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LES POILUS TAHITIENS DE 14-18

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3ème ligne
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Re: LES POILUS TAHITIENS DE 14-18

Message par 3ème ligne le Ven 1 Fév 2008 - 0:38

Hommages à leur mémoire.

Une page d'histoire pas trop connue.




Momo
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Re: LES POILUS TAHITIENS DE 14-18

Message par Momo le Ven 1 Fév 2008 - 2:48

Papou,
Je me permets de mettre a la suite de ton sujet, ce que j'ai trouvé sur le Net.
Amicalement.


Citation du bataillon mixte du Pacifique à l'ordre de la 10éme armée.


« Le Maréchal de France Commandant en chef des armées de l'Est a décidé à la date du 30 novembre 1918 que le 1er B.M.P. serait cité à l'ordre de la 10ème armée avec le motif suivant : le 25 octobre 1918, sous les ordres de son chef le commandant Gondy, s'est porté d'un seul élan et sous un violent bombardement à l'attaque du village de Vesles-et -Caumont fortement occupé et garni de mitrailleuses dont il s'est emparé de haute lutte.

Continuant sa progression au son de la charge sonnée par tous les clairons du bataillon, a enlevé la ferme de Petit Caumont et se jetant vers sa droite s'est emparé d'un point d'appui important.

Fortement contre-attaqué dans la soirée, a maintenu intacte la position conquise dans la journée, a fait 50 prisonniers, pris 30 mitrailleuses lourdes et légères et deux fusils anti-tanks. »

Cette citation se trouve sur une plaque commémorative apposée Quai du Commerce, devant l'Office du Tourisme.
L'épopée des soldats polynésiens de la Grande Guerre est généralement présentée à travers le Bataillon du Pacifique.
Elle commence à Noumea en 1916 avec la formation d'un bataillon d'étapes des Tirailleurs Canaques, voulu comme un « corps indigène », réunissant les ethnies différentes de l'Océanie française.
D'abord utilisés au terrassement des tranchées comme soldats travailleurs, ses soldats sont considérés comme aptes à combattre en 1917.
C'est après un entraînement approfondi qu'en juillet 18 le Bataillon reçoit le baptême du feu comme « bataillon de marche » c'est à dire au combat, avec immédiatement de lourdes pertes.
Pour le commandant Trouilh, leur chef, « ce sont de beaux soldats, de véritables poilus. ».
Il prend part à la grande attaque victorieuse de 1918 sur le front ouest en combattant à Vesles et Caumont en Champagne en octobre.
L'opération a lieu de nuit, avec de fortes pluies et la traversée d'une rivière.
Le village est ensuite enlevé aux Allemands ainsi que les hauteurs entourant le village malgré une forte résistance de mortiers et de mitrailleuses.
Les actions du Bataillon permettent aux autres corps de troupes de développer leur attaque.
L'action contre la ferme du Petit Caumont où sont postés les mitrailleurs allemands est conduite par le caporal Mae Tefau a Temauri, les Allemands y sont faits prisonniers.
La nuit suivante le Bataillon repousse une contre-attaque et conserve ses positions.
Dès que le Bataillon est relevé, le général Ferradini commandant la 72° DI remet une série de décorations.
Le Bataillon est ensuite cité à l'ordre de la X° Armée dans laquelle il combattait.
A leur retour à Tahiti, les poilus étaient particulièrement fiers de leur participation à cette bataille et montraient la terre de Vesles et Caumont qu'ils avaient ramené en souvenir.

le Monument aux Morts de l'avenue Bruat À Papeete.



