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Message par PILON le Dim 31 Oct 2010 - 11:04

A Reao, on peut voir de nos jours, deux cimetières, l’un fonctionnel, communautaire et entretenu comme il se doit par la population. Le second, c’est le cimetière des lépreux qui est à peu près au sud du précédent, à environ cinq cents mètres de là. Il n’est pas totalement abandonné, on y coupe des broussailles et on y arrache l’herbe (bien peu) qui peut y pousser.

Voici une vue récente du cimetière de l’ancien hôpital des lépreux de Reao.

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Message par PILON le Mer 17 Nov 2010 - 18:45

Un jour pas ordinaire sur l'atoll Reao, aux Tuamotu de l'Est
Voici une photo de l’atoll Reao prise en 1967, depuis la baleinière de l’Aranui qui va se poser sur le récif recouvert d’eau dans quelques secondes.
Cette photo, je pense l’avoir déjà mise sur ce post dans ses débuts, mais j’ai pensé, vu qu’elle est tellement caractéristique du paysage et de la vie sur un atoll qu’elle pouvait y figurer à nouveau avec les commentaires utiles.
Et puis je la trouve très belle, avec les trois éléments dominants caractéristiques d’un atoll : le ciel du plus pur qui soit, la mer omniprésente quelle que soit la direction où l’on porte son regard et puis les cocotiers que l’on devine agités par l’alizé presque toujours là lui aussi et dont des palmes renvoient le reflet du soleil intense. En effet, les taches jaunâtres que l’on repère sur quelques palmes sont des éclats brillants du soleil, reflétés comme dans une glace.
Ce jour-là, j’avais été à bord de l’Aranui, au magasin pour y achèter quelques babioles : dont deux T-shirts. En effet c’était le début de la vogue de ce tricot qui devenait un support publicitaire et la maison Wing mang hing, le propriétaire de l’Aranui qui se perdra bientôt sur les Actéons, en avait créé un, bien joli, sur lequel était écrit : Aranui Marquises Tuamotu.
A Reao, ce jour-là, règne une grande activité, en effet la goélette est là pour sa tournée de ramassage du coprah, ce qui arrive une fois par mois ; quelques fois, la concurrence peut jouer avec le passage du Hiro ou de l’Orohena. Un jour comme aujourd’hui où il y a tant d’activité, tant de monde, sur le rivage de l’atoll est donc bien peu courant. En effet, sur le sable, au bord de l’océan et à l’ombre des cocotiers on peut compter ou deviner environ vingt-cinq personnes, ce qui fait presque un dixième de la population de l’île.
A Reao, où les distractions et la rupture d’une vie monotone sont bien rares, à part le cinéma quotidien à la station météo, ici où le temps est toujours le même, pensez si la venue d’un bateau est un jour faste.
Il fait beau, il est presque midi, la marée est haute, il y a environ cinquante centimètres d’eau sur le récif ; pas de houle forte, donc pas de risque d’accident – une baleinière, avec de la houle importante peut se retourner, c’est rare mais cela arrive –, les passagers, dont je fais partie, ont donc tout le loisir d’admirer un atoll vu du large et de le photographier. L’embarcation, propulsée par son moteur hors-bord de 40 chevaux, va se poser en douceur sur le récif dur comme du béton. Les avirons sont à poste et parés pour servir au moindre hoquet du moteur, mais aujourd’hui on ne risque rien.
Au centre de la photo, c’est la remise communautaire, avec une citerne attenante qui peut récupérer l’eau du toit de ce vaste local et de son propre toit. Dans cette remise, chacun y a entreposé ses sacs de coprah à mesure de la récolte, et ce, depuis le dernier passage de l’un de ces bâtiments collecteurs. Les portes en sont ouvertes et plusieurs petits lots de sacs de coprah ont été sortis et posés sur la roche et les cailloutis du récif ; deux autres lots sont placés à droite de la remise. Ces sacs vont embarquer, après avoir été pesés, dans la baleinière sans tarder. De la droite de ce bâtiment, débute l’avenue principale qui coupe le village en deux parties et qui va en ligne droite jusqu’au lagon, environ à 700 mètres de là. On voit également un tas de bidons noirs, d’environ trente kilos ; ce sont de petits fûts d’engrais ferrugineux, destinés à amender le sol des cocotiers. On observe également que du bois de construction a été amené à terre dans une rotation précédente et est déposé sur le rivage. En effet, depuis trois ans environ, des Reao vont travailler sur les grands chantiers du CEP, de l’argent circule entre leurs mains, ils commencent à se construire de jolis farés en matériaux légers, qui remplaceront petit à petit les constructions anciennes en pierre édifiées par les missionnaires au siècle dernier.
On distingue encore quelque menu matériel dont plusieurs planches de contreplaqué, de construction sans doute, accotées contre la citerne.
Sur le sable du récif se trouvent plusieurs pirogues, a priori, c’est une anomalie, en général on ne les laisse pas trop souffrir de l’exposition au soleil. Lorsqu’on les lancera à l’océan, il faudra écoper ; c’est une corvée.
La venue de la goélette est donc une distraction pour tous, et on remarque un groupe d’enfants, à gauche, plus ou moins grands qui barbotent dans l’eau. Il est possible que Mathias, l’instituteur, qui peut avoir à faire à bord, leur ait donné quartier libre ; sous les cocotiers, les seuls arbres visibles dans ce quartier ouest de l’atoll, dans l’ombre on distingue quelques personnes qui observent ce remue ménage.
A l’arrière plan, ce sont les premières maisons du village, dont la majeure partie est du même modèle, en pierre et couvertes de pandanus tressé.
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Message par PILON le Sam 27 Nov 2010 - 19:19

