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REAO, l'écho d'un lointain lagon.

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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Dim 17 Juin 2012 - 22:54

Rien à faire Jean-Claude, pour jeter un œil, j'ai dit qu'elles étaient assises à terre, et en plus dans cette salle de cinéma en plein air, il fait noir.
Elles apportaient, pour le temps de la séance de parfois deux films, un paréo supplémentaire pour se protéger de quelque fraicheur ou quelques gouttes de pluies possibles.
A. P.



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Lun 10 Sep 2012 - 19:35

Voici quelques photos inédites de Reao datant de 1977 que nous envoie le météo de l’Armée de l’air Jean-Louis Morin.

L’église, construite depuis six ans à cette époque, étonnamment éclatante de blancheur, comme tout le village du reste.
Jusqu’à ce que cette photo me parvienne et avec celles que j’ai pu voir auparavant, je ne pouvais pas arriver à savoir combien il y avait de baies latérales, il y avait toujours des cocotiers, des pandanus qui masquaient une partie de l’édifice et moi, étant à Reao en 1971, l’édifice étant en construction, je ne m’en souvenais pas.
Il y a donc huit ouvertures latérales de chaque côté, et qui sont munies de vitraux payés tout en en partie par Eddie Mercks, le coureur cycliste, qui était le neveu du curé, le père Victor.
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Devant la mairie de Reao, lors d’une réception.
Assis en maillot jaune, le SM Begoc, à sa droite le chef de poste, et plus à droite Jean-Louis Morin.
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Perpendiculaire à l’avenue qui va de l’océan au lagon, voici la rue qui va de l’église au cimetière, passant devant la mairie qui est le bâtiment de gauche et à côté duquel est une grande citerne permettant de récupérer les eaux de pluie.
On distingue, au bout de la rue, l’église ; mais on ne peut compter ses fenêtres.Le cimetière est donc derrière le photographe.
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par jean-claude BAUD le Lun 10 Sep 2012 - 20:14

Très bien tenu le village !!
Badigeon général à la chaux, il y a certainement eu une grande fête religieuse ou la visite du Gouverneur.



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par marsouin le Lun 10 Sep 2012 - 20:32

Oui Jean-Claude. :
Peut-être aussi l'influence de la présence salutaire de la Marine et disciplinaire de la Légion.
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Lun 10 Sep 2012 - 21:06

J’infirme cette assertion Marsouin, au sujet de l’influence Légion, car alors que j’étais chef de poste en 1967, les murets qui bordent les rues, quelques bâtiments, les citernes étaient déjà passés à la chaux.
La Légion ne prendra les postes périphériques qu’en 1969/70.
Non, ce sont les conseils et les ordres des curés ; des directives et consignes religieuses en somme.
André Pilon



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par marsouin le Mar 11 Sep 2012 - 10:24

Ce n'était pas une assertion...
Tout au plus une suggestion, n'ayant pas été à Reao.
Il est vrai que d'autres atolls où je suis passé disposaient de villages très proprets, tirés au cordeau et bordés de murets blancs, sans pour autant que les légionnaires y aient fait un séjour.
:
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Mar 11 Sep 2012 - 23:14

Pour ce qui est des atolls du lointain Est des Tuamotu, ces populations ont fait connaissance avec la nouvelle organisation sociale, aux environs de 1860 sous la conduite des missionnaires qui leur ont inculqué la connaissance de la religion catholique, et une organisation sociale calquée sur la nôtre.
Auparavant les familles habitaient sur la surface totale d’un atoll, et logeaient dans de grandes cases dans lesquelles prenait place ce que les anthropologues appellent la famille étendue, c’est-à-dire les ancêtres avec tous leurs enfants et tous leurs petits enfants.
Dans ces cases, on y entrait sur les genoux par une porte basse, telle une niche à chien.
Les missionnaires mirent fin à cet état en regroupant la population en un ou plusieurs villages, ce qui facilitait l’évangélisation, et lui apprit ce qu’était la nouvelle famille : le père, la mère et les enfants, logeant dans un faré personnel avec portes et fenêtres.
Parallèlement, ils leur firent connaître l’hygiène (selon les critères et les connaissances de l’époque) et la propreté.
Voila pourquoi, la grande majorité des visiteurs sont surpris par la propreté et l’ordre qu’ils découvrent sur nos atolls de l’Est ainsi que l’entretien de l’environnement des farés.
Les visiteurs ont pu remarquer également, ayant pu être présents un dimanche, qu’après la messe, sur le parvis, le catéchiste distribue des directives de travaux pour l’entretien des parties communes : église, place, mairie, rue, cimetière, etc...
André Pilon



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Sam 13 Oct 2012 - 23:04

Dans le courant de l’année 1965, alors qu’elle en était à ses débuts de fonctionnement, la station météo de Reao qui était installée au lieu-dit Motu Onu, à huit kilomètres du village, fut inondée et ravagée par un tsunami, heureusement de faible amplitude mais très impressionnant.
Il est vrai que, un peu plus fort, il y aurait eu disparition des installations comme du personnel.
Voici quelques photos des lieux envahis par la mer, les tôles du hangar HV9 enfoncées par l’arrivée des vagues.
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Spoiler:
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Il m’a plu de décrire ce phénomène sous une forme romancée.
Je vous la transmets à l’occasion ; personnellement je n’étais pas présent et j’ignore si le phénomène a eu lieu au matin ou bien à une autre heure du jours.
De l’échange de messages qui vont en résulter, des précisions pourront être apportées.

