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Message par jean-claude BAUD le Mer 25 Juin 2008 - 21:42

André, j'ai les coordonnées de Mr Bracon Antoine, il a un studio photo...



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Message par † CYBAL Jacques le Jeu 26 Juin 2008 - 17:19

Salut à tous
J'aimerais, avant que le stock de photos ne s'épuise, vous montrer deux
clichés du lagon....La première photo est prise au niveau du village, l'alimentation
en eau de l'océan étant quasi-inexistante à cet endroit, l'eau du lagon commençait
à croupir avec prolifération de petits bénitiers...par forte chaleur, elle sentait...
La deuxième, et vous excuserez la qualité, est prise à naké ou gaké, c'est à dire
à l'opposé du village, et l'alimentation étant constante en eau propre, le paysage
est différend : lagon bleu turquoise, coraux et poissons, bref la carte postale.
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Message par PILON le Jeu 26 Juin 2008 - 19:17

Excellentes observations, Jacques, au sujet des différentes qualités des bords du lagon.

Or, il se trouve que j'avais bien remarqué cela et que je m'étais creusé la tête à ce sujet.

Explication au sujet de ce phénomène : bord du lagon magnifique à Gake, bord du lagon pe ( pe, veut dire : pourri) auprès du village.
Je m’étais intéréssé à la question lorsque j’étais en poste à Reao ;
Voici mon explication à ce phénomène que tu as bien observé.
A Reao, le sommet de cette montagne sous-marine est une dalle qui supporte ce qu’il peut y avoir de sol planté, de cailloutis, de motu ; elle est à peu près horizontale d’un bout à l’autre et ne dépasse pas plus de 80 CM au-dessus de l’océan. La marée est faible (80 cm environ) et la recouvre à son maximum, côté océan.
Côté lagon, vers le village, la bande sol ne s’est pas étendue jusqu’au plan d’eau sur cette dalle, elle reste donc apparente et plus ou moins à nu, boueuse, sale et sentant parfois mauvais.
Par contre côté Gake, où les vents et la mer sont toujours plus violents, de par l’exposition à la mer plein sud, le sol s’est formé jusqu’en bordure de lagon, le récif à nu, se trouve côté océan, secteur sud-est à sud.
On sait que les vents dominants à Reao sont de nord-est à sud-est avec une prédilection pour l’axe du lagon, ce qui fait que toutes les particules en suspension, les boues ou autres animalcules viennent se déposer sur la dalle, côté village, formant ces coins boueux ; le plancton qui peut se trouver en suspension dans ces eaux pourrissant sur les lieux par la suite. Les petits bénitiers (pahua), les petits pipi, apportés en tant que larves par le vent d'est, peuvent proliférer dans cette pourriture boueuse mais n’ont aucun avenir.

Ce qui fait que du côté village la plage n’est pas engageante, elle est sale et parfois puante, et puis le bord du lagon est tapissé de bancs de bénitiers morts, résultat du travail de l’ouverture de ces coquilles pour la nourriture des hommes et des animaux depuis des générations. Ce n’est pas là qu’on prendra des photos pour les dépliants touristiques.
Par contre à Gake, quelle belle plage ! formée par des bancs de sable et des pikuku. Quand le vent souffle d’est, elle est totalement abritée par le rideau de cocotiers, pas une ride n’affecte l’eau qui est d’un bleu des plus transparent
Voilà le paysage idéal pour faire rêver le touriste potentiel : les photos de la plage de Nake.

Mais qui a vu cette plage de Gake par mauvais temps ? avec trente nœuds de vent soufflant d’ouest nord-ouest, le vent exerçant sa puissance sur 22 km, les vagues atteignent 2,5 mètres.
Souvenez vous, ceux qui ont fait Mangareva, l’état des baies de Taku, Gahutu et Akaputu par mauvais temps avec vent de nord-ouest à nord-est, à Gake de Reao : c’était pire.

André Pilon
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Message par † CYBAL Jacques le Ven 27 Juin 2008 - 16:30

Salut à tous
Merci André pour les précisions sur "la mort annoncé d'un lagon" (enfin c'est
que prétendaient quelques autorités "compétentes" du coin...), il est vrai que
l'approvisionnement en eau de mer d'une partie du lagon posait problème...
Une anecdote en deux lignes...En 81-82, nous avions quelques cochons, comme
je vous l'ai dit "plus haut". Aussi, presque tous les quinze jours, c'était le cochon
au "four tahitien". Le problème (si), c'est que la cuisson se faisait à une dizaine
de mètres de ma chambrée. Je peux vous certifier qu'au bout d'un temps, même
le dentifrice sentait la cochonnaille, et que j'ai dû bagarrer pour que l'on déplaçât
la cuisson..... (il y a un peu plus que deux lignes...).
Nana
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Message par MARECHAL le Ven 27 Juin 2008 - 22:09

Bonsoir Jacques - Et ben mon cochon !!!... Je ne sais pas si tu as vu, sur ce même poste j'ai mis, il y a quelques temps, des photos d'un "baptême" de l'air à un cochon suspendu sous des ballons (André en était!). Certains m'ont menacé de me dénoncer à une certaine... BB !. Je te dis pas ce que toi tu risque de nous montrer un cochon en train de rôtir... - @+ - Laurent
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Message par jean-claude BAUD le Ven 27 Juin 2008 - 22:31