Eclipse de soleil aux îles Tuamotu


Voici l’éclipse totale de soleil telle qu’on doit l’avoir observée à Reao le 11 juillet 2010 vers la fin de l’après-midi. Cette éclipse était totale, des Tuamotu à l’île de Pâques. Cette photo a été prise sur l’atoll Tatakoto qui est situé environ à 250 km au nord-ouest de Reao. Et l’ombre de la Lune parcourait une route du nord-ouest au sud-est.

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Crédit photo : Rocha Ivity


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Message par Joël Chandelier le Sam 27 Nov 2010 - 20:24

Joli REAO,  l'écho d'un lointain lagon. - Page 24 315838 de Reao cette photo
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Message par PILON le Mer 29 Déc 2010 - 16:23

Une anecdote notée à Reao


Pendant mon premier séjour à Reao, j’ai eu principalement deux informateurs : Teaka Pou, ancien second Maître de manœuvre, un solide, qui mmourut à Papeete en 1971 et puis une jeune fille que parfois dans mes écrits je nomme Faumea, ce qui était du reste son prénom polynésien d’origine mangarevienne.
A la fin du XIXème siècle ce fut la venue des commerçants-trafiquants, me disaient-ils. Comme les baleiniers, ils étaient peu gênés par la moralité. Ils échangèrent ce qu’ils trouvaient sur l’atoll, des nacres et des rori principalement, (il parait que vers la Chine on les consommait, les rori) ; les cocotiers commençaient seulement à produire. C’était du troc, les Pomotus ne connaissaient pas la monnaie sonnante et trébuchante. Alors contre leur production on leur offrit des objets utiles ; gamelles, ustensiles de cuisines etc…, d’autres inutiles : des lits dont ils n’avaient nullement besoin puisqu’ils couchaient à terre sur une simple natte. Ils offrirent des machines à coudre et des fers à repasser ainsi que des étoffes justifiant la présentation de ces objets, à des gens qui n'en avaient nullement besoin, qui allaient nus ou presque sous le chaud et sain soleil du Pacifique. Ils leur proposèrent de jolis vases de nuit, des pots de chambre, disons le mot, à eux qui n'avaient que deux pas à faire pour aller épancher leurs besoins dans les miki miki ou sous les arbres, comme ils l'avaient toujours fait ; ils privaient ainsi les chiens et les cochons d'une certaine alimentation, ces animaux ne consommant pas les excréments humains ayant macérés dans l'urine.
Mais le pot de chambre n'était jamais accompagné du mode d'emploi, me disait Faumea, et il n'eut pas toujours la destination prévue. Ce joli vase ressemblait à s'y méprendre, à la vaisselle avec laquelle il était parfois livré ; un récipient, quel qu’il soit, peut contenir toute sorte de denrée n'est-ce pas ? Or, un jour est passé à Reao l'administrateur résident des îles Tuamotu, accompagné d'une suite de fonctionnaires, c'était un peu avant 1900. Ils participèrent à un grand tamaaraa servi en leur honneur, comme il se doit. Ils furent très surpris lorsqu'ils constatèrent que le poisson cru était présenté dans trois magnifiques pots de chambre du plus bel émail ! Je ne sais pas si ces vases de nuit étaient encore neufs. Je ne sais pas non plus si tous les popaa se servirent du poisson et s'ils le mangèrent de bon appétit.
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Message par jean-claude BAUD le Mer 29 Déc 2010 - 22:22