Début romancé :
Mais voici venir le jour où la station et son personnel auraient pu être emportés par les flots et tous les météos noyés.
En effet, une alerte survint : la montée des eaux un peu plus haut que la normale, et surtout, accompagnée d’une énorme vague.
Au centre des océans, les marées, nous le savons sont généralement faibles et il en est ainsi à Reao.
Deux fois par jour, la mer monte de quelques décimètres et redescend d’autant ensuite ; une respiration normale, dirait-on, de l’océan, provoquée par l’attraction lunaire principalement.
La haute mer verra l’eau venant du grand large s’engouffrer lentement dans les hoa ; elle apportera quelque sang neuf au lagon qui renverra ce liquide par le même chemin lorsque la marée baissera quelques heures plus tard.
Un matin donc, la mer ayant monté plus qu’à l’accoutumée sous l’effet d’une houle importante de sud, l’eau s’engouffrait avec violence dans ces passages et le lagon qui avait ensaché pendant la nuit était franc plein.
Les cocotiers du rivage ainsi que les bâtiments de la station baignaient dans l’eau.
Chaque matin et chaque soir, un bulletin d’information météorologique que la radio recevait était diffusé par Papeete, et aucun indice inquiétant n’avait été signalé.
L’eau ne monta pas plus haut, mais le chef de station fut alarmé et rendit compte à Tahiti.
En fait, on en rit un peu là-bas, ne sachant pratiquement pas ce qu’est un atoll ni son environnement particulier : les météos, les pieds dans l’eau !
Un vers à huit pieds qui rimaient tout seul ; alors on en riait.
Tout de même, certains pensèrent qui si la houle avait été plus importante et plus violente, le personnel de la station aurait pu avoir de l’eau jusqu'au ventre et plus, et même être emporté.
Plusieurs Reao, dont Ioane Teaka, le radio, leur confirma que par houle de tempête de sud, la station pourrait être balayée par de hautes et rapides lames.
Cela - ajouta Pou Teaka, le marin, qui était son oncle - avait été expliqué aux commissions de travail qui se sont penchées sur la question lors de la préparation de l’implantation ; mais on n’en n’a pas tenu compte.
Les dires des Reao, quasi-illettrés, étaient restés comme lettre morte.
Soudain, un mois plus tard, l’alerte encore fut plus chaude ; sans crier gare, venant de sud-ouest, une énorme vague arriva à grande vitesse sur les rivages sud de l’atoll.
Il faisait tout juste jour et les quatre membres de l’équipe du sondage matinal ainsi que le chef de station étaient affairés à gonfler leur volumineux ballon habituel.
Le hangar de gonflement était largement ouvert à l’Ouest, nos météos étant donc aux premières loges, virent tout.
Soudain, on n’entendit plus la mer s’écraser sur le rivage ; les eaux s’étaient retirées et l’on pouvait constater que des rochers noirâtres du rivage qui, normalement, baignaient toujours dans l’eau étaient complètement à sec.
Le chef de station alerta ses camarades, les informant que cela était l’indice de l’arrivée d’une grosse lame de fond comme celles produites par un tsunami.
En effet, bientôt, au large on vit, dans le sud-ouest, comme une montagne d’eau s’élever et s’avancer.
C’était une énorme ondulation bien régulière, blanchâtre dans sa partie élevée ; alors qu’elle pouvait être à deux kilomètres du rivage, elle devait bien avoir quatre mètres de hauteur.
Fonçant sur l’atoll, elle s’éleva encore et atteignit environ huit mètres quand elle commença à déferler ; le vent qui soufflait de nord-est à vingt nœuds, prenait la crête à rebrousse-poil et l’échevelait en dispersant les embruns dans l’environnement qui restait ainsi brumeux sur une quinzaine de mètres de hauteur.
La monstrueuse lame bascula sur le platier en s’enroulant puis en s’écrasant dans un rebondissement d’écume et d’embruns et avec un bruit de tonnerre, l’eau fonçant maintenant en direction des bâtiments que rien ne protégeait et se trouvant à quatre cents mètres de là.
Le dangereux phénomène aborda les motu à une vitesse importante.
Comme la masse liquide démolit les plus petits îlots qui se présentaient sur son passage, elle commença à traîner les caillasses dont ils étaient constitués et qui, s’entrechoquant tout en étant roulés, créaient alors un bruit étrange et lugubre.
A ce moment-là, donc, le personnel occupé à gonfler son ballon, après avoir évalué le phénomène, ayant pris rapidement conscience du danger, cria fortement afin d’alerter ceux qui sortaient tout juste du lit et qui se trouvaient encore dans les baraquements, tout en s’empressant de grimper en courant sur quelques caisses de matériel qui se trouvaient stockées, entassées dans le hangar
Rien ne l’arrêtant, le monstre fut vite sur les bâtiments et la cour fut submergée par plus d’un mètre d’eau qui se dirigeait vers le lagon.
Les locaux dont les portes n’étaient pas fermées laissèrent entrer l’eau à l’intérieur.
Cette eau, qui continuait à rouler tous les cailloutis arrachés au sol fit un tintamarre d’enfer en se précipitant sur les tôles des constructions métalliques.
Et puis, elle emporta avec elle vers le lagon tout ce qui n’était pas amarré : des fûts de carburant, disposés au sol près du petit bâtiment des groupes électrogènes, pleins ou vides, y furent entraînés ainsi que des caisses vides entreposées derrière le hangar de gonflement.
Ce hangar fut défoncé sur le côté en plusieurs endroit par la pression de l’eau.
Le mât du drapeau, qu’avait élevé la compagnie de travaux, fut abattu par une grosse roche roulée sur le sol.
Beaucoup de cailloutis charriés par l’eau se répandirent autour des bâtiments.
Sur la surface où les villageois s’asseyent où s’allongent pour regarder le film chaque soir, il restait là quelques personnes bien endormies sur le sable encore chaud de la veille ; inondés, ces gens se réveillèrent en catastrophe et furent bien vite debout, dans l’eau jusqu'aux genoux, regardant passer, ahuris, les fûts emportés vers le lagon.
Les trois chiens de la station n’avaient plus pied, alors ils furent emportés, eux aussi, vers ce plan d’eau intérieur et revinrent quelque temps plus tard quand les eaux se retirèrent ; pour eux, apparemment, ce ne fut qu’un jeu.
Comme elle avait déjà perdu de sa célérité sur le récif, la vague ne fit pas trop de dégât dans la station et peu de chose furent détériorées.
Par chance, ce n’était qu’un petit tsunami.
Pendant environ une demi-heure, il y eut cinquante centimètres d’eau dans la cour de la météo, et puis elle reflua autant vers le lagon que vers le large.
Par la suite, il y eut encore d’autres vagues, elles furent moins violentes, plus lentes et moins agressives ; mais d’une façon générale les eaux montèrent et, vers onze heures, l’espace contenant la station était encore submergé par vingt centimètres ainsi que l’intérieur de tous les bâtiments.
Naturellement, il fallut stopper les groupes électrogènes car bien qu’installés en hauteur sur un socle bétonné, quelques centimètres d’eau stagnaient sur la plate-forme support.
Avant l’arrêt des groupes, le chef de station avait pu faire transmettre par la radio, à Tahiti, une information au sujet du phénomène exceptionnel que venait de connaître Reao ainsi que l’état dans lequel se trouvait la station. C’était la dernière liaison ; il ne pourrait plus y avoir de travaux météorologiques ni d’émission en l’état actuel.
Après s’être concerté avec son adjoint, il a été décidé d’évacuer et de se replier vers le village où se trouve le point culminant de l’atoll.
Comme des vagues, pas très violentes mais rapides, continuaient d’arriver du large et que les eaux avaient encore tendance à monter, tous abandonnent les lieux emportant avec eux quelque matériel sensible et les affaires personnelles.
On a un camion 4x4, il est haut sur roue et n’a pas été noyé, il tourne de suite et on embarque une partie du personnel, les autres prendront la baleinière qui se trouve à une certaine distance, à trois cents mètres de là, au bord du lagon, ancrée dans une petite anse formée de coquilles de bénitiers.
Quelques jours plus tard, alors que la station avait repris son fonctionnement on apprit par le courrier apporté par le catalina que cette énorme vague, une sorte de raz-de-marée, avait été provoquée par un tremblement de terre sous-marin au large des côtes du Chili.
Par cette liaison aérienne, il y avait du personnel venu spécialement de Paris afin d’évaluer les dégâts, et surtout pour mesurer les risques futurs.
Bientôt, en haut lieu, à la suite du compte-rendu de cette mission probablement, la décision fut prise de construire une seconde station météorologique sur cet atoll, auprès du village, en remplacement de celle de Motu Onu.
Ce nouvel établissement, où j’arriverai en février 1967, sera mis en service en 1966.
Fin

André Pilon








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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par Noël Gauquelin le Dim 14 Oct 2012 - 0:23

Impressionnant !



Être humain, c'est aimer les hommes. Être sage, c'est les connaître  (Lao Tseu).
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par marsouin le Dim 14 Oct 2012 - 9:19

Effectivement, impressionnant et beau récit.
Es-tu sûr André de l'année de ce phénomène ?
Je pose la question car il y a eu en janvier 64 un tsunami de puissance 9 parti d'Alaska et qui a déferlé jusqu'aux Tuamotu...
Autre interrogation : La nouvelle station MTO a été reconstruite sur le même emplacement ?
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par casinogarage le Dim 14 Oct 2012 - 12:59

En effet, impressionnant, très bien conté et bien illustré avec sur les photos quelques vieilleries très évocatrices pour les météos comme les générateurs GIP et le Rawin surnageant sur son trépied !
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Dim 14 Oct 2012 - 18:28

Hi Marsouin

Moi, je me suis toujours demandé pourquoi on avait construit cette station météo sur des îlots de cailloux qui ne faisaient pas plus de un mètre cinquante à deux mètres de hauteur, au centre d’un océan où, avec un alizé assez fort, les vagues venaient déjà jusqu’au pied de ces motu.
Et pourtant, le danger a été signalé, lors de la prospection, il a été dit à la mission par les gens du village, quatre ou cinq qui parlaient bien français comme le radio, Jean Teaka et son oncle Teaka Pou, un des meilleurs baleiniers du Pacifique, retraité second maître de manœuvre, ancien marin des FNFL, Mathias Mamatui, l’instituteur mangarévien, Apolina Arakino, l’institutrice pour les plus petits.
Dans leur environnement, ces gens-là étaient loin d’être des ânes.
Et quand par la suite, j’ai pu comprendre un peu leur langage, je me suis aperçu que, non pas seulement eux, mais tous les reao étaient étonnés de ce choix.
J’ai comme l’impression que le but était d’éloigner les militaires du village afin qu’ils ne se créaient pas trop de relations…
Si c’est cela, c’est absurde puisque le camion 4X4 y allait tous les jours et que la population, en camion, à pied, à vélo (rares) et en pirogue, venait au cinéma à la station.
Ce jour-là, on a eu de la chance : c’était un petit tsunami.
N’en sachant pas plus, je l’ai fait venir du Chili dans mon écrit, région d’où partent souvent ces phénomènes qui, comme ceux originaires des îles Aléoutiennes ou d’Alaska, ainsi que du Japon, se répandent parfois dans cette immensité océanique à la suite de forts séismes.
Comme suite à cette alerte, il fut décidé de construire une autre station à la place de l’ancien hôpital léproserie désaffecté depuis une douzaine d’années environ, à toucher le village, à l’ouest de celui-ci.
Le terrain devait faire à peu près un hectare et il y avait peu de cocotiers à abattre pour dégager une aire de lancements pour nos ballons et la construction des bâtiments métalliques nécessaires.
Vint alors une compagnie de travaux sous les ordres de l’adjudant-chef de la Légion Haberstroh et, pour les deux rafales de tir de 1966, la station neuve était en fonction.

André Pilon




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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par marsouin le Dim 14 Oct 2012 - 22:09

Les photos du hangar les pieds dans l'eau sont prises par qui
J'ai lu aussi ton témoignage à propos de la station de motu onu sur le site Internet de ... Moruroa.org
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Mer 2 Jan 2013 - 21:42

Drapeau de l'archipel des Tuamotu.

