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L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

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jean-claude BAUD
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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par jean-claude BAUD le Mer 25 Mar 2009 - 15:52

Totegegie Airport 2009



La Navette "TOKANI" desservant Rikitea..



Tokani étant le nom d'une baie la plus sud d'Akamaru où sont arrivés les premiers Missionnaires...

Photos envoyées par Raphaël Mamatui à Rikitea.





"Puisqu'on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles". James Dean.

CHERON michel
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Message par CHERON michel le Sam 28 Mar 2009 - 13:42

salut a tout les amoureux de mangareva . content de vous lire sur le site .

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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par PILON le Ven 17 Avr 2009 - 20:39

Regards sur Mangareva.

Arrivée de la mission catholique à Mangareva (suite).


Tokani, là, où est mouillée la goélette Peruviana est une anse peu profonde de l’île Akamaru, une des Gambier.
Akamaru est située au sud est de Rikitea et est l’une des plus petites.
Depuis le bord on aperçoit du monde à terre, et parmi ces gens on s’efforce de mettre à la mer un radeau ; ce petit radeau monté par deux hommes se dirigent ensuite vers le bâtiment des visiteurs étrangers.
Peut-être connaissent-ils la goélette ?
Spoiler:
Les bateaux qui naviguent depuis quelques années dans le Pacifique y sont bien connus.
Aussi, c’est sans hésitation aucune qu’ils montent à bord en montrant malgré tout de la méfiance une fois sur le pont.
Le père Laval, nous les décrits, nus, tatoués, les cheveux fournis, longs et non démêlés et portant pour seul ornement, une sorte de ligature au prépuce.
En tant que prêtre, Laval ne connaît guère les choses ayant trait au sexe, ce n’est pas sa partie ; s’il avait regardé d’un peu plus près, il aurait remarqué qu’ils étaient circoncis.
Mais on n’en est pas mieux renseigné ; à cette époque lointaine, les hommes d’Océanie portaient un étui pénien, comme on peut le remarquer sur quelques rares dessins d’époque, dans lesquels le kokoro était rangé et bien protégé, et cet étui était tenu par une sorte de ceinture textile.
Le prêtre nous parle un peu des tatouages et l’un d’eux évoque une « une espèce de croix assez bien représentée ».
Les missionnaires se sont documentés dans la correspondance des autres pères, sur ce qu’il allaient rencontrer ici, sur les us et coutumes du pays ; aussi se sont les arrivants qui proposent la pratique du hongi, c’est-à-dire du salut Polynésien qui consiste à se toucher le nez.
Ensuite, ils se mettent à prier.
Le père Caret, le chef de la mission est un homme de prière, il prie sans arrêt, et bien sûr, ici, en supplément, on n’oublie pas la prière pour les infidèles que sont ces hommes qu’il viennent de côtoyer.
Laval nous dit : « le bon homme n’en finissait pas, et pourtant ce sera comme cela, jour et nuit, jusqu’à sa mort, arrivée dix ans plus tard ?
Le capitaine offre une étoffe à chacun des visiteurs qu’il leur plaça lui même autour des reins, « telle fut notre entrevue avec les Mangéréviens que nous venions évangéliser.
Ils n’avaient pas été pas trop farouches et nous trouvâmes qu’ils étaient de beaux hommes », ajoute-t-il.
Mais on est en droit de penser : soit qu’il y a de la peur du navire où bien de la réticence ordonnée par les chefs de tribus, mais aucun autre radeau ni embarcation n’est venu, n’a quitté les autres îles pour venir ici en curieux.
Nulle ne doute que toute la population, depuis la terre, doit regarder ce qui se passe ici.

