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    Navires de ligne et cuirassés

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    claude cabal
    QM 2
    QM 2

    Age : 64
    NON

    Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Jeu 27 Sep 2007 - 16:27



    © Editions Atlas

    Avec le Charlemagne et le Bouvet, le Gaulois faisait partie d’une classe de cuirassés puissants mais certainement démodés lorsque la guerre débuta, en 1914.

    LA CLASSE BOUVET
    Comme ses sistership — le Charlemagne et le Bouvet—, le Gaulois se caractérisait par un agencement nouveau de son artillerie principale répartie en quatre canons de 305 mm montés dans deux tourelles, une tirant en chasse et l’autre en retraite. Lancé en 1897, il disposait de 10 pièces de 138 mm, de 8 de 100 mm et de 2 tubes lance-torpilles. Sa ceinture blindée, bien qu’assez étroite, se développait sur toute la longueur de la coque, atteignant entre 250 et 400 mm en certains endroits

    DES BÂTIMENTS OBSOLETES
    Lorsque débuta la Grande Guerre, les trois navires de ligne de la classe Charlemagne étaient certes dépassés, puisqu’ils remontaient à l’ère des pré-dreadnoughts, mais ils n’en restaient pas moins redoutables et capables d’opérer dans des zones où les risques n’étaient pas trop importants. Engagé avec d’autres cuirassés français et britanniques dans la tentative de forcement du détroit des Dardanelles, en mars 1915, le Gaulois y fut sérieusement endommagé. Il devait être torpillé par la suite par un sous-marin allemand, l’UB-47, au large de la Crête, le 27 décembre 1916.

    CARACTERISTIQUES
    Type : cuirassé
    Moteurs : 3 groupes de machines à vapeur de 14 500 ch
    Dimensions : longueur, 118 m largeur, 20,50 m
    Tirant d’eau : 8,40 m








    La tragédie du Gaulois
    Le piège des Dardanelles


    Au début de la Grande Guerre, le Gaulois était certes dépassé, mais il constituait encore un des fleurons des bâtiments de ligne de la marine française.

    LES ALLIÉS SURESTIMENT LEUR PUISSANCE
    Les navires de l’Entente (coalition formée, entre autres, de la France, de l’Angleterre, de la Russie et de la Serbie) avaient bombardé pour la première fois les Dardanelles — détroit entre la presqu’île de Gallipoli et le continent asiatique, en novembre1914, peu de temps après l’entrée en guerre de la Turquie aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. En cette occasion, les croiseurs de bataille britanniques Indomitable et infatigable, ainsi que les cuirassés français Suffren et Vérité avaient canonné avec leur puissante artillerie les forts que les Turcs avaient érigés le long du détroit.
    Les Français et les Britanniques revinrent satisfaits de cette opération, pensant avoir infligé des pertes importantes à leur adversaire et surtout tirant un très net sentiment de supériorité de cette affaire. Pourtant, ils auraient dû se méfier de l’apparente mollesse de la réaction ennemie. Les forts et les batteries des Dardanelles disposaient d’une puissance de feu importante, et les champs de mines qui avaient été installés dans ces eaux étaient pour le moins redoutables.

    LA CATASTROPHE DU 18 MARS 1915
    Les bâtiments alliés étaient revenus aux Dardanelles trois mois plus tard, le 19 février 1915. Le Cornwallis, le Suffren, le Vengeance avaient lâché leurs bordées sur les ouvrages de l’ennemi, s’approchant de fort près, environ à 6 000 m seulement. Puis vint le fatidique 18 mars. Craignant de nouvelles attaques alliées, les Turcs, conseillés par les Allemands, avaient mouillé des mines de fond et des mines flottantes à l’entrée du détroit tant convoité. Ils y avaient installé des filets qui descendaient jusqu’à 70 m de profondeur et tendu des chaînes et des câbles d’acier.
    Sûre d’elle, le 18 mars, la flotte alliée progressa vers les Dardanelles, forte de dix bâtiments disposés sur trois lignes, avec notamment les cuirassés Français Gaulois, Charlemagne, Bouvet, Suffren et les croiseurs de bataille britanniques Ocean, Albion, Irresistible, Vengeance et Majestic.
    La catastrophe ne tarda pas à fondre sur les navires de l’Entente, qui ne parvinrent à détruire que 8 des 176 pièces d’artillerie mises en place par les Turcs et à endommager à peine quelques moellons des forts ennemis. L’un après l’autre, les bâtiments sont atteints soit par des obus de gros calibre, soit par des mines. Certains coulent, d’autres tentent d’échapper au sort tragique qui les attend. Le Bouvet va sombrer en quelques minutes et engloutir avec lui la plus grande partie de son malheureux équipage. Quant au Gaulois, il est gravement en dommage. Mais c’est compter sans la pugnacité et la présence d’esprit de son commandant, le capitaine de vaisseau Biard. Ne perdant pas son sang-froid, celui-ci fonce vers l’île des Lapins, à quelques milles des Dardanelles et y échoue son cuirassé agonisant. Le Gaulois, en bien piteux état, sera renfloué. Mais il sera torpillé et coulé en décembre 1916, près de Malte.