Laurent, heureusement que ce n'est pas un chien... :)



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Message par PILON le Ven 27 Juin 2008 - 22:36

Les kai tia (Les mangeurs de savates)

Bien entendu, nous savons tous que les pomotu marchaient les pieds nus avant que les popaa leur apprennent à mettre des chaussures ; et s’il y a des choses dont ils se moquent toujours comme de l’an quarante c’est bien cet article vestimentaire : la chaussure.
Pour marcher facilement les pieds nus, il suffit d’en avoir un peu l’habitude, la peau génère de la corne et c’est parfait. Mais sur un atoll, parfois il est difficile de marcher sur le corail mort qui peut blesser cruellement, aussi, jadis les pomotu installaient des chemins de pierre plate ; ceux qui sont observateurs les ont bien remarqués ; ces sentiers sont encore présents et en usage. En fait, ils portent si besoin est, les samara, dites aussi tongs, des trucs les plus légers possibles ; ou bien pour aller à la pêche nocturne sur le récif, des sandales en matières plastique. Le jour que vous quitterez l’atoll pour rallier Papeete, votre ami pomotu sera le plus heureux si vous lui abandonnez votre paire de pataugas, pour participer à cette pêche précisément.
Dans le passé, les habitants des atolls pouvaient se « chausser » d’une dure peau de poisson, un genre de poisson coffre au ventre plat. Cette espèce de couenne était très solide et leur apportait une certaine protection dans les passages difficiles.
Or, un jour, un habitant de Tatakoto, un atoll pas très loin de Reao, situé dans le nord ouest, passant par ici, invité pour un kai kai (repas) en son honneur, se rendit compte que nos Reao mangeaient cette peau de poisson qui, chez lui, remplissait bien le rôle de chaussures. Apparemment, notre atoll, isolé dans l’est, n’avait pas encore inventé ou découvert la possibilité de se protéger ainsi les pieds.
Ayant pourtant été bien accueilli, ce mauvais garçon, une fois arrivé chez lui, se mit à « bardaucher » à médire sur le dos des Reao, en mettant l’accent sur les mots : Kai tia, ce sont des mangeurs de savates.
L’étiquette était encore accrochée au dos des Reao en 1967, je ne sais pas ce qu’il en est maintenant.
Mais les Reao se vengeaient en leur disant : vous, vous êtes des kai perepitero !

Pour ceux qui ont compris ce dernier mot, je ne crois pas que cela soit vrai ; sachant que les missionnaires ont évangélisé l’est des Tuamotu à partir de 1850, cela se saurait, au même titre que l’affaire des cannibales de Tematangi qui mangèrent l’équipage et les passagers de la « Sarah-Ann » en 1856.

André Pilon


Dernière édition par PILON le Sam 28 Juin 2008 - 18:28, édité 2 fois
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Message par † CYBAL Jacques le Sam 28 Juin 2008 - 11:20

Salut André
La chose qui m'avait quelque peu surprise à mon arrivée à Papeete en 81,
c'est, lorsque j'avais annoncé à des amis tahitiens que le poste où j'étais affecté
était Réao, de m'entendre dire " tu vas chez les mangeurs de savates ", et
aujourd'hui par ton explication, j'en comprends la raison....
Nana
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Message par PILON le Mar 1 Juil 2008 - 17:16

Bonjour

Les cannibales de Tematagi

A la suite de mon dernier post ci-dessus où je parlais de la Goélette Sarah Ann,
je vais vous relater cette affaire qui fut un acte de cannibalisme collectif commis par les habitants de Tematagi. C'était des Pomotu restant encore en marge du protectorat établi en 1842.
(Je me documente dans le mémorial Polynésien, Tome 2.)

De la goélette Sarah Ann donc, qui quitta Valparaiso pour Tahiti au mois de mars 1856, on n’entendit plus jamais parler. A cette époque, à partir de Tahiti, il y a de nombreuses liaisons avec l’Amérique du Sud et peut-être autant qu’avec l’Amérique du Nord, du côté de San Francisco et de Monterrey ; le trafic par le Cap Horn est toujours important, le chemin de fer à travers l’Amérique du Nord n’est pas terminé.

En route vers Tahiti, le voilier fit escale à Mangareva où il se trouvait le 21 avril 1856, et puis, par la suite, il ne laisse aucune trace, il n’arriva jamais à Papeete où l’on juge qu’il est probablement perdu corps et biens. On attendait la Sarah-Ann à Tahiti car un navire militaire l’avait rencontrée à Mangareva et avait même apporté son courrier afin qu’il prit de l’avance.

