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MONTCALM (CROISEUR)

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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Dim 28 Déc - 19:01

Mon père dans les années 1969 au cours d'un repas dominical nous avait parlé de la Baie d'Along, une semaine dans une jonque ou un sampan de vacances très privés en 1947. Cela l'avait marqué et il nous avait dit que ce qu'il avait vécu durant ces jours, personne après lui ne pourrait le revivre.

C'était l'époque où les marins avaient des privilèges de la situation géographique et une certaine idée de l'aventure.

Il avait dans ces moments un regard inoubliable de joie, de mélancolie et surtout qui donnait immédiatement envie de voyages.
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Lun 29 Déc - 8:48

Essayer de retracer les journées du 23, 24 et 25 septembre 1940 à Dakar pour suivre le trajet de son père (qui n'a jamais évoqué son parcours de marin à cette époque) sur le Montcalm dans cette partie de l'Afrique, c'est suivre le déroulement de l'histoire. Mais l'histoire avant tout c'est le vécu de ces « loufiats » et « corvettards » de 1940, formés à la dure, et leur attachement au métier et à l'institution qui restera sans faille, ces hommes avant tout l'on fait au jour le jour chacun à son poste d'équipage.

Alors, quoi de mieux que d'avoir quatre versions de la journée du 23 pour s'en faire une interprétation la plus juste.

La première très courte :
LA BATAILLE NAVALE DE DAKAR le 23 par Jaques MORDAL

La deuxième :
par l'histoire de l'homme de Dakar, le commandant du submersible Le Béveziers, Pierre LANCELOT.

La troisième :
la bataille de Dakar vu par le Capitaine de Vaisseau Paul BERNARD.

La quatrième :
les faits heures par heures, la Journée du 23/9/1940.



La journée du 23 septembre 1940






à suivre ...


Dernière édition par bertrand robert fils le Lun 29 Déc - 13:56, édité 1 fois
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Lun 29 Déc - 8:55

LA BATAILLE NAVALE DE DAKAR
le 23 par JACQUES MORDAL




Le 23 septembre 1940, il y a donc aujourd'hui presque soixante-neuf ans, une force expéditionnaire combinée comprenant des éléments F.F.L. et des éléments britanniques se présentait devant Dakar pour l'inviter à se rallier au Mouvement de la France Libre. Le général de Gaulle cherchait maintenant à s'établir à Dakar dont l'intérêt stratégique était évident pour lui comme pour les Anglais. Mais ce qui ne l'était pas moins aux yeux du gouvernement français, comme à ceux des défenseurs de Dakar : le gouverneur général Boisson, le général Barrau, l'amiral Landriau, c'était de résister pour ne pas laisser à l'Allemagne le moindre prétexte d'intervenir en Afrique française.

C'est pourquoi les envoyés du général de Gaulle furent éconduits, comme fut repoussée dans l'après-midi une tentative de débarquement à Rufisque. De Gaulle abandonnant l'affaire passa la main aux Anglais.




Tracts jetés par avions sur Dakar

à suivre...
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Lun 29 Déc - 9:00

L'homme de Dakar

Le 3 juillet 1940 à Mers El-Kébir, l'escadre britannique de Gibraltar canonne les bâtiments français au mouillage. Cette attaque délibérée, imposée par Winston Churchill malgré de vives critiques au sein de la Royal Navy, provoque une réaction immédiate de Darlan.
Spoiler:
Pour protéger le reste de sa flotte et les convois de ravitaillement, menacés selon lui de nouvelles agressions, il modifie l'organisation du commandement et ordonne le mouvement de plusieurs bâtiments, dont le Béveziers. Lancelot appareille le 4 juillet de Casablanca pour Dakar, au lendemain de la tragédie. Son sous-marin a ordre d'attaquer « tout bâtiment de guerre britannique et d'éviter d'être vu par les navires de commerce ».
Au terme d'une traversée néanmoins sans histoire, il arrive le 9 dans le port sénégalais encore sous le choc de l'attaque du Richelieu, torpillé la veille, dans le port, par des avions de l'Hermès et désormais immobilisé. Dans un contexte particulièrement anglophobe, le Béveziers reçoit la mission délicate de se rendre au Cameroun pour notifier aux bâtiments de guerre britanniques mouillés devant Douala, l'ordre du gouvernement français d'évacuer immédiatement la zone, et l'interdiction d'approcher à moins de 20 milles. En cas de refus d'obtempérer, Lancelot est autorisé à employer la force. L'arrivée à Douala, le 1er août, est marquée par une réception houleuse et très anglophile. Lancelot, pour éviter tout risque de dérapage, décide d'appareiller dès le surlendemain pour la Guinée. Il laisse derrière lui une colonie en pleine effervescence, agitée par des manifestations pro-gaullistes, et qui ne tardera pas à rejoindre la France libre. Une semaine plus tard, le Béveziers se présente devant Conakry, où l'accueil est nettement plus chaleureux. Son commandant choisit alors de prolonger l'escale jusqu'au 19 août, au grand plaisir de ses hommes.

Quelques jours plus tard, le submersible est de retour à Dakar. Cette mission de renseignement et de représentation, accomplie sans défaillance, en appelle d'autres. L'officier, qui prend quelques libertés avec le strict respect du règlement, se révèle au contraire d'une indéfectible discipline envers l'autorité supérieure, quelle qu'elle soit. Le commandement saura s'en souvenir : l'itinéraire de Lancelot pendant la guerre est jalonné de ces missions autant politiques que militaires... Dans l'immédiat, c'est une période d'inactivité qui semble s'ouvrir pour le Béveziers, désormais en carénage pour plusieurs semaines. Mais un mois plus tard, les événements se précipitent lorsqu'une flotte anglo-FFL se présente devant le port.

Le Béveziers n’entre en scène que le lendemain. Indisponible depuis un mois en raison de la révision de ses diesels, sa barre démontée, le sous-marin n'a pu participer à la première journée de combat. On imagine aisément la frustration de Lancelot, qui se voit ainsi réduit à l'impuissance alors que, pour la première fois depuis 1939, il est au coeur de l'action. Il n'est pas homme à renoncer pour autant et demande à participer à la défense de Dakar. Il mobilise son équipage - pourtant privé de sept mécaniciens - et fait accélérer les travaux toute la journée du 23 afin de rendre au submersible une capacité opérationnelle, même réduite. En fin d'après-midi, l'essentiel est acquis. Mais c'est aux commandes d'un bâtiment diminué, ne disposant que d'un seul moteur, et affublé d'une coque rouge vermillon fort peu discrètes, que le jeune commandant se lance dans la bataille.




à suivre ...
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Lun 29 Déc - 9:19

La Bataille de Dakar
vu par le Capitaine de Vaisseau Paul Bernard

Il est parti le 18 juin 40 à bord du "Richelieu" à destination de Dakar où il arrive le 23 juin.
Il est nommé à 19 ans Enseigne de Vaisseau de 2e Classe le 15 juillet 40 et embarque à bord de cet aviso colonial le "D'Entrecasteaux " le 3 septembre 40.

Spoiler:
- il y a soixante-neuf ans, je n’avais pas encore vingt ans et je n’étais officier que depuis quelques semaines.
Parler de la bataille de Dakar, c’est parler de la vue que j’ai eue de cette bataille.

Pour nous Dakar a commencé dans la brume, nous ne nous sommes pas posé de questions et l’affaire a été chaude.

Dans la brume au propre et au figuré, car le 23 septembre au matin et même pendant presque toute la journée la brume régnait sur la région du port de Dakar et la visibilité était très réduite.

Mais nous étions également dans la brume parce que nous étions sans nouvelles précises de ce qui s’était passé en France.
J’avais, avec mes camarades, quitté Brest le 18 juin 40 me rendant compte que c’était la débâcle, j’avais appris avec douleur comme tous les Français l’armistice signé quelques jours plus tard, mais nous n’imaginions pas que cet armistice puisse être autre chose qu’un temps mort.
Nous n’avions qu’une envie, c’était de reprendre le combat dans quelles conditions, sous quelle forme, nous n’en savions rien, car les nouvelles ne nous parvenaient pas de France si ce n’est après un long moment.
Au surplus, comme je l’ai dit, à l’échelon très modeste où j’étais placé, nous n’étions pas en position de tout comprendre.

Venons-en donc à ce qui s’est passé, nous allons prendre jour par jour, nous sommes le 23 septembre 1940.

Au matin du 23 septembre 1940, j’étais de service à bord du "D' Entrecasteaux " vers 6 h du matin, un peu avant, un peu après, je ne me souviens plus, mais enfin mettons entre 5 h 45 et 6 h 15 et je surveillais les mouvements de l’équipage, lorsque j’ai entendu des coups de canon en l’air.
Je me suis précipité sur la passerelle, me suis rendu compte que le "Richelieu", qui était le plus gros bâtiment sur la rade, tirait sur des avions. J’ai immédiatement rappelé aux postes de combat et dès qu’il y a eu des armements aux pièces anti-aériennes du "D' Entrecasteaux " j’ai ouvert le feu.
C’était un réflexe naturel. J’avais appris à l’École Navale peu auparavant que l’on devait tirer sur un but aérien à l’imitation de l’Amiral.
Le "Richelieu" tirait, c’était mon devoir de tirer et tel fut bien l’avis de mon Commandant qui en arrivant sur la passerelle après que j’eusse ouvert le feu ne m’a fait ni un compliment, ni un reproche, je n’avais fait que mon devoir naturel et à tout instant pendant la bataille qui s’est développée, lorsque nous avons compris ensuite que nous avions devant nous une escadre anglaise importante, nous ne nous sommes posé aucune question, jamais nous n’aurions imaginé avoir quelque chose d’autre à faire que d’exécuter les ordres généraux que nous avions reçus.
Ce n’est qu’un sentiment, mais un sentiment bien ancré par les discussions que j’ai pu avoir après avec des camarades anglais, je suis convaincu que nos adversaires de ce jour-là, eux non plus, ne se sont pas posé de questions.

J’ai dit que l’affaire a été chaude, mais au début, le premier jour tout au moins, nous étions toujours dans la brume, au propre comme au figuré.
L’aviso colonial "D’Entrecasteaux" sur lequel j’étais jeune officier, est sorti du port de Dakar où nous étions amarrés, en fin de matinée et a commencé à faire des ronds dans l’eau, c’est l’expression qui convient, derrière les filets de protection de la grand-rade de Dakar.
Avons-nous à cette époque appris qu’un sous-marin, le "Persée", en tentant de sortir avait été coulé ou l’ai-je appris plus tard, ma mémoire ne me permet pas d’être affirmatif.
Par contre, je me souviendrai ma vie durant de l’événement qui s’est produit vers 16 h 30 lorsque le contre-torpilleur "l’Audacieux" est sorti de la grand-rade et a été touché immédiatement par le tir d’un croiseur lourd anglais.
Il a reçu deux obus de 203 dont l’un a complètement télescopé le bloc passerelle et dont l’autre a détruit la machine avant.
Sur l’instant, nous ne l’avons su qu’après bien sûr, il y a eu 80 tués sur "l’Audacieux" sur un équipage d’environ 250 hommes.
Le hasard a fait que le "D' Entrecasteaux " était à 400 m derrière "l’Audacieux" au moment de l’événement et je puis assurer qu’il a été très impressionnant.
Un navire en flammes avec des explosions de soutes à munition à 400 m, je puis assurer que - disons les choses franchement - ça fait peur.

Même quand on a plus de vingt ans, a fortiori quand on n’a pas encore vingt ans.
Et puis, pour le cas où nous n’aurions pas bien compris, le Commandant du "D' Entrecasteaux " qui, par hasard, était le neveu de l’Amiral qui commandait l’ensemble de la flotte présente à Dakar - 2 croiseurs, 3 contre-torpilleurs comme bâtiments principaux -, le Commandant du "D'Entrecasteaux " nous a donc réuni les officiers, tous les officiers et rien que les officiers sur la passerelle.
Je répète c’était le premier jour, le 23 septembre, quelques minutes ou peut-être une heure après l’événement dramatique de "l’Audacieux".
Et il nous a dit ceci:

"Messieurs, nous serons certainement coulés, les ordres sont que ceux d’entre-nous qui s’en sortiront, poursuivent le combat à terre."

