age : 81
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par BONNERUE Daniel le Lun 14 Aoû 2006 - 17:07

Bonsoir

Non mon cher BALISSON, je ne suis pas un "puits de connaissances", mais pour ce qui concerne ta spécialité, j'ai un certain nombre de copains qui sont de vieux fuscos "rescapés" d'Indochine et d'Algérie.
Quelques noms : Achille BOESPFLUG, Robert TORTAY, Michel FABRE, Jean-Pierre ROSSET, OMPHALIUS dit "le Grec" et j'en passe...
Je connais également le commandant Raymond MUELLE qui a "sévit", notamment comme officier de renseignement (OR) au 11ème choc.
Lui aussi ancien de la seconde guerre mondiale où il avait été parachuté pour rejoindre les résistants du plateau des Glières, de l'Indochine et des GPRA en particulier et bien entendu d'Algérie où il a fini par se "perdre" dans le pustch.
Il est l'auteur de nombreux ouvrages et en a co-écrit certains avec René BAIL.
Je l'ai déjà dit ailleurs, mais je connais René BAIL depuis 1958 en Algérie.
Depuis que je suis en retraite, je l'assiste dans la réalisation de ses ouvrages, les premières années surtout comme "dactylo", mais maintenant plutôt en tant qu'infographiste. Je lui dessine des cartes géographiques, des schémas de toutes sortes et, surtout, je "répare" de vieilles photos, souvent prises avec des appareils peu performants (mais c'était l'époque et les "tirelires" peu garnies qui en étaient la cause) et mal conservées : crois-moi, c'est du boulot.
Je tente de retenir les histoires, telles celles des rescapés du Cdo François à Ninh-Binh au Tonkin en 1951.
Je connais l'affaire du Zakri , sans doute pas aussi précisément que toi qui y étais, celle du djebel El Gaada en 1959 durant laquelle le LV Sulpis, commandant de "Montfort" a été tué par l'artillerie française, celle du Mzi en avril 1960 et bien d'autres.




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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par balisson le Lun 14 Aoû 2006 - 17:59

Re bonsoir BONNERUE
Passons pour le puits de connaissances, utilisons le mot érudit et n'y revenons pas.
En effet tu ne te ménages pas à la retraite, mais quand on aime, on ne compte pas, c'est bien connu.
Chapeau, tu ne fréquentes pas n'importe qui, j'adore le Grec, cela fait au moins 50 ans qu'il a quitté son Alsace natale et il a toujours l'accent: "Chosette enlèfe ton toigt que j'pète".
Je ne connais pas Muelle personnellement, mais certains de ses ouvrages, on a certainement travaillé de concert, étant détaché au 11 ème Choc à La Calle.
Bien à toi.
Balisson
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par BONNERUE Daniel le Lun 14 Aoû 2006 - 20:55

Re bonsoir BALISSON,

Martin OMPHALIUS, dit "le Grec", a été élevé au grade d'officier de la Légion d'Honneur le 20 mai à l'Ecofus à Lorient par le CEMM, l'Amiral Alain OUDOT de DAINVILLE, lors de la commémoration du cinquantenaire de la DBFM : j'ai eu l'honneur d'y participer.
Il se tient toujours bien droit.
Il avait été grièvement blessé à l'abdomen en Algérie.
Il est actuellement premier porte-drapeau à l'Association des Anciens Fusiliers et Commandos de Lorient présidée par le CV (H) Jean-René LONCLE, "béret vert" lui-même.

Voici quatre photos du "Grec"









Les photos ont été prises par René BAIL.
A tous deux ce jour là nous avons pris 280 clichés...

Cordialement !


Dernière édition par le Mer 16 Aoû 2006 - 17:48, édité 1 fois




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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par BONNERUE Daniel le Mar 15 Aoû 2006 - 12:14

Bonjour BALISSON

Puisque tu as bien connu Martin OMPHALIUS, voici le récit par René BAIL (extrait de "COMMANDOS MARINE AU COMBAT" entièrement dactylographié par mes soins) de l'opération dans laquelle il a été grièvement blessé par une grenade :

***************

Opération du djebel Medboua - 5 juillet 1959

Le 4 juillet 1959, les commandos sont en alerte à une demi-heure d'hélicoptère.
La journée passe dans l'attente, puis la nuit.

