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Les nièces d'Aimé...

Message par bertrand robert fils le Mar 09 Déc 2008, 18:20

À lire, ces trente pages nous conduisent en Tunisie en 1954.

Mon père a eut plusieurs nièces : Jocelyne, Jacqueline et Pâquerette.
Elles sont les filles de sa sœur Andrée, auteur du manuscrit que vous venez de lire.

De son frère Roger, il y a eut Régine.
Elle a fait une carrière dans la haute magistrature.

Sans enfants, sa sœur et son frère : Renée resta célibataire et connut une vie monastique et Robert est mort à la guerre dans le Vaucluse en 1943.

De sa petite sœur Yvette, je n'ai à ce jour aucune information ainsi que sur son demi-frère Lionel.

Lorsque sa sœur Andrée eut Jocelyne, elle était encore jeune et mère célibataire.
À cette époque, mon père étudiait aux Arts et Métiers de Lille.

Andrée ayant du mal à joindre les deux bouts, elle essaya de confier son enfant en bas âge à sa mère qui s'était remariée.
Mais la réponse fût négative.
Les raisons sont multiples.
Tout d'abord sa mère avait un autre enfant, Lionel et puis son deuxième mari n'en voulait pas.

Désespérée, elle tenta le coup du couffin devant la porte de sa mère.
Mon père en visite ce jour-là, après une discussion avec Andrée lui dit :
- Je m'occuperais de tous les frais concernant Jocelyne : gardes, nourriture, logement et études.
Il fit si bien les choses qu'une fois adulte, sa nièce devint chirurgienne et posséda sa propre clinique à Paris boulevard des Pyrénées.
Jocelyne était la seule présente de la famille de mon père à son enterrement.
Elle représentait aussi ses demi-sœurs nées plus tard d'une union de sa mère avec un médecin.

Pâquerette épousa un chercheur comme elle.
Tous deux, docteurs en recherche mathématiques avancée.
Vous l'avez vu en image dans un précédant post en vacances à Bizerte.

Ce qui me ramène à la villa Lafond.
Les nièces de mon père sont venues pour un mois en vacances le voir à Bizerte.

Pâquerette était souvent avec nous, proche de ma mère et mes soeurs.
Quant à Jacqueline nommée par son petit nom Jackie, mon père l'avait littéralement adopté et kidnappé.
Le prétexte en était le fort intérêt de ma cousine pour les centrales électriques ce qui s'est avéré exact par la suite puisqu’elle devint chef ingénieur sur les barrages hydroélectriques du monde entier.

Mais sur le coup, leur disparition de 10 jours et sans une apparition faisait grand bruit chez nous.
Lorsqu'on les a revu, Jackie était devenue Miss Bizerte avec son ruban de reine et à la Une des journaux et quotidiens.
Mon père était très fier et ma cousine radieuse.
Ma mère fût peu rassurée et Pâquerette autant.
Puis le calme revint, promenade en famille en forêt et à la plage le week-end.

Les jours de semaine, Jackie était devenue la secrétaire particulière de mon père qui l'emmenait partout et Jackie s'amusait follement.

De mon côté, du haut de mes quatre ans, j'étais sur le coup de la grâce et du charme éclatant de ma cousine.
Si bien que j'ai attendu 45 ans depuis ce jour là avant d'avoir la même vision un jour sur le seuil d'une porte et qui depuis ne s'est pas refermée.

Jackie à gauche et Pâquerette à droite, au premier plan Martine, Babette et moi.



A suivre...
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Mers el kébir

Message par bertrand robert fils le Jeu 11 Déc 2008, 07:14

Revenons à Mers el kébir, je m'étais égaré dans les coursives avec mes cousines.

J'ai appris que ma mère avait eut une septicémie et qu'elle était à deux doigts d'y passer. Rétablie aux bons soins de mon père, elle remit en route un petit frère. René naquit le 29 octobre 1958.
Entre temps, mon père avait entrepris de récupérer les tapes de bouche des bâtiments coulés en 1940 et 42. Il fit des copies et offrit les originaux sur les conseils de son ami le commandant Cousteau au musée de la Marine de Monaco. Il garda en souvenir un Original du Bretagne et quelques copies des tapes.

Le Cdt Cousteau passait de temps en temps à la maison. C'est comme celà que j'ai pu voir "Le monde du silence" dans notre salon. Mon père avait rapporté un projecteur de ciné et on pouvait voir des documentaires et autres films sur écran blanc tendu sur le mur de la salle à manger.
Mes soeurs étaient ravies car il avait dans ses bagages de magnifiques colliers provenant de Tahiti et d'autres Îles souvent blanc et jaune oranger fait avec des centaines de minuscules coquillages. Pour ma mère, c'était un peu plus luxueux. Pour sa cuisine, il lui déposait des caisses de vrai nuoc-mam estampillées d'Indochine. Quand à mon père, il lui donnait ses ouvrages d'études sur les fonds marins de la mer de Chine ou du Pacifique.
Pour moi, c'était souvent des énormes coquillages pour ma collection : des conques.
Pendant son escale à Mers el Kébir, il en profitait pour faire réviser la Calypso par mon père.
D'autres personnages connus, comme le Cdt Ponchardier passait. Là, ma mère était inquiète, car mon père disparaissait la nuit pendant deux ou trois jours voir une semaine. Il y avait du mouvement parfois festif d'autres fois trouble et angoissant. Il se passait des choses graves. Celà se sentait aux missions nocturnes.

