par BONNERUE Daniel le Sam 11 Aoû 2012 - 16:53
J'avais fait une subsistance de remplacement comme QM Maistrancier mécano à bord de l'ER «le Normand» en 1957, lors de l'épisode durant lequel la grippe décimait les équipages. J'ai embarqué à bord comme SM2 mécanicien en janvier 1958 en provenance de l'ER «le Boulonnais» sur lequel je venais de passer deux ans après ma sortie de l'école. Je ne suis resté à bord du Normand que jusqu'en juillet 1958. Lors de l'inspection de l'amiral GASM, le VA Georges CABANIER, je lui avais demandé audience pour obtenir la faveur de débarquer car le cipié, l'IM1 GIRAUD, faisait tout pour me casser les reins. Comme j'étais bien noté sur le Boulonnais et que le cipié tentait de me faire passer pour une crasse de meule sur un navire identique, il y avait quelque chose qui clochait. Après examen de mon livret individuel, l'amiral CABANIER a eu la gentillesse d'accéder à ma demande et j'ai rallié l'Algérie où je m'étais porté volontaire. Cet épisode m'a incité à ne pas rengager au bout de mes cinq ans, bien que, avec le grade de SM1 et les trois certificats techniques (Machine, chaufferie et diésel), je sois admis d'office au BS mécanicien.
Peu après mon débarquement, «le Normand» est parti en carénage à Sidi-Abdallah en Tunisie.
J'ai eu une grande satisfaction lorsque j'ai appris que l'IMP GIRAUD, ingénieur machine à bord du croiseur AA «De Grasse», s'était fait casser les reins pour faute professionnelle grave. C'est un copain de la promotion avant la mienne, avec lequel j'avais été embarqué sur «le Boulonnais» en 1956, qui en mer, lors d'une ronde, avait décelé une vibration anormale dans une turbine. Il avait alerté ses supérieurs et le navire était revenu à son port d'attache. Les trappes de visite de la turbine avaient été ouvertes et il avait été constaté que des ailettes du stator étaient en train de se desceller, ce qui aurait provoqué une catastrophe si elles s'étaient détachées définitivement, engendrant ce que nous appelions une «salade d'ailettes», ce qui aurait mis la turbine hors d'usage pour un bon moment rendant ainsi le navire indisponible. L'IMP GIRAUD ayant été appelé pour rendre un avis avait décidé qu'il n'y avait aucune gravité et qu'après avoir refermé la turbine, le bâtiment était en mesure d'appareiller. Prévenu, le cipié, un IMC qui avait donc sous ses ordres un IMP Chaufferie et un IMP machine (GIRAUD), à considéré qu'il y avait là une grave incompétence de son IMP machine et vous devinez la suite.
A l'époque, le commandant de l'ER de type E52 «le Normand» (F765) était le CF CHEVILLOTTE (nous étions chef de division) et l'officier en second le LV PIÉRI qui terminera sa carrière comme Vice-amiral commandant la force océanique stratégique (FOST).
J'ai retrouvé quelques copains du Normand (LE FRANÇOIS et BÉDÈRE) lorsqu'en 1959 il a fait escale à l'Unité Marine Oran où j'étais affecté. J'y étais chef mécanicien à bord du remorqueur de 700 ch Platane. Le Normand était commandé par le CF WASSILIEFF. Je me souviens bien, car c'était un dimanche et avec ma femme nous étions invités à déjeuner par mon copain de promotion François JACQUET à bord du remorqueur à vapeur Cotentin, j'ai discuté avec le commandant WASSILIEFF qui m'a d'abord demandé si je jouais au foot, auquel cas il était prêt à me rembarquer sur son bâtiment. Je lui ai répondu que je ne jouais pas au foot et qu'en plus je gardais un trop mauvais souvenir de mon passage sur le Normand.