Les services de renseignement du secteur sont, une fois de plus, sur une piste importante. Mais avec les S.R il y a intérêt à se méfier, car l'expérience montre que souvent ils font crapahuter les hommes durant des journées entières, pour rien.

A l'aube, le commando “Trepel” est héliporté en “bananes” (1).
Les hommes sont harnachés de l'équipement de combat complet, mais il n'a pas été prévu de vivres, ce qui laisse supposer une intervention de courte durée.

Le vol va durer une vingtaine de minutes.
L'un après l'autre les hélicos posent les sticks sur un plateau aride, entrecoupé de profondes ravines.
Seuls quelques chétifs lauriers-roses donnent vie à ce paysage sinistre.
- Drôle de boulevard, hein chef ! remarque le matelot Philippe.
- Je ne sais pas ce qu'on va y trouver, répond le second-maître Omphalius.
Prenez vos distances et faites gaffe !

La fouille du terrain va durer une heure, puis les hélicos viennent les reprendre pour les transporter vingt kilomètres plus loin.
C'est ce qu'on appelle “la recherche en sauts de puce” (2).

D'après les renseignements, la katiba régionale traînerait ses guêtres de ce côté.
Mais pour le moment, il n'y a que “Trepel” sur le terrain.
“Jaubert” est encore à Aflou, en réserve héliportée.

Les variations de régime du moteur indiquent aux initiés que les hélicos ne vont pas tarder à se poser.
D'ailleurs le mécano vient de faire signe au chef de stick de la première section, c'est elle qui va être posée en premier.
Sitôt à terre, Omphalius, surnommé “le Grec”, entraîne rapidement son stick vers une falaise. Le quartier-maître Ferrandini lance joyeusement à Nenert :
- J'espère qu'à force de courir, on va se les accrocher, ces putains de fells !

Un autre hélico se présente avec sa cargaison d'hommes.
D'un signe, Omphalius indique à ses gars un nouvel axe de progression en direction d'un amas de rochers, à une cinquantaine de mètres.
C'est juste au moment où ils débouchent sur un plat couvert d'alfa, qu'un violent tir d'armes automatiques se déchaîne contre eux.
L'hélico qui vient de larguer son stick est atteint de plusieurs points d’impacts.
Il arrive tout de même à se dégager vers la vallée.

L'enseigne de vaisseau Barberin Barberini, chef de la première section, dispose rapidement ses hommes.
Il ne lui a pas fallu longtemps pour comprendre que les gars “d'en face” sont aguerris et fortement armés.

Pour certains commandos, tel le quartier-maître Nenert, pourvoyeur du F.M., c'est la première opération héliportée et le baptême du feu.
Instinctivement il se tourne vers son chef.
A cet instant il voit une lueur jaune suivie d'une explosion au niveau de l'abdomen d'Omphalius. Ce dernier se replie sur lui-même et s'affaisse en grimaçant (3).
Puis il se redresse, serrant les dents ; la douleur lui vrille les tripes.
Dans le même instant, il repère le fell qui l'a mouché : “Salope !…”, lâche-t-il en même temps qu'une rafale.
Fauché sur place, le fell s'écroule sur le Mauser qu'il vient de laisser tomber.

Se retournant vers ses hommes, “le Grec” indique d'un geste bref les rochers qu'il leur faut atteindre.
Là-bas ils pourront mieux se défendre.

Sitôt parvenus aux rochers, Omphalius met un tampon compressif sur sa blessure ; un sacré trou.
Inquiet, un voltigeur demande :
- Chef… Ça va ?…
- T'occupe pas… Ça étale, répond-il brièvement, fais plutôt gaffe devant, on est dans un sacré merdier !

En effet, les fells accentuent leurs tirs, les projectiles pleuvent sur les positions tenues par les commandos.
Tout à coup Nenert voit Philippe tomber à côté de lui en gémissant : “Les salauds, ils m'ont eu !” Il est mortellement blessé.
- Chef… Chef, crie Ferrandini, ils tirent de derrière… Philippe vient de morfler !
- b****l ! gueule “le Grec”, les grenades, vite les grenades, Bourrez-leur la gueule.
Il faut tenir, les renforts vont arriver !