A partir de 1919, avec le retour des « poilus » au pays et les premières commémorations, apparaît assez rapidement la nécessité de faire construire un lieu de mémoire consacré aux soldats de la colonie morts dans la Grande guerre.
Des projets futuristes comme un pont sur la Papenoo sont envisagés mais l'idée aboutit à la construction d'un monument aux morts du type de ceux que l'on retrouve dans la plupart des villages métropolitains.
Il est produit par le sculpteur français Galy.
Une jeune femme de la colonie, Margaux Tessier, prend la pose de la patrie.
Il est en partie payé par une souscription publique, en partie par le budget de la colonie.
La cérémonie d'inauguration a lieu le 14 juillet 1923, elle rassemble une foule nombreuse, comprend des remises de décorations aux familles à titre posthume.
Les morts sont salués par les anciens combattants qui ont eu la chance de revenir.
Après le discours obligé du gouverneur, la parole est donnée à la reine Marau pour un grand moment d'émotion où se mêlent l'évocation de la tradition polynésienne de la guerre et un élan patriotique vers la France meurtrie mais victorieuse.
Le monument aux morts met en scène le retour symbolique au fenua des morts dont les dépouilles sont restées de l'autre coté de la terre.
Le monument est construit en plein milieu de l'avenue Bruat à l'endroit où les contingents se rassemblaient avant de partir.
Il sera déplacé plus tard à l'endroit où le connaissons aujourd'hui pour répondre à une intensification de la circulation.
Le décor du monument est européen, il n'y a pas d'emblème polynésien.
Il est pourtant l'hommage consacré à ses morts par les EFO, la plaque le stipule bien.
Le nom des morts y figure sans discrimination ethnique ou de statut de citoyenneté, ce qui n'était pas toujours le cas à l'époque dans les colonies.


Carte postale - Archives Territoriales.

Mémoire vivante : les rues de Papeete et la Grande Guerre



Dans la ville de Papeete, les plaques des rue rappellent les événements de la Première Guerre mondiale et montre l'importance qu'elle a eu dans le souvenir de la colonie : la « rue de la canonnière Zélée » peu éloignée de l'endroit où les coups de canon allemand ont fait couler le navire, celle du « 22 septembre 1914 » longeant le marché, et bien sur, celle qui porte le nom du défenseur de Papeete, la « rue du Commandant Destremau », nom écrit d'ailleurs à tort avec un e (Destremeau) depuis plus de 80 ans.
On peut ajouter que, devant le square Bougainville, une des pièces d'artillerie légère de la Zélée continue de surveiller la passe.
Il faut aussi évoquer « la rue des poilus tahitiens » transversale à l'avenue Bruat ainsi que la « rue du Docteur Cassiau », le médecin militaire que retrouvèrent avec bonheur les tamari tahiti à Salonique, la « rue du Pasteur Moreau » unanimement reconnu pour le soutien qu'il apporta au moral des poilus tahitiens en métropole, et enfin le « cours de l'Union Sacrée » inauguré alors que la guerre battait son plein pour saluer l'harmonie enfin trouvée à Tahiti entre les Français et les Anglais.
Et bien qu'il s'agisse de noms sans aucun lien avec Tahiti, on peut signaler une « avenue Clémenceau », une « place du maréchal Joffre » et une « rue du maréchal Foch ».

Le Bataillon du Pacifique À Boulouris


Collection Frémy


Lettre d'un poilu Tahitien du front de Salonique (Grèce) 1916.

« C'est à minuit que nous sommes partis au train, et à 6 heures du matin, nous avons débarqué à une petite station ; de là nous avons commencé à entreprendre la route à pied, et pendant neuf jours nous avons marché (.). Le voyage fut très pénible, car il a fallu passer de ravin en colline et de colline en ravin, traînant notre sac au dos (.).
Nous sommes arrivés là vers 1 h ou 2 heures du matin et nous avons couché le long de la colline en attendant le jour (.).
Nous étions tous assis sur le penchant de la colline, lorsque nous entendons un sifflement puis une explosion terrible, c'était un obus qui venait d'éclater juste au-dessus de nous ; mais à une certaine distance (.).
Et pendant que nous étions là encore sous le coup de l'émotion, on est venu nous dire d'aller au secours des blessés.
En effet ce dernier projectile venait tout juste de tomber au milieu d'un groupe composé de Tahitiens qui venaient d'arriver et faisaient aussi du café (.).
Les victimes ont été Koki, Labaste, et un popa'a tué sur le coup, H Vincent a eu la main droite fendue jusqu'au dessus du poignet, puis le côté droit ouvert (.).
Nui a eu la jambe gauche coupée juste au-dessus du soulier, le bras gauche cassé, des éclats dans la jambe droite.»
Anatole Drollet à son frère Léandre, lettre citée dans Le Mémorial Tahitien.

Cette photographie de « poilus tahitiens » a été prise en métropole pendant la guerre à l'occasion d'un repos à une date inconnue.
Elle illustre la mixité des contingents envoyés par les ÉFO en Europe.


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