De temps à autres, on allait sur les plages immenses de sable fins du côté du Cap Falcon. Je faisais des galipettes et roulades incroyables sur les dunes.

Ce que j'aimais plus que tout, c'est d'aller au port faire un tour sur la rade, jeter un coup d'oeil dans les ateliers, voir les maquettes de voilier, aller à la pêche aux bulots avec les marins et embarquer dans les sous-marins ou sur les navires.

Jean Savoye raconte :

En 1959 ou 58, je ne suis pas sûr, j'étais dans la salle d'attente du Dentiste Marine à l'Unité Marine Oran sise au quai Lamoune. Parmi les patients, un jeune garçon d'environ 6 ou 7 ans était assis. Au bout d'un certain temps, le garçon se levait d'un bond et quittait la salle d'attente (La peur du Dentiste certainement qui officiait porte ouverte). Au bout d'un certain temps , à l'appel du suivant le praticien "ameutait" tout le bâtiment pour la disparition du jeune homme. Après une bonne demie-heure l'ingénieur Mécanicien en chef BERTRAND revenait en salle d'attente avec le "fiston" à la main. Je le connaissais donc bien à son allure et à sa répartie en retrouvant le Dentiste :

- Il est comme son père !







Spoiler:










Le baptême : le parrain et la marraine, les Chevalier



Les tapes de bouche :

Spoiler:





N° 1 : Porte avions Lafayette
N° 2 : La Moqueuse
N° 3 : Georges Leygue
N° 4 : Tornade
N° 5 : Richelieu
N° 6 : CT Triomphant
N° 7 : Lac Tonlesap
N° 8 : Le Lancier
N° 9 : Le Bretagne





N°10 : La ville de Bizerte
N°11 : La jeanne d'arc
N°12 : la Calypso
N°13 : Le Bretagne
N°14 : Elan ancien
N°15 : Cean rochefort
N°16 : Dépôt de Toulon





N°17 : Hova
N°18 : La Boudeuse
N°19 : l'Africaine
N°20 : La Gracieuse
N°21 : Le Jean Bart
N°22 : Montcalm





N°23 : Le Spahi
N°24 : Le Terrible
N°25 : Le Tunisien
N°26 : Le Marocain
N°27 : Le Montcalm
N°28 : C.T Epervier

Remerciement spécial à douzef pour son aide, à suivre ...
[/center]


Dernière édition par SEGALEN Georges le Ven 09 Jan 2009, 21:44, édité 1 fois (Raison : Fonction spoiler mise en place)
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La vie d'après ...

Message par bertrand robert fils le Sam 13 Déc 2008, 09:08

La villa "Oasis" se situait sur un chemin portant le même nom à Kouba; un quartier sur les hauteurs. Depuis la terrasse, la vue panoramique était imprenable. On voyait tout Alger défilé sous nos yeux. Se détachant de la mer au loin, la centrale électrique ou "le Beaubourg" où mon père travaillait maintenant.

Après Mers el Kébir, on avait transité par deux appartements : un avenue Gambetta et un dans un petit immeuble de fonction nommé "California" avenue ST Eugène aux abords de la falaise à Oran.

Du portail de "l'oasis", on voyait un immense escalier qui allait jusqu'à la porte d'entrée de la maison. En fait, c'était un trompe-l'oeil, un effet d'architecture, une fiction de l'oeil.
Le premier escalier après le portail donnait sur un premier niveau de jardin ordonné et séparé en deux par une allée cimentée. À droite des orangers, oranges communes, douces et amères. Et une petite forêt de clémentiniers et mandariniers. À gauche un grand citronnier, un immense abricotier, un figuier, des plantations diverses, une verveine et une terrasse de la grandeur du double garage situé au-dessous qui possédait son propre escalier intérieur et qui aboutissait à cet endroit.

Au bout de cette plateforme de verdure et dans l'axe du premier, un deuxième escalier.
Il menait à un second niveau très vert, mais cependant moins planté d'arbres. On trouvait des parterres de fleurs, quelques pêchers et bougainvillées. Le reste était cimenté et faisait le tour de la bâtisse. Les deux murs latéraux qui nous séparaient des autres habitations voisines étaient recouverts de lierre.