    claude cabal
    QM 2
    QM 2

    Age : 64
    NON

    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Jeu 27 Sep 2007 - 17:03


    © Editions Atlas

    Le Iéna, qui constituait une version améliorée des bâtiments de la classe Charlemagne, connut un destin tragique en rade de Toulon en 1907.

    UN CHARLEMAGNE AMÉLIORÉ
    Le Iéna, dont le déplacement atteignait 12 100 t, était une amélioration du Charlemagne: distance franchissable plus importante, ceinture plus forte et artillerie plus puissante. Construit exclusivement en acier, il se caractérisait par un cofferdam en arrière de la ceinture. Lancé en septembre 1898, ce bâtiment disposait d’une ceinture en acier cémenté du Creusot de 232 à 320 mm, et d’un réduit central de 80 à 120 mm. Les ponts blindés et les pare-éclats atteignaient une épaisseur de 34 à 83 mm. Ce navire était propulsé par trois machines développant une puissance totale de 15 500 ch.


    LA CATASTROPHE DU IENA
    Le Iéna connut une fin tragique, dans le bassin de Missiessy à Toulon, où il se trouvait au mouillage en mars 1907. Une terrible explosion se produisit à bord de ce bâtiment, du fait de l’instabilité des poudres colloïdales utilisées pour son artillerie, mais aussi en raison de certaines négligences et du mauvais entretien du matériel, 118 officiers et marins périrent à l’occasion de cette tragédie, qui eut un retentissement national et se renouvela quatre ans plus tard avec un autre navire, la Liberté.

    CARACTERISTIQUES
    Type : cuirassé
    Propulsion : 3 machines à triple expansion totalisant 15 500 ch.
    Dimensions : longueur, 123 m ; largeur, 21 m
    Tirant d’eau : 8,40 m
    Vitesse : 18 nœuds

    ARMEMENT

    L’armement du Iéna se composait de 4 canons de 305 mm en tourelles doubles, manœuvrées manuellement ou électriquement. Il disposait aussi de 8 canons de 164 mm montés en casemates simples, de 8 canons de 100 mm sur le pont supérieur et de 24 canons de 47 mm. Enfin, il était équipé de 4 tubes lance-torpilles sous la flottaison, disposition répandue à l’époque sur les gros bâtiments.

    Jean Veillon
    CAPITAINE DE CORVETTE
    CAPITAINE DE CORVETTE

    Age : 75
    NON Mécanicien

    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par Jean Veillon le Jeu 27 Sep 2007 - 18:11

    Pour ce qui est des Dardanelles, les noms des forts turcs défendant le détroit et auxquels Claude Cabal fait allusion, ont été donnés aux 3 tourelles de 127 de l'Escorteur d'Escadre portant le nom de l'amiral ayant participé aux opérations avec sa marque sur le Suffren. Il s'agit - vous l'avez deviné - de l' Amiral GUEPRATTE. Ces 3 tourelles avaient pour noms: KOUM KALEH, SEDDUL BAHR, et CHANAK

    claude cabal
    QM 2
    QM 2

    Age : 64
    NON

    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Jeu 27 Sep 2007 - 20:27

    Merci Jean Veillon pour ces précisions

    claude cabal
    QM 2
    QM 2

    Age : 64
    NON

    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Ven 28 Sep 2007 - 16:36


    © Editions Atlas

    Le cuirassé Liberté appartenait à une classe de quatre bâtiments dérivée du Patrie et constituée du Démocratie, du Justice et du Vérité, lancés entre 1904 et 1907.

