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Avec le Charlemagne et le Bouvet, le Gaulois faisait partie d’une classe de cuirassés puissants mais certainement démodés lorsque la guerre débuta, en 1914.
LA CLASSE BOUVET
Comme ses sistership — le Charlemagne et le Bouvet—, le Gaulois se caractérisait par un agencement nouveau de son artillerie principale répartie en quatre canons de 305 mm montés dans deux tourelles, une tirant en chasse et l’autre en retraite. Lancé en 1897, il disposait de 10 pièces de 138 mm, de 8 de 100 mm et de 2 tubes lance-torpilles. Sa ceinture blindée, bien qu’assez étroite, se développait sur toute la longueur de la coque, atteignant entre 250 et 400 mm en certains endroits
DES BÂTIMENTS OBSOLETES
Lorsque débuta la Grande Guerre, les trois navires de ligne de la classe Charlemagne étaient certes dépassés, puisqu’ils remontaient à l’ère des pré-dreadnoughts, mais ils n’en restaient pas moins redoutables et capables d’opérer dans des zones où les risques n’étaient pas trop importants. Engagé avec d’autres cuirassés français et britanniques dans la tentative de forcement du détroit des Dardanelles, en mars 1915, le Gaulois y fut sérieusement endommagé. Il devait être torpillé par la suite par un sous-marin allemand, l’UB-47, au large de la Crête, le 27 décembre 1916.
CARACTERISTIQUES
Type : cuirassé
Moteurs : 3 groupes de machines à vapeur de 14 500 ch
Dimensions : longueur, 118 m largeur, 20,50 m
Tirant d’eau : 8,40 m


Le piège des Dardanelles
Au début de la Grande Guerre, le Gaulois était certes dépassé, mais il constituait encore un des fleurons des bâtiments de ligne de la marine française.
LES ALLIÉS SURESTIMENT LEUR PUISSANCE
Les navires de l’Entente (coalition formée, entre autres, de la France, de l’Angleterre, de la Russie et de la Serbie) avaient bombardé pour la première fois les Dardanelles — détroit entre la presqu’île de Gallipoli et le continent asiatique, en novembre1914, peu de temps après l’entrée en guerre de la Turquie aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. En cette occasion, les croiseurs de bataille britanniques Indomitable et infatigable, ainsi que les cuirassés français Suffren et Vérité avaient canonné avec leur puissante artillerie les forts que les Turcs avaient érigés le long du détroit.
Les Français et les Britanniques revinrent satisfaits de cette opération, pensant avoir infligé des pertes importantes à leur adversaire et surtout tirant un très net sentiment de supériorité de cette affaire. Pourtant, ils auraient dû se méfier de l’apparente mollesse de la réaction ennemie. Les forts et les batteries des Dardanelles disposaient d’une puissance de feu importante, et les champs de mines qui avaient été installés dans ces eaux étaient pour le moins redoutables.
LA CATASTROPHE DU 18 MARS 1915
Les bâtiments alliés étaient revenus aux Dardanelles trois mois plus tard, le 19 février 1915. Le Cornwallis, le Suffren, le Vengeance avaient lâché leurs bordées sur les ouvrages de l’ennemi, s’approchant de fort près, environ à 6 000 m seulement. Puis vint le fatidique 18 mars. Craignant de nouvelles attaques alliées, les Turcs, conseillés par les Allemands, avaient mouillé des mines de fond et des mines flottantes à l’entrée du détroit tant convoité. Ils y avaient installé des filets qui descendaient jusqu’à 70 m de profondeur et tendu des chaînes et des câbles d’acier.
Sûre d’elle, le 18 mars, la flotte alliée progressa vers les Dardanelles, forte de dix bâtiments disposés sur trois lignes, avec notamment les cuirassés Français Gaulois, Charlemagne, Bouvet, Suffren et les croiseurs de bataille britanniques Ocean, Albion, Irresistible, Vengeance et Majestic.
La catastrophe ne tarda pas à fondre sur les navires de l’Entente, qui ne parvinrent à détruire que 8 des 176 pièces d’artillerie mises en place par les Turcs et à endommager à peine quelques moellons des forts ennemis. L’un après l’autre, les bâtiments sont atteints soit par des obus de gros calibre, soit par des mines. Certains coulent, d’autres tentent d’échapper au sort tragique qui les attend. Le Bouvet va sombrer en quelques minutes et engloutir avec lui la plus grande partie de son malheureux équipage. Quant au Gaulois, il est gravement en dommage. Mais c’est compter sans la pugnacité et la présence d’esprit de son commandant, le capitaine de vaisseau Biard. Ne perdant pas son sang-froid, celui-ci fonce vers l’île des Lapins, à quelques milles des Dardanelles et y échoue son cuirassé agonisant. Le Gaulois, en bien piteux état, sera renfloué. Mais il sera torpillé et coulé en décembre 1916, près de Malte.







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