André, si c'était du fafaru, même le pot mal lavé, personne n'aurait senti la différence.. REAO,  l'écho d'un lointain lagon. - Page 24 238947



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Message par † tataio le Jeu 30 Déc 2010 - 11:17

au sujet du coeur de cocotier
le coeur de palmier frais est aussi bon que celui de cocotier frais
comme le coeur de cocotier en conserve ressemble étrangement a celui de palmier en conserve




A FA'A HEIMOE TO OE ORA, E HA'A MAU TEIE MOE -
Fais de ta vie un rêve, et de ce rêve une réalité - citation de St Exupery
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Message par PILON le Sam 12 Fév 2011 - 22:23

Jouer au Robinson sur une île « déserte »


Ceux qui auront fait les stations météo des atolls, auront pu connaître ce que je décris ici, auront pu s’isoler ainsi afin de se changer les idées pendant quelques heures en allant passer la nuit où même un jour ou deux à l’extérieur de la station, à Gake, ou peut-être sur un motu à une certaine distance. Il est vrai que parfois nous avions besoin de ce changement car vivre toujours avec les mêmes personnes en comité restreint dirait-on - ce qu’est une station météo - où nous nous trouvions parfois une quinzaine de personnes, c’est-à-dire, les même gens toujours en face de soi, pour le travail, au repas, dans la chambrée etc… Tous ceux qui ont vécu en collectivité demeurant sur un espace ainsi restreint savent de quoi nous parlons ; les caractères s’extériorisent et puis l’incompatibilité chez certains pour ce genre de vie ainsi isolé de son chez soi métropolitain, de sa famille ou bien de son traintrain habituel, ressort et peut amener de grosses fâcheries entre les membres du groupe. Ce à quoi le chef de station devait veiller et au cas où, y remédier.
Je prends comme exemple Reao, là où, en 1967, j’étais chef de poste et chef de station météo, où je portais les deux casquettes comme on dit. Cette situation bicéphale a ainsi, pour moi, duré six mois, de février à août de cette année-là, et ce ne fut pas une sinécure avec deux patrons à Papeete, l’ingénieur, chef de la météo du CEP et le chef de bataillon commandant l’OPP, l’organisation des postes périphériques. Aussi ayant souvent besoin de décompresser, je m’en allais sur ma toute petite, et vraiment petite, île déserte. Après avoir prévenu ce lui qui était mon adjoint.
Elle était d’un genre tout particulier cette île, un îlot plutôt, et tout entier fait de coquillage ! j’y allais toujours à pied au travers la cocoteraie qui entourait la station météo et j’avais un petit kilomètre pour y accéder.
Nous savons tous que le village de Reao se trouve à l’extrémité nord-ouest de l’atoll et qu’il est séparé en deux parties par l’avenue qu’ont construite les missionnaires il y a cent quarante ans aujourd’hui. En prenant l’avenue du nord au sud, on arrive donc au lagon. Là nous nous trouvons sur un platier recouvert de sable boueux, parfois assez épais pour embourber les véhicules et, juste en face, sur le bord du lagon nous y remarquons deux bâtiments légers, dont un assez grand, recouverts en pandanus, surélevés d’un mètre environ par rapport à ce platier, ainsi que quelques buissons de miki miki. C’était mon île deserte.
J’ai constaté, sitôt que je le vis, de quoi est constitué l’îlot sur lequel sont construites ces cases, je n’avais rien lu à ce sujet ; il est entièrement en coquille de bénitier. Et je remarquai, plus tard, que de ces coquilles, un peu plus grosses qu’un poing il y en avait d’autres à proximité, et je vis par la suite qu’il y en avait tout le long du rivage, d’un bout à l’autre de la côte nord.