Il y avait 17 personnes à bord : le capitaine, sa femme, leur enfant de 22 mois et une servante tahitienne ; l’équipage se composait de 10 membres, et 3 personnes dont deux enfants, avaient pris passage.
On n’entendit plus parler d’elle jusqu’au mois de juin 1857, tout le monde pensait qu’elle avait dû sombrer dans une tempête. Or, à cette époque, la Julia, goélette du protectorat, rallie Tahiti avec d’inquiétantes nouvelles. En effet, on a vu les restes d’un navire échoué sur Tematangi et les indigènes de cet atoll qui, sur le rivage, armés de lances, le suivaient, avaient des habits européens sur le dos.
Le Milan, un aviso, fut dépêché rapidement afin de procéder aux recherches.
L’enseigne Xavier Caillet, qui fut chargé de l’expédition à terre avec des matelots dont des interprètes, rédigea un rapport.
Sitôt à terre avec sa petite troupe armée, il se rend compte que des actes de cannibalisme ont eu lieu dans cette île. Du 10 au 12 juin, ses hommes fouillent l’atoll, ils découvrent un canot européen, des barriques, des coffres de matelots, des outils de charpentier, et bien d’autres objets, tout ce qui peut se trouver à bord d’un navire. Parmi tous ces objets, ils découvrent des traces indiquant que les naufragés ont séjourné un certain temps avant d’être massacrés. Mais ils ne rencontrent aucun des habitants. La mission rentre bredouille à Papeete.
Une autre mission, non militaire, est organisée ; commandée par Teina, le chef de l’atoll Anaa ; elle se lance à la recherche de survivants possibles et des assassins.
Ceux-ci sont cachés, il faut les découvrir. Il sont cachés dans des cabités aménagées en forme de cavernes refuges, dans les cailloutis du sol. Ils les découvrent lorsque l’un d’eux fait un faut mouvement qui crée bruyamment un éboulis de pierraille.
Dans ce trou, se trouvent seize personnes dont quatre enfants et de nombreuses traces de leur forfait cannibale
On découvrit encore, et le pharmacien Gilbert Cuzent écrit : « des débris d’ossements humains, une chevelure blonde qu’on suppose avoir appartenu à la femme du capitaine, une moitié d’enfant desséchée au soleil et plantée au sommet d’un bâton pour servir de fétiche, des dents et des phalanges furent retrouvées dans l’île. Les crânes avaient été taillés triangulairement pour extraire le cerveau beaucoup de ces débris et la chevelure bonde furent emportés à Tahiti. La Julia mouilla sur la rade de Papeete, n’ayant plut à bord que treize prisonniers, trois étant morts dans la traversée, mais rapportant la triste certitude de désastre de la Sarah-Ann.
A Papeete, dès qu’on apprend la fin tragique de l’équipage et des passagers de la Sarah Ann, l’indignation est d’abord générale ; mais à la vue des anthropophages qui, enchaînés, débarquent de la Julia, la pitié remplace la colère. Les malheureux sont en effet dans un état de santé déplorable et deux d’entre eux meurent quelques jours après leur arrivée. Les autres ont les cheveux longs où fourmille la vermine, et la peau sèche couverte d’énormes collections purulentes ». Le gouvernement local comprendra bien que ces pauvres gens ne peuvent être considérés comme responsables de leurs crimes et ils ne seront pas condamnés à mort. »
« C’est là un acte de haute humanité », conclut Cuzent, « qui honore le protectorat de la France. »

André Pilon


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Message par PILON le Mar 1 Juil 2008 - 17:54

Voir dans l’eau comme dans l’air

Avant que les Polynésiens ne connaissent les lunettes de plongée, comment faisaient-ils donc pour voir dans l’eau ? Rien à faire, on a beau ouvrir les yeux, tout l’environnement est trouble et la vue ne porte pas loin. Il faut qu’une proie soit bien grosse pour la distinguer parmi les roches, parmi les coraux, et pour la transpercer avec le patia (la lance).
Quelqu’un un jour m’a dit : l’œil humain s’habitue à la vision aquatique ; je n’en crois rien. Et puis les descendants de ces personnes-là auront acquis cette vision aquatique par hérédité ; je n’en crois rien non plus, on demande des preuves.
Une jeune fille de Reao m’a expliqué comment opéraient jadis ses ancêtres, elle l’a fait devant moi en plongée, elle me l’a fait faire. Et ça marche.
Placez une visière sur votre front, immergez-vous en position horizontale, je dis bien : horizontale. Faites sortir une partie de l’air de vos poumons, celui-ci va venir se placer au niveau de vos yeux et prendre la place de l’eau qui se trouve devant vos globes oculaires. LA VISION DEVIENT PARFAITE.
Vous voyez parfaitement pour harponner un poisson.
Les polynésiens anciens étaient des artistes en la matière, ils sortaient de leurs bouches juste l’air nécessaire pour aérer leurs globes oculaires ; comme ils demeuraient plusieurs minutes en plongée, s’ils perdaient ces gouttes d’air dans le feu de l’action, ils pouvaient recommencer l’aération de leurs yeux et repartir en chasse.
Seule condition, ne pas essayer de regarder vers le haut, car c’est fichu.

Maintenant, je vous indique comment réaliser l’expérience chez vous :

Emplissez votre lavabo d’eau.
Placez une visière parfaitement étanche sur votre front.
Plongez la tête dans l’eau.
Faites sortir l’air.
Nota : mettez un objet au fond du lavabo, afin de contrôler votre vision.

Et c’est ainsi que l’on devient kaina.

