Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges

Bonjour !

Alors comme ça tu viens visiter le navire ? Même si tu n’as fait que ton service militaire dans la marine, tu peux « embarquer » sur ce forum.

Si tu n'es pas inscrit, tu n’en vois qu'une petite partie.

Si tu es ancien marin et que tu as porté le bachi, viens nous rejoindre : toutes les coursives te seront alors ouvertes. Il te suffit, pour cela, de cliquer sur « S'enregistrer ».
Les renseignements demandés (en particulier ton matricule) devront être correctement complétés ; ils permettront de prévenir quelque intrusion pouvant nuire au bon fonctionnement du forum.
Découvres-tu ainsi un forum ? Crains-tu de ne pas savoir y vivre, t’y retrouver, échanger ?
Tout y est expliqué, commenté, illustré sobrement pour s'y sentir à l'aise. Et de plus tous, à bord, sont ici pour t’aider qu’ils soient copains anciens ou neuves connaissances.

Si tu es déjà membre, il te suffit de cliquer sur « Connexion ».
Amicalement,
Fanch 56
Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges

Forum de discussions pour les anciens de la Marine Nationale

L'équipe ACB vous souhaite une bonne année 2018

Du haut de son sémaphore il veille !

RESTRICTION D’ACCÈS

Toute personne demandant son inscription sur le forum, et n'étant pas ancien de la Marine Nationale, se verra refuser l'accès, mais pourra contacter le forum. Les matricules devront être correctement inscrits pour ceux qui réunissent les conditions, ceci afin de pouvoir vérifier leur authenticité, et de protéger le forum de toutes intrusions pouvant nuire au bon fonctionnement. Les membres de la famille d'un marin ou les visiteurs intéressés pourront poster leurs questions dans le forum, visiteurs en cliquant sur le lien dudit forum.

Statistiques

Nos membres ont posté un total de 661167 messages dans 13560 sujets

Nous avons 15575 membres enregistrés

L'utilisateur enregistré le plus récent est Myskowski

La page Facebook de secours d’A.C.B.

LIVRE D’OR


JE VOUS DEMANDE D'AVOIR LA GENTILLESSE DE NE PAS CRÉER DE DISCUSSIONS SUR LE LIVRE D'OR - MERCI

Derniers sujets

» CROISEUR ÉCOLE JEANNE D'ARC
par Houllé Aujourd'hui à 13:09

» FOCH (PA)
par takeo Aujourd'hui à 12:35

» [Histoires et Histoire] Monuments aux morts originaux Français
par BEBERT 49 Aujourd'hui à 12:34

» [Divers B.A.N.] Formation des Navigateurs Aeriens à Winnipeg
par douzef Aujourd'hui à 12:32

» [LOGOS - TAPES - INSIGNES] Une nouvelle médaille "medaille de la protection militaire du territoire"
par BEBERT 49 Aujourd'hui à 11:56

» MAILLÉ BREZÉ (EE)
par ERIC THIEBAUT Aujourd'hui à 11:51

» HIPPOPOTAME (RHM )
par GYURISS Aujourd'hui à 10:56

» École des pupilles 45/46
par dan83143 Aujourd'hui à 10:43

» JEANNE D'ARC (PH) - VOLUME 4
par zoutom Aujourd'hui à 9:59

» ENSEIGNE DE VAISSEAU HENRY (AE)
par marsouin Hier à 22:19

» AMYOT D'INVILLE [AVISO]
par Bureaumachine busset Hier à 20:15

» ÉCOLE DES MAÎTRES D'HÔTEL
par Roger Tanguy Hier à 20:13

» [ Logos - Tapes - Insignes ] INSIGNES
par Jean-Léon Hier à 19:29

» [Les traditions dans la Marine] Les Villes Marraines
par Jean-Marie41 Hier à 19:09