Le “Grec” parle de renforts, mais c’est une espérance plus qu’une certitude.
Il faut que les gars en soient convaincus pour tenir.
Bien sûr qu'ils viendront ces renforts, mais quand ?…

Malgré la douleur Omphalius parvient à diriger ses commandos.
Nenert n'est sans doute pas encore complètement dans le coup, mais il tient courageusement sa place, tirant calmement.
Soudain un coup violent ébranle son arme et la rend inutilisable, sans qu'il puisse en définir la raison.
Ce n'est qu'à la fin de l'accrochage, qu'il va se rendre compte qu'une balle s'est logée dans le canon. Il l'a échappé belle…

Ferrandini a mis son F.M. en batterie et fait front à l'ennemi.
Nenert lui passe les boîtes de chargeurs.
Les fells jaugent le danger et concentrent leurs tirs sur l'arme automatique.
Les impacts qui entourent Ferrandini et Nenert les couvrent d'éclats de roches et de sable. Une balle atteint le bipied du F.M.

Enfin les fells donnent l'assaut en hurlant. Barberin et Omphalius se redressent ; ils tirent tous deux, l'un à la carabine U.S. l'autre au P.M.
Les coups portent, plusieurs fells s'écroulent devant les commandos.

Tout à coup, le F.M. connaît un incident de tir.
Ferrandini tire nerveusement sur le levier d'armement et réussit à éjecter l'étui vide qui était la cause du blocage.
Nenert lui passe aussitôt un autre chargeur qu'il s'apprête à mettre en place lorsqu'une balle lui traverse la main : “zut ! Je suis blessé, fait-il simplement, remplace moi” (4).

Nenert reprend la pièce et voyant un fell dans sa ligne de mire, appuie sur la détente.
Au cours des manipulations successives, le levier de sélection s'est positionné sur le tir au “coup par coup” à la place de “par rafale”.
Néanmoins le fell est atteint et s'écroule. Nenert n'a guère le temps de profiter de son avantage, car une volée de grenades quadrillées, des Mills, tombent à quelques mètres devant lui.
Il pense très vite à cet instant : “Tout est foutu… que c'est con !”.
Pourtant, plusieurs secondes s’écoulent et aucune n'explose ; un miracle, elles n'exploseront pas…

Compte tenu de leurs pertes, les fells ont renoncé à donner l'assaut.
Barberin fait replier d'une centaine de mètres.
D'abord la pièce, ensuite la voltige.
Ils se comptent, il ne sont qu'une douzaine ; le pauvre Philippe vient de mourir.

Dérouté à la suite du mitraillage de l'hélico, la première section a été posée dans la vallée à environ un kilomètre.
Le groupe de dix-huit hommes sous les ordres du second-maître “Alfred” Delaitre, s'efforce de parvenir le plus rapidement possible jusqu'aux camarades en difficulté.

Cependant, les fells opposent une violente résistance qu'il leur faudra forcer coûte-que-coûte. Là-haut, les deux groupes ont réussi à se replier.
Même Omphalius est parvenu au prix de grandes difficultés à se traîner tout seul.

Un bruit de moteur caractéristique parvient à couvrir celui des détonations et des explosions ; voilà les T-6 (5).

Les pilotes font un premier passage pour reconnaître les positions amies et adverses.
Le chef de la 1ère section ayant été séparé de son radio dès le début de l’accrochage, le matelot Girard prend l'initiative d'entrer en contact avec la patrouille aérienne, puis guide ensuite le strafing.

Les fells matraqués se replient à leur tour.
Un très court instant, Nenert aperçoit un fell qui dégage avec une MG (6).
Il tire mais le manque.

Barbarin, constatant que la pression des rebelles se relâche, parvient à faire rallier son radio et contacte aussitôt le lieutenant de vaisseau Eliès, commandant de “Trepel”, qui se trouve non loin avec la 3ème section.
Il lui rend compte de la situation.

Pendant ce temps, les pilotes des T-6 font un véritable festival.
Les fells décrochent.
Leur projet d'enlever la position des commandos a avorté.

Blessé depuis plus d'une heure, Omphalius qui a tenu jusque là grâce à la tension nerveuse, commence à flancher ; il ressent vivement la douleur provoquée par sa grave blessure.

Maintenant le “travail” va être achevé par les deux autres sections de “Trepel” et par le coimmando “Jaubert” qui vient d'être héliporté en renfort.

