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GEORGES LEYGUES (Croiseur)

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GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Jeu 29 Mai 2008 - 16:50

Avant la guerre, comme chacun sait nous avions une forte marine et parmi cette flotte se distinguaient six croiseurs.
Ils se nommaient: Gloire, Montcalm, Georges-Leygues, La Galissoniière, Jean de Vienne, la Marseillaise ; je ne connais pas leur date de sortie de leur chantier respectif.
Après la guerre, seuls restaient les trois premiers nommés.

Spoiler:
En 1950, j'ai eu la chance d'embarquer sur le Georges et, de ce bateau, mon premier embarquement, j'en garde un souvenir impérissable, même si ce ne fut pas le meilleur de ma carrière.
C'est le bateau où j'ai tout appris ce que doit connaître un matelot.
Voici donc le récit de mon arrivée à Bord, à la mi-décembre 1950.


Les étonnements du nouvel embarqué :


Un mercredi matin de la mi-décembre 1950, ce n'est pas peu fier que je franchissais la coupée du croiseur Georges-Leygues, auréolé d'ornements disposés sur chacune de mes manches, c'est-à-dire d'un galon de laine rouge, et puis, au haut du bras gauche, de l'insigne de timonier, marques que j'avais acquises le 30 novembre dernier, à la fin de mon cours de brevet élémentaire de cette spécialité, à la fin de ce cours de six mois qui avait eu lieu au fort du Cap-Brun près de Toulon. A la coupée de ce grand bâtiment de guerre, en faction, se tenait un Q/M canonnier, trônant avec importance du haut de son mètre et quatre vingt cinq centimètres, fronçant les sourcils, afin d'évaluer si j'avais correctement salué le pavillon national hissé à la poupe du navire, comme on nous avait enseigné à le faire au cours. Le grand croiseur se trouvait alors amarré à l'appontement de Milhaud 6, sa place habituelle. J'expliquai au quartier-maître, avec des vouvoiements plus longs que mes bras nouvellement galonnés, que j'embarquais sur le croiseur, ce qu'il put constater au vu de ma feuille de route et de mon sac rempli à bloc que je venais de poser près de lui, et aussi à la façon rigide et gauche dont j'avais pu saluer vers l'arrière. Ce Q/M important (Hery) - qui devint l'un de mes bons amis, ici, et plus tard sur un autre bateau (le Golo), en Indochine - ayant pu vérifier « que je n'étais pas un espion », appela un planton qui me dirigea vers le poste E tribord, dans lequel logeaient les timoniers, les radios et les transfilistes.
Les membres du logement E3 se trouvaient alors au poste de lavage, qui est le moment matinal pendant lequel tout l'équipage œuvre à la propreté du navire. Deux matelots du service Trans, peignaient ici ou là, au plafond, sur les parois, sur les barreaux d'où les tables avaient été descendues. Un autre astiquait avec une toile émeri les épontilles, un quatrième, à genoux grattait le pont blindé, lui aussi avec une autre toile émeri très épaisse et une brosse métallique.
- Ah ! un nouveau, annonce l'un de ces corvéables ; bah ! encore un tim, précise-t-il, au vu de mon insigne, déçu que le renfort ne fût point pour son service, la radio.
- Tu sais peindre, toi, au moins, interroge un autre, un tout petit, le pinceau à la main, une coiffe blanche de bonnet sur la tête, surnommé Quiquette (J.Jouines, plus tard du Golo), vu sa taille qui n'était pas beaucoup plus importante que l'organe du même nom, et voulant sans doute m'impressionner :
Et moi de répondre naïvement :
- Mais… je suis matelot timonier… je ne suis pas peintre, je n'y connais rien en peinture. Je n'embarque pas pour faire de la peinture.
- T'en fais pas, même si t'es pas doué pour le manche du pinceau, tu vas bien t'y faire, ah !ah !ah ! on va te réserver une place dans l'équipe de la peinture de coque, et ça commence lundi prochain.
Gageons que, vu la surface de coque du Georges-Leygues, je ne tarderai pas à devenir matelot peintre autant que matelot timonier ; et je peindrai peut-être, entre les passerelles, qui sont les lieux de travail des timoniers, et les corvées de coque où tout l'équipage avait l'occasion d'intervenir, des décamètres carrés de ce croiseur !
Survient alors, un matelot timonier, (G.Biens, plus tard du Golo également) sifflotant en descendant prestement l'échelle du poste, dos aux marches, comme tous les marins savent le faire au bout de quelques jours d'embarquement (tandis que moi j'avais descendu à reculons, le derrière en avant, tenant la rampe d'une main, et de l'autre cramponnant mon sac). J'avais, à ce moment même, entendu l'un des matelots présents dire : tiens ! un biffin ; je ne savais pas que cette exclamation s'adressait à moi.
- C'est donc toi le nouveau timonier ? me demande le siffloteur, allez viens avec moi, on va commencer à faire tes mouvements, je vais te guider.
- Je me mets en tenue de sport ?