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Le drapeau des Tuamotu flotte à Reao
Le drapeau de l'archipel des îles Tuamotu est formé à la hampe, d'une bande verticale bleue de largeur approximativement égale à 2/7ème de la longueur du drapeau et du côté du battant, de trois bandes horizontales rouge-blanche-rouge (1-2-1).
Sur la bande blanche apparaissent deux rangées de huit étoiles bleues à cinq branches.
Le drapeau a été adopté en 1975 sur la base du drapeau de l'ancien royaume des Tuamotu (1832/1843) qui avait huit étoiles rouges.
Les bandes rouges et blanche rappellent le drapeau polynésien, la bande bleue rappelle la mer et avec les bandes blanche et rouges, les couleurs du drapeau français.
Les seize étoiles symbolisent les seize municipalités de l'archipel.
Source iconographique: IH, "Toata hisse ses étendards", in: Les Nouvelles de Tahiti, samedi 3 juin 2000, n°12347, p.52.
Source photographique : olivier funix
Drapeaux des Tuamotu et de France à l'entrée de l'hôtel de ville de Reao.
Une entrée qui n'a pas changé depuis nos séjours.

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André Pilon



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par Momo le Jeu 3 Jan 2013 - 9:59

Merci André.



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Dim 13 Jan 2013 - 19:53

De Robert Brand navigateur à bord : Le dernier vol du Catalina 48 (F-YCHC) de la SLPAC
Atoll de Réao, Polynésie, le 20 avril 1966

Les Catalina de la SLPAC (Section de Liaison du Pacifique) sont très demandés pour les liaisons de préparation des essais nucléaires.
Nos appareils achetés par la DIRCEN, (Direction des Centres d’Expérimentation Nucléaires) sont mis en œuvre par le personnel de l’Aéronautique navale pour la maintenance du premier niveau et les équipages.
Les grandes visites sont assurées par le CIP (Centre Industriel de Papeete) créé par UTA Industries.
Nous opérons depuis Tahiti - Faaa, Mururoa et Hao pour desservir une quinzaine d’atolls, dont cinq inhabités, et l’archipel des Gambier.
Nos missions consistent au transport :
- des spécialistes du Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) ;
- des militaires d’Armes diverses : Météo, Transmissions, Logistique, SMCB (Service Mixte de Contrôle Biologique), SMSR (Service Mixe de Sécurité Radiologique) ;
- du fret et équipements nécessaires au bon fonctionnement des diverses stations ;
- des vivres et du courrier pour les habitants et personnels en place pour les essais.
Et aux évacuations sanitaires au profit de tous : blessés, accidents de plongée, et parfois des futures mamans dont l’accouchement s’annonce difficile.

[page]Sur les différents sites de Faaa, Hao et Mururoa les équipages et personnels «AIR» des Vautour, Mirage IV, Breguet Deux Ponts, DC-6 et DC-8, nous regardent avec une amicale compassion avec nos avions d’un autre âge ; bientôt nos collègues des P2V-6 et de la Force ALFA n’en penseront pas moins… sauf quelques anciens des Catalina.
En revanche, sur l’aéroport de Faaa, il arrive que des «Captains moustachus» d’Air France, UTA, PANAM, QUANTAS et autres nous demandent de visiter nos avions, nostalgie de leurs débuts sans doute.

Aujourd’hui notre mission consiste en une liaison Mururoa, Réao et retour sur Mururoa.
Nous devons livrer une cargaison de fret et avons trois passagers : L’Adjudant chef X et son adjoint le Sergent chef Y du Génie de la Légion qui doivent étudier les possibilités d’implantation d’une piste d’atterrissage sur Réao, et du Mt Z plongeur de la Marine qui doit vérifier l’ancrage des bouées d’amarrage des Catalina.

Notre équipage est composé des :
- OE 3 Frey René, commandant de bord,
- PM Reder Jacques, copilote,
- Mt Teahu Julien, radio,
- Mt Claude, mécanicien,
- Mt Labertit G., mécanicien,
- MP Brand Robert, navigateur.

Pour ce vol nous serons en configuration terrestre pour Mururoa et hydro pour Réao.
Les conditions météo sont excellentes pour la journée, le premier mécanicien peaufine le centrage, je signe les différents manifestes, visite prévol effectuée, équipage et passagers à bord, la tour nous autorise à remonter la piste, à 7h30 locales l’activité aérienne est très calme.
Notre décollage se fera au poids maximum autorisé : 30 400 lbs, avec l’essence suffisante pour l’aller-retour et les réserves habituelles, Réao ne dispose pas de moyen de ravitaillement en essence.
J’estime la durée du vol à 2 h 20 ; Point fixe, check list OK, les deux compas donnent des indications cohérentes, décollage et mise en montée vers le niveau 70, cap sur Réao.[page]

[page]L’équipage observe l’océan pour surprendre éventuellement le périscope d’un submersible curieux et non invité ; le réflexe, même si à la SL PAC nous oublions les joies de l’ASM et les procédures Julie, Jézabel, et autre Mad…
Les prénoms des sites de Mururoa ne manquent pas de charme non plus : Anémone, Denise, Kathie, Léa, Martine, Nicole etc...
Les futurs « points zéro » changent de registre : Ara, Faucon, Dindon…

L’équipement de navigation de nos Catalina est assez rustique : radio compas et dérivomètre.
L’espace navigateur a été réduit au minimum pour installer les sièges passagers.
Une minuscule table de navigation pour déployer les cartes US où certains atolls porte la mention « plus ou moins x nautiques dans tel azimut », je regrette le radar connu sur les anciens Catalina de la 4 S.
Personne n’a jugé utile d’installer un sextant périscopique ou un astrodôme d’où l’impossibilité d’effectuer un contrôle de cap ou un point astro ; un sextant Mk IX est quand même prévu, mais inutilisable en vol, deux portes type cargo remplacent les deux blisters.
Les vitres du poste pilote donnent des erreurs de réfraction surprenantes.
Par contre nous disposons d’un détecteur de radioactivité très sophistiqué qui nous sera très utile dans quelques semaines…
Si UTA Industries avait installé une centrale à inertie un radar doppler et autres inventions du moment qui souhaitent la disparition de l’espèce « Navigateur » je serais inutile et n’aurais pas connu les joies de la navigation à l’estime dans le Pacifique sud…

Après 20 minutes de montée, mise en palier au niveau 70, l’état de la mer permet des mesures de dérives, j’en profite pour effectuer un point du vent : du 060/08 nœuds, conforme aux prévisions, qui sont toujours très justes, soit dit en passant.
L’ambiance à bord est sérieuse mais décontractée, pour l’instant nous volons en combinaison de vol classique et pataugas (les coraux des atolls sont parfois très coupants).
La tenue spéciale de protection : combinaisons, gants, chaussures, masques et dosimètres sera utilisée dès le début de la campagne de tirs.

- Le Commandant de bord : l’OE 3 Frey possède une solide expérience et fait preuve d’un calme absolu en toutes circonstances.
- Le copilote : le PM Jacques Reder plus connu sous le nom de « Sky » bien sûr est un ancien des Hellcat, Corsair, formé aux USA où il a volé sur F9F Panther.
Il possède un exceptionnel don de conteur, il a toujours de savoureuses histoires à raconter.
- Le radio Julien Teahu est originaire de Tahiti, c’est un porte parole très efficace pour nos relations avec les habitants des Tuamotou, il connaît des subtilités que nous pourrions ignorer.
Il est en relation HF avec Hao, Mururoa, et Tahiti et transmet mes messages de position et CR météo.
Dès le début des tirs il sera chargé de la mise en œuvre du détecteur de radioactivité.

- Les deux sympathiques mécaniciens de bord, les Mt Claude (dit Claudius) et Labertit se remplacent à la « machine » située dans le pylône central et viennent discuter dans le compartiment radio/passagers /navigateur.
Ils ont effectué le changement du moteur droit de notre 48 il y a quelques jours avec les moyens du bord sur l’atoll de Mururoa.
A vingt minutes de l’heure prévue d’arrivée nous amorçons la descente ; la radio balise de Réao n’a pas le moindre frémissement, à cinq nautiques dans un bon jour, elle nous accorde une indication.
Je rédige les attestations de vol pour les passagers. Réao est en vue, nous sommes en liaison VHF avec la station qui nous transmet la dernière météo, le lagon est calme et l’axe d’amerrissage est dégagé, nous reconnaissons nos interlocuteurs habituels.