Vous imaginez les sentiments que nous pouvions éprouver après un tel discours puisque le Commandant s’est arrêté là, il a tout simplement ajouté :

"Merci, Messieurs".

Après cet entretien, nous avons donc continué à tourner devant la rade de Dakar et la nuit à peu près calme, le seul ennui c’est que nous ne le savions pas tellement que ça allait être calme et qu’il nous fallait rester sur nos gardes.
Nous étions calmes, mais inquiets.

"Le Richelieu" batterie antiaérienne.


"l’Audacieux" sortant dans la brume.



"l’Audacieux" a reçu deux obus de 203.



Salves de 380 mm du "Richelieu".



A suivre... les faits heures par heures : La Journée du 23/9/1940
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Lun 29 Déc - 9:45

La Journée du 23/9/1940

À 6h, une heure après leur arrivée, les Anglais font décoller 2 Lucioles de l'ark Royal avec une demi-douzaine d'aviateurs français.
Les ordres sont d'obtenir le ralliement du commandant de la base d'Ouakam ou sa neutralisation.
Après s'être posés sans aucune difficulté, les aviateurs FFL neutralisent le commandant du groupe de chasse, mais celui- ci est libéré par un groupe d'hommes armés.
Les assaillants sont faits prisonniers.

Spoiler:
Au même moment des avions Swordfish lancent des tracts sur Dakar invitant la population et les forces armées à rallier le général de Gaulle.
Ils se font prendre sous la DCA du Richelieu. En effet, depuis Mers el Kébir les ordres sont d'attaquer toute force anglaise à moins de 20 mille de nos côtes et tout groupe d'avions survolant un point d'appui.

Pendant ces opérations le général de Gaulle envoie par radio un message au gouverneur général de Dakar l'informant de l'arrivée de forces françaises afin de renforcer la défense de Dakar, ainsi que d'une escadre anglaise chargée de l'appuyer.
Ces forces auront pour but d'empêcher la prise éventuelle de Dakar par les Allemands.
Ce communiqué précise aux autorités locales de l'envoi d'une délégation pour préparer le débarquement de ces troupes.

L'aviso Savorgnan de Brazza a à son bord la délégation envoyée à Dakar.
Le bâtiment se détache du reste de la flotte, et, arrivé à 3,5 milles du barrage, il met 2 de ses embarcations à l'eau.
Ces embarcations contiennent pour l'une : le capitaine de frégate Thierry d'Argenlieu, 6 officiers, 3 sous officiers et 6 matelots, et pour l'autre un détachement de sécurité d'une douzaine d'hommes.
Les 2 vedettes sont repérées par le patrouilleur Air France IV et le cuirassé Richelieu.
Se rendant compte qu'il s'agit de parlementaires les 2 navires les laissent poursuivre leur chemin jusqu'au port.

La vedette du capitaine d'Argenlieu accoste, tandis que la deuxième vedette stoppe à une vingtaine de mètres au large. Les deux vedettes gardent leur moteur en marche.

Le capitaine d'Argenlieu, descendu à terre, demande au chef de la police de la navigation, de remettre en mains propres des plis au gouverneur général.
Celui- ci refuse.
Peu de temps après, le chef de la police reçoit l'ordre d'arrêter les parlementaires.
Ces derniers réussissent à se dégager et à regagner les embarcations.
Les deux vedettes s'éloignent et font route vers la sortie du port tout en essuyant quelques tires de mitrailleuse du port puis de l'île de Gorée.
Le capitaine de frégate d'Argenlieu et un officier sont blessés.
À 7h55 les deux vedettes rejoignent le Savorgnan de Brazza, qui a dû s'éloigner du port à la suite à des coups de semonce du Richelieu.
Par la suite, les deux blessés sont transférés sur le Westerland.

Après ces incidents, De Gaulle envoie un message radio demandant des réponses en vue de son débarquement à Dakar.
De plus, il informe les autorités que les forces alliées sont prêtes à intervenir si de pareilles oppositions continuent.

Les avisos Commandant Duboc et commandant Dominé ont l'ordre de débarquer des détachements de fusiliers directement sur le port de Dakar.
Vers 8h15 ils franchissent les filets.
Le commandant Dominé montre des signes de non-agressivité : équipage aligné sur le pont, on fait sonner l'ordre de cesser le feu.
Malgré cela, le Richelieu reçoit l'ordre de la marine en AOF de semoncer les deux avisos.
Une salve de semonces sur le commandant Dominé et deux salves de semonces sur le commandant Duboc.
Les deux avisos se retirent rapidement en se protégeant par des fumigènes.

La mauvaise visibilité due à la brume fait que Dakar n'a aucun renseignement sur les forces britanniques et FFL.
Un hydravion est envoyé en patrouille.
Il aperçoit :

- 2 paquebots
- 3 torpilleurs
- 2 avisos gaullistes
- 2 cuirassés
- 1 croiseur

De plus le Calais qui est en patrouille depuis 3 h 15 à 20 mille, découvre :

- 3 avions swordfish
- plusieurs bâtiments de guerre, dont un croiseur de type Kent
- 4 paquebots ou croiseurs auxiliaires
- 3 torpilleurs
- 1 aviso de type Milford
- le Savorgnan de Brazza
- les avisos commandant Duboc et Dominé
- 2 cuirassés
- 1 croiseur et des torpilleurs

Pendant ce temps la marine à Dakar commence à s'agiter.

La gazelle et la surprise draguent le chenal de peur que les deux avisos FFL n'aient mouillé des mines au moment de leur tentative d'entrer dans le port.
Vers 10 h 40, sous la menace du Cumberland les 2 navires relèvent leur drague et au même moment sont dépassés par le sous-marin Persée.

En effet, dans le port de Dakar les différents bâtiments appareillent.
Le souvenir de Mers el Kébir est présent.
Les croiseurs et les contres torpilleurs de la force Y se rendent en rade extérieur, les sous-marins Persée et Ajax reçoivent l'ordre de se positionner, pour le premier sur la côte nord et le second à 15 milles de Gorée.
Malheureusement, tous ces mouvements sont repérés par les avions de l'Ark Royal.

Vers 11 h 45 le Persée, qui n'est pas encore arrivé à sa destination, aperçoit les destroyers Inglefield et Foresight.
Estimant les conditions favorables, le Persée lance 2 torpilles par l'avant.
La première est évitée par le Foresight et la seconde reste bloquée.
Les sous-marins sont repérés, les destroyers ainsi que le Barham et le Dragon ouvrent le feu.
Malgré le danger le commandant positionne son bâtiment afin de lancer une torpille par l'arrière.
Au moment de la mise à feu, le tube arrière du Persée est atteint de plein fouet par un projectile.
Dans les minutes qui suivent, 2 à 3 obus font mouche.
L'eau monte rapidement, l'ordre d'évacuation est donné.

La Surprise, qui avait regagné le port, se rend compte que le Persée est en difficulté.
Il ressort aussitôt.
Arrivé au niveau du sou marin, il se place entre celui-ci et le Dragon et recueille le personnel.
Le Dragon est repoussé grâce à un feu nourri de la batterie du cap Manuel.

Le Persée coule à 11 h 37. 1 mort et 1 blessé.

Pendant ce temps les tirs des bâtiments britanniques encadrent plusieurs fois les croiseurs Montcalm et Georges Leygues ainsi que le cuirassé Richelieu.
Les batteries de côtes sont également visées, mais ne provoquent aucun dégât. Des obus tombent également sur la ville, l'hôpital ainsi que la caserne du 6 éme RAC sont touchés.
27 morts et 45 blessés sont à déplorer.
Pendant cet affrontement le Richelieu et la batterie du cap Manuel ont riposté.
Le Foresight, le Cumberland, l'Inglefield et le Dragon sont touchés.

Un peu plus tard, vers 12h15 le sous-marin Ajax fait une sortie.
Durant l'après-midi il est bombardé par un swordfish et grenadé par des navires.
Malgré quelques avaries il reste en mer jusqu'au 24 septembre.

Le début de l'après-midi est plus calme. L'artillerie des croiseurs et du Richelieu repoussent quelques avions d'observation.

La visibilité est toujours mauvaise et on ne distingue pas les navires britanniques et FFL.

Le général de Gaulle et l'amiral Cunningham se rendent compte qu'une entrée directe à Dakar est impossible. Le Savorgnan de Brazza, le Commandant Duboc, le Commandant Dominé, le Westerland et le Pennland reçoivent donc l'ordre de débarquer des troupes vers Rufisque.
Malheureusement, ils sont repérés, à 20 km dans le sud-ouest de Rufisque, par un avion de l'armée de l'air vers 14h30.
À 16h20, le contre-torpilleur l'Audacieux reçoit l'ordre d'aller reconnaître la baie.
Or, à 16 h le croiseur Australia ainsi que les destroyers Fury et Greyhound avaient reçu l'ordre d'attaquer ce contre-torpilleur.
C'est ainsi qu'à peine sortie de la passe à l'est de Gorée l'Audacieux est pris à parti par l'Australia. La première salve manque le contre-torpilleur la seconde tombe aux environs de la passerelle, des torpilles avant et de la soute à mazout.
3 autres salves suivent et endommagent encore le navire.
Malgré cela le contre-torpilleur fait feu jusqu'à épuisement du parc à munitions, mais L'incendie fait rage, des obus explosent et l'évacuation est ordonnée.
Vers 17 h, l'aviso la Surprise commence à récupérer les premiers rescapés.
Plus tard le Calais vient prêter main-forte à la Surprise, ils recoupèrent environ 188 hommes, dont 71 blessés et 3 morts.
L'audacieux transformé en brulot dérive toute la nuit et s'échoue au matin sur une plage au sud de Rufisque. Le bilan est lourd 81 hommes sont tués.

Peu avant 17 h, ce sont le Georges Leygues, le Montcalm et le Malin qui explorent la baie de Rufisque. Mais la mauvaise visibilité les empêche de voir les navires anglo-FFL tenter de débarquer.
En effet, l'aviso FFL Commandant Duboc tente d'accoster afin de mettre à terre des fusiliers marins.
Mais celui-ci est repoussé par les tires des deux vieilles batteries de 95 du phare de Rufisque. Tandis que le Savorgnan de brazza détruit la batterie, les 2 avisos Commandant Duboc et le Commandant dominé mettent arrière toute en se masquant par des fumigènes.
Les 3 navires décident de faire une nouvelle tentative de débarquement sur une plage un peu plus au sud. Celle-ci échoue également, repoussée par une section de tirailleurs sénégalais.
À ce moment, le plan d'entrer dans Dakar par Rufisque est abandonné.

Dans la soirée , l'Amiral Cunningham reçoit un télégramme de Churchill lui ordonnant de pousser activement l'attaque de Dakar et d'en finir coute que coute.
Dans la nuit, le commandant en chef britannique envoie un message au gouverneur de Dakar lui intimant le ralliement de la ville au Général de Gaulle avant 6h.
À la vue des combats du 23, désirant qu'il n'y ait pas de luttes entre Français, le Général de Gaulle se retire afin de laisser la place aux Britanniques.

À 3 h 40, la radio du Richelieu émet le message :

"Le gouverneur général - stop - la France m'a confié Dakar, je défendrai Dakar jusqu'au bout"



"Richelieu" manqué par un obus de 380.



Les forces en présence.





Le Montcalm passant devant Le Malin.



Les croiseurs Montcalm et Georges Leygues.