    LES CUIRASSES DE PREMIER RANG

    Construit par les chantiers de la Loire, à Saint-Nazaire, le Liberté était un bâtiment déplaçant 14 900 t et s’inscrivant dans la classe dite des cuirassés de premier rang. Mis sur cale en 1903, le navire, caractérisé par trois cheminées, fut lancé en avril 1905 et achevé en 1907. Ce cuirassé, dont le blindage atteignait 260 mm à 280 mm à la ceinture et 280 mm pour les tourelles principales, était puissamment armé. il emportait en effet deux tourelles — une en chasse et une en retraite — comportant chacune deux canons de 305 mm tirant sur un arc de 260°. L’armement secondaire comptait dix tourelles de 194 mm, d’autres pièces moins lourdes (65 mm et 45 mm) et quatre tubes lance-torpilles.


    UNE CATASTROPHE POUR LA MARINE FRANÇAISE
    Affecté à la flotte de Méditerranée, le cuirassé Liberté n’y servit guère très longtemps, quatre ans à peine. Il explosa dans le port de Toulon, le 25 septembre 1911, tuant deux cents officiers et marins, qui furent enterrés en grande pompe, avec la présence des plus hautes autorités de l’État, dont le président de la République. Malgré son armement lourd, le cuirassé Liberté rappelait encore beaucoup par sa forme les grands voiliers de guerre du siècle précédent. Il pouvait d’ailleurs hisser des voiles sur ses deux grands mâts, en soutien de ses turbines de 18 000 ch.

    LA CATASTROPHE DU LIBERTÉ

    Le Liberté ne fut pas le seul cuirassé à être détruit par une explosion accidentelle de ses magasins à munitions. Le 12 mars 1907, déjà, le navire de ligne léna avait subi le même sort, engendrant une tragédie qui choqua profondément l’opinion. Près de 120 officiers et hommes d’équipage trouvèrent la mort en cette occasion, sans parler de dizaines d’autres blessés. Un peu plus de quatre ans plus tard, le Liberté devait subir le même sort, le 25 septembre 1911, dans le bassin de Missiessy, à Toulon. La raison essentielle de cette catastrophe tenait à l’instabilité des poudres colloïdales utilisées par marine française, mais aussi à de nombreuses négligences dans l’entretien des navires.

    CARACTERISTIQUES
    Type : cuirassé de premier rang
    Moteurs : 3 turbines de 18 000 ch. actionnant 3 hélices
    Dimensions : longueur, 134 m ; largeur, 24 m
    Tirant d’eau : 8,40 m
    Vitesse:18 nœuds soit 34 km/h
    Distance franchissable : 8 400 milles ou 15 500 km

    claude cabal
    QM 2
    QM 2

    Age : 64
    NON

    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Ven 28 Sep 2007 - 20:58


    © Editions Atlas

    Le Danton et les bâtiments de sa classe inscrivaient dans la catégorie des pré-¬dreadnoughts (cuirassés), précédant de peu la révolution technique qu’entraîna l’apparition des dreadnoughts.

    L’ÈRE DES PRÉDREADNOUGHT
    Le Danton, premier d’une importante classe de cuirassés qui aurait dû comprendre six bâtiments, fut mis en chantier en 1906. C’était un navire de la catégorie des pré-dreadnoughts, c’est-à-dire ces bateaux robustes et fortement armés annonçant déjà l’ère des cuirassés modernes et marquant une transition importante, tout comme les Lord Nelson britanniques et les Deutschland allemands. Caractérisé par cinq cheminées, il mettait en œuvre les premières turbines Parsons jamais installées sur un navire français. Le Danton était armé de deux canons de 305 mm, six de 240 mm, seize de 75 mm et deux tubes lance-torpilles de 450


    TORPILLE PAR UN SOUS-MARIN U-64
    Une autre caractéristique du Danton résidait dans sa ceinture cuirassée d’une épaisseur de 200 mm à 255 mm, à ses ponts au blindage de 75 mm et à ses tourelles blindées à raison de 225 mm à 280 mm. Le cloisonnement intérieur des bâtiments de cette classe avait été particulièrement soignée, ce qui se vérifia lorsque le Voltaire fut touché par deux torpilles tirées par le sous-marin allemand UB-48 et ne coula pas. Le Danton, lui, fut attaqué par un sous-marin, l’U-64, en 1917. Touché, il sombra très lentement, donnant à son équipage le temps de l’évacuer.

    CARACTERSTIQUES
    Type : cuirassé
    Moteurs : 4 groupes de turbines à vapeur de 22 500 ch
    Dimensions : longueur, 146,60 m largeur, 25,80 m
    Tirant d’eau : 8,70 m
    Déplacement : 19 760 t
    Équipage : 920 hommes
    Vitesse de croisière en nœuds : 29





    Le Danton torpillé en Méditerranée
    Le 19 mars 1917, le cuirassé français, pourtant conçu pour résister aux torpilles, est attaqué et coulé par un sous-marin allemand. Son commandant et 301 hommes d’équipage périssent dans le naufrage.