» COLBERT (1956) (Croiseur)
par Bureaumachine busset Hier à 18:52

» [ Recherches de camarades ] Recherche anciens du TCD Ouragan de 86 à 88
par LECONTE Hier à 18:15

» [Votre passage au CFM] Photos d'incorporation
par patoch91 Hier à 18:04

» ACHERNAR (DC)
par wielingen1991 Hier à 16:21

» [Tahiti] VOTRE PREMIÈRE ARRIVÉE À TAHITI
par Naphtaki Hier à 15:47

» ECOLE DES MAÎTRES D'HÔTEL
par kerneve Hier à 15:00

» La spécialité de Radio
par Noël Gauquelin Hier à 14:10

» DOUDART DE LAGREE (AE)
par L.P.(Pedro)Rodriguez Hier à 13:19

» DIXMUDE (BPC)
par loulou06000 Hier à 11:05

» FORBIN D620 (fregate)
par pinçon michel Hier à 9:26

» ALBUM PHOTOS DE COURS - ÉCOLE DES TRANSMISSIONS - ST MANDRIER
par BOUBOU 56/50 Hier à 9:19

» ÉCOLE DES ARMURIERS DE SAINT-MANDRIER Tome 5
par PAUGAM herve Hier à 9:03

» [ Les stations radio de télécommunications] Station radio La Régine
par corre claude Ven 19 Jan 2018 - 19:59

» MOSELLE (BB - MURUROA)
par DTL Ven 19 Jan 2018 - 18:51

» [ Recherches de camarades ] Jaureguiberry années 1966 -1968
par ulysse76 Ven 19 Jan 2018 - 18:42

» CDT BOURDAIS (AE)
par Jean-Léon Ven 19 Jan 2018 - 17:36

» ENSEIGNE DE VAISSEAU JACOUBET (AVISO)
par Franjacq Ven 19 Jan 2018 - 14:01

» [ Les stations radio et telecommunications ] Les stations radio naviter
par DTL Ven 19 Jan 2018 - 11:11

» MINERVE (SM)
par bob59 Ven 19 Jan 2018 - 10:37

» [ Recherches de camarades ] Recherche camarades Hourtin 67
par skagerrac Ven 19 Jan 2018 - 5:12

» [Tous les CFM] LES PERMANENTS DU CFM HOURTIN
par skagerrac Ven 19 Jan 2018 - 4:24

» ARROMANCHES (PA)
par skagerrac Ven 19 Jan 2018 - 3:31

» [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE
par skagerrac Ven 19 Jan 2018 - 3:21

» ÉLAN - A768 (BSR)
par marsouin Jeu 18 Jan 2018 - 21:33

» [Association anciens marins] AGASM section RUBIS (TOULON)
par Tinto Jeu 18 Jan 2018 - 19:36

» [Aéronavale divers] NOS AILES SUR LA MER DANS LES ANNÉES 1970
par Jean-Marie41 Jeu 18 Jan 2018 - 19:20

» FLOTTILLE 24 F
par Jean-Marie41 Jeu 18 Jan 2018 - 19:11

» LE BOURGUIGNON (ER)
par BRAS Jeu 18 Jan 2018 - 18:23

» SÉMAPHORE ET LA RÉSERVE
par superguet Jeu 18 Jan 2018 - 18:16

» [ Recherche de camarades ] camarade sur le porte-avions Foch entre 1963 et 1964
par TARO Jeu 18 Jan 2018 - 18:09

» CHELIFF (LST)
par marsouin Jeu 18 Jan 2018 - 17:58

» FLOTTILLE 23 F
par Joël Chandelier Jeu 18 Jan 2018 - 13:47

» SOUFFLEUR
par COLLEMANT Dominique Jeu 18 Jan 2018 - 11:55

» LIVRE D'OR (Discussions non autorisées)
par Patrick FUCHS Jeu 18 Jan 2018 - 9:24