Salves du Montcalm



A suivre... le 24 septembre 1940


Dernière édition par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 18:14, édité 1 fois
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 8:32

LA BATAILLE NAVALE DE DAKAR le 24 par Jaques MORDAL


L'amiral Sir John Cunningham, commandant la force navale britannique, n'a jamais dissimulé qu'il s'était engagé dans cette aventure sans le moindre enthousiasme. Mais Churchill, dans la soirée, lui adressa un télégramme l'invitant à pousser activement l'affaire.
Dès lors on pouvait être assuré qu'elle serait menée sérieusement. A 1 heure du matin, le 24 on reçut à Dakar l'ultimatum suivant :

Spoiler:
« Pour le Gouverneur et la population de Dakar. Le général de Gaulle nous informe, nous les commandants des forces navales et militaires britanniques, que vous l'avez empêché de débarquer ses troupes et de ravitailler Dakar. Bien plus, vos forts et vos navires ont ouvert le feu sur mes bateaux sans raison. Votre attitude nous donne tout lieu de croire que Dakar peut, d'un moment à l'autre, être livré par vous à notre commun ennemi. En raison de l'importance de la ville et de la base navale vis-à-vis du développement de la guerre, et aussi de ce que l'occupation de Dakar par l'ennemi serait pour la population une cause d'oppression, les Alliés estiment de leur devoir de prendre telles mesures qui seront nécessaires pour prévenir cette éventualité, souhaitant que dès Français ne soient pas amenés à se battre contre d'autres Français dans une bataille insensée ; le général de Gaulle a retiré ses forces. Les nôtres sont en place, c'est à elles maintenant de parler. Vous ne serez pas autorisé à livrer les populations françaises et indigènes qui veulent demeurer libres à l'esclavage auquel l'Allemagne et l'Italie voudraient les soumettre. C'est à vous qu'incombe l'entière responsabilité de ce qui pourrait arriver. Nous avons l'honneur de vous informer que si, à 6 heures demain matin, vous n'avez pas remis vos pouvoirs au général de Gaulle, les puissantes forces qui sont à notre disposition entreront en action. Cette action une fois commencée sera poursuivie jusqu'à ce que les fortifications de Dakar soient entièrement détruites et la place occupée par nos troupes qui sont prêtes à accomplir leur mission. Seule une déclaration d'acceptation de nos conditions pourrait interrompre l'exécution de ce programme. Nos troupes ne débarqueront pas si vous décidez de vous joindre à vos compatriotes pour la libération de votre pays et de ne pas demeurer dans l'obéissance de l'ennemi qui tient la France à sa merci. Il n'y a pas de compromis possible. Faites connaître votre acceptation avant 6 heures demain et évitez une effusion de sang. »

Ce message portait le groupe horaire de 2330-23-9. En raison de la rupture du câble téléphonique de la station de Bel Air, c'est par le Richelieu qu'il fut transmis à l'amiral Landriau. Il était d'une maladresse insigne. Il n'y avait aucun Allemand à Dakar et il n'y en avait jamais eu d'autres que ceux qui y passèrent en transit après l'armistice lorsque nous fûmes obligés de rendre leur liberté aux sujets du IIIe Reich qui avaient été internés en A.E.F. à la déclaration de guerre. Il est exact qu'on y attendait une petite délégation économique qui devait venir étudier avec M. Nicol, directeur des Transports maritimes, délégué par l'Amirauté française, des questions de trafic. Cette délégation était à ce même moment à Casablanca et elle n'alla jamais plus loin, car M. Pierre Boisson profita de l'occasion pour demander la suppression de cette conférence (1). Un groupe de cinq officiers supérieurs allemands qui avaient atterri à Casablanca le 26 et prétendaient se rendre à Dakar pour en observer les défenses fut poliment éconduit par le général Noguès qui les renvoya, au bout de quarante huit heures, d'où ils étaient venus. Ainsi, aucun militaire allemand n'était jamais venu à Dakar où il n'en vint jamais un seul. De tous les territoires de l'Empire demeurés fidèles au gouvernement français, l'A.O.F. fut avec les Antilles l'un des seuls où aucun soldat ennemi n'ait jamais mis les pieds, fût-ce comme membre d'une commission d'armistice.
Rien ne pouvait davantage exaspérer- les défenseurs que ces déclarations maladroites les décrivant prêts à se livrer à l'ennemi. Et lorsque, quelques jours plus tard, la B.B.C. se permit d'avancer que, si la défense avait été aussi acharnée, c'était parce qu'elle était dirigée par des officiers allemands, elle fit aux défenseurs une injure gratuite qui leur fut infiniment plus sensible que tous les coups de canons qu'on leur avait expédiés.
Réunis au P.C. du général Picard dans une casemate où régnait une chaleur écrasante, le conseil de défense : Boisson, Barrau, Landriau, Gama et l'inspecteur général Boulmer méditent les termes de cet ultimatum. La réponse ne fait pas de doute. Mais sous quelle forme la tourner ? Quelqu'un propose un mot aussi court qu'historique. Malheureusement il vient d'être utilisé à Nouméa dans une conjoncture analogue par le commandant du Dumont-d'Urville. La radio en avait parlé. Boisson fit remarquer* qu'on se devait de trouver autre chose. « Alors, qu'est-ce qu'on leur dit ? » poursuivit-il en s'emparant d'un bloc notes et d'un crayon. Et c'est dans cette ambiance surchauffée, assis sur un matelas au milieu de ses collaborateurs et buvant au goulot une limonade tiède, que le Haut Commissaire de France en Afrique rédigea sa réponse : « La France m'a confié Dakar. Je défendrai Dakar jusqu'au bout. » Landriau courut jusqu'au plus prochain téléphone pour donner l'ordre au Richelieu de la transmettre sur 600 mètres à l'adresse de l'amiral anglais. Il était 4 h. 24. L'ultimatum expirait à 6 heures.

(1) Cette mission comprenait outre M. Nicol, MM. Schelbert, consul général, Helchorn, conseiller du gouvernement allemand, et Klaube, agent consulaire, personnalité bien connue en Afrique et qui y avait avant guerre d'importants intérêts commerciaux. M. Nicol se rendit seul à Dakar où il arriva le 26 septembre.


Les bateaux furent prévenus aussitôt. S'ils n'étaient qu'indirectement en cause puisque c'est à Dakar plus qu'à eux-mêmes qu'on en voulait, les événements de Mers-el-Kébir étaient trop proches pour ne pas être évoqués. La brume qui les avait protégés la veille ne serait peut-être plus là aujourd'hui. Enfermés dans cette étroite cuvette, le « ratodrome » comme on l'avait définie sur une passerelle, ils pouvaient se demander s'ils éviteraient indéfiniment ces projectiles au milieu desquels ils avaient évolué jusqu'ici dans une impunité, relative d'ailleurs, si l'on en juge par le sort du Persée et de l'Audacieux (1). Et l'on rappela aux postes d'appareillage pour reprendre cette ronde interminable. Les croiseurs et le Malin avaient passé la nuit dans la grandrade dont ils avaient à assurer la surveillance avec les cinq avisos mis aux ordres de Lacroix (2). Landriau avait également mis le Calais et les petits avisos d'Air-France à la disposition du Richelieu pour la défense des abords immédiats du port. L'on savait aussi que le sous-marin l'Ajax était à son poste puisqu'il avait la veille à 19 h 25 signalé les grenadages dont il avait été l'objet. On savait qu'il n'avait aucune avarie majeure et qu'en tous cas il avait toute la nuit pour rentrer en surface au besoin, au port dont il n'était éloigné que d'une douzaine dé milles. Autant le laisser à son poste où, avec un peu de chance, il aurait peut-être de nouvelles occasions le lendemain. Enfin, le Fantasque et le Hardi qui, la veille, étaient restés immobilisés dans le port, étaient prêts à marcher l'un et l'autre, le premier, il est vrai, sur une seule machine. Ils furent sur rade à 5 heures. Et le sous-marin Bévéziers, qui avait hâté ses remontages, put appareiller à la même heure avec un moteur sur deux, la coque encore à moitié couverte de minium, ce qui était fâcheux pour la discrétion des approches. Landriau lui donna un poste d'attente situé à 10 milles au Sud de Gorée, soit à quelques milles à l'ouest de celui de l'Ajax, car c'est dans cette zone que les cuirassés anglais avaient paru se tenir pendant leurs tirs de la veille. Vers 7 heures du matin l'Ajax aperçut les cuirassés britanniques, mais entendit aussi denombreuses émissions ASDIC, preuve que l'escorte était sur ses gardes, et peut-être déjà renseignée sur sa position. Le sous-marin se prépara à lancer. Mais un coup de périscope malencontreux, au dernier moment de l'approche, déchaîna une réaction immédiate des torpilleurs britanniques et un grenadage très intense s'en suivit aussitôt. Sous l'effet de ces explosions, l'Ajax violemment secoué fut précipité sur le fond, à 60 mètres, sans lumière, ses batteries à moitié chavirées, avec des voies d'eau qu'on ne put franchir. Il ne restait plus qu'à essayer de faire surface pour sauver l'équipage qui fut recueilli par le torpilleur Fortune et plus tard interné à Gibraltar. Le sous-marin s'engloutit quelques instants à peine après que le C.C. Guimont eut ouvert les purges avant d'évacuer le dernier.

(1) Le Persée avait été coulé au canon la veille, dès le début de l'engagement, et L'Audacieux
surpris dans la brume par un croiseur anglais avait été désemparé et incendié d'une pleine salve de 203.
(2) L'amiral Lacroix avait pris, la veille de l'attaque, le commandement de la Force "Y" composée des croiseurs Georges Leygues et Montcalm et des contre-torpilleurs Le Fantasque, L'Audacieux et Le Malin.


Décidément la journée commençait mal. C'était le troisième bâtiment éliminé depuis le début de l'affaire. Dakar ne disposait plus que d'un seul sous-marin, le Bévéziers. Encore était-il assez handicapé au point de vue du matériel. C'est lui pourtant qui allait venger ses camarades et mettre le point final aux combats de Dakar. Mais on n'en était pas encore là. La fin de l'Ajax passa inaperçue à Dakar. Mais les « Loire 130 » des croiseurs dont Lacroix avait préféré ne pas s'encombrer pendant le combat, et qu'il avait laissés aux ordres de Landriau, prirent leur vol au petit jour et firent bientôt connaître les résultats de leurs reconnaissances. Dans le secteur Nord, l'hydravion du Georges Leygues n'avait rien remarqué d'anormal. Par contre le lieutenant de vaisseau Hardy qui pilotait celui du Montcalm annonça bientôt deux cuirassés et un croiseur à 10 milles au Sud de Gorée, route au 100, puis un groupe d'une dizaine de torpilleurs faisant, un peu plus au Nord, une route à peu près perpendiculaire à celle du corps de bataille comme pour se tenir prêts à repousser une sortie éventuelle des bâtiments de Dakar. Quelques instants plus tard, Hardy se trouvait aux prises avec les appareils de l'Ark Royal qui le poursuivirent jusqu'au dessus de Dakar et faillirent le descendre, puisqu'il amerrit in extrémis, tout son équipage blessé, son hydravion percé comme une écumoire et qui faillit couler d'ailleurs au moment où l'on s'apprêtait à le hisser à terre.

L'attaque commença à 7 h 13, par la présentation de trois avions dont les bombes encadrèrent le Richelieu d'assez loin. Une nouvelle passe, à 8 h 15, ne fut pas beaucoup plus heureuse. Un peu plus tard, la batterie du cap Manuel était attaquée sans dommages, puis à 9 h 10, six Swordfish amorcèrent une présentation en demi-piqué sur le Richelieu. Seuls les deux premiers purent descendre jusqu'à 300 mètres, car la D.C.A. disloqua la formation dont tous les coups manquèrent et dont trois appareils furent abattus. Un quatrième fut victime de la chasse. L'un de ces avions se posa à un millier de mètres du Georges Leygues et la Gazelle put, avant qu'il ne coulât, récupérer ses codes de signaux qui furent particulièrement précieux pour le décryptement et le brouillage systématique des communications anglaises pendant le reste de la bataille. Tout cela donnait confiance. Le moral était nettement en hausse lorsqu'à 9 h 37 on aperçut les premières lueurs du tir des cuirassés anglais.