L'hélicoptère qui a morflé -on comptera dix-sept impacts dans la cellule- (7), se pose à proximité des hommes de Barbarin. Omphalius et Ferrandini sont embarqués.
Le “Grec” est dans un sale état ; il a un gros trou sur le côté gauche de l'abdomen (8 ) et malgré cela il aura tenu sa place au combat.
On embarquera également les corps du matelot Philippe, puis du quartier-maître Dervieux tombé lors de la manœuvre de dégagement du second-maître Delaitre.

Lorsque l'hélicoptère est parti, les commandos entament le ratissage du terrain.
Treize rebelles sont resté au tapis, mais sept armes seulement sont récupérées.
Les autres fells, en fuite, seront accrochés plus loin par les troupes du secteur qui en abattront huit de plus.

Après la violence de l'accrochage, Nenert est victime d'un coup de pompe ; il a le “bourdon”. Les deux morts du djebel Medboua étaient de bons camarades ; il avait suivi avec eux les cours du centre Siroco.

Un autre, Briend, est assis là, sur un rocher, complètement amorphe.
Tireur au lance-grenades, il n'a pas arrêté de balancer ses projectiles malgré la perte de sa planchette élévatrice.

L'opération du djebel Medboua est terminée pour les commandos.
La finition incombe désormais aux troupes du secteur.
Elles vont bien s'en tirer.

1) - Hélicoptère Vertol H 21 “Work Horse”.
Sa forme coudée le fera surnommer “banane volante”.
2) - Posés et reprises successives de sticks.
Ce qui permet aux hommes d'accrocher en pleine possession de leurs moyens physiques.
3) - C'est une grenade F1 qui a explosé à hauteur du ceinturon.
4) - Omphalius saisit le F.M. et, tirant à la hanche, fauche quatre fells.
Ce qui stoppe, du moins temporairement, leur tentative d'assaut.
5) - Appareil monomoteur de construction américaine.
Devant servir à l'origine pour l'entraînement, il fut néanmoins utilisé pour la reconnaissance et l'appui aérien.
Il était armé de mitrailleuses 7,7 mm et de roquettes.
Le bruit caractéristique de son moteur s'amplifiait lors des décollages et des ressources, ajoutant au moral des troupes amies lors des accrochages, mais au détriment de celui des rebelles.
6) - MG-34 ou 42. Mitrailleuses légères de construction allemande au tir très rapide. Alimentée par bande, son débit entraînait une grande dépense de munitions.
Le tube qui chauffait très vite pouvait cependant être remplacé rapidement ; il était donc nécessaire de disposer de rechanges.
Au cours d'accrochages, on avait vu les rebelles uriner sur les tubes pour les refroidir…
7) - Le pilote a d'ailleurs été blessé.
8 ) - Omphalius en réchappera.
La grenade F1 en explosant l'avait grièvement blessé à l'abdomen.
Après plusieurs opérations délicates et une longue convalescence, il continuera durant des années à recevoir des soins.
Maintenant rétabli, il jouit d'une retraite bien méritée après un emploi à la surveillance du champ de tir de la pointe de Gavres (Morbihan).


***************
Salutations cordiales !

Daniel




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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par BONNERUE Daniel le Mar 15 Aoû 2006 - 13:28

Un complément d'information à propos de J. REQUIN dont le nom a été donné au poste du 1/DBFM que tu as contribué à édifier.
Voici la photo de la stèle dédiée aux 208 morts de la DBFM inaugurée le 20 mai 2006 dans l'enceinte de l'Ecole des Fusiliers-Marins de Lorient et sur laquelle j'ai mis un repère rouge pour localiser le nom de J. REQUIN.
Le nom de l'EV1 J. REQUIN figure sur la partie centrale qui est la stèle d'origine édifiée à Nemours et qui malheureusement à fait par la suite l'objet d'extensions.
Mon renseignement concernant le grade de Lieutenant de vaisseau serait erronée, à moins qu'il ait été promu à titre posthume ?