Verticale de Réao à l’heure dite (cela m’arrive parfois), nous effectuons un tour de l’atoll pour bien mémoriser la position des pâtés de coraux immergés, check list : ballonnets sortis verrouillés, trains rentrés verrouillés etc. ; alignement ; un léger clapot matérialise bien la surface.
Le copilote annonce les indications de la sonde altimétrique. Le redan effleure les premières crêtes des eaux turquoises lorsqu’une violente explosion retentit à l’avant de l’appareil et un énorme geyser disloque le caisson étanche du train avant et commence à envahir l’avion qui stoppe en piquant du nez.
J’ai éprouvé la même sensation lors d’une barrière en appontage de nuit avec un TBM de la 6F en juillet 1955 sur l’Arromanches.[page]

[page]L’appareil s’enfonce par l’avant, les deux pilotes évacuent par les trappes supérieures du poste pilote, le radio rejoint les deux mécaniciens à l’arrière pour mettre en œuvre les deux canots de sauvetage dont l’un refuse de se déclencher, le second se gonfle parfaitement.
L’avant de l’appareil s’enfonce lentement mais sûrement, je note le calme des passagers qui attendent les consignes pour évacuer, la Légion en a vu d’autres, tandis que le plongeur va se retrouver très bientôt dans son élément.
J’ouvre la trappe supérieure du compartiment central mais j’hésite un instant avant de faire sortir les passagers pour monter sur les ailes car l’hélice du moteur gauche tourne encore quelques pales avant de stopper.
Nos trois compères se hissent sur l’aile, je m’empresse de faire de même en prenant au passage la sacoche de navigation, le sextant et mon appareil photo dans sa boîte étanche (des affectations sur Sunderland, TBM et quelques vols en Noroît m’ont enseignés la prudence).
Les légionnaires et le plongeur gonflent leur Mae West et plongent dans le lagon, je reste sur l’aile pour prendre quelques clichés de tout ce beau monde à l’eau et attends les embarcations des habitants et des militaires qui arrivent rapidement sur les lieux pour nous apporter leur aide.
Aucun blessé n’est à déplorer.

Tandis que l’empennage du Catalina pointe lentement vers le ciel le commandant de bord demande aux embarcations de tenter un remorquage pour échouer l’appareil sur le bord du lagon, l’opération réussira partiellement.
Le point de la situation et l’avenir du Catalina semblent plutôt sombres.
Nous analysons les causes possibles de l’accident, notre plongeur va inspecter la coque de l’avion il apparaît que c’est un arrachement des trappes du train avant qui a provoqué l’entrée d’eau sous très forte pression, les lampes témoins indiquaient le verrouillage fermé… alors : corrosion, vétusté, choc au parking ?

Les responsables de la station, dont le Mt météo Lahaye, établissent un contact avec le CEP qui envisage de diriger le TCD Ouragan vers Réao pour récupérer les passagers et l’équipage, et si possible remplacer la cargaison détériorée.
Des spécialistes d’UTA Industries seront chargés d’étudier une possible récupération de l’appareil.
Le BSL Garonne devait rejoindre plus tard.
Nos craintes d’une pollution du lagon par les hydrocarbures ne seront pas confirmées.

Pendant quatre jours nous allons apprécier l’accueil chaleureux des habitants et des militaires du site.
Le 24, soit quatre jours plus tard, des hélicoptères Alouette III ; le 2-20 piloté par le PM Clausolles et le 2-22 viennent pour nous récupérer et nous transférer sur l’Ouragan pour une croisière vers Mururoa.
De là, le DC-6 PZ du GAM 82 piloté par le Lt Chapelle nous ramènera sur Tahiti - Faaa pour effectuer plusieurs vols de réglage et mise au point du Catalina n° 20.
Le 14 mai, nous rejoignons Hao et le 15 mission sur Réao, où nous pouvons observer notre malheureux 48 qui agonise, presque complètement immergé.

Pour la petite histoire l’A/C de la Légion, originaire d’une région où la gastronomie est réputée, m’a fait parvenir un peu plus tard un colis avec plein de bonnes choses pour me remercier pour les clichés que j’avais pris lors du naufrage, dont l’une où il est dans le lagon avec sa maewest tenant son porte feuille hors de l’eau…
Chapeau la Légion !

A noter un blessé des suites de l’accident du Catalina, il s’agit du Mt Claude qui a tenté l’épreuve du passage de récif avec une baleinière, mais malgré toute l’habileté et l’expérience des tahitiens, il arrive parfois que le passage se passe moins bien que prévu : résultat : épaule luxée et côtes endommagées.
Six mois plus tard, en octobre, Jacques, mon jumeau de frère, OE 3 pilote à la 31 F, basée sur le Foch (Force Alfa) effectue un vol d’entraînement VSV avec son équipage sur le HSS 454 « B » au-dessus de Papeari (Tahiti) lorsqu’une rupture de piston sur le moteur Wright les contraint à se poser en catastrophe dans une petite clairière de cocoteraie.

Robert Brand [page]



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Lun 18 Mar 2013 - 22:36

Fausse monnaie à Reao
Il y a eu de l'évolution depuis notre passage
L’affaire a débuté par l’interpellation d’un homme de 24 ans qui tentait d’utiliser un faux billet de 5 000 Fcfp dans un magasin de l’île.
L’homme a alors déclaré avoir volé plusieurs billets au domicile d’une autre personne, quelques jours auparavant.
Un peu interloqué par une affaire de ce genre à Reao, le policier municipal a ensuite trouvé plusieurs faux billets au domicile indiqué, celui d’une jeune femme de 33 ans, et ce pour l’équivalent d’une somme de 68 000 Fcfp en vrais billets cette fois.
Les fausses coupures seront envoyées à l’IEOM (Institut d’émission d’outre-mer), à Papeete, le matériel informatique ayant servi à leur fabrication a été saisi, et l’intéressée, entendue par des gendarmes de la brigade des Tuamotu, a reconnu les faits.
Elle devra répondre de ses actes, ainsi que son voleur devant la Justice, le 10 décembre prochain, à Hao.
Source: Tahiti news