à suivre...le 24 par Jaques MORDAL
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 8:36

suite le 24 par Jaques MORDAL


Sans être encore parfaite, la visibilité était très supérieure à celle de la veille puisqu'elle atteignit 15 à 20.000 mètres par instants. De plus elle se présentait sous un jour moins défavorable à la défense que la veille, où la brume basse qui enveloppait Dakar provoquait une visibilité dissymétrique tout à l'avantage des observateurs qui se trouvaient au large.
Spoiler:
Enfin, si la disproportion des forces était trop grande pour permettre à l'amiral Lacroix de songer à tenter une sortie pour aller se battre en haute mer, et si le souvenir de Mers-el-Kébir avait pu, non sans quelques raisons traverser les pensées des états-majors et des équipages, nos navires avaient cependant une position infiniment moins désavantageuse que l'escadre de l'amiral Gensoul, puisque, à l'exception du Richelieu (1), ils pouvaient tous manoeuvrer. De plus l'artillerie de côte allait jouer un rôle décisif dans la rencontre en obligeant l'adversaire à demeurer constamment hors de portée des pièces de 240. Elle ne cessa pratiquement pas de tirer, d'abord à toute limite de visibilité, puis chaque fois qu'elle fut en portée. Son entrée en action est signalée par les avions de l'Ark Royal dès leur première incursion de la matinée. Troisième atout, la supériorité aérienne qui n'allait pas tarder à nous être acquise d'une façon absolue. Les forces anglaises disposaient au départ des 32 appareils de l'Ark Royal et de six hydravions embarqués sur les grands bâtiments. Or, dès le second jour de la bataille, ces forces aériennes vont se trouver réduites d'un bon tiers, principalement du fait de la D.C.A. et l'on est en droit de penser que si les forces du général Gama s'étaient montrées plus agressives dès le premier jour, cette maîtrise du ciel nous aurait été acquise bien plus complètement et plus rapidement.

(1) Le Richelieu avait été endommagé le 8 juillet précédent par la torpille d'un avion de l'Hermès qui l'avait atteint a l'arrière.


Il faut d'ailleurs reconnaître que, le 23 septembre, le brouillard avait beaucoup plus gêné les opérations aériennes sur nos terrains que sur le pont d'envol de l'Ark Royal qui manoeuvrait au large dans une atmosphère plus dégagée. Mais, au cours des deux dernières journées, notre aviation effectua 81 sorties. Les bombardiers mirent une bombe de 225 kilos à l'avant d'un croiseur et la chasse remporta au moins trois victoires certaines le 24. Elle devait contribuer le lendemain d'une façon décisive au succès de la journée en abattant successivement les deux Walrus de réglage de tir des cuirassés britanniques et en dégageant le ciel des appareils de reconnaissance qui auraient pu s'opposer à l'approche du Bévéziers au moment de son attaque sur la Resolution.
Quant à l'hypothèse d'une seconde tentative de débarquement, on pouvait l'attendre sans inquiétude. De l'intérieur le général Barrau avait fait rallier toutes les forces disponibles. La côte était bien gardée et la ville soigneusement patrouillée contre les agissements de la 5e colonne. Il faut croire d'ailleurs que les partisans du général de Gaulle n'étaient pas très nombreux puisqu'il avait suffi d'en placer une quinzaine sous surveillance pour que le calme demeurât complet (1).
L'amiral Lacroix avait l'intention de faire évoluer ses croiseurs en baie de Tiaroye, derrière les filets sous la protection d'un nuage de fumée tendu par les contre-torpilleurs. Le Hardi avait été détaché dans le même dessein aux ordres du Richelieu.
Le Georges Leygues ouvrit le feu au moment où la première salve de 380 tombait au milieu de l'escadre. Il était environ 9 h 45 le Malin fut encadré de si près qu'un moment on le crut perdu. Il eut une grosse fuite de vapeur qui réduisit sa vitesse à 14 noeuds momentanément. Toutefois, au cours de ce duel d'artillerie très sévère qui se passa à des distances comprises entre 15.000 et 17.000 mètres, aucun de nos navires ne devait être touché, ce qui est presque miraculeux tant était grande la densité de feu et petit l'espace où les navires évoluaient. Ce qui l'est davantage encore, et tout à l'honneur des commandants, c'est qu'il ne se produisit aucun abordage entre tous ces navires qui zigzaguaient sans fin au milieu des gerbes et des 54 cargos épars dans la baie. Au bout de 34 minutes de feu l'escadre anglaise se retira dans le Sud. Il était alors 10 h. 20. Plus d'une centaine d'obus de 380 tirés par salves régulières de 4 coups avaient balayé le port de bout en bout sans jamais atteindre le Richelieu. La batterie de Manuel avait été visée elle aussi, mais le tir, difficile à régler en portée sur cet ouvrage placé en crête, atteignit surtout la ville où il fit un certain nombre de victimes.


(1) On a présenté comme une manifestation l'afflux de la population Indigène vers le palais du gouverneur au moment des premiers bombardements. En fait, il s'agissait de gens affolés en quête d'abri.


Aucun de nos bâtiments de guerre n'avait été touché durant cet engagement. Toutefois un incident technique avait mis hors de service la tourelle II de 380 du Richelieu qui, pour la première fois, tirait des obus de combat. Mais son artillerie de 152 comme celle des croiseurs fonctionnèrent sans incidents et obtinrent de bons résultats. Les croiseurs ne purent apprécier exactement les effets de leur tir sur les 10.000 tonnes anglais, mais la veille du Richelieu signala deux impacts entre le mât et la cheminée du Barham. Et de toutes façons, ce tir, très nourri avait maintenu l'adversaire éloigné du port avant de le contraindre à rompre le combat.

Comme pour marquer cet échec, le quartier général des F.F.L. diffusa quelques minutes plus tard un nouveau communiqué du général de Gaulle annonçant qu'il retirait ses troupes et adjurant Dakar de se soustraire à l'autorité des chefs indignes qui menaient la flotte et la ville à la destruction. Ce message ne provoquant chez les défenseurs aucun accusé de réception, un second, suivit informant les autorités de Dakar des longueurs d'ondes sur lesquelles on était invité à communiquer par T.S.F. (1).

(1) « Le quartier général du général de Gaulle a diffusé ce matin le communiqué suivant : Hier matin, malgré tous les efforts du général de Gaulle et de ses compagnons, les autorités de Dakar ont refusé de laisser débarquer pacifiquement et ont fait ouvrir le feu contre les parlementaires français, des navires français, les troupes françaises. Le général de Gaulle retire ses forces provisoirement car il ne veut pas de bataille rangée entre Français. Les Forces britanniques ont pris l'affaire à leur compte et ne veulent à aucun prix voir Dakar occupé prochainement par les ennemis communs allemands et italiens. Le général de Gaulle adjure Dakar de se soustraire à l'autorité des chefs indignes qui mènent la Flotte et la ville à la destruction. Le général de Gaulle est prêt à répondre au premier appel qui lui sera adressé par Dakar pour arrêter le combat. H 43-24-9. » « F.G.A. de F.F.L. Général de Gaulle à F.G.A. Les autorités de Dakar sont informées qu'elles peuvent communiquer directement par radio avec le général de Gaulle sur les fréquences suivantes : 5 300 kcls et 405.


Mais la bataille n'allait pas tarder à se rallumer. Apercevant un aviateur anglais abattu qui dérivait dans son radeau de caoutchouc au sud de la Pointe Dakar, le commandant du Richelieu avait envoyé le Hardi à son secours. Le sauvetage fut promptement fait et l'aviateur blessé se trouva bientôt à l'infirmerie du Hardi en train d'expliquer au médecin du bord qui le pansait combien il avait été surpris de cette résistance inattendue qui ne correspondait pas du tout à ce qu'on leur avait laissé entrevoir. Le Hardi se trouvait alors à 14 milles dans le Sud de Gorée, lorsqu'il vit apparaître à 13.500 mètres dans le 190, deux cuirassés et deux torpilleurs qui ouvrirent sur lui un feu heureusement un peu court auquel il échappa en mettant à 26 noeuds. Peut-être l'adversaire s'était-il imaginé que le torpilleur français était sorti du port avec des intentions agressives. Il allongea son tir jusqu'au milieu du port dont la partie Sud fut cette fois sérieusement arrosée. Plusieurs bâtiments furent touchés dont le Porthos atteint pour la deuxième fois. Puis ce fut le cargo danois Tacoma chargé de fûts d'huile en pontée qui se mit à brûler furieusement et faillit, au cours de l'après-midi, provoquer des désastres dans le port.
Ce deuxième bombardement se prolongea de 11 h. 53 à 13 h. 30. Il fut plus intense encore que le précédent. La ville fut arrosée, Gorée touchée, le P.C. du commandant de la défense encadré par une gerbe. Du Richelieu on ne dénombra pas moins de 160 gerbes de 380 à proximité immédiate, mais le cuirassé lui-même ne fut touché que par des éclats qui firent des dégâts insignifiants. Le Hardi et des embarcations à moteurs s'évertuaient à tendre un rideau de fumée que le Richelieu ne trouvait pas assez important à son goût. Quant à la Force Y, elle se retrouvait une fois de plus intacte.
Cette fois, chez elle, la confiance avait balayé l'inquiétude. Elle n'allait pas tarder à faire place à l'enthousiasme. Chaque fois qu'ils se croisaient nos bâtiments commencèrent à se saluer bruyamment, s'acclamant mutuellement dans des hourras sans fin. Que se passait-il donc ? C'était à peine croyable : depuis 36 heures on était aux prises avec cette puissante escadre, et l'on n'était pas encore anéanti... Personne ne songeait plus à qui était en face : Anglais, Allemand, Italien, peu importe... Eût-il été Américain ou Russe que c'eût été pareil. Pour l'instant c'était l'ennemi puisqu'il vous tirait dessus ! Il était bien question de politique, de considérations stratégiques, d'alliance ou de dissidence 1. Rien ne comptait plus que l'excitation du combat et de ce jeu de cache-cache au milieu des gerbes, hautes comme des peupliers. A 14 heuses l'escadre britannique disparut pour la deuxième
fois de la journée. Une troisième tentative se préparait cependant.
Ce fut l'affaire des avions torpilleurs de YArk Royal. Après deux heures de calme, l'alerte contre avions fut donnée à 15 h. 34 par le Malin. Un peu à l'Est du Sud, trois sections d'avions torpilleurs se présentaient au ras de l'eau. La D.C.A. réagit instantanément. En quelques minutes deux avions étaient descendus, l'un par le Malin, l'autre par le Montcalm. L'attaque fut complètement dissociée, une seule des trois sections put faire une présentation correcte. Les croiseur* qui se trouvaient stoppés mirent en route à toute vitesse.'En deux minutes, le Georges Leygues se trouva à 280 tours avec sa barre toute à gauche. Le Montcalm était déjà à 20 noeuds lorsqu'il aperçut trois sillages de torpilles. L'officier de manoeuvre (1) commanda 300 tours en arrière et la barre toute à droite... Une torpille passa entre les deux croiseurs, à 70 mètres de l'étrave du Montcalm. Les contre-torpilleurs s'en tirèrent sans mal en « s'ébaudissant dans le ratodrome ». L'attaque était manquée. « La journée est finie » conclut l'amiral Lacroix plein de confiance.
Et de fait le plus gros danger se trouvait maintenant à l'intérieur du port. C'était ce sacré Tacoma qui promenait son brasier au milieu de tout ce peuple de cargo?, projetant ça et là ses fûts d'huile surchauffés qui faisaient explosion dans le ciel. Le Buffle avait réussi à le sortir'du port à la remorque. Mais l'aussière cassa. « Peut-on le couler là où il est, fit le patron. — Surtout pas à cet endroit-là répondit l'amiral Lacroix. Tâchez de le 'conduire à l'extérieur du barrage. » Mais il n'était plus possible d'envoyer un homme à bord pour tourner une nouvelle remorque. En fin d'aprèsmidi, Landriau donna l'ordre au Hardi de le couler en épargnant autant que possible les bâtiments amis. Le Hardi, au lieu de lancer une torpille voulut le couler au canon et tira à deux reprises sur le cargo qui parut s'enfoncer, mais refusa de couler, dérivant doucement vers Gorée. qui commençait à s'inquiéter. « Vous demande de nous débarrasser de ce brûlot avant qu'il ne mette le feu à Gorée, en le torpillant si possible », fit Landriau au milieu de la nuit. Le brûlot, Dieu, merci! était déjà échoué par petits fonds au nord de l'île et ne paraissait plus menaçant. Rien ne troubla plus le calme de la nuit que le rougeoiment de ces deux épaves qui continuèrent à brûler jusqu'au jour, le Tacoma sous Gorée et l'Audacieux à la côte vers Rufisque.