» ÉCOLE DES PUPILLES DE LOCTUDY 1952-1953
par Titi1982 Jeu 18 Jan 2018 - 8:44

» [Les ports militaires de métropole] Port de BREST
par LEMONNIER Mer 17 Jan 2018 - 23:31

» BLAISON
par COLLEMANT Dominique Mer 17 Jan 2018 - 22:06

» [ Recherches de camarades ] Recherche camarades "catapulteurs" du FOCH de 63 à 64
par Georges du 14 Mer 17 Jan 2018 - 21:50

» [ Blog visiteurs ] Mon père ancien de l'école Courbet
par Charly Mer 17 Jan 2018 - 20:54

» [Les différentes écoles] Ecole Courbet à Marseille
par dansie Mer 17 Jan 2018 - 20:53

» LANN-BIHOUÉ (B.A.N.)
par FRIEH Gérard Mer 17 Jan 2018 - 19:52

» [CAMPAGNES C.E.P.] TAHITI - TOME 2
par loulou06000 Mer 17 Jan 2018 - 18:02

» [Opérations de guerre] INDOCHINE - TOME 8
par coutil Mer 17 Jan 2018 - 10:55

» BÉARN (PA)
par prenat jean-claude Mar 16 Jan 2018 - 19:45

» [Autre sujet Marine Nationale] Démantèlement, déconstruction des navires - TOME 2
par jobic Mar 16 Jan 2018 - 18:21

» TOUSSUS LE NOBLE (B.A.N)
par NEHOU Mar 16 Jan 2018 - 18:10

» [ Blog visiteurs ] En quoi consistait l'exercice semi-colonne ?
par Invité Mar 16 Jan 2018 - 16:42

» [ Recherches de camarades ] Recherche camarades du FUSCO NAVARRO Jean-Luc dit l'INDIEN
par navarrolindien Mar 16 Jan 2018 - 15:40

» [ Recherches de camarades ] Recherche camarades corvette Aconit de 75 à 79
par Marc RAYNAUD Mar 16 Jan 2018 - 14:10

» [ Divers frégates ] F 712 COURBET
par Charly Mar 16 Jan 2018 - 13:35

» LE PICARD (ER)
par duvet Mar 16 Jan 2018 - 7:28

» ARCHIMEDE
par COLLEMANT Dominique Lun 15 Jan 2018 - 23:36

» ARGONAUTE
par COLLEMANT Dominique Lun 15 Jan 2018 - 23:17

» SULTANE
par Marco-56 Lun 15 Jan 2018 - 19:14

» [ Blog visiteurs ] LE Bâtiment HYDROGRAPHE LE LAPEROUSE
par Charly Lun 15 Jan 2018 - 18:23

» VAUQUELIN (EE)
par DSM 57 Lun 15 Jan 2018 - 17:21

» LE VENDÉEN (ER)
par Tinto Lun 15 Jan 2018 - 16:20

» ÉCOLE D'INFIRMIERS
par Naphtaki Lun 15 Jan 2018 - 15:26

» [ Associations anciens Marins ] AMICALE MAILLÉ BREZÉ
par Daniel DION Lun 15 Jan 2018 - 12:38

» [Papeete] PAPEETE HIER ET AUJOURD'HUI
par JACQUES SOUVAY ou BILL Lun 15 Jan 2018 - 10:15

» [ Recherches de camarades ] Recherche camarades du CFM Hourtin et du Sous-Marin Doris année 1972
par Momo Lun 15 Jan 2018 - 5:32

» LE FRINGANT (EC)
par Tinto Lun 15 Jan 2018 - 2:10

» CFM BREST
par GRAFF Gérard Dim 14 Jan 2018 - 20:34

» AUTOCOLLANTS DE LA MARINE
par douzef Dim 14 Jan 2018 - 18:57

» [Histoire et histoires] [Sujet unique] Le Centenaire de la Grande Guerre
par montroulez Dim 14 Jan 2018 - 18:17

» QUELQUES BATEAUX DE PÊCHE (sur nos côtes Françaises)
par PAUGAM herve Dim 14 Jan 2018 - 11:54