André Pilon



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Dim 26 Mai 2013 - 23:18

Une traversée du lagon de Reao en pirogue à voile.
Conduisant lentement le petit camion par l'unique chemin qui mène à Gake, en ce début d'après-midi du vendredi, Rohi se rend dans la région où une partie de la population se trouve au travail depuis lundi matin.
Pour ces familles qui sont occupées à la récolte du coprah, la semaine se termine.
Il leur a été promis, lundi dernier, que le camion de la météo ramènerait ce jour, au village, une partie de ce qui aura pu être recueilli pendant ces cinq jours.
[page]Il y aura plusieurs rotations à effectuer pour transporter, de la plantation vers le bourg, dans ces allers et retours, personnel, matériel et récolte ; ces mouvements découlent des directives qui ont été données par l'autorité au responsable de la station météo : aider au maximum la population de Reao.
Dans la chaleur tempérée par un alizé assez fort, il règne dans ce coin de l'île une grande activité, qui ne s'est pas relâchée depuis leur arrivée.
Ces gens ont fourni un travail qui sort des normes habituelles : ramassage des noix, décorticage, séchage, ensachage et mise en ordre des lieux.
Sont présents ici, ceux qui y possèdent des terres, ainsi que les personnes qui les aident, membres de leur famille ou parfois employés salariés, ou bien encore les membres de la communauté Reao obligés ou astreints par attachement à une certaine forme de clientélisme.
On pratique sur cet atoll, comme dans toutes les îles Tuamotu, le système du rahui, de l'interdiction.
Ce procédé a pour objet d'empêcher le chapardage des noix de coco.
Nous avons vu, selon les dires de Faumea, qu'il n'y a pas de voleurs sur cet atoll...
Il n'y a pas de voleurs, mais on y rencontre parfois des gens qui ont la manie d'emprunter sans vergogne et qui ont tendance à oublier de restituer leur emprunt.
Mais les directives du Tavana rahi, le gouverneur, à ce sujet, sont parfaitement appliquées.
Il est donc interdit de se rendre pour la récolte ailleurs que dans le secteur autorisé par le tavana qui applique ainsi les ordres de Papeete.
Assisté de son conseil, il délimite les zones de travail, en fonction de ces instructions et de l’arrivée à maturité des noix.
Les équipes de travailleurs récoltants passent donc semaine après semaine d'un secteur à l'autre ; elles tournent autour de l'île plusieurs fois au cours de l'année.
Avec le rahui, aucun coco ne peut donc être « emprunté », puisque personne ne doit se trouver dans les plantations en dehors de la période édictée par l'autorité locale.
Des exceptions existent pour la pêche toutefois, car il est connu que certains lieux situés dans les zones interdites aux activités agricoles sont favorables pour la capture de telles ou telles espèces de poissons selon l'époque et selon les phases lunaires.
Des pêches favorables, on n'a pas le droit de s'en priver.
Pour s'y rendre, il est donc permis de traverser la forêt de cocotiers, mais non d'y stationner.
Partir au secteur, pour les familles, c'est toute une expédition.
Elles quittent le village dans la matinée du lundi : hommes, femmes, enfants, chiens et cochons.
C'est une migration bihebdomadaire et un trait culturel des îles Tuamotu.
Le mouvement recommence le vendredi après-midi en sens inverse. [page]
[page]Pour se rendre sur ces futurs lieux de travail, on part à pied si la distance n'est pas trop grande, en pirogue à voile au travers le lagon, si elle est importante.
De toute façon, la pirogue familiale fera le trajet afin d'y conduire les gorets et d'y porter les ustensiles de cuisine et des ballots de linge.
Elle y transportera de même les outils nécessaires à cet ouvrage, qui sont peu nombreux et peu encombrants, ainsi qu'un important lot de sacs vides qui serviront à loger les amandes recueillies au cours de la semaine.
Seuls les enfants d'âge scolaire, en dehors des périodes de vacances, restent au village ; ils logent et mangent chez les fetii, les cousins, ou bien chez les oncles et tantes, qui sont pour eux des papas et des mamans, ce qui ne pose aucun problème, bien au contraire.
Le parcours inverse sera donc effectué le vendredi, la religion rythmant la vie des Reao, ils seront tous présents au village pour la messe et les prières dominicales qui ont un caractère obligatoire, à partir du vendredi soir.
Le samedi, aucun travail de rapport ne sera entrepris ni exécuté ; ce jour, dans les dialectes de cette région de Polynésie, est nommé : mahana maa, le jour de la nourriture.
Selon les enseignements des missionnaires catholiques, la journée du samedi doit-être consacrée seulement à la recherche, à la collecte - la pêche, principalement - et à la préparation de ces aliments.
Le lendemain dimanche, tapati, il est strictement interdit de travailler ; les Reao pourront manger énormément, puisque toute la journée de la veille ils auront œuvré dans ce but.
On pourra chanter, jouer de la guitare, boire modérément et beaucoup dormir.
Tout le monde ira, bien sûr, aux offices, qui sont au nombre de quatre le dimanche.
Les jours de la semaine, les paroissiens qui seront au secteur ne se rendront pas à l'église pour les inévitables prières du matin et du soir.
Un membre du groupe, catéchiste officiel ou non, mais dûment autorisé prendra la direction des prières collectives locales.
Elles se dérouleront sur le bord du lagon, ou bien devant l'un de leurs abris, faré de construction très légère, assis sur le lit de cailloutis qui orne la façade.
Rohi, qui a transporté, lundi dernier, avec le camion de la météo, trois familles sur leurs lieux de travail, se rend compte que ces gens ont fait un ouvrage énorme au cours de la semaine.
Dans le sous-bois, lors de leur arrivée, c'était le fouillis.
Les palmes mortes et les noix mûres qui tombaient des arbres depuis quatre mois - temps écoulé depuis le dernier passage des travailleurs -, tout était disséminé et mélangé sur la surface du terrain qu'elles recouvraient d’un véritable tapis irrégulier.
Les feuilles mortes ont été rassemblées en andins disposés à égale distance des arbres, qui sont à peu près bien alignés dans cette région.
Elles ont été brûlées il y a peu ; de la fumée s'élève encore de quelques-uns de ces foyers.
Les noix fendues sont entassées les unes sur les autres.
L'ensemble ainsi traité est d'une propreté exemplaire.
Le sol de la forêt se compose de cailloux grisâtres, quelques rares espaces d’un semblant de terre arable apparaissent parfois, mais ce sont bien les cailloux qui dominent ; et l’on se surprend à penser : mais comment les racines des cocotiers s'alimentent-elles ?[page]
[page]Le conducteur a stoppé son véhicule en bordure de forêt et se dirige vers Tetai Moeava.
Il est le propriétaire des lieux et chef d'équipe de tout le personnel en activité dans les parages.
Il est lui-même, occupé à rassembler les noix qui se trouvent éparpillées, dégagées de toutes les palmes sèches.
Avec deux bâtons en mains, du calibre d'un manche de pioche, il travaille sans se baisser.
Le bout de bois qu'il tient de la main droite, est muni à son extrémité d'un crochet métallique pointu ; il lui permet de piquer d'un coup sec dans la noix qui se présente devant lui, au sol.
Ensuite, son bras oscille d'avant en arrière puis de nouveau vers l'avant, en prenant de la vitesse dans la direction d'un tas de ces fruits.
Alors que son bras droit arrive à bout de course vers l'avant, de sa main gauche qui tient l’autre bâton, il donne un coup sec sur l'outil ferré.
Ce coup brusque a pour effet de décrocher la noix qui file vers le tas en formation. Il évite ainsi de se baisser pour chaque fruit.
Un peu plus loin, Teretia, sa monumentale vahiné, est à l’œuvre ; ça alors ! ceci n'est pas courant du tout, elle adore plutôt la position horizontale du dormeur.
Munie d'une hache qui ne pèse pas plus lourd qu'un canif entre ses mains, son occupation consiste à fendre les noix en deux.
A mesure, les fillettes, Maria et Siki, rangent ces fruits coupés ; pour elles, c'est un jeu.
Mais Maria qui a douze ans devraient être en classe : une paire de bras supplémentaire pour le travail de toute cette semaine écoulée sera plus bénéfique pour la famille que ce qu'elle aurait pu apprendre à l'école ; ainsi en a décidé Teretia lundi dernier, elle ne va pas nourrir ces enfants-là à ne rien faire, non !
Les deux morceaux du fruit sec, encore reliés par la bourre, sont empilés la concavité tournée vers le sol, étagés en un seul rang.
Dans cette position, les amandes sécheront encore pendant deux ou trois jours avant d'être décortiquées puis ensachées.
Toutes celles traitées en début de semaine sont déjà prêtes, les sacs qui en sont remplis ont été apportés au bord du chemin ou au bord du lagon.
Ils seront transportés aujourd'hui au village, en camion ou en voilier.
Tetai Moeava cesse son manège, il se dirige vers le rivage intérieur, vers les lieux où une pyramide constituée de ces sacs remplis de noix a été formée ; le camion s'étant arrêté tout près de là, il commence avec deux de ses aides à en constituer le chargement, il y en a un stock considérable, il faudra probablement faire trois tours avant la fin du jour, il est nécessaire de se presser.
Un peu plus loin, vers l'océan, Faumea est affairée à l'extraction des amandes qui sont collées au fond des demi-noix ouvertes depuis trois jours, elles sont devenues bien sèches, elle les ensache aussitôt qu'elle en a formé un tas important.
Assise au sol, elle tient dans sa main l'outil spécial, le pitoi, c'est une lame plate, courbe, non tranchante, et munie d'un manche adapté pour une main, la forme de la lame recourbée lui permet de l'introduire sous l'amande qui s'est un peu décollée et recroquevillée en séchant.
La jeune fille tient de sa main gauche, la demi-noix qu'elle a posée au sol ; d'un coup rapide et adroit de son pitoi, elle fait sauter ce morceau d'amande qui s'en va grossir le stock décortiqué.
On remarque que le volume des amandes, lorsque l'extraction est terminée, est beaucoup moins important que le tas de noix rassemblées.
En approchant d'elle, Rohi voit bien, comme il l'a observé dès son arrivée chez les autres travailleurs, que sa couleur de peau a changé ; tout le long de cette semaine, elle a été bien plus souvent exposée au plein soleil qu'à l'ombre et en permanence au vent d'est qui a soufflé fortement ces jours derniers, sa peau bien bronzée en est devenue presque noire.
- Alors jolie vahiné, maitai ? (ça va bien).
- E, maitai roa, (très bien).
- T'es-tu ennuyée cette semaine ?
- Korereka, (un peu).