À l'arrière du côté gauche, un poulailler flanqué d'un grandiose mimosa le couvrait. Il y vait aussi la porte arrière de la maison. Le tout était clos. Devant pour accéder à l'entrée principale, on empruntait une montée dans l'axe des deux précédents escaliers. On arrivait sous une véranda surmontée d'une terrasse qui prenait toute la largeur de la façade avant. L'intérieur était vaste et spacieux de ces demeures des années mille huit cent.

Sous la véranda, un atelier. Contre la façade gauche, une grande niche vide avec un nom inscrit au fronton : " Sultan". Dans mon exploration et en particulier de l'atelier, j'avais découvert trois choses dignes d'intérêt. Des cartes qui misent bout à bout représentaient le monde en 1900. L'ensemble couvrait un mur d'environs 6 mètre sur 3. Des carnets d'aquarelles avec des scènes de la Casbah et des personnages colorés d'une très bonne facture. On aurait cru des Delacroix. Une boîte complète de craies grasses, des pastels à l'huile.

Dans le Jardin, on trouvait parfois des pièces de Napolèon III en remuant la terre. Ici ou là, quelques tortues Hermann dont l'une nommée par mes soeurs "Josephine". Martine l'avait peinte en arlequin pour la retrouver facilement.

Mon père avait trouvé refuge à l'intérieur d'une oasis de verdure au milieu des évènements d'Algérie, cette guerre qui se déroulaient sous nos yeux.

Après trente-trois ans de vie dans la Royale, que reste-t-il à un homme? Une carrière, des flots de souvenirs, des habitudes, une manière particulière de penser, le sentiment d'avoir fait son devoir, des doutes, des regrets et des incertitudes ou une certaine grandeur.











En discussion avec M. Clément sous la véranda.




Devant la véranda avec à droite mon petit frère René.





Aimé à la villa Marchand, le palmier est dans le coin... à suivre...


Dernière édition par bertrand robert fils le Sam 13 Déc 2008, 18:08, édité 1 fois
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In Memoriam

Message par bertrand robert fils le Sam 13 Déc 2008, 09:17

Qui se souvient de Monsieur Lequec. Ingénieur du génie maritime, on l'avait chargé de corriger les cheminées du paquebot France. Pour empêcher la fumée et les dépôts de suie de retomber sur les passagers circulant sur le pont. Il travailla à un dispositif de quatre ailerons de 19 tonnes latéraux avec d'envergure de 19 mètres. Elles rendront l'image de ce paquebot unique et célèbre. Sur la photo, on le voit près de mon père avec une de ses filles de dos. Il sera tué dans un accident à Paris, fauché par une moto en traversant une rue quelques mois après cette tranquille image de bord de mer.









à suivre ...
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L'Oasis en vrac ou le repos du guerrier...

Message par bertrand robert fils le Sam 13 Déc 2008, 18:23

De la Villa, on entendait des explosions parfois très proches et d'autres fois plus éloignées. Avec des jumelles, je voyais de la fumée ou des retombées de poussière d'un immeuble. Des tirs d'armes automatiques qui stoppaient net le roucoulement paisible des colombes. Je voyais aussi de la terrasse du garage des gens du quartier transportés en passant devant chez nous des blessés sanguinolents.

Mon père allait à son travail accompagné par son chauffeur dans une nouvelle Peugeot 403 noire et la 203 réservée à ma mère était dans le garage.

Si bien qu'un dimanche, le téléphone a sonné à midi trente. La femme de son chauffeur a dit à ma mère que son époux venait de s'évanouir en plein repas et que le docteur venait de découvrir qu'il avait été blessé lors du mitraillage de la voiture de mon père. Il avait une balle dans le gras de la fesse. Ma mère inquiète, car pas du tout au courant de cette mésaventure a demandé à mon père comment cela s'était passé. A sa grande surprise, il lui a répondu :

- J'en ai une dans l'épaule, plus exactement dans la clavicule si tu veux le savoir. Cela fait une semaine. Bon, Tam maintenant, on peut boulotter.

Elle l'a fait immédiatement soigner.

Ils en avaient connu d'autres mes parents en Indochine ou ailleurs.

Comme en Tunisie, où mon père en allant faire un tour en moto c'était fait projeter du haut de la corniche vers les rochers en contre bas par un camion anglais roulant à vive allure en face dans le sens inverse. Il s'était réveillé pile au moment où le chirurgien voulait le trépaner. Ce qui ne fut pas fait. Surtout me dit-il :

-Ne te fait jamais trifouiller là-dedans, sinon tu auras la langue pendante à vie et le regard vide.