» LCT - L9061
par gerardsin59 Dim 14 Jan 2018 - 10:23

» CONSTRUCTION DU MÉMORIAL NATIONAL DÉDIÉ AUX VÉTÉRANS DES ESSAIS NUCLÉAIRES A Saint-Bonnet-de-Mure (RHÔNE)
par Charly Dim 14 Jan 2018 - 10:06

» FLOTTILLE 12 F (Crusader)
par FLN-IA5 Dim 14 Jan 2018 - 7:15

» SÉMAPHORE - DRAMONT (VAR)
par loulou06000 Sam 13 Jan 2018 - 22:51

» [Divers les classiques] La vie à bord d'un sous-marin classique (Sujet unique)
par CLOCLO 66 Sam 13 Jan 2018 - 18:15

» D.E.T. PORQUEROLLES
par Gérard Bodo Sam 13 Jan 2018 - 15:04

» [Les musées en rapport avec la marine] Informations du Musée de la Marine
par PAUGAM herve Ven 12 Jan 2018 - 21:12

» [Les ports militaires de métropole] Port de CHERBOURG
par Jean-Marie41 Ven 12 Jan 2018 - 18:46

» CERES
par Marco-56 Ven 12 Jan 2018 - 16:38

» [ Histoire et histoires ] mystere des torpilles anglaises
par parriaux christian Ven 12 Jan 2018 - 11:49

» [Campagne] DIÉGO SUAREZ - TOME 016
par gerardsin59 Ven 12 Jan 2018 - 9:33

» AGADIR (B.A.N.)
par alain EGUERRE Ven 12 Jan 2018 - 4:22

» MARINE COLOMBES
par Jean-Léon Jeu 11 Jan 2018 - 19:28

» [Les stations radios et télécommunication] ] Base de transmission pour les Sous-marins Nucléaire à Rosnay
par Marc RAYNAUD Jeu 11 Jan 2018 - 18:10

» SURCOUF F711 (FREGATE)
par alain EGUERRE Jeu 11 Jan 2018 - 15:36

» [Vie des ports] BREST Ports et rade - Volume 001
par JACQUES SOUVAY ou BILL Jeu 11 Jan 2018 - 14:26

» [Les anciens avions de l'aéro] Le Bréguet Atlantic (BR 1150)
par E T Jeu 11 Jan 2018 - 14:16

» ASPRETTO (B.A.N.)
par jean claude monzie Jeu 11 Jan 2018 - 14:08

» Sous-marin La Minerve 1941
par COLLEMANT Dominique Mer 10 Jan 2018 - 23:12

DERNIERS SUJETS


histoire - Aéronavale

Partagez
avatar
TUR2
SECOND MAITRE 1ère CLASSE
SECOND MAITRE 1ère CLASSE

Age : 60
Radio NON

histoire - Aéronavale

Message par TUR2 le Ven 27 Mar 2009 - 13:05

Ce qui suit est extrait d'un ouvrage édité en 1959 par les éditions PUBLEDIT - 71, avenue d'Amade - CASABLANCA
écrit par Jacques Mordal
Titre de l'ouvrage "HISTOIRES DE LA FLOTTE FRANCAISE DE COMBAT"
1/2
"Le premier bombardement de Berlin"
Spoiler:

"Comme si les choses n'allaient pas encore assez mal ce 3 juin 1940, voila que la Luftwaffe s'avisa de venir bombarder Paris !
Ce même jour, à des centaines de kilomètres de là, un grand avion survolait paisiblement les eaux du golfe de Gascogne, surveillant un paquebot cheminant vers le sud de toute la vitesse de ses hélices. Mission d'importance, car ce paquebot, le Ville d'Oran, armée en croiseur auxiliaire, venait d'appareiller du Verdon pour évacuer sur Casablanca une importante réserve d'or. L'avion JULES VERNE avait pris l'air pour déceler sur son avant tout sous-marin qui pourrait se trouver sur sa route et le dérouter en temps opportun pour empêcher un torpillage. Il ne se passa rien. "Mission de plaisance" , notera sur son journal l'un des membres de l'équipage en rentrant se poser sur le terrain de Lanvéoc-Poulic, près de Brest, à huit heures du soir.