(1) p.C. L'Herminier, qui s'illustra plus tard comme commandant du Casablanca.


à suivre... le 24 par Jaques MORDAL
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Message par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 8:37

suite-2 le 24 par Jaques MORDAL



On eut quelques inquiétudes sur un mouillage possible de mines magnétiques signalé par des observateurs de Gorée. Il s'agissait en fait de torpilles d'avions qui n'avaient pas fait leur parcours, ou dont on n'avait pas observé le sillage. La Surprise et la Gazelle firent une passe avec leurs dragues aux emplacements signalés.
Rien ne se produisit. Mais on ne, dormit pourtant que d'un oeil attentif aux vedettes et aux avions. Le coup du 8 juillet n'était pas oublié.
Spoiler:
Les défenseurs de Dakar auraient été bien plus réconfortés encore s'ils avaient pu suivre à travers les télégrammes échangés dans le camp britannique les impressions des chefs de l'expédition.
Le communiqué du 23 au soir était loin d'être triomphant : « Français continuent à tirer. Situation incertaine. » (message de 23 h. 45 au commandant militaire en Sierra Leone). Le 24 au matin, l'état d'alerte était proclamé sur toute l'étendue des territoires britanniques voisins de Dakar, et la journée se termina sur un compte rendu aussi peu encourageant que celui de la veille. « Aucune autre information sur les opérations de Dakar, que celles précédemment données par radio. L'entrée pacifique de de Gaulle aussi bien que son débarquement de vive force à la tête des F.F.L. ayant été pareillement repoussés ont été abandonnés. Les forces anglaises sont en train de bombarder systématiquement les défenses fixes et les navires en rade pour les détruire ou les réduire au silence avant que ne puisse prendre place le débarquement britannique. La faible visibilité handicape considérablement les opérations ». Au soir de ce deuxième jour de la bataille, le général de Gaulle, invite à venir discuter de la situation à bord du navire amiral de John Cunningham, trouva sur le Barham une ambiance triste et tendue. Les Britanniques paraissaient surpris de cette résistance. « Quant à moi, j'avais désormais renoncé à m'en étonner. Ce qui venait de se passer me révélait une fois pour toutes que les gouvernants de Vichy ne manqueraient jamais d'abuser contre l'intérêt français, du courage et de la discipline de ceux qui lui étaient soumis ».

John Cunningham ne croit plus au succès. Irwin est prêt à mettre ses troupes à terre et à donner l'assaut mais ne dissimule pas les risques de cette entreprise. De Gaulle convient qu'il vaudrait mieux renoncer à prendre Dakar qui, de toute façon, ne peut plus tomber qu'au prix d'une bataille rangée qu'il désire éviter. Ce fut, déclara-t-il, sans qu'on l'eût consulté, que le combat reprit à l'aurore, sur l'ordre exprès de Winston Churchill qui se montrait « étonné et courroucé que l'affaire pût tourner court, d'autant plus que déjà les milieux politiques de Londres et, surtout, ceux de Washington, impressionnés par les radios de Vichy et de Berlin, commençaient à s'agiter ».

Le Bévéziers, On sait que ce sous-marin avait passé toute la journée du 24 au poste de veille qui lui était assigné à dix milles au Sud de Gorée. A trois reprises, le commandant Lancelot avait essayé de gagner une position favorable à l'attaque des cuirassés qui se présentaient dans son périscope. Trois fois il en avait été empêché par l'aviation qui gardait de fort près les navires. II avait échappé aux bombes, mais, la nuit venue, il lui fallut rentrer bredouille au port pour recharger ses accumulateurs.


à suivre le 25 par Jaques MORDAL
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Message par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 8:41

L'Homme de Dakar

Le commandant du submersible Le Béveziers,
Pierre LANCELOT

Au petit matin du 24, il reçoit l'ordre de se poster à 10 milles nautiques au sud de Gorée, pour compléter le dispositif d'interception. La brume tenace qui couvre le champ de bataille ne suffit pas à le dissimuler aux avions anglais, et il est sévèrement grenadé. Toute la matinée, il essaie en vain de s'approcher des gros bâtiments de la Royal Navy, échappant de peu aux avions torpilleurs et aux destroyers qui montent la garde. Finalement, Lancelot doit se résoudre à rebrousser chemin et rentre au port à 17 heures, sans avoir eu l'occasion de lancer la moindre torpille.

à suivre ... le 25 par l'homme de Dakar
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Message par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 8:43

la bataille de Dakar
du 24 vu par le Capitaine de Vaisseau
Paul Bernard
Et nous l’avons été plus encore le lendemain matin, le deuxième jour, lorsque la brume s’étant dissipée nous avons vu, au large, une flotte anglaise impressionnante puisqu’elle était composée de deux cuirassés, de quatre ou cinq croiseurs dont la plupart étaient des croiseurs lourds et d’une quantité de bateaux plus modestes. Et les cuirassés ont commencé à donner de la voix en ouvrant le feu au 380.
Spoiler:
Le 380 était à l’époque peut-être pas le calibre maximum utilisé par les cuirassés puisque certains cuirassés au monde avaient des canons de 406 mais c’était pratiquement le maximum. Il faut savoir qu’une gerbe de 380 qui peut tirer bien au-delà de 20 000 m, peut tirer, je crois, aux environs de 30 000 mètres, une gerbe de 380, ça a cent mètres de hauteur. Une salve de 4 coups de 380, cela fait dans l’eau quatre gerbes qui ont cent mètres de hauteur. C’est assez impressionnant à voir lorsque la gerbe tombe à 500 mètres du bateau sur lequel vous êtes embarqué.

Lorsque la gerbe tombe à 100 mètres du bord, que l’on regarde quatre chandelles de cent mètres de hauteur sous un angle approximatif de 45º, c’est vraiment très impressionnant.


Notre sort nous paraissait scellé jusqu’au moment où, divine surprise, nous avons vu que le "Richelieu" ouvrait le feu avec ses 380, le "Richelieu", qui était à Dakar depuis la fin du mois de juin, était un bateau qui n’était pas achevé et nous ne savions pas sur les bateaux en Septembre, si le "Richelieu" était capable de tirer et quelques jours avant, le Commandant lui-même du "Richelieu" était loin d’en être certain. Toujours est-il que le "Richelieu" a tiré et à ce moment-là l’espoir est revenu car nous avions, sans parler des batteries côtières de 240 qui pouvaient nous assister, nous avions une artillerie qui pouvait répondre à celles du "Barham" et du "Resolution", les deux cuirassés anglais que nous avions en face de nous.


Le tir important des 380 anglais, très impressionnants, a épargné tous les bâtiments de guerre français à l’exception du "Richelieu" qui a reçu un obus de 380 mais qui n’a pas explosé dans un endroit délicat, il n’y a même pas eu un blessé à bord du "Richelieu" et les avaries étaient minimes. Quelques bâtiments de commerce qui se trouvaient soit dans le port de Dakar soit sur la rade ont été touchés ce qui nous a permis de nous rendre compte un peu de l’effet d’un 380 mais comme il s’agissait d’obus perforants, le dommage n’a pas été si important que cela sur des cargos qui n’avaient pas de cuirasse.

Quant aux événements qui se sont passés, les autres événements qui se sont passés ce deuxième jour, le 24, je puis en rapporter deux : le premier c’est que le torpilleur "le Hardi" qui était un torpilleur tout neuf pas encore parfaitement au point est sorti avec l’aide d’un écran de fumée pour se cacher du tir anglais qu’il n’a pu quand même éviter, nous avons su après que s’il avait fait cette sortie rapide, pour rentrer d’ailleurs aussi vite, c’était pour aller sauver un aviateur anglais qui était tombé à la mer. Les choses se sont d’ailleurs fort bien passées cet aviateur anglais s’est félicité du traitement qui lui a été donné à bord du "Hardi" de même ailleurs - et nous l’avons su aussi après - que les sous-mariniers français qui ont été coulés. Il y avait ceux du "Persée" et aussi ceux de l’"Ajax", un deuxième sous-marin que nous avions perdu le premier jour, ils ont été fort bien traités par les Anglais.

Est-ce le deuxième jour, le 24 septembre ou est-ce le troisième jour je ne sais plus, mais je sais que - c’est sans doute le troisième jour - au matin, sur le "D' Entrecasteaux " qui était armé de trois canons de 138 tirant vraiment à limite de portée et à 15 000 mètres, nous nous sommes trouvés à moins de 13 000 m de l’un des cuirassés anglais, je crois que c’était le "Barham", nous avons gaillardement ouvert le feu avec nos 138 contre le "Barham", pour être tout à fait franc, je dois avouer que seule la pièce arrière était battante, car nous avons cherché avant tout à augmenter la distance. Le "Barham" nous a tiré dessus, mais je ne pense pas qu’il y ait mis beaucoup d’acharnement, autrement je ne vous raconterais probablement pas cette histoire. Le troisième jour commençait pour nous d’une manière toujours aussi préoccupante, nous avions toujours en face de nous une force extrêmement puissante et si nous avions eu la chance d’échapper aux 380 le 24 septembre, rien ne disait que notre sort ne serait pas plus contraire le 25 septembre.


à suivre...
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 8:46

les faits heures par heures :
La Journée du 24/9/1940


À 5 h, le sous-marin Bévéziers sort de son bassin et appareille afin de prendre position à 10 milles dans le sud de Gorée. Un quart d'heure plus tard, le contre-torpilleur Fantasque, qui était indisponible depuis le 21 suite à une avarie, ainsi que le torpilleur Hardi sortent du port et rallient l'escadre de l'amiral Lacroix. Le sous-marin Ajax, qui était en mer depuis la veille, plonge à 5 h 40.
Spoiler:

Un peu avant 6 h, afin d'avoir des informations sur les forces britanniques deux avions Loire 130 partent surveiller la côte. L'un des deux est pris en chasse par un swordfish qui le crible de balles. Les deux avions parviennent tout de même à regagner Dakar.

Vers 7 h, 3 à 4 monoplans de type SKUA tentent d'attaquer le Richelieu. La DCA des navires réussit à les repousser. Une bombe tombe malgré tout à faible distance entre le Richelieu et le croiseur Georges Leygues.

À 8 h, le sous-marin Ajax aperçoit au périscope 3 torpilleurs à 800 mètres et les 2 cuirassés Barham et Résolution. En essayant d'attaquer les cuirassés, celui-ci est repéré. Les cuirassés se dérobent et il est pris en chasse par les torpilleurs. Alors qu'il atteint 25 mètres de profondeur, 3 grenades du Fortune provoquent de graves avaries qui précipitent l'Ajax sur le fond. Le sous-marin n'a plus aucun moyen de combattre ni de se mouvoir. En effet, la moitié de ses accumulateurs sont détruits. Après ce constat, le commandant donne l'ordre de remonter. N'ayant pas réussi à lancer ses diesels, l'ordre d'évacuation est donné. L'équipage est récupéré par le Fortune. L'Ajax est coulé à 10 h 15.

L'aviation britannique ne renonce pas et vers 9 h 10 une vague de six swordfishs tente à nouveau d'attaquer le Richelieu avec des bombes de 250 livres. Les Britanniques se scindent en deux groupes, le premier continue son attaque malgré un intense barrage de DCA. Leurs bombes tombent à moins de vingt mètres et détruisent des canalisations à mazout. Le second groupe de swordfish largue ses bombes au moment où il est rejoint par des chasseurs français. Durant cette attaque 4 des 6 swordfishs sont abattus. 5 aviateurs britanniques sont capturés.

En ce début de matinée, la batterie côtière du cap Manuel est également visée par les bombardements, mais malgré son toit en toile, elle ne subit que très peu de dégâts.


évolutions des navires

À 9 h 30, les cuirassés Barham et Resolution ouvrent le feu aux 380 mm sur le Richelieu et le cap Manuel à 14000 mètres.

Au même moment, le torpilleur Hardi et les contres torpilleurs reçoivent l'ordre de tendre un rideau de fumée pour dissimuler les croiseurs qui évoluent en zigzag à 25 noeuds.