Jean Savoye raconte :

"Un adjoint du Commandant fut assassiné près de la base. Dès que je serai de retour chez moi, je vous ferai parvenir un extrait de mon Carnet de route où je mentionne ce fait fin 1947. C'était un Quartier-Maître , nous sortions armé et le Q/M était donc seul à l'entrée de Phu My prés du cimetière. Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, il y avait déjà beaucoup de monde (police ,quelques officiers de chez nous. À la descente des camions, nous étions séparés en plusieurs sections pour assurer la protection des lieux. Le fusil bien sûr n'était plus là. La gendarmerie faisait ses relevés et à la tombée de la nuit j'avais vu votre père arrivé dans sa voiture décapotable (les deux portes seules étaient blindées intérieur) accompagné de son secrétaire vietnamien dont je ne me rappelle plus le nom. Dans un premier temps, ma section avait fouillé le cimetière et en revenant sur le groupe de paillotes prés du lieu de l'attentat nous avions commencé a contrôler les habitations avec dans chaque groupe un agent de la Sûreté Vietnamienne. Au cours de cette opération nous avions dût nous replier sur la route quelques paillotes étant alors en feu. J'avais entendu alors que le sinistre avait débuté après la chute d'une lampe à pétrole...

Quelques semaines plus tard, nous étions intervenus sur la place de Phumy en urgence. Votre Père accompagné de votre mère attablés dans un restaurant prés du château d'eau avait été victime (plutôt le restaurant) d'un jet de grenade qui si je me souviens bien avait éclatée dans le "resto"."


À Alger, il était responsable du centre EGA, une usine ultra moderne sur le port. Une construction qui ressemblait à s'y méprendre au fameux centre artistique parisien Beaubourg construit après. Cet endroit gérait le bon fonctionnement de l'ensemble de l'électricité et du gaz d'Algérie.

Après ces coups de feu, on lui a adjoint d'office 3 gardes du corps en civil. Ma mère n'était pas plus rassurée et souvent mon père disait :

- ils ne sont pas là pour me protéger, mais pour me garder!

De temps en temps le dimanche, il organisait un méchoui près de l'usine pour tous les techniciens et ouvriers sous ses ordres et il nous emmenait mon frère et moi. De retour à la maison, René disait :

- On a mangé un énorme poulet!

Une autre fois, on a dû remonter les quelques kilomètres à pied jusqu'à notre maison. Un des invités avait été retrouvé par la police en contre bas d'une route plus loin complètement passé à tabac. Du coup tous les véhicules présents au méchoui avaient été mis sous scellés à la recherche d'indices.

Parfois je m'évadais et discrètement je descendais en ville à pied pour faire un tour. J'allais au parc ou au Royal, un cinéma permanent. Parfois sur le chemin du retour, j'étais pris à part par une bande de jeunes algériens avec des coutelas et après m'avoir examiné se disaient entre eux :

- Tu vois bien que c'est pas un "Roumi", c'est un "Chinouille", les films qu'on voit à la télé. Ils nous aident faut pas lui faire de mal.

Et je repartais tranquillement. J'en soufflais mot à personne.

En période de vacances, on allait dans une villa du bord de mer chez M. Marchand un milliardaire avec un look de don Juan ou play-boy. Il y avait une plage privée, toute la crique lui appartenait.
Un groupe d'amis y était invité en permanence et nous résidions dans un bungalow près de la maison principale.
Elle était blanche et avait une rotonde de baie vitrée et des longues vues sur pied permettant de voir au large. Le matin très tôt, je partais avec le cuisinier algérien relever les filets. Les prises étaient bonnes, il y avait des homards, des rougets, des sars, des rascasses, etc. On allait aussi à la pêche aux bonites, aux chiens de mer, aux cigales, aux araignées, aux oursins, aux poulpes et la murène. C'était mon seul copain.
Il faisait des repas somptueux qui donnaient envie de saliver, uniquement en sentant l'odeur sortir des cuisines. Le soir dans la brise légère, je voyais passer silencieusement des gardes (des anciens légionnaires, des russes) qui faisaient leur ronde, PM sur le côté et une troupe de chiens loup devant.

Dans cet attroupement de gens d'origine divers, il y avait un prof de natation avec une très vilaine cicatrice qui lui barrait tout le ventre. Je lui avais demandé l'origine. Il me conta cette histoire. Il était dans la résistance et avec son groupe ont été fait prisonnier et ensuite abattu à bout portant à la lisière d'un bois. Il avait pris une rafale dans le ventre. Il s'est réveillé plus tard, tout le monde était mort. Les tripes lui sortaient du ventre. Il a tout remis et a serré sa ceinture. Puis des gens l'ont trouvé alertés par les détonations. Miracle, il en a réchappé.

Un après midi, mon père lisait son journal dans la véranda à kouba. Je lisais non loin assis par terre quand j'ai vu son panama rouler devant moi. Il était toujours adossé mais sa tête penchait vers l'avant, son journal venait de lui glisser des mains. J'ai couru chez le voisin de droite qui était par chance neurochirurgien. Il a été sauvé de justesse. Il venait d'avoir une hémorragie cérébrale.