André Pilon
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Message par PILON le Sam 5 Juil 2008 - 22:04

La goélette Aranui

Spoiler:
Au tout début de l’existence du Centre d’Expérimentation du Pacifique, pour déplacer son personnel, cet organisme a pu avoir recours aux moyens maritimes locaux et c’est ainsi que du personnel de la météo, pour se rendre sur les atolls lointains prit parfois passage sur des goélettes à coprah, dont l’une maintenant disparue, s’étant échouée sur un atoll du Sud-ouest du territoire s’appelait ; Aranui, la grande route. L’Aranui, appartenait, en 1967, à la maison chinoise de commerce Wing man Hing et son jeune capitaine était Ah Siou. Personnellement, je n’ai pas eu la chance de bourlinguer avec ces goélettes, excepté pour me rendre à Puka Puka en 1970, sur l’Oiseau des îles, capitaine G. Coulomb, mais ce n’était pas une pure goélette à coprah.

Ce dimanche matin-là du mois d’avril 1967, la station météo est encore endormie, mais le chef de station qui attend la venue de ce bateau s'est posté sur le rivage et constate que c'est bien l'Aranui, qui fait sa tournée habituelle des atolls, y apportant des marchandises, qui va embarquer la production de coprah du mois écoulé et dont l'île a été prévenue vendredi soir de sa venue.
Elle est arrivée devant Reao dans le milieu de la nuit, venant de Puka rua ; l'équipage attend le lever du jour pour entreprendre les rotations des baleinières vers le rivage et établir les communications avec la terre.
Plusieurs tas de sacs de coprah ont été disposés alors qu'il faisait encore nuit noire et les Reao en apporte encore, venant de plusieurs directions, des remises diverses où ils étaient entreposés. Sur ordre du premier katakita, la prière matinale a été avancée et c'est un peu avant cinq heures que l'on s'est retrouvé dans l'église où les textes ont été lu à la lueur des morigaz apportées par les paroissiens et comme il est fait chaque fois que la goélette arrive à une heure si matinale, ce qui est presque toujours le cas.
Il faut noter que ce dimanche, les hommes vont travailler au déchargement des marchandises, à l’embarquement du coprah dans les deux baleinières ; ils vont le faire avec autorisation spéciale de Tetuanui le catéchiste, selon les directives du curé, le père Victor qui est absent. Sans cette autorisation personne ne voudrait se mettre en faute, selon les enseignements et les ordres, tout travail est interdit le dimanche.
Et puis les gens se rassemblent au point de débarquement, c’est-à-dire au bout de « l’avenue » qui va du lagon à l’océan, auprès du hangar à coprah collectif. Toutes les jeunes filles sont là ; Le groupe se compose de Te ua, Te pua, Tarome, Hina rea, trois ou quatre Ioana, autant de Ruita, sans oublier Romana, Eritapeta et deux Mareta. Elles sont joyeuses et très animées, toutes ces filles discutent et dissertent sur la possibilité, et la chance, qu'il débarque de l'Aranui un ou plusieurs beaux garçons, comme cela se produit quelques fois. Elles pronostiquent sur le résultat de la compétition qu'il pourrait y avoir ce soir sur l'île pour se les approprier s'ils demeurent ici. Ce qui serait de beaux sujets de conversation pour tout le village, le lendemain matin.
Revêtu de son uniforme kaki, portannt des épaulettes rouges à galons blancs matérialisant un certain grade, et coiffé de sa casquette, arrive le Mutoi, le garde-champêtre, dirait-on : Mikaela, c'est son nom. Sa tenue vestimentaire lui donne une certaine autorité, il regarde les jeunes filles d'un air supérieur et réprobateur, il a bien compris leurs manigances. A l'église, il est aussi le second catéchiste, il pourra sévir avec toutes facilités du côté de la religion. Comme elles le craignent, elles montrent un peu de réserve en sa présence.
Comme toujours sous les tropiques, le jour arrive très vite, le ciel est complètement illuminé au levant, sur la droite quand on fait face à l'océan, en tournant le dos à « l'avenue » qui coupe le bourg en deux. Aussi l'équipage de l'Aranui ne perd pas de temps et une première embarcation que l'on a vue se détacher du bord il y a quelques minutes se présente devant le débarcadère.
Le vent de Nord-Est demeure faible, de temps à autre, de forte vagues venant de la même direction s'écrasent sur le récif. Adoptant la vitesse de la houle, cette baleinière, poussée par un moteur hors bord de soixante-dix chevaux, se lance en direction de l'étroit passage matérialisé par deux rochers sombres et menaçants qui le bordent. Mais, comme l'a calculé le barreur émérite, au bout d'un court instant, l'embarcation se tient au-dessus de la crête de l'une de ces vagues qui grossit, qui enfle, qui accélère et qui la propulse vers l'avant et s'en va la déposer s'en ménagement sur le platier grisâtre, la montagne d'eau s'y étalant dans un bouillonnement d'écume blanchâtre. Alors, raclant le roc aplani de son fond renforcé d'épaisses lattes, elle s'arrête, freinée par le frottement puis maintenue en place par quatre marins qui, sautant par dessus bord se retrouvent jusqu'au ventre dans l'eau refluant vers le large et qui l'attire. Tenue fermement par ces hommes pendant quelques secondes, elle demeure bientôt immobile, posée sur le récif et presque à sec.