J’appris plus tard que depuis des siècles que cet atoll est habité, les générations qui se sont succédées ici, tiraient leur alimentation de la mer et du lagon, et que dans le lagon on ramassait les petits bénitiers pour s’en nourrir et aussi pour donner aux chiens et aux cochons. Voila pourquoi des monticules de coquilles de bénitiers ourle le rivage sur le pourtour intérieur de l’atoll et principalement sur la côte Nord.
Dans la plus petite de ces cases, il n’y avait rien, dans la grande se trouvait un petit cotre que je n’ai jamais vu naviguer et qui servait dans le passé pour amener de Gake les sacs de cophrah. Il m’a été dit, plus tard, alors que j’avais quitté Reao, que ce cotre avait été sorti de son abri par les membres de la météo pour le faire naviguer sur le lagon, et qu’il avait coulé ?
Je partais vers les huit heures du soir car il fallait que je me lève tôt afin d’être de retour à la station vers six heures et demie du matin, heure à laquelle nous préparions le sondage de vent en altitude, le lâcher du ballon ayant lieu à sept heures. Comme éclairage j’emportais une lampe torche, ce qui me permettait de lire un peu. Je me couchais au sol, j’avais répandu du sable sur les coquilles et par-dessus le sable, des feuilles de cocotiers, sans la nervure centrale. Là, toute la nuit, c’était le calme complet excepté les vagues du lagon qui venaient mourir au pied de mon île sur les coquilles. En gros, je dormais sept heures. Une mince couverture et un paréo me protégeaient du peu de fraîcheur nocturne. Le chien Bock m’accompagnait presque toujours ou bien venait me retrouver.
Le troisième matin, et de temps à autre, sauf le dimanche, je fus réveillé par des jacassements enfantins, des voix rieuses de fillettes qui avaient l’air de bien jouer, de bien s’amuser.
Il faisait à peine jour, et ces petites demoiselles accompagnées de plusieurs chiens, munies de seaux, de couteaux, d’un masque de plongée et chaussées de sandales en plastiques, venaient sur le rivage de mon île déserte pour effectuer une corvée matinale. Elles allaient ramasser les bénitiers dans le lagon ; dans l’eau jusqu’au ventre et le masque sur les yeux afin de bien voir le fond. Ensuite, le seau plein, elles revenaient sur le rivage, avec leur couteau, elles les ouvraient et les coquilles s’entassaient ainsi par-dessus les autres. Elles répétaient les gestes qu’avaient faits leurs mères, leurs grands-mères et toutes leurs ancêtres depuis des générations.
C’est la corvée matinale qui leur revenait avant de se préparer pour l’école dirigée par notre ami Mathias.
Et comme, selon les enseignements religieux qui leur sont dispensés, il est interdit de travailler le dimanche, ce jour-là, elles n’y venaient pas.
Il y avait aussi le matin, à une certaine distance de mon abri, un vieux Reao qui ramassait des bénitiers lui aussi, mais pour donner à quelques tortues qu’il conservait vivantes dans un bassin en ciment édifié sur les monceaux de coquillage. Deux chiens sur ses talons, ramassaient les quelques bribes de bénitier qui pouvaient tomber au sol. Un matin j’allais le voir en passant, c’était curieux de voir une quinzaine de tortues alignées et attendant, le bec ouvert ce qu’il allait leur revenir.
André Pilon



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Message par PILON le Ven 26 Aoû 2011 - 9:36

Manger de la tortue, est-ce hors la loi ?