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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par balisson le Mar 15 Aoû 2006 - 16:48

Bonjour Daniel et merci pour ces précisions,
ce récit est également paru dans le livre " bérets verts en Algérie" de Georges Fleury qui, lorsque j'ai quitté Jaubert m'a remplacé les jours suivants
Amitiés et à + JCB



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JACQUET
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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par JACQUET le Mar 15 Aoû 2006 - 18:45

Pour Daniel
Je voudrais savoir si par hasard les Bananes n'appartenaient pas à la Flottille 31F.J'étais Mécano à la 31F et ce récit me dit quelque chose




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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par BONNERUE Daniel le Mar 15 Aoû 2006 - 21:21

Pour JACQUET :

Je ne pourrais l'affirmer, mais il me semble pourtant qu'il s'agissait des "bananes" de la 31F




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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par FUSILIERS le Mer 16 Aoû 2006 - 8:44

salut a tous
daniel te lire toi et balisson ce n est que du bonheur



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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par BONNERUE Daniel le Mer 16 Aoû 2006 - 17:51

Pour FUSILIERS :

Les récits de BALISSON c'est ce qu'il a vécu. En ce qui me concerne, j'étais mécanicien, donc je ne fais que rapporter ce que mes potes m'ont raconté ou ont écrit.

Pour BALISSON :

A propos d'OMPHALIUS, j'ai écrit qu'il avait été décoré de la Légion d'Honneur, mais en fait il a été élevé au grade d'officier de la Légion d'Honneur.
Quant à mon pote Michel FAURE, il porte la cravate de Commandeur et il le mérite bien ; il a, entre autres, aidé au rapatriement des harkis de la DBFM et de leurs familles et est toujours resté près d'eux dont maintenant en Ardèche à Largentière.




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Re: LES HISTOIRES A BALISSON

Message par FUSILIERS le Jeu 17 Aoû 2006 - 8:25

Salut Daniel
Je sais pour tes histoire que c'est du rapporté, mais tu les écris si bien, et ce n'est pas de la lèche, mais je croit que tu as fait un séjours la-bas tu pourrais aussi raconté se serai intéressant de savoir comment tu l'as vécu.
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Opération du djebel Medboua - 5 juillet 1959

Message par raymond nenert le Jeu 28 Fév 2008 - 18:44

Bonjour Daniel

Je viens d'embarquer et je reprends le fil de l'histoire.
J'ai bien connu René BAIL en Algérie.
C'est un ami qui a participé à bon nombre d'opérations avec les commandos en qualité de photographe, puisqu'il était photographe Aéro.
Nous lui devons des ouvrages que je juge personnellement comme remarquables.
Ces ouvrages qui sont aussi des carnets de route, ont contribué à éviter à une certaine époque récente, la dissolution des commandos en qui la Marine avait une piètre opinion.
On voit aujourd'hui ce qu'ils sont devenus.
Un des fers de lance du C.OS. (Commandement des Opérations Spéciales) avec quelques unités de para et de quelques autres unités (4500 hommes au total).

Par contre et sans esprit critique, je voudrais apporter une précision quant à l'opération en Algérie citée en objet.
Ce n'était pas la première opération héliportée, ni le baptême du feu du quartier-maître Nenert, pourvoyeur du F.M.
Il avait été affecté au Cdo.Trepel après son stage commando, c'est à dire en juin 1958 et l'opération du Djebel Medboua s'est déroulée le 5 juillet 1959.
Il a participé à toutes les opérations dans le secteur de la D.B.F.M. à NEMOURS (Oranais) avant que les commandos soient jumelés avec les hélicoptères du G.H.A.N. et qu'ils soient constitués en Groupement commandos, envoyés dans le Sud-Oranais, pour devenir avec le G.H.A.N (Groupement d'hélicoptères de l'Aéronautique Navale), une des unités préférées du Général GAMBIEZ (Généchef) des troupes de l'Oranais et Sud-Oranais.

Je sais que René BAIL ne m'en voudra pas de cette précision.
Il ne participait pas à cette opération, et n'a pu se contenter que des compte rendus des journaux de bord de l'époque pour rédiger son ouvrage "COMMANDOS MARINE AU COMBAT".

Cordialement.
Raymond.


Dernière édition par raymond nenert le Jeu 10 Avr 2008 - 16:26, édité 1 fois



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Ecole des Mousses 1956-Centre Siroco 1957-Cdo.TREPEL 1958/1960- Bizerte 1962- Cdo.PENFENTENYO 1963/1965- P.A.Clémenceau-1965/1966- Cdo.PENFENTENYO 1968/1970- C.E.P.Mururoa 1971/1972- Cdo.TREPEL 1972/1973- Ecole Santé Navale 1973/1977- Puis civil Cie.IBM France 1978/2000- Retraité depuis...

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