Pour arriver par mer sur un atoll sans passes, les baleiniers jonglent chaque fois avec la houle, avec les vagues ; c'est le même exercice toujours renouvelé car sur ces rivages la mer est bien rarement totalement calme. De tous les secteurs de l'horizon et autant de l'hémisphère Nord que de celui du Sud, des houles se font sentir en permanence. Arrivant du fond de l'Océan Pacifique, elles viennent déferler sur les rochers bordant ces îles, en s'y brisant pour s'amortir et y mourir.
Les barreurs savent bien, et en font leur profit, que les trains de houle comportent presque toujours le même nombre de vagues selon l'état de la mer ; que les vagues du milieu de la série sont les plus grosses et les plus rapides, avec une dominante de vitesse en plein centre du train. Nous avons vu, à l'instant même, la baleinière chevaucher la crête de l'une de cette vague centrale qui l'a déposée sur la partie aplanie du récif.
Le chef baleinier emploient donc la force liée à la vitesse de déplacement de cette lame centrale, afin que celle-ci transporte l'embarcation en surf, jusqu'au rivage, après qu'il l'ait juchée, de main de maître sur celle qui lui semble propice. La notion de vague propice étant vraiment liée à l'évaluation du pilote ; liée au seul jugement de celui qui tient la barre en main.
Pour opérer avec la plus grande chance de succès, le marin qui a repéré cette vague-là oriente sa baleinière perpendiculairement à la direction d'où vient la houle, l'étrave en direction du lieu où il a prévu atterrir et s'échouer. En actionnant souplement la poignée du moteur, il lui fait prendre en direction de la côte, la même vitesse que les vagues. Mais la vague jugée propice arrivant sur son arrière et de plus en plus vite, il accélère tout juste ce qu'il faut pour se laisser rattraper par elle.
Au moment ou il se sent soulever de l'arrière, il augmente la puissance de son moteur du strict nécessaire lui permettant de rester sur l'avant de l'onde. Celle-ci se rue de plus en plus vite vers le rivage en augmentant sa cambrure, parfois à la limite du déferlement et l'embarcation est ainsi portée à dos de vague vers son lieu d'échouage, le moteur devenu inutile étant ramené au ralenti, mais tout prêt à accélérer s'il le fallait. Elle est maintenue en direction du passage qui, à Reao, est bordé de rochers menaçant et réellement dangereux.
Cette manœuvre délicate ne doit pas être manquée ; il est trop tard pour faire demi-tour ou marche arrière. A dieu Vat ! toute opération manquée se solde par une baleinière en travers du train de houle et avant trois secondes, elle sera renversée et roulée dans les déferlantes. Cet accident arrive parfois, tout le chargement, matériel et personnel est précipité dans l'océan avec les risques graves qui en découlent, au vu de la proximité du mur de roches.
Pendant l'ultime manœuvre d'échouage, les passagers qui sont tous installés tant bien que mal, grimpés et casés sur les marchandises : sacs, fûts, caisses ou emballages divers sont tendus, principalement les européens qui franchissent le récif pour la première fois ; il y a bien de quoi car c'est vraiment impressionnant ! Plus personne ne parle et chacun abaisse son centre de gravité et pose instinctivement les mains sur un de ces colis - excepté les loups de mer qui forment l'équipage - pensant se préserver ainsi d'une chute à la mer.
Aussitôt que la baleinière a violemment raclé le rocher de son fond renforcé, le freinage est brutal, elle est stoppée en quelques mètres ; à l'imitation des hommes de l'équipage, les passagers sautent à l'eau afin de prêter main forte pour la retenir pendant que la lame s'étale sur le platier puis s'en retourne à l'océan. L'embarcation non fixée pourrait être attirée vers le large par le reflux parfois violent.
Cette fois-ci, la manœuvre vient de réussir ; dans l'eau jusqu'au ventre, équipage et passagers maintiennent la baleinière dans sa position d'échouage. Une partie des villageois s'approche et tous ensemble, dans un effort coordonné par le pilote, ils la poussent par à-coups sur le platier, sur lequel demeurent quelques centimètres d'eau, et de façon à l'amener au rivage, à proximité de la zone caillouteuse. Les vagues qui continuent d'arriver du large et qui se répandent comme la précédente l'allègent de temps en temps et facilitent ce travail de ripage.

En 1967, il y avait donc deux rochers assez dangereux entre lesquels les baleinières devaient s'engouffrer pour réussir leur atterrissage. A la fin de cette année-là, quand la compagnie de travaux vint pour la construction de l’abri Pantz, les légionnaires firent sauter à l’explosif ces deux dangereux blocs rocheux. Maintenant, quand on observe l’atoll Reao depuis le satellite, avec Google Earth, on voit qu’un petit port a été aménagé, creusé à l’explosif dans le récif. Je pense que cet abri ne doit fonctionner que par beau temps.