Nous sommes partis pour la France fin août 1964 en partant en vacances. Les autorités algériennes voulaient que mon père poursuivre malgré tout son travail à Alger. De lui dépendait le bon fonctionnement de la centrale donc de tout l'approvisionnement électrique et du gaz en Algérie. Aimé avait eut sans doute des renseignements confidentiels pour notre sécurité en Algérie.





La voiture décapotable (les deux portes seules étaient blindées à l'intérieur) en Indochine. Au volant ma mère.



Mon père entouré par "ses gardes".




Les gardes au travail calibres en poche.

à suivre...
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Message par bertrand robert fils le Lun 15 Déc 2008, 18:19

De la poupe du "ville d'Alger", j'avais vu le largage des amarres et le port s'éloigner, puis l'Algérie toute entière et la côte africaine disparaître à l'horizon. Je venais de laisser le sud. Mes soeurs et mon frère surveillés par ma mère étaient en cabine. J'ai mangé ce soir là avec mon père au restaurant. Après ce moment en tête à tête, je l'ai laissé en conversation avec d'autres convives. Je suis allé me promener sur le pont avec ma petite soeur à la nuit tombante. Nous avons croisé une baleine. C'était calme, doux et beau.

Le lendemain à Marseille, ma famille était à l'hôtel et moi chez ma tante, la très catholique Rénée. Elle vivait vraiment comme une none sous les toits, d'eau fraîche, de pain et de bible. Son luxe était une cuillère à café de confiture.

L'eau, je m'en souviens j'allais lui chercher six étages plus bas et cent mètres plus loin avec des brocs à la fontaine deux fois par jour.

Puis nous sommes partis en voiture pour l'Alsace. La première chose que nous avons mangé a été une choucroute royale. Quand le serveur a ramené les plats, on a ouvert de grands yeux tellement il y avait de nourriture et même en se forçant on en a laissé la moitié.

On est resté à l'hôtel pendant une semaine en faisant les courses. On a dû d'urgence changer de garde robe le Nord-Est oblige. On a emménagé dans deux appartements sur le même niveau à l'esplanade, rue de Milan en attendant la construction d'une maison à Bischheim.

Mon père travaillait d'abord à la centrale Strasbourg 2. Son travail consistait à la modernisation de celle-ci et au changement de combustible. Puis il a continué aux ponts et chaussées à Strasbourg et ensuite à Arzwiller/St Louis à la construction du plan incliné.

Mais le gaillard n'avait pas dit son dernier mot.

Il travailla encore comme contrôleur EDF et s'aperçu d'une chose tout de suite. Certains compteurs fonctionnaient mal. Il inventa et construisit un appareil simple et pratique pour mesurer le débit effectif pour un spécialiste des instruments de mesure. Ce fut chose facile. C'est ainsi que l'électricité de Strasbourg se vit en demeure de rembourser des années de trop-perçu de clients et mêmes certains restaurateurs qui on vu en mon père, le père noël.
À l'EDF, il y eut des grincements de dents. La facture était lourde. Il avait dépassé les bornes et fut mis à la retraite tout de suite et pour de bon. De toute façon, il avait plus que l'âge.

Il a vendu sa maison au chinois d'à côté : le bon docteur Chu qui m'avait soigné et guéri jour après jour lorsque j'avais attrapé une pneumonie carabinée.


Puis il hissa la grand voile en profitant de l'alizé, mis le cap au vent avec ma mère afin de trouver un appontement et une nouvelle embarcation pour se protéger dans la dunette des Quarantièmes rugissants.

Toutes les années, il nous envoyait par chèque une somme correspondant exactement au trajet par train aller retour avec une seule phrase :
- viens voir ta mère! on t'attend.

Des histoires :

Lorsqu'il travaillait à côté de Saverne à la construction de l'ascenseur à péniche ou Plan incliné d’Artzwiller ou encore appelé l’élévateur à bateaux , un matin très tôt son radiateur fut gelé en pleine grève des bus et des trains. Son travail nécessitait un trajet de cinquante kilomètres aller. Il est parti à pied au boulot. Glissant avec ses chaussures sur le verglas, il a continué de marcher en chaussette, ses godillots à la main. C'est ainsi qu'un collègue de travail l'a croisé sur la route. Il venait de faire tout de même 25 bornes par moins quinze. il avait soixante-deux ans ou plus.

Une autre fois, il est rentré du boulot avec la même voiture ou presque, car "la nouvelle" était noire alors que la "notre" était bleu marine. De plus l'intérieur était en cuir marron clair alors que l'autre était en tissu gris. Il m'a demandé de me taire. Un week-end, il m'a montré l'ancienne voiture trente mètres plus bas dans un ravin près de son travail. Il avait glissé et était remonté en escaladant. Ma mère n'a jamais rien fait remarquer et elle ne l'a jamais su.