On a eu droit, ce matin à la 2, vers 8 heures 15, à un mini reportage sur la protection des tortues à la Réunion. La protection de ces animaux marins est une bonne chose surtout qu’en général ce sont les femelles qui sont sacrifiées, capturées quand elles viennent à terre pour pondre, toujours la nuit ; ce qui tend vers la disparition de l’espèce. Je ne sais pas ce qu’il en est en Polynésie Française, mais ceux qui résident là-bas pourront nous le dire. Je crois savoir que l’espèce est protégée tout pareil comme elle y était déjà dans les années passées, au temps du Centre d’Expérimentation du Pacifique. Cette protection était un mauvais coup pour les gens des atolls, îles sur lesquels on n’a rien à se mettre sous la dent, à part les produits de l’océan, les chiens et quelques assez rares cochons long à élever et couteux car si on leur donne les noix de coco à manger, on ne vendra pas de coprah. Alors nos amis des atolls de l’Est Tuamotu, comme ils n’entendaient pas le Français ne comprirent pas ce règlement non plus, devinrent des hors-la-loi sans le savoir et continuèrent à manger quelques tortues capturées généralement le soir sur le sable bordant le récif, surprise dans leur déplacement ou entrain de « pleurer » pendant leur ponte sur le bord du trou fraîchement creusé. Mais il me semble qu’il était moins mangé de tortue, qu’on pourrait nous le faire croire, pour abonder dans le sens de cette protection. Mais je dirai qu’à la Réunion, je n’en sais rien strictement, et la population y est importante.
Ce m’amène à essayer de me souvenir combien il était pris et consommé de tortue sur un atoll comme Reao, qui comptait 270 habitants en 1967 /1970. Comme nous vivions à proximité du village et en bonne harmonie avec les Reao, nous voyons parfaitement tout ce qui s’y passait et puis quand une tortue est prise, se créée un rassemblement, et puis ; presque à chaque fois il est organisé un tamaaraa, et puis encore, la bête est débitée en part et des parts distribuées ; pas de moni en jeu, troquées tout simplement, à charge au récipiendaire de rendre la pareille lors d’une chance identique, lors d’une pareille aubaine. Et puis il y avait les carapaces, qui restaient, qui demeuraient visibles à sécher, et ensuite rangées dans les farés.
Mes souvenirs lointains, mais restés dans tout frais dans ma mémoire, me laissent penser qu’à Reao il était tué une douzaine de tortues dans l'année à cette èpoque-là, des animaux avoisinant malgré tout les cent à cent vingt kilos.
André Pilon



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Message par PILON le Mar 30 Aoû 2011 - 19:25

Bonsoir André,

je viens de lire ton commentaire au sujet des tortues de Reao. A mon époque, en 1977, autant que je me souvienne, elles étaient consommées de manière exceptionnelle et les habitants veillaient à réguler leurs prises.

La chair de tortue est délicieuse découpée en petits morceaux façon ragout. Il se trouve que lorsque j'y suis retourné pour le 14 juillet 2005, j'ai été invité à déjeuner dans une famille qui m'a offert un festin de tortue tout en me faisant promettre de ne pas le répéter dans le village.

Je pense que dans ces atolls éloignés disposant de faibles apports de protéines, le fait de consommer occasionellement de la tortue ne nuit pas à l'espèce et permet de varier l'ordinaire dans les grandes occasions! (La consommation de chien est toujours dans les habitudes culinaires)

j'espère que tu vas bien,

cordialement,
Eric ROUSSEL

Nota, dans un autre courrier, Eric me dit qu'il pense qu'il en était mangé une vingtaine par an.

André Pilon




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Message par jean-claude BAUD le Mar 30 Aoû 2011 - 19:57

En ce qui concerne la Polynésie, je n'en ai mangée qu'une seule fois à Taku en 65 ..
Harponnée entre Taku et Tepapuri..La graisse était verte , la cuisson dans le four polynésien.. J'ai bien aimé..

Sur le Bourdais (1975? ou 79?) le commis réunionnais Kakouski nous en mettait au menu de temps en temps achetées chez le ship - chandler du Port ..



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Message par marsouin le Mar 30 Aoû 2011 - 20:10

Moi aussi j'ai mangé de la tortue à Mataiva et même assisté à la découpe peu ragoûtante de l'animal... REAO,  l'écho d'un lointain lagon. - Page 24 746231
Moi aussi André j'étais en 2005 aux Tuamotu, mais en avril et mai REAO,  l'écho d'un lointain lagon. - Page 24 580511:



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Message par PILON le Mar 30 Aoû 2011 - 21:03