André Pilon
La goélette Aranui devant l'atoll Reao en 1967
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Message par jean-claude BAUD le Sam 5 Juil 2008 - 22:32

Des "Figures"ces baleiniers !! Ils auraient été pris dans un casting pour film de pirates..
À deux ils soulevaient des fûts de 200l de gasole ou d'eau douce..



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Message par PILON le Sam 5 Juil 2008 - 23:25

Bonsoir JC

Bien reçu ton MP
Je ne suis pas au courant de tous les écrits pour comprendre l’affaire.

Oui les baleiniers étaient des gens costauds, mais il n’y a pas qu’eux. j’ai une photo d’un porteur de sacs de coprah, quand tu sais qu’il y a dans un sac plein 60 à 70 kilos de coprah, c’est dire qu’il a environ 200 kg sur le dos. Je vais la passer un de ces jours cette photo, à suivre l’Aranui ; après son arrivée à Reao, on verra l’embarquement du coprah à bord.

Bonne nuit

André Pilon
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Message par PILON le Dim 6 Juil 2008 - 11:58

Bonjour à tous et bon dimanche

pour Jean-Claude Baud

Peux-tu nous indiquer combien pesait la roulotte du Radar Cotal ?
On ne l'a pas débarquée, ni à Tureia ni à Reao, car il aurait fallu des moyens lourds ?
Le LST Chéliff qui les débarqua à Rapa, à Taku et à Mururoa ne pouvant pas beacher sur ces atolls fermés.

Merci d'avance

A Pilon
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Message par † CYBAL Jacques le Dim 6 Juil 2008 - 12:41

Salut à tous
Beau récit André, et ça rapelle beaucoup de souvenirs...
Début janvier 82, je rentrais de perm à Papeete...La mer étant forte (4 à 5 m), on
décidât de débarquer les hommes et le matériel sur le platier devant la rampe, à gauche
de la station. La première baleinière au lieu d'embarquer que les hommes (moi, le nouveau
taoté, et quelques touristes...), prit en charge également un petit groupe électro...La
charge était lourde, les vagues trop grosses, aussi lorsque le baleinier prit la "vague" pour
nous beatcher, il était légèrement en retard sur celle-ci...La baleinière s'est posée sur
le récif, a tourné légèrement juste pour recevoir la nouvelle vague qui arrivait. Et plouf, tout
le monde à l'eau, et je te roule sur le corail...Etant juste sur le "tombant", nous fûmes entrainés
vers le large , et, heureusement la deuxième baleinière pût nous récupérer dans état
lamentable et quelque peu ensanglanté...C'est là aussi que j'ai pu mesurer toute l'importance
d'un gilet de sauvetage...
Ci joint le dernier regard sur Réao, depuis la baleinière qui me ramenait sur le Blavet, et la
France...
Nana
Jacques

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Message par PILON le Dim 6 Juil 2008 - 18:41

Débarcadère à Reao


Les mêmes situations amènent toujours la prise de photographies à peu près identiques, surtout dans un petit pays comme Reao, pourrait-on dire.
Voici une embarcation de l’Aranui, en 1967, qui, venant du large, se prépare à franchir le récif. Je suis à bord de la baleinière, je suis allé sur la goélette faire quelques achats.
La première photo est donc la même que celle que tu viens de poster, Jacques, le hangar collectif à coprah est le plus grand des bâtiments et bien visible ; il est ouvert, car comme la goélette est là, les sacs de coprah entreposés on été sortis pour embarquement.

La seconde photo : l’embarcation n’est qu’à quelques mètres du récif, elle n’est pas devant le point de débarquement qui se trouve une vingtaine de mètres sur la droite, presque devant l’avenue principale dont nous sommes au débouché Ouest ; le barreur exécute je ne sais plus quelle manœuvre.
On voit à terre, sur le sable, plein de matériel et de marchandises qui ont été débarqués devant le hangar. Du bois de construction pour faré qui vont se monter à Reao, grâce à l’argent gagné au CEP principalement, et qui vont remplacer les farés presque centenaire de construction missionnaire.
On voit également, tout prêt pour le départ, deux groupes de sacs de coprah, l’un sur le sable du rivage, l’autre à toucher le hangar à droite.
Accoté au hangar, à gauche, la citerne qui permet de récupérer l’eau de pluie sur les tôles de sa toiture de surface déjà importante, ainsi que celle qui tombe sur cette citerne. Des fût noirs qui contiennent de l’engrais à répandre pour l’amendement des cocotiers. La journée de la goélette est une journée de jeu pour les enfants, on en voit un groupe, à gauche, au bord de l’eau.

C’est aussi un jour de grande activité pour cet atoll et sans perdre une minute car l’Aranui est pressée.
De nos jours, quand on observe Reao avec Google earth, du haut du satellite, on observe que le hangar à coprah de jadis, ainsi que sa citerne attenante ont été démolis, seuls demeurent les deux soubassements.
le bleu profond devant Reao est toujours présent.
André Pilon

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Message par MONNET William le Dim 6 Juil 2008 - 22:17

Bonjour André,

Super récit, je n'ai utilisé la baleinière de récif sur REAO qu'une fois en 65, l'arrivée pour mon premier séjour,après mes mouvements se sont effectués par catalina, je crois que j'ai fait le trajet avec la DIVE et est ce que c'était un peu le bizutage du néophyte mais personne ne t'expliquait comment fonctionnait un trajet en baleinière,si bien que je me rappelle ma tenue:short,chemisette,bonnet,bas et chaussures,devine le résultat à l'arrivée :mouillé jusqu'à la taille ,le bonnet à "dreuze "et beaucoup de sourires des spectateurs.