- Mais non, couillon ! il s'agit de te présenter dans tous les bureaux du bord. Et puis chez le bidel et puis voir le capitaine de compagnie, mais chez le pitaine c'est le PM qui t'y mèneras… et puis tu verras bien. Tiens ! j'ai ta feuille de mouvements, il y a vingt signatures à obtenir, avec toute les fiches à remplir, on en a quasiment pour la journée. Là-haut, il sont tous entrain de repeindre la passerelle, aujourd'hui, je coupe à la corvée. On va pas trop se presser, ajoute-t-il, presque à voix basse, la main à la bouche… La matinée va passer comme ça…
- Tu m'en diras tant ; j'avais cru comprendre que nous allions faire des mouvements de gymnastique…
Le lendemain matin, branle-bas à six heures et demie comme sur tous les bateaux de la Marine Nationale au mouillage. Pour le petit déjeuner, les tables sont disposées par les hommes désignés et, quinze minutes plus tard, alors que tous les hamacs sont obligatoirement rangés dans les bastingages, les hommes de gamelles arrivent avec ce repas matinal. L'un est allé à la cuisine et en rapporte un bidon de café, contenu dans le récipient qui sert aussi pour le vin servi aux repas de midi et du soir ; l'autre revient de la cambuse avec son assiette métallique remplie de confiture et un gros pain provenant de la boulangerie de l'arsenal, le tout pour les huit personnes que nous sommes à la table.
Il est vrai que pour mon premier petit déjeuner sur le Georges-Leygues, c'est un peu maigre ; à l'école du Cap Brun, ce repas matinal était identique, j'étais habitué. Mais je rentre de permission, j'ai passé deux semaines chez mes parents où j'ai repris mes habitudes de paysan, c'est-à-dire faire un solide repas matinal avec du salé, des rillettes, du saucisson, du fromage, parfois des œufs, le tout arrosé d'un demi-litre de rouge (selon le règlement des paysans de chez nous), suivi du café et de la goutte.
Je fais donc comme mes sept camarades, dont je ne connais pas encore tous les noms, après avoir sorti le quart et l'assiette métallique du caisson, je mange mon pain trempé dans le café qui a été sucré en cuisine ; la part de confiture qui me revient est dans mon assiette. Tout en la mangeant avec ma petite cuiller, je les observe, j'observe leurs gestes, j'écoute leurs paroles ; un matelot qui embarque pour la première fois a tout à apprendre, et Dieu sait s'il y en à apprendre sur un grand navire ! et je ne désire pas me faire traiter de biffin.
Soit dit en passant, j'ai eu de la chance, je m'attendais à quelques tours de cochon, en tant que nouvel embarqué bien naïf, un bizutage en somme ; je n'ai eu droit à rien, les hommes du poste E ont été vachement sympa !
Tout en avalant ce déjeuner bien léger, à un certain moment, au hasard des paroles prononcées par mes camarades, je crois comprendre que tout le repas n'a pas été disposé sur la table, qu'il y aurait encore autre chose à manger. Ah bon, tant mieux ! je vais pouvoir me caler l'estomac, pensai-je ; c'est peut-être un croissant ? ou encore du pain bien frais ? En effet, quelque peu échelonnés dans le temps, un des hommes responsable de la gamelle de chacune de nos trois tables qui composent le poste E3, c'est à dire vingt-quatre personnes, grimpent l'escalier quatre à quatre. La-haut, dans la coursive, on entend des pas, des voix, ce doit être tous les hommes de gamelle des autres postes qui vont et viennent, apportant chacun un croissant au moins, à leurs camarades de tablée.
Alors sans plus attendre, pour moi ce fut une grande déception, mais aussi l'apprentissage d'une coutume de la marine de cette époque. Le matelot timonier Adelé ou Henry, homme de plat de ma table, pose sur celle-ci, la fameuse gamelle double, celle que des générations de marins ont connu, qui a maintenant disparu… car on en aurait perdu les plans… dérobés par l'espionnage soviétique ajoutent les rigolos. Ce récipient est rempli de patates crues et nom épluchées ! c'est bien de la nourriture, oui mais… pour le repas de midi.
Je prends bien soin de ne pas afficher ma déconvenue et, comme les autres, il ne me reste plus qu'à ressortir mon couteau de la poche où il était rangé. En effet, c'est tout simplement la corvée de pluches parfaitement répartie.
Une des principales actions, dit-on, dans les casernes de l'armée de terre, c'est la corvée d'épluchage des patates. Ici, sur un navire de guerre, cette corvée est donc faite par table ; le personnel de chacune d'elles va en éplucher une pleine gamellée, ce qui, somme toute, n'est pas une grosse corvée. Dans un instant, les frites soigneusement épluchées et biseautées vont s'accumuler dans un énorme récipient de la cuisine équipage sous l'œil scrutateur d'un second-maître cuisinier qui inspectera le contenu des gamelles afin de détecter les tables éventuellement resquilleuses (celles-là, inutile qu'elles se présentent pour le rab) ; ce gradé responsable les pointera sur le rôle de plat, un vaste tableau noir, sur lequel toutes les tables sont inscrites.
Embarqué pendant plus d'un an sur le Georges-Leygues, comme on y distribuait des frites le jeudi et le dimanche, j'aurai donc l'occasion d'éplucher ainsi les pommes de terre une centaine de fois.
André Pilon