À 9 h 40 l'ordre d'ouvrir le feu est donné par l'amiral. La tourelle II de 380 mm du Richelieu tire sur le Barham et tombe en avarie juste après. Mais heureusement pour le cuirassé français, les batteries côtières et les croiseurs prennent pour cible les deux cuirassés britanniques.

À 10 h, la tourelle de 152 mm du richelieu tombe également en avarie. Tous les canons du navire sont muets. Un quart d'heure plus tard, le torpilleur Hardi est mis sous les ordres du commandant Marzin par l'amiral Lacroix afin qu'il protège le Richelieu par des émissions de fumée en cas de nouvelle attaque des cuirassés britanniques.

Vers 10 h 50, les deux navires anglais prennent, maintenant pour cible les croiseurs et les contres torpilleurs qui évoluent a l'intérieur du filet par torpille. La puissance des moteurs ainsi que la manoeuvrabilité des navires français rend difficile le réglage des tirs britanniques qui malgré tout les encadrent plusieurs fois. Mais le combat est quelque peu inégal, puisque les croiseurs et les contres torpilleurs français ne peuvent répliquer qu'avec respectivement du 152 mm et du 138mm aux coups de 380 mm.


À bord du Richelieu, les spécialistes d'artillerie navale travaillent sur les pièces de gros et moyen calibre. À midi les tourelles de 380 et 152 mm sont à nouveau prêtes à faire feu.

C'est à ce moment que le Richelieu aperçoit un point noir sur l'eau à tribord arrière dans la direction où la D.C.A. du cuirassé a abattu un avion en matinée. C'est une petite embarcation en caoutchouc. Le commandant Marzin donne l'ordre au Hardi d'aller récupérer les rescapés.

Vers 12 h 30, le Hardi est encadré par des gerbes de 203 alors qu'il hisse à son bord un aviateur anglais blessé. Il met cap, à toute vitesse, sur l'entrée du port en tirant de toutes ses pièces. Il signale aux navires en rade qu'il est poursuivi par 2 cuirassés et 2 torpilleurs. Le Richelieu ouvre le feu avec une tourelle de 380, le Montcalm et le Georges Leygues avec leurs 152. Les croiseurs et les contres-torpilleurs reprennent leur évolution en zigzag.

L'inquiétude de la veille laisse place à l'enthousiasme . En effet, ce ballet incessant de croiseurs et de contre torpilleurs, sans aucun abordage ni dommage causés par les Britanniques, regonfle le moral des marins. C'est ainsi, qu'à chaque croisement des bâtiments les équipages se saluent bruyamment par des hourras.

À 13 h, l'ordre est donné par l'amiral de faire de la fumée afin de masquer les navires en rade. Les Britanniques tirent en aveugle et n'atteignent aucun de leur objectif. Par contre, le port est touché ainsi que le Portos et le cargo suédois Tacoma chargé de fûts d'huile d'arachide qui prennent feu immédiatement.

Enfin vers 13 h 30 les navires anglais disparaissent derrière la pointe de Dakar et le feu cesse.

Les navires reprennent leur poste d'attente, et les hommes qui ne sont pas de quart vont sommeiller à l'ombre des superstructures.

À 15 h 30, le malin donne l'alerte. 8 swordfish de l'Ark Royal, qui volaient haut, ont piqué moteurs réduits. Ils sont accueillis par la D.C.A des croiseurs Montcalm et Georges Leygues. Le Fantasque, le Malin, le Hardi, l'Air France IV, la Gazelle ainsi que le Commandant Riviére ouvrent également le feu. Ce mur de D.C.A gène fortement les avions anglais, ce qui désorganise leur attaque. Deux d'entre eux sont abattus, quatre se débarrassent rapidement de leurs torpilles. Par contre, les deux derniers sont en palier au ras de l'eau et lancent leurs torpilles sur le Montcalm et le Georges Leygues. Cette attaque a complètement surpris le Georges Leygues, le croiseur est stoppé. Le commandant ordonne "37 noeuds à gauche toute". Cette manoeuvre, qui demande quelques heures, est exécutée en un temps record. Le croiseur réussi inextrémiste à éviter les torpilles. Le Montcalm en fait de même.


Pour les Anglais cette fin de journée n'est pas concluante. Aucun de leur tir n'a atteint son objectif. Par contre, le pont du Résolution a été plusieurs fois balayé par des éclats d'obus et le Barham a été atteint quatre fois sans que les dégâts ne soient importants. Du côté Français, on a à déplorer la perte de l'Ajax et le Malin a été confronté à une fuite de vapeur, d'une de ses chaudières, dû à des chocs causés par des bombardements proches. Tout a été remis en ordre dans l'après-midi. Quant au cuirassé Richelieu, le commandant Marzin décide d'armer la tourelle I de 380 en plus de la tourelle II qui a 3 des 4 canons inutilisables. En effet, le cuirassé a quitté Brest en Juin 1940 sans avoir la totalité de son artillerie de terminée. Seule la tourelle II de 380 et 2 tourelles de 152 sont prêtes à combattre. Dans la nuit, grâce au travail des canonniers, des armuriers et des ouvriers, la tourelle I est mise au point.

En soirée les navires prennent leurs postes de mouillage pour la nuit. Ci ce n'est le Hardi qui s'escrime à couler le Tacoma. En effet, ce cargo chargé d'huile a pris feu après avoir été atteint par un obus anglais. Dans l'après-midi le remorqueur Buffle réussit à le sortir du port, mais l'aussière casse et le cargo commence à dériver. Ses futs surchauffés explosent dans le ciel et il est impossible de le reprendre en remorque. En dérivant, le Tacoma menace d'aborder d'autres cargos qui se trouvent au mouillage. En début de soirée l'ordre est donné au Hardi de le couler. Après quelques coups de canon, Le Tacoma s'enfonce un peu, mais refuse de couler. Le courant arrange les choses puisque le cargo s'échoue au nord de l'île de Gorée par petits fonds. La nuit va être éclairée par deux épaves, celle du Tacoma et celle de l'Audacieux qui continuent de brûler depuis le 23.

Redoutant une attaque par vedettes, les avisos patrouillent le long des filets. De plus, la Gazelle et la Surprise reçoivent l'ordre de faire une passe avec leurs dragues à la recherche de mines magnétiques du côté de Gorée. Mais, on ne trouve que des torpilles n'ayant pas explosé.

Toujours dans la soirée, le Général de Gaulle se rend sur le Barham. Il convient avec l'amiral Cunningham et le général Irwin d'arrêter le bombardement de Dakar au vu de la surprenante résistance des troupes fidèles au maréchal Pétain. Mais dans la nuit Churchill envoie un message à la flotte anglaise leur ordonnant de poursuivre le combat.

à suivre le 25...
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 9:22

Images de la bataille de Dakar.


Spoiler:
Déplacements des croiseurs et au large des Anglais.





La fin de l'Ajax.



Le Montcalm sous les tirs de 380.







le Richelieu sous les tirs.



Le Montcalm sortant.



Rideau de fumée du Hardi.









Le Hardi.



Salves du Richelieu les 380 et 152.



Le Montcalm.



Le Persée.





Le Richelieu.

A suivre...
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par Draen le Mar 30 Déc - 15:04

Récit épique... Un grand merci d'un lecteur attentif. Enfant, alors insulaire de Gorée, j'ai péché autour de l'épave du Tacoma, et un peu plus tard, j'ai escaladé à plusieurs reprises celle du Persée (ce qui m'a valu d'ailleurs d'assez belles égratignures...) En effet, en 1956, l'épave a été sortie de l'eau et échouée sur la partie civile de la plage de Bel-air. Je ne sais pas combien de temps elle y est restée, nous sommes rentrés en métropole peu de temps après. Quelques années avant, en 1950 je pense, alors que nous habitions un logement Marine à la Batterie Gambetta, balcon au dessus des falaises d'Oran, j'avais eu l'occasion de voir arriver puis appareiller le Montcalm, en escale à Mers-el-Kébir avec plusieurs autres unités.
Je reste a l'affût de la suite du récit, car mon père à rejoint l'escadrille 6T basée à Bel-Air en fin 1941.
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mar 30 Déc - 17:11

salut Draen, je vois qu'en 1950 tu habitais à Oran et en 1956 tu étais à Dakar.
Moi le 1 janvier 1951 à 1 heure du matin je venais au monde en 1952 j'étais déjà en Tunisie
et en 1956 j'étais à Mers el Kébir
puis à Oran jusqu'en 1961.

Voir l'histoire de mon père dans Carnets de bord d'outre tombe dans histoires et histoire.
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 6:47

LA BATAILLE NAVALE DE DAKAR du 25 septembre 1940 vu par JACQUES MORDAL.
La bataille commença de bonne heure le 25, par un tir de la D.C.A. sur un avion anglais qui rôdait du côté de la pointe de Fann.
Tous les bâtiments avaient appareillé comme la veille entre 4 et 5 heures du matin pour reprendre leur ronde en baie de Tiaroye.
La chasse venait de décoller. Quelques minutes plus tard, elle s'apprêtait à marquer en abattant à 6h52 l'hydravion d'observation d'un des cuirassés anglais, le premier point de la journée.
La brume avait complètement disparu pour faire place à une visibilité exceptionnelle s'étendant à plus de 40.000 mètres.
À 7h40, le poste d'observation du Château d'eau du cap Manuel signala deux grands bâtiments très loin dans le Sud-Est. C'étaient le Barham et la Resolution.

Spoiler:
"Alerte générale"

Le Richelieu tirera sur les cuirassés.
Ses pièces prennent un pointage d'attente au gisement 120.
Mais on n'ouvrira pas le feu avant que la distance ne soit tombée à 20.000 mètres.
Quant aux croiseurs, ils ont assez à faire à s'occuper des 10.000 tonnes anglais qui viennent de se démasquer un peu à l'est des cuirassés, cap sur Tiaroye.
L'approche est longue et l'attente énervante.
À 8h25 le Barham et la Resolution sont encore à 34.000 mètres.
Voilà qu'ils font demi-tour et remettent le cap au sud pendant un quart d'heure.
Puis ils se retournent à nouveau à 8h40.
Cette fois c'est pour de bon. La distance diminue rapidement.
- 30.000 mètres à 8h47, 22.000 à 9 heures.
Commencez le feu ! La tourelle I tire sur le cuirassé de gauche, les 152, sur celui de droite.
Le Hardi a refait une ample provision de fumigènes et son rideau de fumée protège admirablement le cuirassé.
Pour augmenter encore cette protection, un canot à moteur s'en va mouiller quelques fumigènes supplémentaires à l'Est de la jetée.
La bataille est devenue générale.
Gorée tire sur les cuirassés, Georges Leygues et Montcalm ont ouvert à 8h58 le feu sur les croiseurs lourds à une distance de 24.000 mètres.
Tout ce monde tire fort bien et les premières salves sont encadrantes de part et d'autre.
Durant l'engagement, on comptera à peu près deux cents gerbes parfaitement groupées autour de nos croiseurs, qui de 9h06 à 9h15 sont presque constamment encadrés.

Les coups longs sifflent à raser les passerelles.
Chacun se fait plus petit, essaye de se réduire en se tassant d'un mouvement instinctif.

« C'est beau, fait un jeune matelot secrétaire, mais... c'est près.
— Tant que ça ne tombe pas dessus, rétorque son chef...
— Oh, bien sûr ! » Et de retourner à son porte-voix.

Vers 9h30 le poste central de reconnaissance signale que l'un des deux cuirassés, le Barham sans doute, venait de catapulter son hydravion de réglage.
Cinq minutes plus tard, le Richelieu fut atteint par un projectile de 380 qui éclata dans un poste désert et y provoqua un début d'incendie, vite maîtrisé.
Il n'y avait pas un seul blessé. Ce fut le seul impact.

La chasse était en alerte.
À 9h20 le Walrus était abattu par le commandant du groupe de chasse en personne.
Le tir britannique se fit moins précis.
Il n'allait pas tarder à cesser tout à fait.