Petite précision concernant le radar cotal de RAPA (celui du village)il n'y avait pas de schelter il a été reconstitué dans un bâtiment spécifique,le premier DET à l'inaugurer était le Maitre Lombard.

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Message par jean-claude BAUD le Dim 6 Juil 2008 - 22:49

André , je ne me rappelle plus le poids d'une roulotte Cotal, mais cela doit bien touner autour de 8 à 10 tonnes.. À Taku c'est un gros bull qui a tiré la bête au col et il y en avait un autre derrière au cas où...
Peut-être que Jean Krausse saura nous en dire plus...



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Message par PILON le Lun 7 Juil 2008 - 9:46

Oui William, en effet, j'ai fait une erreur en indiquant dans mon post du 6 juillet à 1158, que le radar avait débarqué par LST à Rapa, en effet il a été débarqué par tiroir et installé en baraque avec l'antenne sur une tour, au bord de la baie, comme à Reao et à Tureia

Il avait donc un opérateur radar nommé Lombard, et celui-ci serait devenu le célèbre avocat ? Je n'en avais jamais entendu parler.

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Message par MONNET William le Lun 7 Juil 2008 - 21:13

Bonjour André,

:cheers: Bravo bien placé le coup de Maitre Lombard.
Celui de Rapa était originaire de Normandie.(si mes souvenirs sont bons)
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Message par PILON le Mar 8 Juil 2008 - 22:17

La perte de l’Aranui
.

Je reviens sur mon petit post du 5 juillet où je vous ai mis la photo de l’Aranui, goélette à coprah de la maison Wing man Hing, et pour laquelle j’avais omis de vous nommer le nom du mécanicien : il s’apellait : Manu (un surnom peut-être), le capitaine était, je l’ai nommé : Ah Siou.
Le jour où j’ai pris cette photo, comme j’étais chef de poste, je les avais invités tous deux à déjeuner à la météo. De la même façon que j’inviterai, un jour, quelques semaines plus tard, le père Victor.
Par la suite je suis allé à bord, passer pour divers achats au magasin du subrécargue et faire une visite du bâtiment, sur leur invitation.
Ce bateau était tout en bois, il y avait vraiment un minimum de métal à bord. Ah ! on y était un peu à l’étroit, les passagers étaient autant des gens que des cochons, des chiens, des régimes de bananes, des ananas, c'était un capharnaum, il y avait de tout. On ne pouvait pas mettre les pieds sur le pont, il fallait marcher sur les fûts à essence ou à gas-oil qui prenaient tout l’espace disponible. Un câble était tendu au-dessus du plat bord afin que personne ne tombât à la mer.
Manu, le chef machine, me fit visiter son domaine. C’était deux moteurs diesels pas trop volumineux, mais d’une propreté exemplaire ! l’Aranui avait donc deux hélices. Il fallait bien cela pour raser les récifs sans danger, et aussi afin de limiter le temps de transfert de ses baleinières de la côte au long de son bord.
Les personnel de la météo qui aura pris passage sur les goélettes à coprah au tout début du CEP pourra nous décrire l’ambiance à bord pendant les traversées ; une expérience unique et que l’on retrouve en lisant l’ouvrage d’Albert T’serstevens : Tahiti et sa couronne.
Nous étions en 1967, L’Aranui (la grand-route) avait encore quelques années à faire dans sa navigation et son transport interinsulaire, mais son temps était malgré tout compté.
Ayant, un beau jour de 1979, un soir au coucher du soleil, quitté l’atoll de Tenararo pour se rendre à Marutea Sud, dans la nuit, lors d’un brusque changement de vent, malgré ses deux diesels, elle se mit au sec sur Marutea. L’Aranui fut perdu.
Il y avait à bord, ce jour-là, l’évêque de Tahiti, Mgr Michel Coppenrath qui visitait les plantations de ces atolls de l’Est qu’avaient effectuées les Reao et les Puka Rua sous la direction du Père Victor.
L’Aranui avait bourlingué dans les Tuamotu pendant 19 ans.


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Message par Gérard Duffond le Mar 8 Juil 2008 - 22:27

André, lorsque j'étais sur les atolls et à chaque passage d'une goellette, j'entendais parler du SUBRECARGUE mais je n'ai jamais osé demander de qui il s'agissais. Peux tu m'en dire un peu plus. Merci
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Message par PILON le Mar 8 Juil 2008 - 22:48

Salut Gérard, bien content de t’avoir en ligne.