Dernière édition par PILON le Mar 5 Aoû 2008 - 16:48, édité 3 fois
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Jeu 29 Mai 2008 - 17:59

C'est sympa d'avoir mis des photos du Georges-Leygues actuel mais moi je parlais de l'ancien, le croiseur.
Le nouveau en est l'héritier en somme.
A Pilon
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Jeanfleu
QM 1
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par Jeanfleu le Jeu 29 Mai 2008 - 23:05

Pour Pilon,
Mon père à la sortie des Arpètes en 42, a embarqué sur ce fier navire, alors qu'il était à Casablanca, je crois. Il avait 18 ans, matelot
mécanicien chauffeur. Il a fait toutes ses campagnes jusqu'après les deux débarquements en 1944. Il a participé aussi à la mise en
place de la nouvelle artillerie américaine à Boston et Philadelphie. Ensuite, la Méditerranée, l'Atlantique...Scapa Flow la Normandie, l'Algérie et
enfin le débarquement de Provence Aout 1944. Après mutation Marins-Pompiers de Marseille...Mais c'est une autre histoire..
Il me parlait souvent avec fierté et amour de ce batiment...C'est peut ètre celà qui m'a donné envie...Merci de parler de ce croiseur..
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† Moitrot Alain
INVITÉ
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NON

Pour Pilon et tout le monde

Message par † Moitrot Alain le Jeu 29 Mai 2008 - 23:24

Une maquette du Georges Leygues réalisée par moi même au 1/200




Bien cordialement à tous et @ + , Alain


Dernière édition par SEGALEN Georges le Mer 7 Jan 2009 - 20:16, édité 1 fois (Raison : Photos mises au format)



Maquettes.
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PILON
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Ven 30 Mai 2008 - 0:01

j'ai bien fait d'ouvrir ce post
les photos arrivent
Bien sûr, il va y avoir un mélange des deux Georges-Leygues, le fier ancien et le non moins fier nouveau, mais que je ne connais pas.
Et ta maquette est bien belle, Alain ; quel beau bateau était-ce avec son pont en bois ! cela ne se fait plus, à part la Plaisance.
Par contre je peux vous dire que quand les 152 tiraient ce n'était pas rien le bruit, on ne se mettait pas encore de casques sur les oreilles, les mains seulement.

André Pilon


Dernière édition par PILON le Ven 30 Mai 2008 - 16:56, édité 1 fois
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parriaux christian
SECOND MAITRE 1ère CLASSE
SECOND MAITRE 1ère CLASSE

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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par parriaux christian le Ven 30 Mai 2008 - 10:16

PILON,



Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges jeter l'ancre un seul jour ?
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Ven 30 Mai 2008 - 10:59

bravo Christian P

Celle-ci est une photo d'avant la guerre, ou bien pendant la guerre vu qu'il a du camouflage ; il y avait alors un hydravion à bord et un second mât à l'arrière

C'est la maquette ci-dessus qui le représente bien tel que je l'ai connu, avec le mât avant qui a été rehaussé en tripode.