- Tu travailles encore longtemps avant de partir vers le village, lui demande-t-il, pensant qu'elle pourrait l'accompagner dans le camion lors du transport du premier chargement.
- Aita, non, je finis de décortiquer ce petit tas que tu vois près de moi et je pars de suite ; je rentre avec la pirogue, il faut que je la ramène à Pua Kiri Kiri, a dit mon oncle.
- Il est un peu tard, tu es bien sûre d'arriver avant la nuit ?
- Oui, le vent est fort aujourd'hui, il souffle dans l'axe du lagon, pas besoin de louvoyer, je vais faire toute la traversée vent arrière et à grande vitesse. [page]
[page]Le trajet ne durera pas beaucoup plus d'une heure.
Dans une demi-heure je suis prête, j'arriverai juste au coucher du soleil ; la pirogue va être légère puisqu'il n'y aura pas de sacs de coprah d'embarqués à son bord.
- Tu rentres seule ? lui demande Rohi.
- Non, je pars avec mes deux sœurs et les quatre petits cochons que tu vois là, attachés par les pattes ; j'emmène aussi les ballots de linge et les chiots.
- La vaisselle, tu ne la rapportes pas au village ?
- Non, puisque nous revenons ici lundi matin.
Et puis si je chavire, elle irait au fond, elle ne serait pas perdue, mais il faudrait rechercher le lieu du naufrage pour la récupérer.
Tout ce que j'aurai à bord aujourd'hui, flotte ou nage.
- J'aimerais rentrer avec toi en pirogue, Petero ramènerait le camion, il ferait les deux ou trois rotations prévues pour les sacs pleins de la récolte.
- Moi je veux bien, il n'y aura pas de problème si je chavire, puisque tu sais bien nager ; par contre, il faut que tu demandes à mon oncle.
Je pense qu'il sera d'accord, mais il ne faut pas oublier de lui poser la question ; il ne comprendrait pas, sinon.
Après avoir parlé pendant quelques minutes à Tetai, ainsi qu'à d'autres travailleurs, Rohi retourne vers le rivage du lagon où Faumea qui en a terminé avec ses noix l'a devancé et où elle s'affaire à préparer la légère embarcation, aidée par les deux fillettes.
Les petits gorets sont attachés au banc de l'avant, les jeunes chiens, qui sont habitués aux traversées, couchés sur les paquets de linge, somnolent déjà au soleil.
La voile est affalée au pied du mât et Faumea effectue le contrôle la drisse de hissage de cette toile, et ensuite de l'écoute.
A quelques mètres de là, dans les eaux plus profondes, deux hommes préparent le gréement d'un gros canot qui s'y trouve ancré, pendant que d'autres le chargent de sacs.
Il partira bientôt lui aussi, mais, plus lourd que la pirogue, il naviguera moins vite, il n'arrivera à destination qu'une fois la nuit tombée.
Un quart d'heure plus tard, l'embarcation légère est parée pour l'appareillage, les quatre membres de l'équipage la poussent dans les faibles fonds, puis d'un saut, ils se retrouvent à bord.
Aussitôt embarqué, le pilote hisse la voile qui attend, bien rangée au pied du mât.
La pirogue orientée vers l’ouest, démarre vent arrière avec une rapidité surprenante, le vent est bien fort, le météo estime sa force à vingt-deux nœuds (1), immédiatement la vitesse de croisière est atteinte.
La jeune fille tient la barre d'une main ferme et solide ; son visage fermé observe l'environnement d'un regard très sérieux : l'embarcation, le gréement, la mer, les passagers.
Le vent relatif du fait de la vitesse est quasi nul.
Le soleil brûle la peau qui n'est plus ventilée et l'on baigne dans une atmosphère cotonneuse, le seul bruit audible étant celui de l'eau qui clapote le long de la coque et du flotteur.
- Alors, cela te plaît la navigation en pirogue ? demande Faumea qui en a terminé avec les réglages de la voile, maintenant libre de ses pensées, après avoir constaté que tout va bien et que l'embarcation file vers l'ouest nord-ouest en plein lagon, dans la direction du village.
- Oui, répond-il, et tu la barres, tu la diriges, comme un vrai marin, comme un vieux loup de mer.
- C'est une obligation aux îles Tuamotu, savoir mener une pirogue ; au même titre qu'en France savoir conduire une voiture.
Ici, c'est la mer qui rythme notre vie, nous devons composer, alors filles ou garçons, nous sommes tous des marins.
On aime ou on n’aime pas, mais il faut faire et nous savons tous le faire.
Cette obligation-là a rangé les Paumotu parmi les meilleurs marins du monde.[page]
[page]Savoir conduire une automobile n'est pas indispensable ici.
Tu vois bien qu'à Reao il n'y a que des pistes, alors il n'y a pas de voiture, on peut s'en passer.
On apprécie malgré tout le coup de main qui est donné avec le camion de la météo ; mais sans lui, le transport des sacs se ferait au travers du lagon, comme par le passé.
De plus, les Reao sont pauvres, il n'y a pas d'argent pour acheter une voiture ; et il n'y en aura probablement jamais.
Pendant un instant, concentrée, elle vérifie le réglage de la voile et reprend un peu de mou dans l'écoute.
- Tu vois reprend-elle, je suis très heureuse quand je pilote la vaka motu, c'est un petit bateau très agréable à manœuvrer, c’est un jouet pour les grands !
Aujourd'hui avec le vent arrière il y a moins de risque de chavirer que pendant le parcours en sens inverse.
Quand je viens de Pua Kiri Kiri, du village, vers Gake, avec ce même vent, c'est un drôle de sport.
Je passe toute la matinée et parfois plus à louvoyer pour atteindre mon but.
Le vent régnant ajouté au vent de la vitesse crée des sensations et des impressions fantastiques.
Sur le fond, la vitesse n'est pas importante, mais l'on navigue contre le vent et contre la mer et la pirogue dérive beaucoup, alors l'eau gicle de partout, de tribord à bâbord, nous sommes complètement trempés : cheveux, habits, tout colle à la peau, le sel brûle les yeux, on avale de l'eau à grosses goulées !
On en est abreuvé. Il arrive que parfois le flotteur s'enfourne dans une vague car, on a beau être dans un lagon, le vent peut y lever des vagues de plus de deux mètres !
A ce moment, la vaka motu peut chavirer, à deux personnes, elle se remet facilement à flot ; mais seul, il n'y a plus qu'à se laisser dériver, corps et biens vers le rivage, que l'on est tout à fait sûr d'atteindre dans un atoll fermé, on y participe en nageant et en poussant.
Parfois, au chavirement, l'enfournage brutal brise les espars qui arriment l'embarcation au flotteur.
Tu sais qu'une pirogue polynésienne ne tient sur l'eau que grâce à son flotteur, que l'on appelle aussi balancier, et qui est de ce fait la pièce maîtresse.
Dans ce cas-là, une fois celui-ci brisé, que l'on soit seul ou bien plusieurs, il ne reste plus qu'à nager et pousser l'épave.
Il y a quelques semaines, avec mon cousin Tepano qui n'a pas peur mais qui est un peu brutal, alors qu'il était le barreur de la vaka, nous avons chaviré à mi-chemin de Gake.
La chute à l'eau, après avoir enfourné le balancier, a été de ces plus spectaculaires.
Pour ma part j'ai fait un vol plané sensationnel vers le lagon.
Le brin de traverse arrière du flotteur a été cassé dans l'accident, nous avons pris un bon bain ; autour de nous, trois chiens et deux jeunes cochons nageaient dans les vagues.
Pendant que je soutenais tout ce petit monde, Tepano avec un morceau de chambre à air de vélo en réserve, fixé à quelque endroit dans la pirogue, réparait le léger espar brisé.
Un moment plus tard, nous redressions tous deux la pirogue, nous vidions l'eau avec l'écope, et nous reprenions la route après avoir rembarqué tous nos passagers.
- Comment faites-vous pour la relever ?
- L'embarcation est très légère ; alors, tout en nageant il faut orienter le sommet du mât, qui est à plat sur l'eau, dans la direction d'où souffle le vent.
Continuer l'action en soulevant ce mât à bout de bras, afin que le vent prenne dans la voile en dessous.
Elle va très vite se relever, quelques fois, elle ne s'arrête pas et chavire de l'autre côté.
Il faut l'empêcher de partir de l'autre bord en retenant le mât avec un long cordage frappé à son sommet.
Une fois la pirogue redressée, il faut en vider l'eau, ce qui n'est pas une mince affaire.
Si le clapot est trop fort on ne peut pas y arriver, les vagues qui déferlent en rajoutent régulièrement à l'intérieur ; il ne reste plus qu'à nager en direction des motu.
Et puis, on ne peut vider cette eau que si l'écope n'est pas partie vers le fond.
Il ne faut surtout pas l'oublier avant le départ, elle fait partie du matériel de bord de première nécessité.
Un écope métallique coule en cas de chavirage, il ne faut pas omettre de l'amarrer ; si elle est en bois, elle flottera ; mais sans écope, il faudrait tout vider à la main.[page]
[page]Aujourd'hui le début du parcours se déroule sans problème, tous les passagers sont bien sages et personne ne bouge.
Siki et Maria sont assises à l'avant de l'embarcation, elles jouent aux osselets, un jeu ancien complètement disparu en France, qui perdure bien loin, aux îles Tuamotu ; mais qui peut l’avoir apporté ici ?
Elles sont tout à coté des ballots de linge sur lesquels les cochons et les chiens sont maintenant entremêlés et dorment comme des princes, réchauffés par le soleil.
Ces jeunes animaux sont bien habitués ; chiens et cochons migrateurs, tous destinés à la boucherie, ont déjà plusieurs traversées du lagon comme passagers à leur actif.
Il y a de l'atavisme dans leur comportement, réminiscence des temps anciens, du passé lointain pendant lequel leurs ancêtres parcouraient l'Océan Pacifique, à bord des pirogues doubles de leurs maîtres polynésiens, qu'ils accompagnaient lors de leurs grands voyages d'exploration et de découvertes, au travers de cette immensité marine.
Mais alors que l'on a parcouru quelques kilomètres depuis la zone bien abritée que forme la baie de Gake, la houle a pu se former et le phénomène s'amplifie de minutes en minutes ; au tiers du chemin, les vagues les plus grosses atteignent une hauteur d'un mètre !
- Siki, haere koe i nia iato ! ordonne la grande sœur ; monte sur la traverse.
Laissant là sa sœur et les osselets, la petite se lève et en véritable équilibriste grimpe puis circule sur le chevron, se déplaçant ainsi jusqu'à son extrémité tribord, où elle demeure accroupie au-dessus du vide, ses mains cramponnées - mais sans peur aucune - tenant fermement chacune un hauban.
Le poids de la fillette soulage le balancier côté opposé, le flotteur pénètre ainsi un peu moins dans les vagues ; ce mouvement de personnel allège l'embarcation et lui laisse prendre un peu plus de vitesse.
La traverse sur laquelle est perchée la petite sœur de lait de Faumea, est amarrée à la coque, sur son tiers avant, avec des cordages fixés aux membrures.