    UNE PROIE FACILE
    Le Danton arrive au sud-ouest de San Pietro vers 13 h 15, précédé par la Massue. Le vent est nul, la mer clapoteuse, les lames atteignent un mètre conditions favorables à l’attaque d’un sous-marin. Depuis une heure, l’U-64 a repéré sa proie; il attend qu’elle se rabatte sur lui pour lui envoyer deux torpilles à bout portant. Les vigies en repèrent les sillages mais trop tard pour réagir.
    Le grand cuirassé est frappé coup sur coup sur bâbord, à l’avant et au centre. Il s’incline de 5° en plongeant de l’avant et s’immobilise dans cette position. Le commandant Delage a la conviction que le bâtiment peut tenir et appelle l’équipage aux postes de combat. Cependant, après une dizaine de minutes, l’officier doit se rendre à l’évidence, la blessure est mortelle. Il donne alors l’ordre de mettre les embarcations à la mer, mais Il est bien trop tard.

    LE NAVIRE CHAVIRE
    Tout l’équipage est sur le pont. Les ceintures de sauvetage dernier modèle n’ont pas été distribuées, et rien n’a été prévu pour les cinquante-cinq passagers. Le dernier ordre du commandant, qui se tient cramponné sur la passerelle, est de faire presser l’évacuation. Au cri de “Vive la France “, chacun quitte son poste et se jette dans la mer.
    Le cuirassé coule droit, puisque lorsque l’eau arrive à la hauteur du pont, il chavire et reste quelques instants la quille en l’air, les hélices tournant encore. Puis il s’enfonce enfin de l’avant.
    Il est 13 h 55. L’agonie du navire s’est prolongée trente minutes. Les naufragés sont pour la plupart accrochés à des épaves. La Massue va s’évertuer, deux heures durant, à les sauver avant d’être relayée par des chalutiers. Près de 800 hommes sont saufs, mais les pertes sont lourdes : 11 officiers et 291 hommes d’équipage qui ont pour la plupart succombé à la congestion ou à la fatigue avant l’arrivée des secours. Le corps de Delage ne sera pas retrouvé; il avait choisi le Danton pour tombeau.


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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Mar 2 Oct 2007 - 16:39


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    Avec le Danton, le Diderot, le Condorcet, le Mirabeau et le Vergniaud, le Voltaire faisait partie d’une classe de cuirassé, dits de premier rang qui s’illustra pendant la Grande Guerre.

    UN ARMEMENT CONSÉQUENT
    Lancée au milieu de la première décennie du XXe siècle, la classe Danton devait comprendre six unités s’inscrivant dans la génération des pré-dreadnought (pré-cuirassés). Le Voltaire lui-même fut mis sur cale en 1907, aux chantiers de La Seyne, et lancé en 1909. Entré en service en 1911, il était doté d’un armement principal constitué de quatre canons de 305 mm montés deux par deux dans des tourelles tirant en chasse et en retraite. L’armement secondaire, quant à lui, comportait douze pièces de 240 mm réparties en six tourelles placées sur le pont supérieur du bâtiment. Hormis des pièces de moindre calibre, dont des 47 mm, le Voltaire disposait de deux tubes lance-torpilles sous-marins latéraux Sa cuirasse atteignait une épaisseur de 200 mm à 230 mm au centre et de 170 mm a 210 mm à l’arrière.

    UNE LONGUE CARRIÈRE
    Une des principales caractéristiques de ce navire résidait dans son important cloisonnement intérieur, qui lui valut de résister, au cours de la Grande Guerre, au tir de deux torpilles lancées par le sous-marin allemand UB-48. Réparé, le Voltaire poursuivit une carrière qui se révéla fort longue. Refondu en 1923-24, il fut retiré du service en 1937.