Probablement que l’information a circulé, signalant que ces arrivants sont des non-violents, « car le lendemain matin arrive d’Akamaru (uniquement) un grand nombre d’insulaires qui montèrent à bord, et nous dûmes encore leur accorder le coup de nez ».
Mais les missionnaires ne connaissent pas la langue et ne peuvent répondre aux questions qui leur sont posées.
Ils se trouvent dans notre situation quand nous arrivâmes en Polynésie ne connaissant que le mot : maitai.
Et ils le disent à tour de bras.
Cela a prêté au quiproquo, en effet, le père Caret, à qui l’un des visiteurs demandait : « e tagi ana ra koe ei tokurau ; désires-tu une compagne ? » ayant répondu maitai, il vit une femme se présenter à lui.
(archives de Picpus, père Vincent Janeau

Il y a donc plusieurs européens dans ces îles.
Le capitaine Swetlin désire aller voir un Anglais qu’il sait être là avec sa femme et ses enfants.
A Valparaiso, le capitaine Mauruc avait dit aux missionnaires qu’il n’y avait pas de protestants à Mangareva, il y en a un autre et qui plus est, est missionnaire.
Il s’appelle George Nobbs, c’est un aventurier qui fut entre autre second d’un navire et qui s’est établi dans cet état, ici même, à Mangareva, il réside à Taku.
Il y a aussi un matelot protestant, Buffer est son nom, déserteur, établi avec Nobbs et dans le même état missionnaire.
Ces deux personnes étaient probablement en relation avec les protestants établis à Tahiti.
Plus tard il rencontreront un Français, charpentier de marine, nommé Guilloux.

Dans la journée du 8, le capitaine Swetlin désire se rendre chez Notts ; Caret et le frère Colomban Murphy désirent s’y rendre avec lui.
Le père Laval, resté à bord pour garder les bagages se demande bien ce qu’il va faire chez un protestant.
Il désirait trouver un logement.
Mais il n’en trouva point et revinrent en fin d’après-midi à bord avec Nobbs.
Il n’a sans doute pas été rapporté à Laval ce que les deux autres missionnaires ont vu à terre dans la baie de Taku, il n’en parle pas.
Laval qui voit tout, note pendant le souper que Nobbs « lève bien le coude ».
Et comme c’est la première fois qu’il voyait un protestant, il remarquait tout dans son comportement.

Le lendemain 9 août, le capitaine manifesta le désir de reprendre la mer pour se rendre à Tahiti ; et il leur dit ainsi : « il y a ici la goélette d’un Français (encore un blanc présent aux Gambier), vous pourrez vous installer à bord en attendant de vous loger par ailleurs. »
Et la Peruviana prit la route de Tahiti, pendant que les missionnaires catholiques se rendaient vers ce navire accompagnés par Nobbs.

Laval écrit, (en tant que représentant d’une race qui se croit supérieure), qu’à ce moment, les missionnaires n’ont pas le moral, abandonnés sur cette terre étrangère, au milieu de gens qui touchent au dernier échelon de la race humaine.

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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par TUR2 le Dim 26 Avr 2009 - 8:40

Pour PILON et tous les amoureux de Mangareva,

Ce mois parution du GEO 30° anniversaire, un très bel article d'une dizaine de pages sur Mangareva aggrémenté de nombreuses et superbes photographies de l'ile et de ses habitants, sans oublier la cathédrale, vite, chez vos buralistes...

Amitiés tropicales TUR2

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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par PILON le Mar 28 Avr 2009 - 20:14

Regards sur Mangareva (suite).

Page 3 ; La mission s’installe à terre.