Effectivemet j'ai vu la découpe d'une tortue plusieurs fois et ce n'est pas du tout engageant, la couleur verdâtre que tu signales Jean-Claude, et qui domine. J'aurais du m'y intéresser un peu plus et je regrette ; par contre c'est délicieux à manger. Il y a certainement des morceaux de choix, mais je ne sais rien à ce sujet. à Reao, on élève des tortues dans de grands bacs pleins d'eau de mer, quand on trouve des petites ; on les nourrit avec les petits bénitiers du lagon. Les bébés tortues sont capturées à leur naissance.
Il y eut, à Tureia, une soirée remarquable; pendant un tamaaraa organisé à côté de la météo avec les gens du village, des petites tortues naquirent non loin de là et ells passèrent sous les tables; à côté des tables; d'une façon frénétique dans la zone éclairée de notre fête, pour se rendre à l'océan où les attendaient leurs ennemis les crabes. Leur ennemi est aussi le kotaha, la frégate, mais il faisait nuit, elles n'étaient pas en l'air.
On s'est amusé à en ramasser, je ne me souviens pas que les Tureia en aient gardé, nous les avons relachées.
Ce n'est qu'à Reao que j'ai vu élever ces jeunes tortues
.
André Pilon


Dernière édition par PILON le Mar 30 Aoû 2011 - 21:47, édité 1 fois



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Message par marsouin le Mar 30 Aoû 2011 - 21:21

Toutes ces tortues à Tureia prouvent qu'il y a bien reproduction et une belle activité biologique ! Mais pas de radioactivité REAO,  l'écho d'un lointain lagon. - Page 24 580511:



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Message par PILON le Mar 27 Sep 2011 - 21:35

Jean Pierre Laudé a écrit dans le post "Gambier" :

La ciguatera je connais, à l'epoque ou nous faisions "le petit train" en super frelon(ravitaillement des atools, )nous avions mangé un délicieux poisson le midi à Réao ou nous etions reçus chaque fois comme des rois.Le soir dans le lit à Mururoa, j'ai commencé à avoir des douleurs dans toutes les articulations, et après une mauvaise nuit, le lendemain matin tout l'équipage du super frelon a été incapable de reprendre sa mission.Plus aucun reflexe au tests.Nous avons été rapatriés sur Hao, pourêtre soignés.A l'époque injection massive de vitamine C pendant 15 jours. Impossible de se laver ou toucher de l'eau, cela déclenchait en nous comme un courant électrique.J'ai ressenti pendant un bon mois les effets de cette ciguatera...Il parait que le fait de voler en altitude avait accéléré le poison pendant notre transit via Tureia et Mururoa. Fait amusant, les rares passagers que nous avions emmenés de Hao à REAO et qui étaient restés sur place, malgré le même repas de poisson, n'ont pas été atteints.
Anecdocte: les mois suivants, un légionnaire se dévouait pour manger la veille du poisson qui nous était destiné, pour voir si la fameuse Ciguatéra, n'avait pas contaminé la pêche qui nous était destinée.5on adorait manger le poisson de REAO, le chef cuistot nous préparait çà merveilleusement.



Suite à cet écrit de Jean Pierre Laudé paru dans le post Gambier, il s’avère que j’étais présent à Reao quand a eu lieu cette affaire, empoisonnement par la ciguaterra de ceux qui était dans l’hélicoptère super frelon venu sur l’atoll pour une liaison de routine.
J’étais le chef de la station météo, c’était en 1971. Pas un seul membre du poste, ayant comme les volants et les passagers de l’appareil au retour, mangé du poisson, n’a été malade ; c’est probablement lié à la dépressurisation.
Et bien vois-tu, je pensais que c’était le Catalina qui était venu ce jour-là.
Personnellement, j’ai été empoisonné moi aussi à Reao en 1967, une fois, mais à faible dose, toujours est-il qu’il était impossible de tenir sous la douche, on a l’impression de recevoir des décharges électriques, c’est une caractéristique de cet empoisonnement.
André Pilon




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Message par PILON le Dim 30 Oct 2011 - 22:36