A son extrémité bâbord est rivé le flotteur, le balancier ; côté opposé, elle se projette à l'extérieur, elle y reçoit en plusieurs points les haubans qui étayent le mât.
Suivant un cours instant d'observation de cette navigation, nouvelle pour lui, Rohi demande ensuite à la jeune fille de lui énoncer les termes employés pour nommer les divers éléments de ce petit bateau à la rapidité surprenante.
- Cette embarcation, dit-elle alors, c'est une vaka motu, pirogue qui sert pour aller de motu en motu, d'îlot en îlot.
On l'appelle aussi kaveke, ce nom est typiquement Reao, ou de l'extrême Est de l’archipel Tuamotu ; à ne pas confondre avec la lune qui se nomme kavake.
En tahitien, ce petit bateau se nomme va'a.
Les grandes pirogues doubles avec lesquelles nos ancêtres exploraient l'Océan Pacifique, s'appelaient les pahi ; les pirogues de guerre, c’était les pahi tamaki.
Sans balancier, sans flotteur, une pirogue polynésienne ne tient pas sur l'eau, elle chavire.
Ce flotteur : le ama, est tenu par deux iato, les traverses.
Celui de l'avant, est une sorte de chevron rigide, il est fixé solidement à la charpente.
Quand à celui de l'arrière, il n'est bien souvent qu'une simple et mince branche d'arbre pliée en arceau ; il donne une bonne élasticité au ama, le rendant légèrement indépendant du mouvement de la vaka motu à qui il confère ainsi une grande souplesse.
Tout cet ensemble est maintenu par des cordages fabriqués au village avec la bourre de l'écorce des noix de coco.
Après avoir réglé quelque peu la drisse et l'écoute, Faumea reprend :
- Dans ma main, je tiens hoe faatere, le gouvernail.
Jadis la rame de gouverne portait ce nom ; maintenant c'est une barre, on en a gardé l'appellation polynésienne.
La voile c'est gie, un mot imprononçable pour les popaa.
Aux temps anciens, les voiles étaient confectionnées en fara, en feuilles de pandanus tressées finement.
Elles ont gardé le nom de cet arbre qui s'appelle gie dans le dialecte mangarévien, terre d'origine des Reao.
Ma voile, comme tu le vois est en toile popaa, bien plus solide.
Si l'on en prend soin, elle ne s'use pas. [page]
[page]On trouve maintenant des voiles en nylon, jen ai vu à Tahiti ; quel plaisir de les manœuvrer, elles sont si légères !
Les voiles de pandanus, élément de base de la civilisation polynésienne, ont maintenant disparu, plus personne ne sait les fabriquer, excepté, peut-être, les habitants de Rurutu, une île de l'archipel des Australes, où ceux-ci sont encore maîtres dans l'art de cultiver et de travailler le pandanus, des variétés qu’ils cultivent spécialement pour leur travaux de vannerie.
L'état du lagon continue de se détériorer, les vagues dépassent un mètre de hauteur, les plus grosses rattrapent l'embarcation et la font tanguer en la soulevant de l'arrière, et diminuent sa maniabilité.
Parfois, jouant comme les poissons volants, un banc d'aiguillettes orphies prend son envol, elles filent devant la pirogue et s'en vont retomber quelques mètres plus loin.
Faumea, en pilote confirmé, contrôle toujours très bien le tout, et continue de donner ses explications :
- Mon oncle a construit cette pirogue avec l'aide d'Evarito, le charpentier.
Ses membrures sont en bois et sa coque en contreplaqué, l'assemblage est réalisé avec des vis et des clous.
Tous ces matériaux viennent de Tahiti et sont achetés avec l'argent que rapporte le coprah exporté.
Dans le passé, les Paumotu construisaient leur pirogues en cousant entre elles des planches qu'ils taillaient avec leurs outils de pierre dans les arbres croissant sur leurs îles.
Ils n'avaient pas la chance d'avoir à leur disposition les grands arbres des îles hautes volcaniques, dans lesquels on pouvait creuser, à l'herminette de basalte et au feu, une pirogue entière !
Ils se contentaient donc de ce qu'ils avaient sous la main, découpant leurs planchettes et forant les trous de couture avec des outils de corail qui s'usaient presque aussi vite que le bois travaillé.
Ces trous étaient forés avec la pointe des coraux branchus, les acropores ; tu en as vu dans le lagon, au karena, lors de notre bain matinal.
Les coutures étaient réalisées avec de fines cordelettes confectionnées avec la bourre de coco tressée.
La moitié du chemin semble avoir été parcourue, les cocotiers de Gake sont déjà bien loin en arrière, lorsque sur la gauche Rohi observe quelques petits flotteurs blancs.
Faumea, qui a remarqué son regard interrogatif, devance ses questions :
- Ce sont les limites de la zone de culture d'huîtres perlières, elle a été aménagée pour essai il y a cinq ans environ.
On espérait que des perles pouvaient être produites ici, comme dans d'autres îles basses ; ce qui aurait pu nous apporter un bon revenu, peut-être même, qui sait, nous enrichir.
Mais les dernières études ne sont pas concluantes, la nacre est de mauvaise qualité.
Des perles, il n'y en a guère et sont tout comme la nacre, non négociables.
Les techniciens qui suivent cet élevage nous disent que le lagon n'est pas assez alimenté en eau du large, il y a donc déficit de plancton pouvant servir d’aliment à ces coquillages et, de plus, la nacre est attaquée par un parasite.
Les huîtres se trouvent à environ vingt-cinq mètres de profondeur ; ceux qui peuvent descendre jusque là en prélèvent parfois pour en manger les chairs et pour décorer leur faré avec les coquilles.
Bien qu’elles ne soient pas négociables, ils s'en trouvent malgré tout de très belles et d'un diamètre étonnant.
Par contre, en certains endroits le fond est tapissé de pipi ; ce sont de petites huîtres dans lesquelles on rencontre souvent des perles proportionnelles à leur taille.
Quand tu reviendras avec moi, en pirogue, nous en ramasserons un plein seau et tu auras des perles pour offrir.
- Quel travail pour ouvrir toutes ces coquillages ! s'étonne-t-il.
- Mais non, on ne les ouvre pas, il suffit de les laisser plusieurs jours dans le seau ou la bassine.
Elles seront mortes et commenceront à pourrir, alors on touillera le tout avec un bâton, et assez longuement ; tes perles se retrouveront au fond du récipient, ce n'est pas très appétissant à faire, je te l'accorde.[page]
[page]Les creux des vagues atteignent maintenant un mètre cinquante et le balancier enfourne parfois dangereusement dans les crêtes, malgré l'allégement dû au poids de la fillette qui est toujours stoïquement accroupie à son poste.
Comme l'état du lagon ne peut faire que s'aggraver, notre pilote amène la voile et stoppe ainsi l'embarcation afin de prendre quelques ris et d'en diminuer la surface ; ce qui est réalisé en quelques minutes.
Faumea estime que Siki est trop légère sur le bout du iato, elle la fait permuter avec Maria, escomptant que ses quinze kilos de plus soulageront mieux le flotteur.
La surface de la voile ayant été nettement diminuée, la vitesse en est bien réduite.
La pirogue, du fait des vagues qui la dépasse allégrement, est moins manœuvrable, mais on sent qu'elle ne fatigue plus, comme cela était dans les minutes précédentes.
La jeune fille qui connaît bien sa partie a eu parfaitement raison de prendre toutes ces précautions.
Les environs de Pua Kiri Kiri où l'on arrive au bout d'une demi-heure, se trouvent en fin de course de cet alizé fort.
En ces lieux, aujourd'hui, les creux des vagues dépassent deux mètres !
Une fois de plus, rien de commun avec la beauté des lagons polynésiens tant vantée par les agences de voyage ; cette région de l’atoll Reao ne sera jamais retenu par « Club Med » pour y réaliser les photos publicitaires de ses catalogues.
Ici, l'eau agitée est boueuse, le rivage où ces boues s'accumulent est peu engageant, mais il est bien vrai qu'à Gake, d'ou vient la vaka motu, il n'y a jamais de houle par régime d'alizé, même fort.
Sa plage répond très bien aux critères des dépliants touristiques, elle serait certainement idéale pour l'établissement d'un camp de vacances, mais, grands dieux ! que l'importante distance qui existe, de Tahiti à Reao, protège longuement notre atoll de ce qui serait une catastrophe.[page]
[page]Pendant cette traversée animée, le camion, par le chemin sableux de la forêt est arrivé lui aussi avec son chargement, tous se retrouvent en face du bourg.
Le tavana, qui, on l'a vu, demeure à proximité dans le faré tout proche, rejoint le rivage avec d'autre villageois.
Il donne alors à son monde une information qu'il a reçue par radio à la liaison de cet après-midi, à savoir : la venue de la goélette Aranui, après-demain dimanche, elle sera devant l'atoll au petit jour.
Le bateau viendra de Puka Rua où il fera une courte escale demain ; il sera ponctuel comme à l'accoutumée, c'est bien sûr.
Le chef donne aussi des ordres qui enjoignent à ses administrés de transférer le coprah qu'ils détiennent chez eux, en sac ou en vrac, dans le hangar collectif qui est établi près de l'embarcadère, afin que les opérations de ramassage aient lieu dans le minimum de temps :
- Il faut faire vite, dit-il, il ne reste plus que vingt-quatre heures, le passage de la goélette est avancé d'une semaine, l'itinéraire ayant été modifié pour le transport d'une mission scientifique qui vient étudier, je ne sais quoi sur Reao.
De plus, elle va mettre à terre une camionnette 403 Peugeot, embarquée à Tahiti.
Il y a un moment, au cours de la traversée, Faumea et Rohi, constatait qu'aucun véhicule ne se trouvait sur cette île.
Eh bien, contrairement aux prévisions de la jeune fille, à l'avenir, il y en aura au moins un, et tavana Martial a aussi indiqué qu'une équipe est déjà à pied d’œuvre pour la construction avec des roches, sur le rivage de l’océan, d'un quai qui permettra le déchargement de cette voiture ; ce qui constitue une corvée inhabituelle et difficile, mais qui sera une entreprise de travail en commun comme on sait si bien en organiser sur les atolls (2).
- J'ai calculé, ajoute le chef, que l'on doit pouvoir embarquer dix-huit à vingt tonnes de coprah dimanche prochain, si tout se déroule bien, ce qui fait environ trois cents sacs ; et bien sûr, si toute la récolte de ces deux dernières semaines arrive de Gake.
- Mais, précise alors Akutino Kuikui, qui se trouvait là par hasard, il faut demander à Tetua Moeava, l'autorisation de travailler ce dimanche.
- Je vais faire le nécessaire, lui répond Martial ; il donnera cette autorisation.
En effet, aux Tuamotu de l'Est, nous l'avons vu, tout travail est prohibé le dimanche, seule l'autorité religieuse permet de déroger à ces directives, et seulement pour une activité qui ne peut être remise au lendemain.
Ici, c'est le premier catéchiste qui donnera cette dérogation verbale, en l'absence du Père Victor, curé de la paroisse, séjournant sur une autre île.