Il faut dire que depuis trois semaines, le capitaine de corvette Henri Daillière, commandant l'avion JULES VERNE, avait emmené son équipe dans de reôles de coins. Ils avaient été, le 13 mai, bombarder Aix-la-Chapelle ; ils y étaient revenus la nuit suivante. Le 18, ils attaquaient les allemands à l'ile de Walcheren dans l'Escaut, puis le 19, Aix la Chapelle, et ensuite Flessingue, Anvers... Bref, des endroit où l'ennemi était bien sur ses gardes. Lisez plutôt ces notes du maitre mécanicien volan Corneillet pour la sortie de la nuit du 19 au 20 :
Nous sommes partis de Lanvéoc-POULMIC vers 21 heures, il faisait un clair de lune splendide. Nous avons survolé Aix vers 23 heures à quatre cents mètres d'ltitude, et cette fois on nous attendait : dix, vingt, cinquante, cent projecteurs se sont braqués sur nous.
Les mitrailleuses et les mortiers s'étaient mis à cracher, nous étions littéralement sous une pluie de feu. Le commandant donna l'ordre à Queugniet de voler encore plus bas. Les secondes étaient pour nour des heures dans cette fournaise, quand tout à coup on se setit allégé. Le bombardement venait d'être fait et le but était atteint. C'est alors que Deschamps et moi, qui étions à l'attière, avons senti que nous perdions l'équilibre. Queugniet tortillait tellement le Jules pour lui donner de positions échappatoires, qu'il nous était difficile de rester debout. Nous rasions les toits des maisons et, quand nous quittâmes la ville, nous euûmes l'impression qu'il n'y avait pas un coin de champ sans mitrailleuse. Cette pluie de feu enfin devenue moins dense, le commandant donna l'ordre de reprendre de l'altitude. Nous étions sauvés... Nous pensions que le Jules était criblé de balles, et nous avions hat d'arriver au Poulmic pour nous rendre compte des dégats. Quand nous avons stoppés devant les hangars, nous avons pu constater que nous n'avions que deux trous dans l'aile droite et un dans le stabilisateur droit. Un vrai miracle...

Mais qu'était ce donc que cet avion ? Un puissant bombardier ? Vous n'y êtes pas. Le JULES VERNE avait été construit pour le métier le plus pacifique qui soit. C'était l'un des quatre longs courriers - Farman 2334 - que la compagnie Air-Franc avait en essais pour les lignes d'Atlantique Sud, au moment où la guerre éclata. Ces essais étaient en grande partie dus à l'initiative du élèbre Codos qui avait toujours soutenu le point de vue que, pour traverser l'Atlantique, mieux valait des terrestres que des hydravions comme on en utilisait encore normalement. Un jour qu'il décrivait au ministre de l'Air les plans de l'appareil qu'il estimait le mieux adapté à cette tâche, ce dernier lui avait répondu :

- Mais, Codos, c'est du Jules Verne !

- Peu importe ! avait-il répliqué.

Et sa première machine s'appela JULES VERNE.

Il y en avait trois autres. C'étaient de grands quadrimoteurs capables de voler cinq à six mille kilomètres, mais relativement lents et nullement construits pour porter des armes à bord. Le ministre de l'Air qui les avait réquisitionnés, au mois de septembre 1939, ne savait qu'en faire. On ne parlait pas encore d'aller bombarder l'Allemagne, ni surtout Berlin où seuls quelques avions anglais avaient été lancer des tracts. Et, de tout façon, des appareils comme le JULES VERNE étaient les derniers qu'on aurait songé à y envoyer. Ils se feraient descendre comme de vulgaires perdreaux !