Te metua Victor à Reao
Il a déjà été expliqué dans ce post que le curé des atolls de l’Est des Tuamotu était responsable d’une dizaine ou d’une douzaine de ces îles basses composant sa paroisse ; certains d’entre eux étant inhabités et sur lesquels le prêtre pouvait malgré tout se rendre lorsque des travailleurs y subsistaient pour la récolte de coprah, c'est-à-dire une ou deux fois l’an. Il pouvait même y séjourner pendant tout le temps de cette récolte, arrivant donc avec la goélette conduisant ces travailleurs et repartant avec eux.
Pendant mes trois séjours à Reao, je ne vis le père Victor, qui était donc le curé de cette paroisse lointaine, que deux fois. La première fois, ce fut pendant mon premier séjour alors que j’avais la responsabilité de chef du poste ; je me sentis alors obligé de le contacter puisque je représentais ici l’autorité militaire du territoire. Il resta sur l’atoll pendant trois semaines. Quand je revins pour ma troisième affectation, n’ayant plus que la responsabilité de la station météo ; je ne me sentis aucune obligation envers lui, il y avait un chef de poste de la Légion. Le prêtre était là depuis assez longtemps et encore pour longtemps, en effet, c’était en 1971, on construisait la nouvelle église, celle pour laquelle Eddy Merckx (neveu du prêtre) à offert tout ou partie des vitraux et te Metua Victor était devenu chef de chantier. Un chantier formidable, une église construite par toute la population d’un village de 300 habitants ! quelque chose de comparable à la construction des églises de France après l’an mille. En janvier 1971, lors de mon arrivée, le bâtiment était élevU mais aucun crépi n’était appliqué, aucune boiserie n’était installée.
C’est Ioane Teaka, le radio local, qui m’apprit l’arrivée du père, Il me tenait au courant de tout ce qui pouvait intéresser le poste militaire parmi ce qu’il recevait comme communication de l’autorité territoriale ; ainsi, le jour de l’arrivée de la goélette, au petit matin alors que le soleil se levait tout juste, je me trouvai sur le récif avec Martial Takararo, le tavana, ainsi qu’une partie de la population, pour l’accueillir. Alors que la baleinière avançait, propulsée par son hors-bord de 70 Cv, te metua, grand, maigre, la barbe poivre et sel, coiffé d’un chapeau de pandanus, était debout à l’avant, comme inspectant l’environnement de l’atoll qu’il avait quitté il y a quelques mois déjà.
Les présentations furent très simples, c’est Martial qui me présenta en Paumotu, puisqu’il ne parlait pas français, mais avec ma tenue (j’étais premier maître), le père Victor savait bien qui j’étais. On m’avait dit, non officiellement, qu’il n’aimait pas les militaires, cela n’apparut pas car il fut vite encerclé par les adultes et surtout par les enfants.
Deux ou trois jours plus tard, je me rendis au presbytère afin de le contacter d’une façon officielle et de l’inviter à prendre un repas de midi au poste militaire. Il me répondit qu’en général, il n’acceptait jamais des invitations à manger, mais qu’il ferait une dérogation et ajouta-t-il, si vous permettez, j’en profiterai pour aller faire une prière dans le cimetière de mes lépreux. Il est bon de rappeler que le poste militaire et la station météo sont installés sur l’ancien cimetière lépreux, un terrain de deux hectares environ et sur lequel il reste le cimetière où l’on déposait les morts, les morts sains, dirait-on, ayant leur lieu de repos éternel à l’ouet du village, à cent mètres de l’église.
A l’heure dite, je l’accueillis et nous passâmes à table. Il me prévint qu’il allait faire sa prière, ce que je fis avec lui, il fallait bien que je remplisse mon contrat, que ma réception soit parfaite. Nous avons mangé en tête à tête, servi par Gapotai. Nous avons parlé à bâtons rompus, je n’étais guère connaisseur de la Polynésie à cette époque, je n’avais donc guère de questions à lui poser.
A la suite de quoi, repas terminé, nous nous sommes dirigés vers le cimetière isolé. Où reposent les anciens pensionnaires défunts de la léproserie. Il y a là, entourées par un muret, environ une cinquantaine de tombes, qui semblaient abandonnées, beaucoup étaient matérialisées par un simple tas de gravier et surmontées d’une croix de bois pourrissante où étaient encore visibles quelques lettres de leur nom (depuis, j’ai pu voir une photo de ce cimetière, il me semble que certaines de ces tombes ont été restaurées). Pendant que nous nous recueillions, quelques petits oiseaux, cinq ou six, ( des migrateurs peut-être ? ) perchés sur des figuiers qu’avaient plantés là, les malades jadis, et cherchant à picorer les figues qui s’y trouvaient, chantaient comme pour accompagner cette prière
,

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Le cimetière des lépreux dans l'enceinte de l'ancien hôpital de Reao

Crédit photo : école Reao
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Message par marsouin le Lun 31 Oct 2011 - 9:04

Belle narration André. Et le cimetière des lépreux aux tombes sobres et immaculées est singulièrement esthétique.