Quelque chose d'anormal en effet avait dû se passer dans la ligne anglaise, car le deuxième cuirassé ne tirait pas.
On le vit prendre de la gîte et abattre en grand sur bâbord, au lieu de suivre l'évolution de son matelot d'avant sur tribord, après qu'une immense gerbe grise se fût formée sur son avant, presque le début de l'action.

C'était le Bévéziers qui venait de se manifester. On sait que ce sous-marin avait passé toute la journée du 24 au poste de veille qui lui était assigné à dix milles au sud de Gorée.
À trois reprises, le commandant Lancelot avait essayé de gagner.
Une position favorable à l'attaque des cuirassés qui se présentaient dans son périscope.
Trois fois il en avait été empêché par l'aviation qui gardait de fort près les navires.
II avait échappé aux bombes, mais, la nuit venue, il lui fallut rentrer bredouille au port pour recharger ses accumulateurs.

L'amiral Landriau venait d'étudier avec le commandant Marzin le graphique des routes des cuirassés anglais, relevées par la direction de tir du Richelieu.
On pouvait parier à coup sûr qu'ils reviendraient le lendemain dans les mêmes eaux, car ces routes leur permettaient de se défendre de la batterie des Mamelles et les laissaient hors de portée de Bel Air, c'est-à-dire qu'elles éliminaient pour eux la moitié des batteries de 240 de Dakar.
Le poste du Bévéziers fut donc déterminé en conséquence, et le 25, à 5 heures du matin, le sous-marin appareilla pour s'y rendre.
Le calcul était bon.
À 8h07, Lancelot aperçut dans son périscope deux bâtiments de ligne escortés par deux torpilleurs et zigzaguant à une vitesse d'environ 20 nœuds.
Il se mit aussitôt en devoir de chasser un poste d'attaque, ce qui lui fut facilité par la manœuvre des Anglais, dont l'un avait mis le cap sur lui à 8h38.
Cette fois, il n'y avait plus d'avions.
Le Bévéziers laissa passer un torpilleur qui le croisa à 600 mètres sur son avant.
Puis, à 9 heures précises se trouvant à 8 milles, dans le 157 de Manuel, il lança quatre torpilles, à une distance de 2.500 mètres.
Cent vingt-cinq secondes plus tard, exactement la durée de trajet, on perçut une explosion sourde, bien différente de celles, précipitées, des grenades que les torpilleurs lâchaient par chapelets autour du Bévéziers.
Une au moins des torpilles avait touché le but.
On pense même que plusieurs frappèrent l'objectif qui était le Résolution.
Le grenadage des destroyers ébranla quelque peu le sous-marin sans lui causer d'avaries sérieuses.
Il put se dérober, attendit la fin de l'action et remit le cap sur Dakar.
À 11h18, le Bévéziers faisait surface sous Gorée.
Peu après, il s'amarrait dans le port, acclamé par les équipages.

Et ceux qui connaissaient leur histoire pensèrent qu'on lui avait porté chance,en lui donnant ce nom de Pevensey, que nos marins d'alors prononçaient Bévéziers en souvenir de la victoire remportée deux cent cinquante ans plus tôt, le 10 juillet 1690, par le maréchal de Tourville, sur l'escadre anglo-hollandaise de l'amiral Herbert.

Cette attaque heureuse avait en effet définitivement scellé le sort de l'opération «Menace».
À 9h20, le Walrus du Barham avait été abattu par le commandant du groupe de chasse.
À 9h25, le Barham lui-même était atteint à son tour.
On vit une vive lueur sur son avant.
C'était un projectile du Richelieu qui venait d'aller au but (1).

Cette fois Cunningham décida de rompre le combat.
Deux «beaux bateaux endommagés, dont l'un si gravement qu'il en aurait pour des mois à se faire réparer dans un arsenal, c'était trop pour un résultat qui s'estompait de plus en plus.
Les cuirassés anglais cessèrent le feu et se retirèrent dans le sud.
Les croiseurs lourds tirèrent en retraite jusqu'à l'extrême limite de portée, 27 000 mètres.
À 9h31 tout était terminé.

"Comment va ?" demande le Montcalm en croisant le Georges Leygues.
"Au poil !... " répondit le navire amiral

9h37 : Cunningham fit protéger sa retraite par l'Ark Royal qu'on, put observer encore à 11h25 à 35.000 mètres dans le 225 du cap Manuel, faisant décoller cinq avions.
On crut à l'imminence d'une nouvelle attaque aérienne.
En fait, il ne s'agissait que d'une patrouille de reconnaissance et de couverture en vue d'une contre-attaque éventuelle de notre aviation.

La bataille était terminée.
Elle se concluait sur une victoire française.
Il est particulièrement significatif que les combats de Dakar n'aient en aucune façon aggravé les rapports franco-britanniques.

On peut même dire sans paradoxe qu'ils ont contribué à les améliorer et la détente indiscutable qui s'est manifestée dans nos relations avec l'Angleterre après la crise grave de l'été 1940, fut certainement favorisée par le respect que les Anglais ne pouvaient manquer d'éprouver pour la détermination des défenseurs de Dakar.

Il faut bien connaître le réalisme britannique pour pouvoir comprendre comment, quarante-huit heures après la torpille du Bévéziers et les coups de canon de Dakar, un convoi de trois beaux cargos français a pu se présenter dans le détroit de Gibraltar sous la protection d'un petit aviso armé d'un vieux canon antédiluvien, et continuer sa route sans autre réaction de la forteresse que le traditionnel :

"What ship in company, phase ?" (2) envoyé par le sémaphore de la Pointe d'Europe.

Et c'est pourtant ainsi que les choses se passèrent.

(1) le fait fut confirmé par les officiers de l'Ajax qu’ils furent ramenés de Freetown à Gibraltar à bord du Barham.
Il ne fut d'ailleurs pas contesté par les Anglais.

(2) Quels navires avec vous, s'il vous plaît ?

Le trafic commercial français par Gibraltar inaugurée le 7 septembre se poursuivit et s'organisa sans aucun incident.
Un seul convoi avait été arrêté, celui du 23 septembre.
Encore l'avait-il été à l'initiative de l'Amirauté française qui avait donné l'ordre de le garer en recevant la nouvelle de l'attaque de Dakar.
Le jour même où le trafic reprit, le 27, M. de la Baume rencontrait à Madrid Sir Samuel Hoare, ambassadeur de Grande-Bretagne.
Ce dernier déclara à l'ambassadeur de France : « qu'il n'allait pas formuler de récriminations au sujet de ce qui s'était passé.
C'est ainsi qu'il n'avait pas l'intention d'entamer une discussion au sujet du grave ressentiment qu'avaient causé en Grande-Bretagne, l'attaque de Gibraltar ou l'ouverture du feu sur les parlementaires portant le drapeau blanc à Dakar ».

Ces conversations, comme les entretiens Churchill-Rougier du 24 octobre, puis les accords Chevalier-Halifax du mois de décembre permirent de préciser entre diplomates et hommes d'État un certain nombre de questions que les marins avaient déjà traitées en fait depuis plusieurs semaines, concernant le ravitaillement de la France et l'assouplissement du blocus.

Ainsi, grâce au sens aigu des réalités des hommes d'État britanniques et français, on en était arrivé à un compromis honorable. Instruit par la cuisante expérience de Dakar, le gouvernement anglais promettait de n'entreprendre aucune action contre nos territoires d'Outre-Mer, si nous nous engagions de notre côté à ne pas tenter la reconquête des territoires ralliés à la France Libre.
Et, malgré les pressions allemandes, le gouvernement français n'avait aucune envie de se lancer à son tour sur la voie de la guerre civile.

Sur mer, les Anglais acceptaient de considérer le trafic maritime de l'A.O.F. comme un cabotage non soumis au blocus.
Bien entendu ces bonnes dispositions varieront suivant les circonstances et souffriront de nombreuses exceptions, mais dans cette atmosphère de détente du mois d'octobre 1940, Dakar a été l'une des causes
favorisantes les plus certaines.

Revalorisée vis-à-vis des Anglais, notre position ne l'est pas moins vis-à-vis des Allemands.
Le bénéfice de la résistance victorieuse de Dakar va se faire sentir très longtemps.
L'Afrique du Nord sera respectée et l'on n'entendra plus parler des prétentions allemandes avant le printemps suivant.
Nous tirerons de notre défense en A.O.F. des arguments pour renforcer nos positions en Afrique, y amener des armes, du matériel.... qui, en fin de compte, serviront contre l'Axe après le mois de décembre 1942 en Tunisie.
C'est à Dakar que Weygand, et Juin après lui, doivent d'avoir pu entretenir et préserver cette armée d'Afrique qui devait jouer un si grand rôle sur les champs de bataille d'Italie, de Provence et d'Alsace, jusqu'au Rhin et au Danube.
Présentées par des gens qui ont su se faire respecter, les objections soulevées à toutes les demandes allemandes d'intervention contre l'Afrique Française Libre seront prises en considération et nous pourrons avec succès repousser aux calendes grecques ces différents projets.
Enfin, la résistance de Dakar a permis d'éliminer un complexe d'infériorité qui s'était emparé de beaucoup de Français à la suite des événements du mois de mai.
Les Allemands ont bien précisé aux membres de la Délégation française à Wiesbaden, que, huit jours après l'arrivée du général de Gaulle à Dakar, ils auraient envahi l'Afrique du Nord.
Qui pouvait les en empêcher ?
Quelle tournure aurait prise alors la bataille de Méditerranée, la défense de Malte, de Suez, les débarquements alliés de 1942...
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Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 6:55

L'Homme de Dakar
le commandant du Béveziers
Pierre Lancelot
Le lendemain, changement de décor.
Le temps est magnifique et la mer calme.
Si la visibilité parfaite permet désormais d'apercevoir à plusieurs dizaines de milles les forces ennemies, elle rend du même coup plus voyante encore la coque du Béveziers : Lancelot choisit donc d'opérer au maximum en plongée, entre vingt et trente mètres, ou à l'immersion périscopique.
Heureusement pour le sous-marin, peu à peu, la chasse française acquiert ce jour-là la maîtrise de l'air, et repousse au loin les avions anglais.

Dans la nuit, le Béveziers a reçu l'ordre de prendre le même poste que la veille.
D'accord avec ses supérieurs, Lancelot a en effet arrêté un plan audacieux qui ressemble fort à un pari: il ira de nouveau se mettre à l'affût devant Gorée et attendra le corps de bataille britannique, persuadé que les Anglais, sûrs de leur supériorité, emprunteront une route identique.
Avec l'amiral Landriau et le capitaine de vaisseau Marzin, commandant du Richelieu, il en a acquis la certitude après avoir étudié le graphique des routes suivies par les cuirassés adverses, tel qu'il a été établi par la conduite de tir du Richelieu.
Les officiers français ont en effet remarqué que cet itinéraire permettait à la Battle Fleet de se tenir à distance de la batterie des Mamelles, tout en se maintenant hors de portée des canons de 240 de Gorée. Tout porte donc à croire qu'elle recommencera. Pari gagné.

Immobile, le Béveziers guette sa proie qu'il repère à 8h07.
Il se met aussitôt en chasse, laissant s'avancer le rideau protecteur du corps de bataille britannique. Un destroyer passe même à 600 mètres sur l'avant du sous-marin sans le repérer !

A 9 h, après un ultime coup de périscope. Lancelot, à environ 2500 mètres de la route de le Résolution lance une gerbe de quatre torpilles, et plonge aussitôt à vingt-cinq mètres pour rentrer à petite vitesse vers Dakar.

Mais l'un des destroyers le repère immédiatement grâce au sillage des torpilles.
En l'espace d'un quart d'heure, pas moins de cinq grenadages successifs sont entrepris contre lui, sans résultat.

Entre-temps, le Béveziers a nettement entendu l'explosion d'une torpille : le cuirassé Résolution vient d'être touché sous sa ligne de flottaison, et prend très rapidement une gîte de 12,5 degrés, ce qui l'empêche de tirer.
La chambre des chaudières bâbord est noyée, et le navire perd de la puissance, alors que des incendies éclatent dans plusieurs compartiments.
Pour éviter des dégâts plus graves, son commandant, le capitaine Willis, fait ralentir l'allure, pendant que deux destroyers émettent un écran de fumée pour couvrir sa retraite.