Le subrécargue, c’est celui qui, à bord, s’occupe de tout le fret, qui gère les états de colisage et sait où toutes les marchandises sont placées dans le bord. il est le représentant du commerçant.
Je ne saurais pas faire la comparaison avec notre marine, puisque là, nous sommes dans la marchande.
Sur un LST, sur le Golo par exemple, c’était l’officier en second assisté du maître de manœuvre, qui savaient où tout était casé.
De plus, il y a à bord des goélettes à coprah un magasin où l’on trouve de tout, comme dans nos coopératives de bord, et même des habits : chemises, savates, pantalons, robes et tapea titi pour les filles, etc… alors c’est le subrécargue qui gère cela.
Sur l’Aranui, goélette d’une maison chinoise, en 1967, le subrécargue était un jeune chinois d’environ 25 ans, je n’ai pas su son nom, il me semble.
Mes amitiés.


André Pilon
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Message par PILON le Sam 12 Juil 2008 - 22:52

Avez vous vu les jardins en fosses à culture à Reao ?


Quand je me suis vu désigné pour la Polynésie, pour le Centre d’Expérimentation du Pacifique, j’ai cherché bien sûr à me documenter sur les gens que j’allais côtoyer, sur leur us et coutumes, sur le mode de vie, sur leur géographie et leur histoire. Auparavant, je ne connaissais pas grand chose et autant dire rien ; j’avais toutefois lu 20 000 lieux sous les mers, et le sous-marin du capitaine Nemo qui passe devant Clermont-Tonnerre qu’il observe ; voilà que j’apprends que cette île est Reao, celle bientôt où le CEP m’enverra.
J’avais lu, de Jules Verne également, les frères Kip, qui est une histoire romancée d’un acte de piraterie bien réel qui a eu lieu en Polynésie Française, les pirates étant les frères Rorique, deux Bretons, et dans laquelle histoire l’écrivain développe une théorie qui permet de trouver le coupable d’un meurtre à partir des yeux de l’assassiné.
Et puis j’ai appris aussi ce point de détail, qu’il n’y a pas de terre arable sur un atoll, qu’on y en apporte avec les goélettes pour placer aux pieds de bananiers que l’on plante, par exemple, ce qui est vrai ; mais ce n’est pas une petite corvée. Donc pas de terre arable et pas d’agriculture, pas de jardinage. La seule plante y venant parfaitement étant le cocotier.
Je découvris des jardins un mois environ après mon arrivée, alors que je m’étais rendu à Gake avec monsieur Mougins, un ornithologue du Museum d’histoire naturelle de Paris, qui venait ici pour prélever une trentaine de Kotuku (aigrette) afin de fignoler des études probablement, et qu’il tuait au fusil de chasse (le seul fusil qu’il y eut à Reao ce jour-là) ; aucune arme à feu n’était présente sur l’atoll et je crois, du reste, que c’était interdit…
Ce fut une grande surprise pour moi quand je vis que le quartier était rempli de fosses à culture, mais à l’abandon, et qui avaient servi dans le passé, jusqu’à il y a peu. Dans ces fosses, creusées dans le sol sableux et caillouteux, les Reao créaient un marécage sur le fond, avec l’eau de pluie stagnant sur la dalle corallienne, en apportant du sable et du feuillage ; le taro, nous le savons tous, pousse dans la gadoue. Je sais que beaucoup parmi ceux qui ont fait cet atoll, n’ont pas vu ces jardins enterrés et dont sur les bords, sur deux bons mètres de hauteur, la terre est retenue par des fascines formées avec les racines béquillardes des pandanus.
Par la suite, j’en « découvrirai » plusieurs autres à gauche du chemin qui part de l’église pour se rendre au portique débarcadère qui se trouvait sur la côte, au sud-ouest. Elle sont en moins grand nombre mais profondes de trois mètres environ.
Quelques taros étaient encore produits dans ces jardins en 1967, j’ai vu le légume mais pas la plantation. J’ai pu voir aussi quelques pastèques qui sortaient de ces fosses de cultures.
Sophie Férié m’a rapporté que dans le passé, on a pu y cultiver des tomates ; ce que je sais, c’est que les tomates poussent bien sur un atoll, et ne gèlent jamais. En effet, à Mururoa, derrière le shelter sanitaire de la zone aéroportuaire, en 1974 et 1975, un pied de tomate arborescent à vécu presque deux ans. Il a été détruit par l’air salin d’un coup de vent.
Dans le passé proche, au temps de la léproserie, les malades s’occupaient à entretenir quelques petits jardins, on avait apporté pour eux de la terre volcanique de Tahiti. J’ai retrouvé l’un d’eux dans l’enceinte de la léproserie tout près de la station radio. J’y ai planté des radis. Un midi sur la table il y a eu pour chacun quelques radis produits à la station météo même.

André Pilon


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Message par † CYBAL Jacques le Mar 15 Juil 2008 - 11:01

Salut André
Toujours intéressants tes récits, et combien instructifs...
Je n'ai pas remarqué ces jardins en fosses à mon époque, je n'ai pas remarqué
de cultures spéciales...Je sais qu'il y avait eu une tentative de "jardinage", mais
mais les "réaos" n'avaient pas suivi, et il restait dans le hangar du "port" encore
quelques dizaines de sac de terre et d'engrais...
Au poste, prés de la porcherie, il y avait un lopin de terre abrité où j'ai essayé
de faire pousser quelques légumes, mais cela n'a jamais été concluant...même
si une ou deux fois on a mangé quelques feuilles de salade...
Nana
Jacques

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