Un autre jour, il avait rapporté deux sacs de 100 litres à moitié plein et avait déversé le tout dans la baignoire au grand étonnement de ma mère. il y avait au moins 80 truites.

- On a vidangé le plan incliné!

En attendant de recevoir de nouvelles bouteilles à la mer.


Hervé GRALL raconte :

"Le hasard a fait que j'ai récemment rencontré le Capitaine de Vaisseau GUYADER qui a connu votre père à Dakar sur le Montcalm où il était lui-même jeune midship. Il en a gardé un très bon souvenir et me disait également que Mr BERTRAND était une forte personnalité qui ne laissait personne indifférent. Bien que sa mémoire immédiate soit affectée par la maladie, il a gardé un souvenir assez précis de cette période. Malheureusement au moment où j'allais lui demander ses coordonnées , je me suis aperçu qu'il avait disparu dans la foule des visiteurs d'un salon du livre maritime où je l'ai donc rencontré."



Spoiler:





























Ma mère au quart sur le pont.

A bientôt...


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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par BONNERUE Daniel le Lun 15 Déc 2008, 19:03

J'ai suivi avec grand intérêt le récit détaillé que vous venez de faire concernant la vie plutôt riche en événements de votre remarquable père.
Il s'agit d'un très bel hommage de la part d'un fils.
Merci à vous de nous l'avoir fait partager.

Comme je l'ai écrit plus haut, j'étais à Oran lorsque l'IMC2 BERTRAND, votre père, dirigeait les Ateliers Militaires de la Flotte.
A cette époque, je résidais sur la corniche Oranaise à Bouisseville, commune d'Aïn-el-Turk.
Nous avons donc fréquenté les mêmes plages jusqu'au cap Falcon.




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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc 2008, 09:11

"suite des carnets de bord d'outre tombe dans le forum à Surfaciers, Les croiseurs, le croiseur Montcalm :
La campagne de Norvège et la bataille de Dakar."
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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par bertrand robert fils le Ven 09 Jan 2009, 18:40

Une bouteille à la mer de Jean Savoye.

Le 09/01/2009 à 18h10 intitulé : "Mon shéma".

Bonsoir Robert BERTRAND,

Tu trouveras ci-joint mon shéma de la zone Saïgon- Phu-My avec les appontements de l'atelier central sur le Donnaï (rivière de Saïgon).
Le Commandant BERTRAND logeait dans le bâtiment A PC Officiers avant qu'il épouse ta Maman.
La villa TAM-Biou où je suis allé le 1er Janvier 1948 et où tu as été élevé se situe à quelques mm (échelle) du bâtiment Z Pagode, (donc à l'extérieur de la base à cette époque).
Pour les photos satellite qui vont suivre, je vais essayer de cadrer le bassin de carénage de l'Arsenal pour avoir une comparaison.
A mon époque autour de la base, c'était marécageux avec un groupe de paillotes aux approches de la villa TAM-BIOU.

A suivre...
J.S

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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par bertrand robert fils le Ven 09 Jan 2009, 19:43

Deuxième bouteille à la mer de Jean Savoye.


Re, ROBERT, à 09 01 2009 18h47

Par satellite, 61 années après il y a du changement, les "Ricains" sont passés par là et il faut dire aussi que les Vietnamiens ne sont pas manchots.
Sais-tu que là bas les anciens ne sont pas mécontents bien sûr que les guerres soient terminées, mais les gens du Sud reprennent peu à peu leurs habitudes d'antan.
Il y a encore des baguettes de pain en vente dans la boulangerie de l'ex rue Paul Blanchy.
Tu constateras qu'en amont de Courbet il y a un port spécialisé pour les Portes-containers.
Je te laisse ce soir ROBERT, communique ces documents à ta mère que tu salueras bien en mon nom.
Pas de nostalgie, tu es près des tiens proches, nos anciens nous les reverrons plus tard.

Au plaisir.

Jean SAVOYE.

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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par Charly le Sam 10 Jan 2009, 15:58

Votre récit (bel hommage à votre Père) est vraiment passionnant, je l'ai suivi avec intérêt, toute une vie que vous partagez avec nous, un grand merci.

J'attends la suite et en particulier la Campagne de Norvège, car mon Père a fait partie du Corps Expéditionnaire Français de Scandinavie au sein d'une des 2 demi-Brigade de Chasseurs Alpins.
Lui qui avait toujours rêvé d'aller dans la Marine, a toujours gardé en mémoire son embarquement à Brest le 12/04/1940, la traversé en convoi, la vie à bord, l'accueil des Marins, les attaques en mer, les postes de combat jusqu'au débarquement à Namsos le 03/05/1940.

Très Cordialement.
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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par bertrand robert fils le Dim 11 Jan 2009, 09:15

Salut Guiffray!