C'est ainsi que les quatre Farman dormaient paisiblement sous leur hangar lorsqu'on apprit au mois d'octobre la présence d'un corsaite allemand dans l'atlantique sud. C'était l'Admiral Graf Spee.

La marine songea alors que ces grands avions seraient excellents pour les longues explorations en mer, et l'un d'eux, le CAMILLE FLAMMARION, fit quelques vols au-dessus de l'atlantique sud. Ce n'était d'ailleurs pas lui qui trouva le cuirassé allemand, mais qu'importe ! La marine était satisfaite des possiblités qu'offraient ces appareils, et elle demanda au minstère de l'Air de les lui céder tous les quatre. C'est ainsi que le JULES VERNE se trouvait, au mois de mai, équipé de lance-bombes et de mitrailleuses sous le commandement de Daillière avec un équipage de cinq aviateurs de la marine : enseigne de vaisseau Comet, second; maitre principal Queugniet, pilote; maitre mécanicien volant Corneillet; maitre radio volant Scour; second maitre mitrailleur bombardier Deschamps. Les autres appareils étaient en cours d'armement et devaient constituer sous les ordres de Daillière une nouvelle escadrille d'exploration à très grand rayon d'action.
Evidemment, l'armement défensif laissait à désirer. Deux mitrailleuses installées vaille que vaille, c'était peu pour se défendre contre le premier Messerschmidt venu. Mais le JULES VERNE pouvait, s'il était nécessaire, emprter deux ou trois tonnes de bombes, beaucoup plus qu'aucun autre bombardier à l'époque.


Au retour de cette paisible mission dans le golfe de Gascogne, Daillière apprit qu'il était convoqué d'extrême urgence à Maintenon, au poste de commandement de l'Amirauté Française. Il s'y présenta dès le lendemain et fut reçu par le capitaine de vaisseau Auphan, sous-chef d'état major chargé des oprations.

- Daillière, vous savez, n'est ce pas, que les Allemands ont bombardé Paris hier. Cela leur a couté assez cher, puisque j'apprends à l'instant qu'ils y ont laissé ving-six appareils. Mais il faudrait relever le défi. L'Air ne peut rien faire. Les malheureux sont sur les dents, et ce qu'il leur reste de bombardiers n'aurait même pas le rayon d'action. Que diriez vous ...

- D'aller avec le JULES VERNE sur Berlin ?

- Je n'aurais pas songé à vous en donner l'ordre. Je voudrais seulement connaître votre avis.

En fait, c'était une pure folie. Daillière et son équipage avaient toutes les chances d'y rester. Et ce n'étaient pas ces deux malheureuses tonnes de bombes, en admettant qu'il pût les livrer à Belin, qui changeraient quelque chose au sort de la bataille. Mais il n'eut pas une seconde d'hésitation.

- C'est entendu, Commandant, j'irai sur Berlin avec le JULES VERNE.

- Réfléchissez bien. D'abord, êtes vous sûr d'y arriver ?

- naturellement ! Pas question de passer en ligne droite par-dessus les lignes, pour ramasser toute la Flak sur des centaines de kilomètres et se faire suivre à la trace, de poste d'écoute en poste d'écoute. Je prendrai par la mer, comme je l'ai fait pour aller à Aix la chapelle, et je couperai la côte allemande quelque part en Baltique au plus près de Berlin. De ce côté là, ils ne nous attendrons surement pas.

- Bien, fit le commandant Auphan. Nous allons voir ce qu'en disent les Aviateurs.

Le général Vuillemin ne pouvait donner que sa bénédiction à ce candidat au suicide. Daillière, sans plus attendre s'en revint à Lanvéoc et fit convoquer tout son monde.