André Pilon
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Ven 30 Mai 2008 - 20:59

Croiseur Georges-Leygues
Voici une photo datant de la mi 1951.
Elle représente les deux tiers non de service du personnel transmission, c'est-a-dire : radios, timoniers, transfilistes, entourant le capitaine de compagnie et chef de service, le LV de Bonnafos de la Tour.
Elle est prise devant la tourelle de 152 avant.


Les personnages :
Assis : Matelot radio Bousin, Aspirant Lajugie, SM timonier Cazes qui disparaîtra en Indochine, EV x, SM x, LV de Bonnafos de la Tour, capitaine de compagnie. SM transfiliste Bozec, PM timonier Allain, dit Gégène, QM maistrancier radio Moro, SM radio x.

Debout : QM maistrancier radio Savidan, Matelot transfilste Souvignet qui deviendra pilote à l'aéronavale, Matelot timonier Adelé, Matelot radio Lemercier, Matelot timonier Henry qui deviendra sous-marinier, QM tranfiliste Thobie, Matelot timonier Thomas, Matelot timonier Pilon qui deviendra météo, Matelot radio Aliquès qui disparaîtra en Indochine sur le LCI 9050, le 3 avril 1953 dans la plaine des Joncs. Matelot radio Courèges, Matelot Radio Hennechart,dit le barbeau, QM radio Kernaonet, QM radio Sorel, Matelot radio x.

Nota : cette photo est bien mal centrée.

André Pilon


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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Dim 1 Juin 2008 - 23:35

Voici une photo du croiseur la Marseillaise, frère de notre Georges-Leygues et qui fut sabordé à Toulon



Selon Mointrot Alain, la Marseillaise fut démolie sur place aux appontements de Milhaud

Photo : copie de carte postale

André Pilon


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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par † Moitrot Alain le Lun 2 Juin 2008 - 9:09

PILON a écrit

"Jusqu'après 1950, on pouvait voir la Marseillaise couché dans une vingtaine de mètres d'eau, à Saint-Mandrier."

Ce n était pas la Marseillaise , c était le croiseur LA GALISSONNIERE
Après le sabordage , la Marseillaise fut démolie sur place aux appontements Milhaud

Bien cordialement , Alain



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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Lun 2 Juin 2008 - 9:31

Merci alain, erreur de ma part, j'ai corrigé mon texte
Amicalement
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par CIPAL 83 le Ven 6 Juin 2008 - 17:51

André,
Pour répondre à ta question sur sa date de sortie, j'ai en ma possession un petit livret qui donne la situation de tous les bâtiments Français durant la dernière guerre, ce qu'il sont devenus, par qui ils ont été coulés, etc... Il a du être édité après 1961.
Il y avait 7 croiseurs du type Galissonnière:
Voici leurs situation en 1939
La Galissonnière sortie en 1935,
Le Jean de Vienne sorti en 1937,
La Gloire sortie en 1937,
La Marseillaise sortie en 1937,
Le Montcalm sorti en 1937,
Le Georges Leygues sorti en 1937,
et le De Grasse achevé à 28%
Leurs armements et tonnages: 7690tw, IX 152, XIII 90AA, XII mt, IV TLT de 550, 2 avions.

Le Geoges Leygues a navigué en atlantique et en méditerranée. Il était à Dakar lors de l'attaque des forces britanniques et française libre le 23/9/40. Patrouille en atlantique, coule l'allemand Portland le 13/4/43. Modernisation aux USA, débarquement de Normandie, Provence, opération sur le littoral franco-italien. Condamné le 17/11/59.

Je compte mettre un post de ce type pour chaque nom de bateau figurant sur le Forum, çà fera plaisirs aux quelques anciens qui nous reste.