Au même moment, le Barham, qui a évité de justesse les torpilles de Lancelot, est touché par un obus du Richelieu.
En fin de compte, c'est la quasi-totalité des bâtiments de la Navy engagés depuis trois jours dans l'opération qui sont plus ou moins endommagés.
Ce concert de mauvaises nouvelles, alors que le Résolution est en péril, conduit les navires britanniques à se retirer : à peine lancé, leur nouvel assaut vient d'avorter.

Lancelot en profite, et rentre enfin au port sous les hourras des équipages.

Du côté FFL, c'est la consternation. Pierre Messmer, embarqué sur le cargo Pennland avec ses camarades légionnaires, observe la retraite du cuirassé, et en pressent sur le champ la signification :
« Nous l'avons vu, maintenant nous voyons très bien, revenir vers nous avec une forte gîte sur bâbord.
Ce grand navire blessé, que d'autres, plus petits, entourent pour le secourir et le protéger, témoigne de notre échec et en même temps du courage et de l’habileté des marins français de Dakar égarés au service d’une mauvaise cause ».

Le jugement politique n’exclut pas le respect pour les adversaires du moment.
En réussissant à torpiller le Résolution, le Béveziers vient de sonner le glas de l’opération « Menace » : la Royal Navy ne peut se permettre de perdre ses cuirassés devant Dakar quand l’Angleterre est sous la menace d’une invasion allemande.

Le 10 octobre 1940, ce sous-marin, au nom prédestiné, est cité à l’ordre de l’armée de Mer pour avoir donné à la France et à sa marine leur première victoire depuis l’armistice.
Quelques jours plus tard, Lancelot est promu capitaine de frégate, cent jours à peine après avoir obtenu ses galons de « corvettard » !
Seul rescapé des trois submersibles engagés, le Béveziers a bénéficié de l’indéniable métier de son commandant, mais également de sa baraka.

Comme le reconnaîtra plus tard l’amiral Cunningham dans son rapport d’opérations, le torpillage réussi de Lancelot a ébranlé l’ambition britannique et puissamment contribué à l’échec final de l’opération.
De Gaulle, quant à lui, vient de connaître une défaite personnelle d’une gravité inédite.
Si Churchill, critiqué aux États-Unis et vivement contesté en Grande-Bretagne, lui accorde encore sa confiance, il est désormais hors de question qu’une nouvelle intervention de cette ampleur voit le jour dans un proche avenir.

Cette action d’éclat vaut à Lancelot les honneurs de l’Illustration, qui publie sa photo le 2 novembre 1940 au milieu de son état-major.
Il devient un symbole de la lutte contre les « menées anglo-gaullistes» en même temps qu’un outil de propagande pour Vichy.

Distinction suprême, son obéissance est récompensée, début 1941, par l’attribution de la francisque.
Le commandant du Béveziers se trouve donc pour la première fois l’instrument d’événements qui le dépassent.
Ce n’est pas la dernière…

Le Béveziers.

Spoiler:
Le commandant du Béveziers, Pierre Lancelot et ses officiers.



Le Béveziers rentrant sous les acclamations du Richelieu.



Dernière édition par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 8:20, édité 3 fois
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 6:57

La Bataille de Dakar-le 25
vu par le Capitaine de Vaisseau
Paul Bernard


Lorsque dans la matinée du 25 septembre vers 9 ou 10 h du matin, le "Resolution" a été torpillé par le sous-marin "Bévéziers", et le "Barham" a été touché par un 380 du "Richelieu".

Spoiler:
Je ne peux pas l’affirmer solennellement, mais sur le moment j’étais sur la passerelle supérieure du "D' Entrecasteaux ", puisque j’avais la responsabilité de la défense contre-avions, j’étais aux jumelles et je regardais attentivement et en permanence les bâtiments anglais j’ai eu fortement l’impression de voir osciller la tour d’un des deux cuirassés qui s’est révélé être le "Resolution", peut-être était-ce l’effet de la torpille du "Bévéziers". Je ne saurais le dire, toujours est-il que le "Resolution" a été gravement avarié, a été obligé d’entrer en réparations pour des mois à la suite de ce torpillage et que le "Barham" qui avait reçu un du "Richelieu" a été de son côté fortement avarié.

On m’a même raconté - mais je ne peux pas l’affirmer non plus - qu’à bord du "Barham" un Contre-Amiral anglais avait été tué. Ce qui me permet de dire que j’ai participé à un échelon fort modeste à une bataille contre la Marine anglaise, au cours de laquelle on a tué l’Amiral. Ce n’est peut-être pas la vengeance de Nelson à Trafalgar mais on peut néanmoins y penser. Toujours est-il que les Anglais ont rompu le combat, se sont écartés et que l’ affaire de Dakar pour nous a été terminée même si nous restés sur le qui-vive quelque temps. Donc, tout s’est bien terminé, mais je dois insister sur le fait que l’affaire a été très chaude.

Ce que nous avait dit notre Commandant sur le "D' Entrecasteaux " le premier soir, que nous serions certainement coulés, nous est apparu pendant longtemps, pendant plus de vingt-quatre heures comme une certitude absolue.

La bataille avait commencé dans la brume, pour nous elle s’est terminée dans la lumière.

Il faut bien parler des pertes ça représentait une centaine de morts parmi les notre, dont les 80 de "l’Audacieux", comme bateaux, donc "l’Audacieux" qui a été détruit et il n’a pas coulé immédiatement, mais n’a jamais renavigué et les deux sous-marins "Persée" et "Ajax " dont la totalité de l’équipage a été sauvée et a terminée dans les geôles anglaises pendant quelques mois avant de reprendre le combat quelques années plus tard.

Précisons également que le Commandant du "Bévéziers" qui torpilla le "Resolution" était un Nantais, le Capitaine de Corvette Lancelot.
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 6:59

les faits heures par heures :
La Journée du 25/9/1940


À partir de 4 h, les différents navires commencent à appareiller. Ce matin la visibilité s'annonce exceptionnellement bonne. De part et d'autre des avions de reconnaissance sont envoyés.
Spoiler:
À 5 h 30, 6 Curtiss décollent. Une heure plus tard, ils abattent, avec le concours de la D.C.A des navires, un Swordfish de l'Ark Royal. Les autres avions ne se risquent pas trop près de Dakar et regagnent le porte-avion.

À 7 h 40, le poste d'observation du château d'eau du cap Manuel signale l'arrivée des navires anglais.

À partir de 8 h 30 des rideaux de fumée sont tendus par le Hardi, le Malin, le Fantasque et la Surprise. Un canot à moteur va mouiller quelques fumigènes à l'est de la jetée où se trouve le Richelieu afin de parfaire cet écran de fumée.

L'ordre est donné par le gouverneur général de ménager les munitions. En effet, le Richelieu n'a que 24 charges de poudre pour les tourelles de 380.

Comme nous l'avons fait remarquer, la chasse française a la maîtrise du ciel et elle la gardera pendant toute la journée. En ce début de matinée, ils refoulent les avions d'observation et abattent le Warlus catapulté de l'Australia.

8 h 25, arrivée à 34000 mètres les navires anglais font demi-tour cap au sud, et ceci, pendant un quart d'heure. Puis remettent de nouveau le cap sur Dakar. Le Barham a pour objectif le Richelieu, le Resolution la batterie de l'île de Gorée, le Devonshire celle du cap Manuel et enfin l'Australia les croiseurs Montcalm et Georges Leygues.



À 9 h 4, arrivé à 22000 mètres la tourelle I du Richelieu ouvre le feu sur les cuirassés. Le Barham répond par une salve de 4 coups, celle-ci manque le Richelieu mais tombe à moins de 200m du Hardi qui manoeuvre à petite vitesse afin d'établir un rideau de fumée. Au même moment le Resolution est atteint par une ou plusieurs torpilles du sous-marin Bévéziers placé en embuscade au sud de Gorée. L'eau s'engouffre dans une brèche de 9m sur 15m , elle noie entre autres le compartiment machine bâbord. Le vieux cuirassé prend une bande de 12° ne lui permettant plus d'utiliser son artillerie. Il se retire aussitôt du combat. Entre temps, le Bévéziers plonge et met le cap sur l'île de Gorée. Le Foresight le grenade 4 fois sans causer d'avaries sérieuses.

Durant les minutes qui suivent, des tirs sont échangés de part et d'autre. Le Georges Leygues et le Montcalm sont encadrés plusieurs fois. Le Richelieu a sa tourelle de 152 qui tombe en avarie, par contre la tourelle I fonctionne parfaitement et encadre le Barham.

À 9 h 15 le Richelieu est atteint par un obus de 380mm qui tombe sur le pont où il produit un sillon. L'explosion intervient dans le poste d'équipage où il a pénétré, provoquant un début d'incendie rapidement maîtrisé par les équipes de sécurité. Il n'y a aucune perte de personnel.

À 9 h 20, l'avion de réglage de tir anglais est abattu par un Curtiss.

Une minute plus tard, l'escadre britannique fait demi-tour rompant le combat. En effet, Le Resolution est hors combat, les tirs du Richelieu sont de plus en plus précis, l'Australia est touché par deux fois par des obus de 152mm qui ne provoquent que des avaries sans gravité et c'est l'aviation française qui maîtrise le ciel. C'est cette résistance inattendue des Français et la peur de perdre des navires qui poussent l'amiral Cunningham à se retirer.

Tout au long de la matinée, les Français croient à l'imminence d'une attaque aérienne. L'Ark Royal fait décoller des Swordfish mais ce n'est que pour couvrir sa retraite contre une éventuelle riposte de Dakar.

Les Français envoient effectivement une contre-attaque composée de 3 bombardiers Glenn Martin 167F. Mais il n'y a qu'une seule bombe de 200 kg qui est larguée sur les navires anglais et elle tombe à 50 m du croiseur Faulknor. Les autres bombes sont délestées en mer à cause d'un mauvais fonctionnement. Certaines d'entre elles tombent entre le Georges Leygues et le Montcalm provoquant une alerte aérienne.

À partir de 10 h, le calme s'installe. Une vingtaine de minutes plus tard l'amiral ordonne de cesser la fumée. Les reconnaissances aériennes confirment la retraite des Britanniques vers Freetown. Dans le même temps, les radios mondiales annoncent la décision du gouvernement britannique de renoncer à poursuivre les opérations contre Dakar. L'opération Menace prend fin. Vers midi les croiseurs rentrent au port et reprennent le service normal.

Pourtant, une menace guette encore l'escadre de l'amiral Cunningham. En effet, le sous-marin Sidi Ferruch, qui convoie un cargo, reçoit l'ordre dés le 23, alors qu'il se trouve au large de Conakry, de rallier Dakar pour attaquer la force M. Le 25 vers 10 h, le Sidi Ferruch se trouve sur la route de retraite des Britanniques. Dans la journée il aperçoit les cheminées de deux paquebots qu'il essaye de chasser. Mais, il est repéré par des avions de l'Ark Royal qui le bombardent. Il est obligé de plonger en laissant s'échapper sa proie.
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Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 7:07

Images de la bataille de Dakar du 23, 24, 25 septembre 1940
Côté Dakar

Spoiler:

















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Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 7:17

Images de la bataille de Dakar du 23, 24, 25 septembre 1940

Côté Anglais


Spoiler:
L'Australia



Le Barham



L'Ark Royal







Le Resolution



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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 7:24

Images de la bataille de Dakar du 23, 24, 25 septembre 1940

Les avions

Spoiler:
swordfish touché



swordfish touché



Loire c130



Luciole de l'Ark Royal



formation de swordfish
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 7:29

Images de la bataille de Dakar du 23, 24, 25 septembre 1940

Les défenses côtières




Cap Manuel







L'île de Gorée



Tourelle de Gorée
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 7:38

Images de la bataille de Dakar du 23, 24, 25 septembre 1940

Le Richelieu

Spoiler:
Un obus de 380 provoque un début d'incendie



Croiseur passant devant le Richelieu















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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mer 31 Déc - 7:42

Images de la bataille de Dakar du 23 septembre 1940

L'Audacieux la fin







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