Va voir là

Forum : Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges - CORPS - SURFACIERS - TOUS LES CROISEURS - Montcalm, page 5

La Campagne de Norvège, Mon père était sur le croiseur pendant cette période donc rendons à César... j'ai préféré le placer là sur le bâtiment.
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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par Charly le Dim 11 Jan 2009, 09:35

C'est ce que je comptais faire, merci pour le MP.
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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par bertrand robert fils le Mer 14 Jan 2009, 09:52

Une bouteille à la mer de Chevallier ( Mers el Kébir, année 1956 à 1964 )






Service de Chevallier











Le Cdt Bertrand à droite passe ses pouvoirs à son sucesseur Mers el Kébir 1960






Chevallier au centre, son épouse à gauche, à doite Juge et mme Juge
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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par bertrand robert fils le Ven 16 Jan 2009, 09:41

Une bouteille à la mer le 13 01 2009 à 0h33 de François Jacquier ( Mers el Kébir, année 1942 - La Tornade)



Bonsoir,

C'est par le plus grand des hasards que je viens de découvrir sur le net votre contribution du 15/11/2008 au forum de "Anciens cols bleus" à propos de Mers-el-Kébir.

Je connais presque sur le bout du pouce le déroulement des événements que vous faites sur le 8 novembre 1942 dans la mesure où mon père (Henri Jacquier) servait également comme mécanicien sur la Tornade. Il a aujourd'hui 86 ans et vit dans le Jura, mais je ferai appel à ses souvenirs dès demain pour savoir si le nom d'Aimé Bertrand lui rappelle quelque chose…

Moins chanceux que votre père le mien a perdu le bras gauche arraché par un éclat d'obus, celui-la même qui a tué le Lt de vaisseau Hochstetter à la pièce 4. Il semblerait qu'une partie des mécanos soient montés sur le pont pour assister les servants des canons, mon père faisait partie du lot…

La guerre et la carrière militaire ont donc été terminées pour lui, il est resté en Algérie chez une famille d'accueil jusqu'à la libération et sa démobilisation définitive en 1945.



Mon père est toujours resté assez discret sur ces évènements et c'est surtout au travers de livres et de documents que j'ai pu reconstitué cet épisode "historico-familial".

Depuis ma plus tendre enfance, l'image de ce bateau en train de couler a hanté mes pensées. Plus tard, et ce n'est sûrement pas par hasard, je me suis passionné pour la plongée sous-marine. Mon but ultime serait de pouvoir plonger un jour sur l'épave de la Tornade.

Depuis une vingtaine d'années je suis en quête de renseignement sur une localisation précise du naufrage. Je suis même allé aux archives de la Marine au château de Vincennes à Paris. Là, à mon grand étonnement on a été incapable de trouver le moindre document relatif à la Tornade après 1940, il est probable que toutes les archives des bateaux basés en Algérie aient disparu après l'occupation américaine. Peut-être sont-elles à Washington aujourd'hui ?

En 1989 j'ai essayé à tout hasard de rentrer en contact avec le Commandant Pares. La Marine n'a pas voulu me donner directement ses coordonnées mais m'a proposé de lui faire parvenir un courrier de ma part. Ce courrier m'est revenu deux mois plus tard avec la mention "destinataire décédé"…

Seules deux photos du naufrage (je pense que vous les connaissez) donnent quelques indications de distances et direction par rapport à quelques récifs que je suis dans l'impossibilité de situer exactement sur la carte marine.

Je ne sais pas si de votre côté vous possédez quelques éléments géographiques sur ce naufrage, mais si c'était le cas je vous serais reconnaissant de m'en faire part.

Après 1989, les troubles en Algérie m'avaient un peu dissuadé d'entreprendre une recherche directe sur le site. Depuis, le temps a passé et l'enthousiasme n'est plus le même (j'ai 54 ans), toutefois je me dis que "peut-être un jour…"



La découverte de votre texte m'a réconforté dans mes recherches et je me sens désormais un peu moins seul.

A bientôt à vous lire



François Jacquier



PS : Connaissez-vous le livre de Jean Meirat "Marins de la Tramontane" qui relate également dans le détail ces évènements.
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Re: Carnets de Bord d'outre tombe

Message par bertrand robert fils le Sam 17 Jan 2009, 18:29

Deuxième bouteille à la mer le 16 01 2009 à 22h01 de François Jacquier ( Mers el Kébir, année 1942 - La Tornade)



Voilà déjà quelques photos :


Tornade 1 : photo prise par un marin de la Tramontane débarqué un peu plus tôt sur les rocher de la pointe de l'Aiguille. La tornade semble ancrée à l'avant. On voit très bien se proue défoncée après le choc avec les enrochements à la sortie du port d'Oran.
Détail presque incroyable, le cliché a été pris à l'instant précis où la tourelle 4 est touchée par un obus de l'Aurora. On voit nettement le nuage noir informe à l'arrière . Mon père vient de perdre son bras et d'être criblé d'éclat.