Amicalement à tous
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par † Moitrot Alain le Ven 6 Juin 2008 - 17:59

"CIPAL 83"

Le De Grasse ne faisait pas partie de la classe des 7600 TW
Bien cordialement , Alain


Dernière édition par SEGALEN Georges le Mer 7 Jan 2009 - 20:14, édité 1 fois (Raison : fonction "citer" supprimée)



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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par CIPAL 83 le Ven 6 Juin 2008 - 18:38

Alain
J'ai juste reporté ce qui était écrit sur le document que j'ai en main.
En 39 il ne devait y avoir que la quille et quelques tôles de posées. Quand les travaux ont repris il y a eu énormément de modifications car il n'avait rien d'un croiseur de cette classe, à part la peinture;

Amicalement
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par † Moitrot Alain le Ven 6 Juin 2008 - 19:10

Non non, Guy classe De Grasse très différente que les 7600 TW , ils savaient déjà écrire des conne..es à cette époque
Alain



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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Mar 10 Juin 2008 - 15:26

Le croiseur "Zébra"

Trouvé par hasard sur internet, deux photos de la Gloire, croiseur frère de notre vaillant Georges-Leygues,
probablement pendant la guerre 39-45

La légende de la première le situe à Alger, mais ne donne pas la date.





Sur la seconde photo, il semble bien que les canons de 152 avant sont masqués, et peut être tout l'armement 152 et 90 ; quelqu'un pourra-t-il nous dire ce qu'il en est ? si c'est une ruse guerrière ?

André Pilon

PS Je viens d'apprendre, toujours sur internet, que ce camouflage est le système Razzle Dazzle. Un sujet d'étude ?
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par † Moitrot Alain le Mar 10 Juin 2008 - 16:43

Pilon bonjour , la première photo date d après 1943 , après sa modernisation aux USA

Pour la 2eme , c était tout l art du camouflage, ne plus savoir ou reconnaître ce que l on voyait , mais pour les 2 tourelles avant , regardes bien elles battent en arrière au maximum , et sous la passerelle on distingue les 152mm en élévation de 20 à 30 °
Bien cordialement , Alain



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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par montroulez le Mar 10 Juin 2008 - 18:13

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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Mar 10 Juin 2008 - 21:24

Merci pour ces liens intéressants, ami Montroulez,
Au sujet de ce super camouflage.


J’ai un gros dico d’anglais et ma foi, j’étais loin de connaître que Dazzle voulait dire camouflage ou encore trompe l’œil ; To dazzle : en mettre plein la vue. On en apprend tous les jours si on s’y prête.
La définition de razzle est moins claire, j’adoperai le mot clinquant.
Par contre, ceux qui ont un peu lu, savent comme moi que le "Razzle Dazzle" était le bateau de Jacques London, avec lequel il naviguait dans la grande baie de San-Francisco, alors qu’adolescent, il oscillait entre être voyou et être sérieux et si ma mémoire est claire, c’est avec ce bateau qu’il pillait les bancs d’huîtres avec ses copains.

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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Sam 6 Sep 2008 - 16:00

Georges-Leygues 1951

Tristes souvenirs ; la disparition du matelot Philibert.

Au mois de février ou mars 1951, Le Georges-Leygues reçut pour mission de se rendre en Afrique Noire ; il s’agissait de transporter au Congo de l’or et de l’argent appartenant à la Banque de France, mais moi petit matelot, j’étais bien loin de connaître les tenants et les aboutissants de cette mission.
Et puis jusqu’au jour du départ qui eut lieu au soir même de cette corvée majeure d’embarquement à laquelle les deux tiers de l’équipage participa, seul le personnel de l’état-major du bâtiment devait savoir la destination, le terminus de notre croisière.