- On repart, les enfants ! Et vous savez où ?
-? ? ?
- A Berlin !
- A Berlin ! Fit Deschamps, le mitrailleur. ous n'allez tout de même bombarder Berlin à quatre cent mètres comme Aix la Chapelle ou Walcheren !
- Non, bien sur, mais à deux mille mètres.
- A deux mille, commandant, il y a encore des saucisses.
- Diable ! fit Daillière sur un ton ironique, je n'y avais pas pensé ! Vous m'effrayez !

Effrayé, il ne l'était pas plus que Deschamps. Pour l'instant le seul point délicat, c'est qu'il allait falloir décoller leJules avec six mille litres d'essence, plus de deux mille kilos de bombes... le grand plein, quoi, dix huit tonnes en tout. Et pour ce poids, rien à faire à Lanvéoc. La piste n'était pas assez longue.

- Où y en a-t-il une convenable ?

La meilleure, tout compte fait, se présentait au terrain de Mérignac, à dix kilomètres de Bordeaux.
Bordeaux, ce n'était pas exactement sur la route de Berlin, mais qu'importe ! Daillière y emmena le JULES VERNE d'un coup d'aile le 6 juin , et c'est là qu'on fit les grands pleins.
A 15H30 , le 7 juin, le JULES VERNE était placé à l'extrémité de la piste de Mérignac, bordée d'une double rangée de spectateurs. Toute la base était accourue pour assister à ce départ émouvant.
Au manche, le premier maitre Yonnet a remplace Queugniet, épuisé par les missions précédentes. Comet fera la navigation avec son habituelle précision. Aucun changement dans le reste de l'équipage.
Point mort, Réchauffage. Vérifications. Enlevez les cales !


Fin du 1/2


Dernière édition par Fanch 56 le Ven 27 Mar 2009 - 13:30, édité 1 fois (Raison : Mis sous spoiler)
avatar
TUR2
SECOND MAITRE 1ère CLASSE
SECOND MAITRE 1ère CLASSE

Age : 60
Radio NON

Re: histoire - Aéronavale

Message par TUR2 le Ven 27 Mar 2009 - 14:04

2/2

"Le premier bombardement de Berlin".

"Il nous faut toute la piste, note Corneillet.
Elle me parait très longue.
Pas tellement longue en réalité.
Nous volons un long moment en rasant les cimes avant de pouvoir prendre de l'altitude."
Spoiler:

C'est fait.
Le JULES VERNE a disparu vers le Nord.
Suivons-le, si vous voulez bien, sur la carte.
Il fait route pour atteindre la Manche du côté de Ouistreham, loin du front.
- Les allemands ont franchi la Somme et seront à Rouen dans trente-six heures.-
Puis il embouque le "channel", pase le Pas de Calais non loin des côtes anglaises, traverse la mer du Nord.
La nuit se fait.
Le voici au-dessus du Jutland, puis enfin en Baltique.

Tout, jusqu'alors, s'est déroulé avec une précision d'horloge.
On s'approche de Swinemünde, où l'on coupera la côte allemande.
Des étoiles filantes dans le ciel.
Tiens, la D.C.A. est alertée.
Daillière reprend le large pour lui donner le temps de se calmer.
Lorsqu'il se représente, un quart d'heure plus tard, un épais nuage complice s'est formé au-dessus du rivage.
Il s'y glisse subrepticement, et cap au sud, jusqu'à Berlin.

Il était environ minuit quand le JULES VERNE arriva dans la banlieue nord.
Il n'était pas question, on y tenait beaucoup, de venir bombarder les quartiers habités, et l'objectif choisi avait été pris en dehors de la ville : les grandes aciéries Siémens.
Daillières ne voulait pas de bavures.
Pour être plus sûr de lui, il revint trois fois sur ses pas.
Satisfait enfin de ses repères, il donna l'ordre de bombarder.
Par la porte ouverte, Corneillet précipita d'abord à la main les trente grosses bombes incendiaires que Deschamps lui dégoupillait.
Quant elles y furent passées toutes, il en réclama d'autres.

