Extraits du journal "REPUBLIQUE-Le Provencal" du 30 janvier 1968"La France entière suit avec une attention mêlée d'angoisse les opérations de sauvetage du sous-marin "Minerve", disparu depuis dimanche au large de Toulon.
Hier, la journée s'est écoulée dans une atmosphère d'attente entrecoupée de nouvelles qui, ensuite n'ont apportées aucune précision réelle sur le drame de la mer.
Puis en fin de journée, on a repris espoir, un faible espoir...
Des milliers d'hommes appartenant à la Marine, ou à des organismes civils prêtant leur concours, ont engagé une lutte farouche pour sauver les 52 hommes de la "Minerve".
Et des opérations de secours sont engagées au large de Porquerolles.
Pour l'instant, on ne peut pas en dire plus, et les milieux maritimes demeurent très prudents dans leurs conclusions, ou dans leurs prévisions ou suppositions.
Sachons tous attendre avec sang-froid la fin de cette longue nuit...
Et surtout, entourons plus que jamais les familles des disparus de notre sollicitude et de notre compassion, car leur épreuve est dure, inhumaine !"
"Au terme d'une longue journée d'attente anxieuse, venons en à l'essentiel: un écho sonore a été décelé par un escorteur d'escadre - il s'agirait du
"Kersaint" - à 3 nautiques 5 du Sud-Ouest du Cap d'Armes, c'est à dire au large de l'île de Porquerolles.
Plongeant à deux reprises, le
sous-marin Ariane a confirmé cet écho.
Un avion Bréguet-Alizé de l'aéronavale, survolant ce secteur a également perçu un écho, mais beaucoup plus faible.
Ces signes sonores ont-ils été émis par le sous-marin "Minerve" que d'importantes forces aéronavales recherchent depuis dimanche matin au large de Toulon ?
C'est bien entendu la question que l'on se pose aussitôt...
Pour l'instant, il est impossible d'apporter une réponse affirmative.
En effet, le capitaine de frégate Beaufort, porte parole de la préfecture maritime, et tous les officiers présents, demeurent très prudents.
Cependant, tous les moyens mis en oeuvre par la marine française viennent d'être renforcés.
Le commandant Cousteau a mis à la disposition des sauveteurs sa
soucoupe plongeante "SP 300 "Celle-ci transportée par la gabarre
" Commandant-Giraud" à bord de laquelle se trouve le commandant Cousteau et cinq techniciens de l'Office Français de Recherches Sous-Marines était à pied d'oeuvre à 1 heure du matin.
Cependant les techniciens ont jugé préférable de n'effectuer les premières plongées que dans la matinée, de même pour le Télénaute.
Ajoutons d'autres précisions sur les moyens employés.
La marine française à fait appel à la marine américaine pour une utilisation du bâtiment spécialisé
"Pétrel".
Ce bâtiment était en train de se rendre sur les lieux du naufrage du sous-marin israélien "Dakar" quand la demande a été faite par la préfecture maritime de Toulon.
Il se déroutera probablement afin de mettre le cap sur l'île de Porquerolles.
D'autre part, la marine française a demandé aux Américains l'envoi par avion de manches a air spécialement conçues pour insuffler de l'air dans la coque de sous-marins.
En outre, l'institut français des pétroles a dépêché son navire spécialisé
"Terebel".
Ce bâtiment possède un appareil dénommé Télénaute.
Il s'agit d'une caméra sous-marine reliée par un câble qui permet de procéder à des investigations en eau profonde.
Sont sur les lieux : le bâtiment base
"Elie-Monnier", le dragueur côtier
"Camélia", les gabarres
"Scarabée" et
"Criquet", ces deux derniers bâtiments relevant de la direction du port, tandis que
" l'Elie-Monnier" dépend du G.E.R.S.
Texte de
Jean Mathieu.D'énormes moyens sont mis en place et on se raccroche à toutes les possibilités...
Photos journal " Le Figaro "du 31/01/1968.

BILL