    CARACTÉRISTIQUES
    Type : cuirassé
    Moteurs : 4 turbines à vapeur de 22500 ch. entrainant 4 arbres d’hélices
    Dimensions : longueur, 145 m ; largeur, 25,60 m
    Tirant d’eau : 8,44 m
    Équipage : 920 hommes
    Distance franchissable en milles : 8300, 15000 km


    claude cabal
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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Mar 2 Oct 2007 - 18:15


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    La Bretagne, la en 1940, le dernier représentant d’une classe de trois cuirassés conçus avant la guerre de 1914-1918 et qui servit dans la marine française jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

    LA CLASSE BRETAGNE
    La Provence fut programmée au budget de 1912. Mis sur cale en juin 1912, aux chantiers de Lorient, ce bâtiment fut lancé le 20 avril 1913 et entra en service pendant la Première Guerre mondiale, en 1916. Reprenant la coque de la classe Courbet, la Provence était en quelque sorte une réplique de ce type de navire, à l’exception de son artillerie, d’un calibre plus conséquent. Cependant, la portée des canons de 340 mm qui armaient les deux cuirassés de cette classe était limitée à 12 000 mn, contre de 18 000 à 20 000 m pour les bateaux des autres marines du fait de leur trop faible débattement.

    LA PROVENCE AU COMBAT
    Engagée en Méditerranée pendant la guerre, la Provence fut basée notamment à Corfou. En juin 1919, des mutineries se déroulèrent à son bord, dans le port de Toulon. Remis à niveau en 1919-1920, ce navire subit une importante refonte à Brest, de 1932 à 1935, bénéficiant notamment d’une chaufferie au mazout et d’un système de télémétrie amélioré. Par ailleurs, la hausse de ses canons se trouva portée à 25 000 m. Néanmoins, ce bâtiment était certainement démodé au commencement de la Seconde Guerre mondiale. Intégrée dans l’escadre de l’Atlantique, la Provence mouillait à Mers el-Kébir au début du mois de juillet 1940. Gravement endommagé, le cuirassé regagna la métropole et fut sabordé à Toulon, en novembre 1942.


    CARACTERISTIQUES
    Type : cuirassé
    Moteurs : turbines Parsons de 43 000 ch.
    Dimensions : longueur, 166 m ; largeur, 27 m
    Tirant d’eau : 9,80 m

    Maurel
    CAPITAINE DE CORVETTE
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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par Maurel le Mar 2 Oct 2007 - 18:52

    Superbe série ces cuirassiers, ils y avaient du tonnage a l'époque. Merci pour cette documentation.

    claude cabal
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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Mer 3 Oct 2007 - 18:02


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    Orgueil de la marine française à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le Dunkerque prit part à la tragique affaire de Mers-el-Kébir.

    CONTRER LES CUIRASSÉS DE POCHE ALLEMANDS
    Le Dunkerque, tout comme son sistership le Strasbourg, fut conçu en vue de contrer la menace représentée par les cuirassés de poche réalisés par l’Allemagne au cours des années trente mais s’inspirait d’un programme plus ancien, en date du milieu des années vingt. Mis sur cale en décembre 1932, le Dunkerque fut lancé en octobre 1935 et entra en service en mai 1937. Caractérisé par une artillerie principale faite de deux tourelles quadruples de 330 mm placées à la poupe, à la manière des Nelson britanniques, le cuirassé français comportait seize pièces de 130 mm à capacité antiaérienne et huit pièces de 37 mm.


    DE MERS EL-KÉBIR A TOULON
    Engagé dans la lutte contre les corsaires allemands au début des hostilités, le Dunkerque passa de l’Atlantique à la Méditerranée en avril 1940 et se retrouva à Mers el-Kébir, dans la force de raid de l’amiral Gensoul, au moment de l’armistice du mois de juin. Là, il subit les attaques de la Royal Navy, encaissant des obus de 380 mm. Puis, le 6 du même mois, il fut attaqué par l’aviation britannique et gravement endommagé. Réparé, il parvint à gagner la base de Toulon en février 1942. Mis sur cale, il fut sabordé en novembre, lorsque les Allemands tentèrent de s’emparer de la flotte française, et ferraillé en 1958.

    CARACTERISTIQUES
    Type : croiseur de bataille
    Moteurs : turbines de 130 000 ch.
    Dimensions : longueur, 214 m largeur, 31 m
    Tirant d’eau : 8,50 m
    Distance franchissable : 7 500 milles ou 13 900 km

    LE SABORDAGE DE TOULON
    Les Alliés ayant débarqués en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, l’armée allemande franchit, quelques jours plus tard, la ligue de démarcation et s’empara de la partie non occupée de la France, Encerclant la base de Toulon, où se trouvait l’essentiel de la flotte de combat française, les Allemands restèrent quelque temps l’arme au pied. Malgré tes appels de ralliement lancés par l’amiral Darlan, alors en Afrique du Nord, les bâtiments français ne quittèrent pas la métropole. Ils se trouvaient encore à Toulon lorsque, le 27 novembre, Hitler donna l’ordre de les capturer. L’amiral de Laborde donna alors l’ordre de sabordage.

    claude cabal
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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Lun 8 Oct 2007 - 18:04


    © Editions Atlas

    Le traité de Washington sur les limitations navales interdisait aux grandes puissances maritimes de se lancer dans la construction de grands bâtiments de guerre. La France, puissance navale de second plan, fut autorisée à se doter, au cours des années vingt, de deux grosses unités, le Dunkerque et le Strasbourg.