- Je n'en ai plus, fit son camarade.
- Tant pis, passe-moi mes godasses que je les leur f.... sur la gueule !

Un sillon de feu jalonnait maintenant l'objectif.
Daillièr se représenta une dernière fois pour lâcher les huit bombes explosives de 2220 kilos.
Ça y est ! Filons!

Il n'était pas loin de deux heures du matin et l'aube n'allait plus beaucoup tarder.
Pas assez d'essence pour rentrer par le même chemin.
Pas assez de vitesse pour déjouer la chasse allemande qui l'attendrait dès les premières lueurs, sur tout le trajet qui le séparait du front de l'Aisne.
Bref, il n'y avait pas le choix.
Suivi par les projecteurs allemands, caracolant dans le ciel pour dérégler le tir de la D.C.A., le JULES VERNE filait vers le front.
Le jour n'était pas levé encore lorsque les lueurs du canon soulignèrent le champ de bataille.
L'ennemi préparait son attaque entre Reims et Soissons.
Volant en rase-mottes, le Farman passa comme une fleur.
Mais un autre danger apparut bientôt sur les jauges d'essence qui baissaient dangereusement. Daillière, à tout hasard, fit endosser les parachutes et reprendre de l'altitude.
Précautions superflues.
Bientôt Comet put reconnaitre les pylônes de TSF d la station de Saint-Amand, puis le cours de la Seine.
A 5H10 Yonnet, dans un atterrissage impeccable, posait sur le terrain d'Orly le JULES VERNE rigoureusement indemne.

Mis en goût par cett réussite, on renvoya le JULES VERNE sur Rostock deux jours plus tard.
Puis il fallut s'occuper des Italiens, qui venaient de nous déclarer la guerre.
Le 1er juin, Daillière s'en fut bombarder les chantiers de Porto-Maghere, près de Venise.
Il fit même le crochet par Rome.
Non pour y jeter des bombes, ce n'était pas un vandale, mais seulement pour un lâcher de tracts.
Aventure qui faillit mal se terminer pour Corneillet qui répandait les paquets de tracts par la porte d l'avion.
Un sac entier de ces papiers faillit l'entrainer avec lui, et il serait passé par-dessus bord si Deschamps ne l'avait retenu à la dernière seconde.

- Deschamps, dit-il, le pape ! Vois-tu que mon sac lui soit tombé sur la tête !...

Goering avait juré à Hitler que jamais un avion ennemi ne se risquerait sur Berlin.
Les quelques alertes données à la capitale de l'Allemagne n'avaient jamais été suivies d'effet.
C'est pourquoi ces premières bombes tombées dans son ciel en pleine euphorie de victoire, dans la nuit du 7 au 8 juin 1940, eurent une résonance désagréable.
Avec quelques satisfaction, l'Amirauté Française fit publier le communiqué suivant : "Une formation de l'aviation maritime a bombardé Berlin la nuit dernière."
On ne précisait pas qu'il n'y avait qu'un seul appareil...
Mais au fait, une formation, cela peut bien ne comporter qu'un avion !

La France était bien mal en point, mais les aviateurs de la marine avaient relevé le gant.
Même les Anglais attendront encore des semaines avant de venir bombarder la capitale du Reich, puisque ce n'est que le 29 aout suivant que la Royal Air Force s'y présenta pour la première fois.

Évidemment, il y eut d'autres raids par la suite.
Mais n'est ce pas, ici comme ailleurs, avant tout le premier qui compte ?

En hommage à l'aéronautique navale.

TUR2
avatar
Invité
Invité

Re: histoire - Aéronavale

Message par Invité le Sam 28 Mar 2009 - 15:45

L'OE Queugniet,retiré à Hyeres,encore moniteur à l'Aéroclub du Var à plus de 70 ans.Il est dcd aux environs de 1970.

    La date/heure actuelle est Dim 21 Jan 2018 - 13:30