Spoiler:
La radio coursive nous faisait faire escale à Pointe-Noire.
Le matin de notre départ alors qu’il faisait encore nuit, notre quai, Milhaud 6, il me semble, celui sur lequel il y avait une voie ferrée, fut « cerné » par les CRS, quelques wagons arrivèrent bientôt et la corvée commença.
Ce ne fut pas une mince besogne, elle dura toute la matinée avec trois ou quatre cents personnes.
Il s’agissait d’embarquer des caisses de billets de banque, pas trop lourdes mais assez volumineuses et des caissettes contenant deux lingots d’or chacune et pesant 57 kilos ; celles-là étaient assez difficiles à manipuler.
Au soir même, le croiseur prenait la route de l’Afrique.
Il y avait un résidu de mistral qui nous fit un peu souffrir du mal de mer tout le temps que nous fûmes au large du golfe du Lion, mais le lendemain, nous étions sous le vent de l’Espagne et le beau temps était là pour toute la croisière à venir.
On supputait bientôt sur le passage de la ligne car une grande partie de l’équipage allait subir ce baptême traditionnel qui existe dans toutes les marines du monde.
Et bien entendu ceux qui avaient en charge de baptiser les néophytes préparaient toutes les vacheries et les tours de cochon possibles et à leur faire. Il y avait au moins cinq cents personnes qui devaient « passer au trapèze ».
C’était l’acceptation par Neptune ou autres dieux de la mer de ces néophytes dans la communauté des vrais navigateurs.
Sitôt passé Gibraltar, le Georges mis franchement le cap au Sud et les charpentiers, comme le soleil d’été semblait être là, installèrent une piscine sur la plage avant, c’était, bien sûr la piscine, pour le baptême ; remplie d’eau de mer renouvelée avec une pompe, elle servirait aussi comme divertissement pour tout l’équipage pendant notre mission.
Le grand croiseur fit escale à Casablanca et à Dakar, une à l’aller, l’autre au retour, mais je suis dans l'impossibilité de me souvenir laquelle fut la première où la seconde..
C’était ma première sortie lointaine, je n’avais pas plus de quatre mois d’embarquement, et le Georges était mon premier bateau, celui que j’avais choisi à la fin du cours de timonier.
Tout ceux qui ont fait le Georges-Leygues à cette période en garde un excellent souvenir.
Nous aimions tous notre commandant, le capitaine de vaisseau Begouen-Demaux. Le commandant en second était le capitaine de frégate Révol.
Mais un grand malheur va nous arriver pendant les festivités du passage de l’équateur ; nous allons perdre un homme !
En effet, alors que vers 14h00, après l’arrivée du "pilote de la ligne", descendu de tout là-haut par une aussière, du plus haut télépointeur des 152, qui a fait son point muni d’un sextant sur lequel est fixé un litre de vin rouge en guise de lunette de visée du soleil, et qu’un gros grain dont les grêlons sont des haricots secs nous est tombé dessus, le centre d’intérêt des festivités s’est transféré sur la plage arrière, devant le bureau des mouvements, autour du groupe de sauvages qui s’amusent à ronger de gros os de bœuf qu’ils sont aller quérir à la cuisine équipage et qui vont s’emparer des néophytes pour les faire un peu souffrir.
Il y a sur cette plage arrière, peut-être quatre cents personnes momentanément rassemblées, chacun remplissant son rôle festif ; moi j’y suis avec mon clairon.
C’est alors que des cris, plusieurs fois répercutés, se font entendre : UN HOMME A LA MER A BÂBORD ! presque dans le même temps ; une sonnette qui est à la porte du bureau de mouvements (fermé à la mer) sur la paroi extérieure est activée transmettant le signal d'alerte à la passerelle navigation.
Le croiseur exécute le mouvement réglementaire pour un homme à la mer : la barre toute du côté ou l’homme est tombé pour lui faire éviter les hélices, puis aussitôt la barre inverse pour revenir sur le point de chute et récupérer l’accidenté.
Dans le même temps plusieurs bouées sont lancées à la mer.
Certains, parmi ceux qui l’ont vu tomber ont reconnu le matelot timonier Philibert, qui, étant un des meilleurs nageurs du bord, s’est éloigné facilement du bâtiment afin de ne pas être attiré par les hélices.
Pendant que, sur ordre, tout le monde se rend à son poste, des veilleurs se répandent rapidement dans les hauts avec toutes les jumelles du bord et que les télémètres entrent aussi en action, un appel par service confirmera que c’est bien le matelot Philibert qui est tombé à la mer.
Je suis à la passerelle à mon poste de veilleur timonier et nous avons hissé réglementairement le pavillon du code international signalant un homme à la mer, le pavillon O, Oscar.
La mer est belle, il n’y a pas un souffle de vent, elle est comme un miroir ; la température de l’eau est de 27 degrés ; pendant ce mouvement de rotation il a été préparé deux embarcations.
Le Georges-Leygues est revenu au point de chute.
Son sillage est encore visible, il retrouve ses bouées, descend ses embarcations à l’eau, mais l’homme tombé à la mer n’est pas là !
C’est la consternation.
Beaucoup l’on vu s’éloigner et les hélices ne peuvent pas l’avoir atteint.
Après des recherches de plusieurs heures, alertés à plusieurs reprises par quelques mouvements d’animaux marins sur la surface lisse comme un miroir, il faut se rendre à l’évidence, notre camarade, matelot timonier comme moi, est disparu.
A bord c’est le désespoir, ses proches et ceux qui le connaissent - on ne connaît pas tout le monde à bord d’un croiseur armé par un équipage de six cents hommes - ont des larmes aux yeux et, de la suite de la fête, il n’en est plus question.
Si mes souvenirs sont bons, vers 17h00 le commandant va prendre la parole pour informer son équipage qu’il nous faut abandonner les recherches. Il a perdu un homme c’est un grand drame de mer pour un commandant.
Il a la voix étranglée d’un homme simple qui vient de perdre un de ses jeunes enfants.
Aux premiers mots de son allocution, il pleure.
Il nous informe que nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour retrouver le matelot Philibert… que malheureusement il est perdu… qu’il nous faut reprendre notre route afin de remplir notre mission au service de notre pays…
Je ne me souviens plus des paroles qu’il a prononcées précisément, mais je me souviens de son désespoir d’homme simple, responsable et « comptable » de son équipage.
Et puis le Georges-Leygues, alors que le soleil va disparaître dans l’Ouest pour faire place bientôt à la douce nuit tropicale, va reprendre sa route vers le sud-est, vers Pointe-Noire avec son pavillon en berne.