Nos trois missionnaires contactent donc, le soir du 10 août seulement, ce Français apelé Chesdin qui fait la pêche aux nacres ; il est d’accord pour leur offrir l’hospitalité sur son bateau qui est mouillé à l’île Aukena.
En fait, il sont cinq personnes car, venant du Chili sur la Peruviana se trouvaient également un Rapa et un Néo-zélandais qui ont débarqué ici avec eux.
Ces Polynésiens qui étaient encore païens probablement, ont été catéchisés pendant les vingt jours que dura le voyage de Valparaiso à Gambier et, nous dit Laval, "nous espérons en tirer parti, principalement comme interprète".
Spoiler:
Ce dix août, jour de saint Laurent, martyr, est aussi un dimanche et ils vont célébrer la première messe qui aura lieu aux Gambier.
Elle aura lieu à bord du bateau de Chesdin.
Après qu’il eut donné son autorisation.
Ce fut une messe étrange, à caractère œcuménique, Nobbs qui se trouvait là s’est défilé, afin de ne pas être présent, mais il y avait à Aukena plusieurs Rapas qui y faisaient fonction de ministres protestants qui assistèrent à cette office.
On voit que nos missionnaires sont arrivés dans un pays qui ne manquait pas de gens prêt à convertir les Mangareviens au protestantisme.
Et Laval écrit dans ses mémoires : « Notre seigneur a du bénir amplement ce petit archipel, pendant cette première messe dite au milieu et à l’intention de toutes ces pauvres îles ; car on verra bientôt combien a été grande la moisson que la grâce de Dieu et la protection de la Sainte Vierge nous ont fait recueillir à Gambier ».
Le capitaine, leur prêtant son canot, les missionnaires décident de se rendre à la grande île après la messe.
Pour eux, le but principal était de s’y procurer une case et ils allaient la demander au Roi.
Le roi de Mangareva en 1834, est Ma Puteoa, il habite à Rikitea, il a une vingtaine d’années à cette époque.
Nous avons tous vu son tombeau, dans le cimetière catholique, sur l’éperon, au delà de la cathédrale.
Ce tombeau n’avait plus de toit en 1967 et était bien tristement à l’abandon.
Il a été heureusement restauré assez longtemps plus tard.
Et nous avons vu passer des photos le présentant, sur ce post.
Mais (peut-être conseillé par les protestants), le roi des Gambier n’est pas disposé à accorder un asile à ces visiteurs qui font des signes de croix le long des poteaux de son palais, et il y a dans son entourage des gens qui jouent le double jeu : Matua, le prêtre des idoles qui est son oncle, le grand chef de la religion locale, dirait-on ; et puis aussi Nobbs le protestant qui est bien avancé dans son œuvre de prédication et qui a déjà des aides sur les autres îles (à Akamaru, il y avait plusieurs Rapa).
Ils font de bons sourires aux membres de la mission et par ailleurs conseillent au roi de refuser à ces gens qui viennent détruire ce que nous avons d’établi.
Et puis qui vont aussi apporter de nouvelles maladies comme cela a eut lieu sur toutes les îles d’Océanie qui se sont terriblement dépeuplées.
Les missionnaires ont vite appris le mot Maitai, et c’est avec un : Aita ! Non ! long comme le bras, que Ma Puteoa les informe qu’il ne veut pas les loger.
Voilà un second mot nouveau rapidement appris.
Alors, ils ont pu trouver une case sur l’île Akamaru, chez un plongeur de Chesdin, mais là, dans cette case, les rats grouillaient, peut-être un millier de rat ! dit Laval.
Le pharmacien de marine, Gilbert Cuzent a écrit en 1872, dans son « voyage aux îles Gambier », que le Pilote Guilloux, dans les temps de son arrivée ici, avait vu une vieille femme donnant à manger à une foule de rats qui infestaient l’île, et qui paraissaient être les favoris des habitants ; c’était pour les engraisser et les manger probablement.
Personnellement nous avons appris que les rats étaient bien de la chair comestible comme les chiens, et les cochons ; ces kiore, comme s’appellent les rats, appartenaient aux familles et ils possédaient des marques particulières, des coupures aux oreilles de différentes formes, par exemple, qui permettaient d’en reconnaître le propriétaire.
Voilà pourquoi, ces rats étant apprivoisés, ils envahirent la case des missionnaires ; et Laval ajoute : « peut-être avait-ils senti notre malle de biscuits et notre sac de haricots.
C’est donc c’est ce plongeur, nommé Te Ma Tokavata, que sera célébrée la première messe à terre, aux îles Gambier.
Elle eut lieu le 15 août 1834, en plein air, avec le Christ en Croix en évidence sur l’autel, à l’étonnement des assistants ; comme explique le père Laval : ne connaissant que trois mots de leur langue « ce que nous leur dîmes ne fût pas capable de leur faire comprendre l’ineffable mystère de notre rédemption ; mais nous leur balbutiâmes que bientôt ils le sauraient.
Les jours suivant la messe aura lieu dans cette case même et souvent il faudra chasser les cochons au milieu saint sacrifice.
Justement, au sujet des cochons ; à Valparaiso, les missionnaires avaient appris que les Gambier étaient des îles démunies de puaka, et ils avaient apportés avec eux un couple à bord de la Peruviana.
En arrivant il découvrirent que des cochons étaient bien là et qu’il y en avait même pas mal, l’information était donc fausse.
Et pourtant cet animal qui avait disparu par manque de prévoyance avait été réintroduit des années plus tôt par des visiteurs.
Toujours à Aukena, ils baptisent, ce même jour après l’office du 15 août, une fillette en danger de mort dont les parents sont des Rapas.
Ils lui donnent le nom d’Henriette, en l’honneur de la supérieure générale de la congrégation des Sacré-cœurs de Jésus et de Marie : Henriette Aymer de la Chevalerie.
La petite décède deux jours plus tard et est enterrée avec le cérémonial de l’église.
Cette enfant fut donc, pendant deux jours, la première catholique de Mangaréva.
En une vingtaine de lignes, le père Laval nous informe que la mort de ce petit ange fut un bienfait pour Mangareva, que la puissance des démons est vaincue, et que les Gambier sont une nouvelle conquête à Jésus-Christ.