Notes :

1° Le nœud est la distance parcourue par un bateau qui se déplace à la vitesse d’un mille à l'heure.
Comme le mille marin vaut 1852 mètres : 22 nœuds font donc 1852 x 22 = 40,744 Km/heure.
2° Lors de mon troisième séjour à Reao en 1972, une église avait été construite avec cette forme d'organisation du travail et sous la direction du père Victor Vallons, ingénieur et maître d’œuvre.
Toute la population, hommes et femmes y participa, chacun selon sa force et ses capacités artisanales : un groupe de maçons, un groupe de tailleurs de pierre, un groupe pour gâcher le mortier, un autre composé de manœuvres ; l'intendance était assurée par un groupe de pêcheurs et de cuisiniers.
Les enfants, garçons et filles, étaient chargés des menus travaux ménagers et des corvées d'eau et de bois, ainsi que de la surveillance des tout petits.
L'argent permettant d'acheter les matériaux nécessaires à la construction de l'édifice avait été collecté lors de la quête à caractère obligatoire qui avait lieu chaque dimanche matin et depuis une vingtaine d’années.
Il était recommandé d'y donner au minimum un tara par famille (soit cinq francs Cfp).
Les membres de la station météo ont été sollicités par les catéchistes.[page]

André Pilon



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"... Rompre avec toutes ses habitudes et s'en aller, errer, d'île en île, au pays de lumière."
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par marsouin le Lun 27 Mai 2013 - 8:43

Très bel épisode de ce chapitre de ta vie sur ce lointain atoll. :
On attend la parution du livre.
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par parriaux christian le Lun 27 Mai 2013 - 9:57

Celui là à hikueru dans les années 60 (Catalina aéronavale).
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Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par marsouin le Lun 27 Mai 2013 - 10:08

Ça fait pitié de voir ce bel oiseau dans cet état.
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par MENN daniel le Lun 27 Mai 2013 - 11:50

André,
Marsouin a raison, c'est pour quand le livre ?
Je suis certain qui sera plus réaliste qu'un autre basé il parait sur des faits réels, et que nous avons lu..."Le seigneur des Atolls".
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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Mer 7 Aoû 2013 - 22:55

C’était le bon temps
La vie sur un atoll a permis, au personnel des stations météos des postes périphériques du Centre d’Expérimentations du Pacifique, dans leur fréquentation des Paumotu de faire comme ces gens-là, d’avoir des activités sortant totalement de l’ordinaire et dont nous gardons tous un excellent souvenir.
Un exemple, qui sera l’objet de ce petit papier : aller pêcher ses poissons sur le récif à trois heures ou quatre heures du matin, une fois les travaux du radio sondage terminés, les faire cuire sur un feu de bois, et donc manger du poisson on ne peut plus frais.
Ceci se passait donc à Reao, pendant la campagne de tir de 1967, qui nécessitait deux radiosondages par jour, un lancement de ballon vers 13 heures locales et l’autre à une heure du matin.
Cette activité employait trois personnes au radar Cotal qui suivait la mire en papier cartonné métallisé, et transformaient les informations reçues en directions et vitesses de vent aux différents niveaux, exploitables à Mururoa.
Deux autres étaient chargés de la réception et l’analyse de la masse d’air selon les données de la radiosonde ; était là également le chef de station et le fabricant d’hydrogène qui remplissait sur-le-champ les bouteilles de ce gaz qui avaient servi à gonfler l’énorme ballon, le responsable technique civil et puis l’observateur.
Ce qui faisait, en tout neuf personnes.
Quand les travaux étaient terminés et la station remise en ordre.
On s’en allait sur le récif à la pêche.
Vers les quatre heures du matin, celui-ci était généralement recouvert d’eau, de l’ordre de trente centimètres par beau temps.
Et là, pendant que Gapotai, notre fabricant de gaz préparait le bois et allumait le feu, les autres munis d’un coupe coupe, d’une ou deux lampes Coleman et de foënes s’en allait à la pêche.
Les poissons qui passaient dans la zone éclairée, attiré par cette lumière vive étaient tranchés d’un coup de machette, ramassés et fourrés dans un sac postal.
Une autre équipe, sur le bord du récif, repérait plusieurs jolis perroquets verts qui se voyaient piqués par le long patia, et à leur tour enfilés dans un sac.
Il va sans dire que, quand on pouvait avoir plusieurs perroquets, la pêche était vite terminée.
Les prises, mais juste ce qu’il fallait pour nous étaient mises à griller sur une tôle posées sur le feu qu’avait préparé et allumé Gapo.
Quel régal était ce poisson frais, pêché dans l’heure !
Ah ! j’en ai encore l’eau à la bouche.
Mais cela aura du bientôt cesser.
En effet, alors qu’à Reao le poisson n’était pas empoisonné, il le devint bientôt avec les activités du CEP, et principalement devant la station, sur ces récifs accueillants et nourriciers.

André Pilon



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par jean-claude BAUD le Mer 7 Aoû 2013 - 23:13

Taero te ika .. Empoisonné le poisson ..



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Re: REAO, l'écho d'un lointain lagon.

Message par PILON le Mer 23 Oct 2013 - 18:19

Voilà une belle opération comme nous avons  pu en connaître de notre temps.

Un excellent écho d'un lointain lagon

- Auteur :  BCISSA  - Direction :  DCSSA

Dans la nuit du 20 juin 2013, une équipe médicale des forces armées en Polynésie française a participé à une opération de secours maritime particulièrement délicate au large de l’atoll de Reao.
Dans la soirée du 19 juin, le centre de secours maritime de Papeete est informé de la présence d’un blessé à bord d’un chalutier japonais au large de l’atoll de Reao, à 1500 km de Tahiti.
Mordu au bras par un requin, il doit être évacué en urgence.
Les Forces armées en Polynésie française sont immédiatement sollicitées pour cette intervention.
Un avion de surveillance maritime Gardian est dérouté pour déterminer précisément la position du chalutier.
Dès le 20 juin au matin, un hélicoptère Dauphin et un Casa 235 sont envoyés sur zone.
A bord du Casa, un médecin et un infirmier du service de santé des armées sont embarqués avec le matériel d’évacuation médicale.
Après différents compléments de carburant les deux aéronefs se posent sur l’atoll de Reao.

Le médecin est alors embarqué à bord du Dauphin puis hélitreuillé sur le navire japonais pour prodiguer les premiers soins.
Le premier bilan est rassurant.
Le blessé et le médecin sont remontés dans l’hélicoptère moins de 20 minutes plus tard et regagnent Reao.
L’équipe médicale réalise un bilan complet du blessé.
Celui-ci est rapatrié en CASA sur Papeete.
Il est pris en charge par le SAMU local et transféré au centre hospitalier du Taaone.
Aujourd’hui, dans cette région où les populations sont dispersées, seules les armées disposent de l’ensemble des structures pour intervenir dans les opérations de secours d’urgence.
Le personnel du SSA contribue efficacement à la réussite de ces interventions.

André Pilon




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