Tornade 2 : L'envers de la photo précédente avec les annotations de mon père

Tornade 3 : L'agonie de la Tornade, la photo est moins nette mais on voit bien le trou sous l'étrave et les deux chaloupes qui rejoignent la côte sur la droite.

Tornade 4 : Mon père (Henri Jacquier) à droite et Charles Mérot (décédé il y a une quinzaine d'années) sur l'hélice tribord de la Tornade au dock d'Oran. A l'arrière, la photo est datée de novembre 1942, ce qui voudrait dire que le bateau venait d'être remis à l'eau juste avant le naufrage.
Cette photo a toute une histoire : c'est d'abord la dernière photo de mon père avec ses deux bras. Il tend d'ailleurs son bras gauche de façon très marquée sans se douter de l'avenir...
Ensuite, cette photo a été sauvée du bateau en même temps que la boite aux lettre par un des derniers marins qui a sauté à l'eau avec son contenu. Ceci explique les marques de rouille, le ton rosâtre de la photo et la pliure au milieu. Cette photo accompagnait une lettre destinée à ses parents qui ne l'ont jamais reçue on s'en doute... Mes grands-parents n'ont d'ailleurs eu connaissance de sa mutilation 3 ans plus tard, au moment où il est revenu en France fin 1945.
Charles Mérot (à gauche) a lui même porté mon père blessé jusqu'à la chaloupe au moment du naufrage, le tout dans le feu de l'action de combat. Par la suite il a constaté qu'il était lui même blessé et qu'il avait une fracture ouverte tibia/péroné. Un homme normalement constitué aurait été normalement incapable d'une telle prouesse sans une puissante montée d'adrénaline...

Tornade 5 : La Tornade dans la passe de Saint-Mandrier quitte la rade de Toulon. La photo est datée de février 1941

Tornade 6 : L'équipage de la Tornade à Toulon, la photo est également datée de février 1941. J'ignore si ton père est déjà affecté sur le bateau à cette date et s'il se trouve dans le groupe. Le mien est au 3ième rang, juste au centre (marqué d'un point rouge sur le col...)

Réponse de Bertrand Robert : Non, mon père est affecté sur la Tornade que le 14 aout 1941, il n'est pas sur la photo, il vient de quitter le Montcalm le 8 avril 1941 et il est à Toulon du 8/4/41 au 14/8/41.

Les fichiers ont assez gros, mais je les ai déjà volontairement réduit. Ils restent disponibles avec une meilleures résolution et une meilleure compression Jpg.

A propos de la tape de bouche, la photo ne dit rien à mon père, il ne pense pas qu'elle appartienne à la Tornade. Il reconnait toutefois aussi ne jamais les avoir lui-même manipulées...
Son album photos comporte beaucoup d'autres clichés pris sur la Tornade mais sans grand intérêt à mon sens, groupes de matelots ou photos perso de mon père. On voit entre autres des groupes posant à califourchon sur les canons, les tapes de bouches sont retenues par des petits câbles mais on ne les voit jamais de face, dommage !

Bonne réception

François

Spoiler:

Photos :




Tornade 1

...Arrivant en face, la TORNADE est obligée de se porter sur bâbord afin d'éviter le navire naufragé. Etant trop près de la passe le torpilleur abîme son étrave en touchant un contrefort. Une partie de sa coque située sous la ligne de flottaison est arrachée...

...Quand elle arriva à proximité de la passe, celle-ci était couverte par une épaisse fumée provenant du HARTLAND en feu ; le torpilleur ne put trouver la sortie et son étrave heurta les enrochements de l'épi Nord ; le peak avant fut envahi...





Gros plan : Détail presque incroyable, le cliché a été pris à l'instant précis où la tourelle 4 est touchée par un obus de 152 de l'Aurora. On voit nettement le nuage noir informe à l'arrière . Mon père vient de perdre son bras et d'être criblé d'éclat.




Verso de la photographie

...L'envers de la photo précédente avec les annotations de mon père...




Tornade 3 :...la photo est moins nette mais on voit bien le trou sous l'étrave,les deux chaloupes qui rejoignent la côte sur la droite et les marins dans la mer...

...la TORNADE se coucha sur tribord ; les derniers hommes restant à bord, puis le Commandant se jetèrent à l'eau et quelques instants après le bâtiment chavira et coula par l'arrière...




Mon père (Henri Jacquier) à droite et Charles Mérot




La Tornade dans la passe de Saint-Mandrier quitte la rade de Toulon. La photo est datée de février 1941




L'équipage de la Tornade à Toulon, la photo est également datée de février 1941.



Routes de la Tornade et du Typhon


Pour lire l'histoire du Tornade.
Allez dans Carnets de Bord d'Outre tombe, page 1, message N° 13



...


Dernière édition par SEGALEN Georges le Dim 18 Jan 2009, 12:37, édité 1 fois (Raison : fonction "spoiler" mise en place)

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