-----------------------------------------

Dans peu de temps, quelques années, le commandant Begouen-Demaux, peut-être devenu amiral ? mourra dramatiquement lui aussi.

André Pilon.
Matelot timonier à bord du croiseur Georges-Leygues du 1ER décembre 50 au 15 octobre 51.
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par PILON le Jeu 16 Oct 2008 - 22:00

Retour sur le texte ci-dessus : la disparition du matelot Philibert.


Il a plusieurs manœuvres pouvant être réalisées pour récupérer un homme tombé à la mer.
Celle qu’à effectuée l’officier du quart à la passerelle du Georges-Leygues, lors de la chute de notre pauvre ami, fut la manœuvre de Boutakoff.
Je n’ai entendu parler que de celle-là pendant les six années où je fus timonier.

Le croiseur a donc exécuté le mouvement réglementaire pour un homme à la mer : il consiste à mettre, au reçu de l’alarme, la barre toute du côté ou l’homme est tombé afin de lui faire éviter les hélices, puis aussitôt la barre inverse pour revenir sur le point de chute et récupérer l’accidenté.
Dans le même temps plusieurs bouées sont lancées à la mer.
Je me souviens maintenant que le commandant à fait mettre son équipage au poste de combat, et de cette situation, pendant que se déroulait l’appel par services, quantité de personnel fut réparti dans les hauts avec toutes les lunettes et paires de jumelles disponibles.

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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par Chevreuil le Ven 17 Oct 2008 - 0:10

Bonsoir,
Le CF Revol qui était commandant en second sur le Georges Leygues en 51, a pris le commandement du Colbert en 57 ou 58.
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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

Message par 3eme ligne le Jeu 25 Déc 2008 - 14:53

Salut à tous,
Il y a peu, notre fils ainé qui vit et travaille aux USA, passant devant le Métropolitan Muséum of Art de New-York a été surpris de voir cette plaque en fonte en travers du trottoir devant le musée.
Il en a fait une photo, vous pouvez l'agrandir pour en lire mieux le texte.

imagehotel.net

Il s'agit d'une plaque rappelant l'exhibition (de quoi au fait ?) effectuée par l'équipage du croiseur à ce musée lors de leur passage dans cette ville en 1947 (? là je ne suis pas catégorique mais c'est ce qu'il me semble marqué tout à gauche de la ligne du haut).
Quand mon fils passera à New York je lui demanderai de prendre la plaque mais en 2 vues (gauche et droite) afin de mieux comprendre le pourquoi du comment de cette plaque.





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Message par Chevreuil le Ven 13 Fév 2009 - 17:53

Ce peut etre aussi durant la guerre civile en Espagne en 36/37
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Re : Le croiseur "GEOEGES LEYGUES"

Message par framery le Sam 14 Fév 2009 - 12:42

PILON,
J'ai lu ton récit concernant la tragique disparition du matelot Timonier pendant la cérémonie du passage de la ligne et je comprend l'émotion
du Cdt.
Tu dis à la fin que lui également a connu une fin tragique (la connais-tu).

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Re: GEORGES LEYGUES (Croiseur)

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