    LA REPONSE FRANÇAISE AUX SUPER-CUIRASSES ALLEMANDS
    En 1933, les Français pensaient se doter d’un super-cuirassé mais le programme allemand de cuirassés de poche les amena à réviser complètement leurs plans avec le Strasbourg et le Dunkerque qui disposaient d’un blindage de 140 à 250 mm à la ceinture, de 125 à140 mm sur le pont et de 330 mm sur les tourelles. Conçus pour relever le défi allemand, ces deux croiseurs de bataille s’inspiraient beaucoup des bâtiments britanniques de la classe Nelson. Ils comprenaient un massif château central et portaient leur artillerie lourde à l’avant, groupée en deux tourelles de quatre pièces chacune. Le Strasbourg était armé de huit canons de 330 mm, de seize canons de 130 mm, de huit canons antiaériens de 37 mm et de 32 mitrailleuses antiaériennes. Il emportait également quatre hydravions.

    COULÉ EN AOÛT 1944 PAR DES AVIONS AMÉRICAINS
    Mis sur cale a Saint-Nazaire en novembre 1934, le Strasbourg fut lancé le 12 décembre 1936 et acheva ses essais au début de 1939. Le Dunkerque et le Strasbourg présentaient plusieurs défauts. Leur autonomie était modeste et leur armement secondaire, mal réparti. En principe, les canons de 130 mm devaient louer un rôle mixte, mais leurs affûts, mal conçus et mal placés, réduisaient leur efficacité. L’artillerie antiaérienne, qui aurait dû se trouver au centre, occupait en fait la plage arrière, qui eût mieux convenu aux pièces à faible élévation. En dépit de ces imperfections, le Dunkerque et le Strasbourg, bien profilés et bien équilibrés, valaient leurs homologues italiens et allemands. Coulé en août 1944 par des avions américains, le Strasbourg fut utilisé au large de la presqu’île de Giens pour des expériences sur les explosions sous-marines, puis sa coque fut envoyée à la casse en mai 1955.

    CARACTERISTIQUES
    Type : croiseur de bataille
    Moteurs : 4 turbines Parson, 4 hélices, totalisant 130 000 ch.
    Dimensions : longueur hors tout, 214 m ; largeur, 31 m
    Tirant d’eau en charge : 8,50 m
    Vitesse : 31 nœuds
    Équipage : 1500 hommes (plus de 2 000 en temps de guerre)
    Distance franchissable en milles : 7 500 ou 13 500km


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    Dernière édition par le Mar 9 Oct 2007 - 8:40, édité 1 fois

    jeancanon
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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par jeancanon le Lun 8 Oct 2007 - 18:41

    Salut à tous,
    superbe cette série sur les cuirrassiers,
    je recherche des infos sur "Le Courbet",
    si tu en a claude, se serait sympa de les communiquer
    Merci

    claude cabal
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    Age : 64
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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par claude cabal le Lun 8 Oct 2007 - 19:14

    Jeancanon, effectivement j'ai la fiche du Courbet que j'ai mis sur le forum à cette adresse.
    http://www.anciens-cols-bleus.net/SURFACIERS-f3/DE-TRES-VIEUX-BATIMENTS-t3776-40.htm

    Patrick le SCOUARNEC
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    Age : 66
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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par Patrick le SCOUARNEC le Lun 8 Oct 2007 - 19:20

    pour Jeancanon,

    Je te signale les livres :

    - "les cuirassés de 23500 tonnes" de Robert Dumas et Jean Guiglini chez Lela Presse, collection Navires & Histoire des Marines du Monde n° 6

    - "le Courbet, le cuirassé de toutes les batailles" de Patrick David, Serge David et Yves Marchaland chez Les Editions Du Bout Du Monde, légendes de mer

    Deux régals...

    jeancanon
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    Age : 57
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    Re: Navires de ligne et cuirassés

    Message par jeancanon le Lun 8 Oct 2007 - 20:16

    Claude, merci pour les infos

      La date/heure actuelle est Dim 19 Mai 2013 - 21:13