André Pilon

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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par tataio le Lun 22 Juin 2009 - 12:05

Bonjour à tous,
Les dieux mangareviens de retour au fenua, enfin pas tout à fait quand même, car ils sont à Tahiti, je crois qu'ils reverront jamais leur terre natale.






tataio



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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par jean-claude BAUD le Lun 22 Juin 2009 - 20:00

Ena koe Tataio, il y a aussi cette statue du Dieu RAO.



Elle me rappelle les statues sculptées par Marcel Mauru...





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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par tataio le Ven 26 Juin 2009 - 13:45

Une baignoire naturelle. Le chemin des douze apôtres, un des “pavés” de Mangareva, permet de descendre vers la plage d’Atituiti. Non loin de là, dans une petite crique bien protégée des regards se trouve une grande vasque au fond sablonneux entourée de rochers.
Cette vasque, dont les eaux rentrent et sortent avec les flux et reflux des vagues, servaient de spa naturel aux jeunes filles, principalement lorsqu’elles étaient indisposées.


Dernière édition par tataio le Sam 11 Juil 2009 - 11:04, édité 1 fois



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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par jean-claude BAUD le Jeu 9 Juil 2009 - 12:56

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Re: L'ECHO DE MANGAREVA / RIKITEA - GAMBIER

Message par jean-claude BAUD le Ven 10 Juil 2009 - 19:46

Cathédrale de Rikitea : début des travaux de restauration en fin d'année
le 9 juillet 2009 à 17:15 | source: Tahitipresse


Les travaux de restauration de la cathédrale de Rikitea (archipel des Gambier) devraient débuter d'ici la fin de l'année, a annoncé l'architecte en charge de l'opération, Dominique Touzeau. Le chantier devrait s'étaler sur deux ans pour un coût global de 504 millions de Fcfp (environ 4,2 millions d'euros) financés par le Pays, l'État, l'Évêché de Polynésie ainsi que plusieurs mécènes.


Divers corps de métiers se succèderont et des Compagnons auront la charge de former des habitants de l'île à des techniques de construction aujourd'hui quasi oubliées. "Cette cathédrale est la fierté de la population", a souligné Dominique Touzeau, heureux de participer à cette "grande aventure humaine". La cathédrale de Rikitea est un monument historique unique, réalisé à base de chaux, de fibre de pandanus et de bois locaux.





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