Bonjour à tous,
Je suis assez nouveau à bord.
J'ai servi à la mer 1 an, 2 mois et vingt jours à bord du champenois.
C'est en recherchant des info sur cette époque que j'ai trouvé vos souvenirs et l'histoire du malheureux Réunionnais.
J'ai été acteur dans une situation semblable, mais qui elle s'est bien terminée.
Le dimanche 23 septembre 1968, vers 17 heures, par une belle soirée ensoleillée, nous glandions, mes camarades et moi, sur la plage AR du champenois.
C'était ma dernière journée de marin, quittant l'armée le lendemain.
Le Champenois était à quai au poste 4 Penfeld.
Un hurlement qui venais du pont de Recouvrance nous fit tourner la tête et nous vîmes une forme humaine tomber dans l'eau noire de la penfeld.
J'ai immédiatement hôté vareuse et chaussures et plongeât dans l'eau fraîche en direction des remous provoqués par la chute.
Un camarade, le QM Electricien Briand J.P en fit autant et vint me rejoindre.
Il n'y avait rien à la surface de l'eau et nous dûmes, semblables à des canards, passer sous l'eau pour chercher l'inconnu.
Par chance pour celui-ci, nous l'avons repéré flottant à 1 mètre sous la surface.
Bien que mécanicien diéséliste, j'étais sauveteur nautique depuis l'age de 15 ans.
Nous avons remonté un homme d'âge indéterminé à la surface et commencé le bouche à bouche dans l'eau. ( cette technique du bouche à bouche était toute nouvelle en France ).
Les collègues du Champenois étaient à nous regarder et il fallu un certain temps pour que l'un d'eux ai l'idée de nous lancer une bouée !!!
La police maritime vint au bout de 8 à 10 minutes, temps qui nous à permit de ramener l'infortuné plongeur à la vie.
Il va s'en dire qu'il nous a été réservé un accueil triomphale.
En même temps que l'on nous réchauffait l'extérieur du corps avec des serviettes, on nous réchauffait aussi l'intérieur avec de bonnes goulées de rhum.
Là où l'histoire devint cocasse, c'est que les autorités décidèrent de nous accorder 3 JOURS DE PERMISSION EXCEPTIONNELLE, et que j'ai donc fait du rab afin que nous recevions les félicitations de l'Amirauté.
A cette époque, le Commandant du Champenois était le Capitaine de Corvette GRANIER, L'Officier en Second le Lieutenant de Vaisseau MIOSSEC.
Pendant ces 3 jours où je ne pouvais pas rejoindre ma Lorraine, j'ai été hébergé au foyer du marin.
Cette histoire a eu lieu quelques mois après les évènement de Mai 1968. Les jeunes n'avaient pas très bonne réputation. L'article de presse ayant relaté ces faits monta en épingle ce sauvetage et nos photos parurent dans les reportages. Nous étions reconnus de la population qui nous félicitait.
Dès que je rentrais dans un café, c'était la tournée générale. ( vive l'aspirine )
Pour info, lorsque la police maritime vint nous interroger, 2 heures après notre baignade, elle nous dit que nous aurions dût le laisser se noyer !!!
Le Lascar était un petit truant de recouvrance qui s'était battu sur le pont et que son adversaire avait passé par dessus bord. Il engueulât et traita de tous les noms, les policiers venus l'interroger à l'hopital.
Ceci étant, tout mon temps passé dans la marine a été formidable de rencontres et expériences.
J'ai encore beaucoup d’anecdotes qui caressent délicieusement mes souvenirs.
C'est la première fois que je narre cette histoire et vous remercie d'avoir permis d'ouvrir la porte d'un coffre dont j'avais égaré la clé.
Si des camarades de l'époque se rappellent, il peuvent me contacter sur le site.
Bon vent à tous.
Technik