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Message par PILON le Lun 31 Oct 2011 - 10:37

Au sujet du cimetière des lépreux
Comme je l'ai dit dans mon texte, il me semble que ce cimetière était presque à l'abandon lorsque j’étais à Reao et, l’ayant traversé plusieurs fois, je revois bien des tas de graviers au lieu des dalles cimentées que l’on observe sur la photo. Je ne vois pas, lors du décès d’un de ces pauvres malades, qui auraient eu, à Reao, du ciment pour leur faire une sorte de monument funéraire, et de plus qui m’ont l’air à peu près tous identiques, ce qui laisse penser qu’elles ont toutes été faites en même temps.
Donc je pense ceci, mais qui pourrait être approfondi : comme le ciment, avec le poste militaire n’a jamais été cher, et n’a jamais manqué ici, en vertu du fait que le chef de poste a toujours eu pour consigne d’aider la population et puis que, quand une compagnie de travaux débarquaient du ciment, celui en rab, restant après la mission n’était jamais rembarqué, servait au village pour divers travaux sous l’autorité du tavana (devenu plus tard le maire).
Du ciment restant doit avoir servi pour apporter ainsi un brin de restauration au menema, comme on appelle le cimetière. Mais ce n’est qu’une supposition.
Je pense que je vais faire une lettre au curé de Reao, en passant par l’évêché, pour apporfondir « la chose ». Il me semble savoir que ce prêtre est le père Boscher, un homme déjà âgé, et que j’ai connu à Rapa en 1968

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Autre photo, récente, du cimetière de Reao

Crédit photo : Eric Roussel

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Message par PILON le Dim 13 Nov 2011 - 19:44


La Haut-commissaire de la République s’est rendu à Reao au début du mois d’octobre afin de poser la première pierre du système de potabilisation de l’eau douce. Il a, en même temps, pu constater l’avancement de la construction de l’abri de survie, protection de la population entière contre tsunami et vagues cycloniques. C’est sur cet abri que sera récupérée l’eau de pluie qui sera ensuite dirigée vers une citerne puis traitée avant consommation
.

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Avancement des travaux de l'abri de survie.
Crédit photo : la dépêche de Tahiti

André Pilon



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Message par PILON le Sam 7 Jan 2012 - 19:50

A Reao et à Puka Rua, des pionniers.
Mais aussi une aventure hors normes :
Un évêque naufragé sur un atoll de Polynésie Française,
Le 14 septembre 1977, la goélette Aranui, un joli petit bateau en bois, appelé goélette à coprah, que nous, les anciens des atolls avons tous connue - certains l’ont même empruntée aux tout débuts du CEP pour leurs déplacement afin de se rendre en station-, se pointait devant l’atoll Tenararo, un petit atoll bien circulaire, qui est le sommet d’un volcan sous marin et qui fait partie de l’archipel des Actéons dans l’extrême sud-est des Tuamotu.
La liste des passagers, qui sont bien peu nombreux, ce n‘est pas un vaste navire, compte Monseigneur Michel Coppenrath, évêque de Papeete, le RP Guillaume Vallons, en religion le père Victor, missionnaire des îles de l’Est depuis 1941 ; ils viennent passer une journée avec les travailleurs de Reao et Puka Rua, 70 personnes qui sont sur place depuis le mois de juillet et dont le but est de défricher cet atoll pour le mettre en culture, c’est à dire pour y créer une plantation de cocotiers. Pour Monseigneur, c’est là, la visite d’une partie de son évêché, un territoire qui compte plus d’eau que de terre et qui se compose de 115 îles ; quelques îles hautes et beaucoup d’atolls ou îles basses.
Ce qui s’offre à la vue des voyageurs qui sont auprès du capitaine, à la passerelle de navigation, est une chose formidable, et que nous n’avons jamais vue, nous les habitués des atolls : un atoll totalement découvert, plumé de sa végétation, les oiseaux de mer, telles les frégates, désorientées tournent sans espoir de se percher. En effet, les travailleurs pendant ces deux mois on fait place nette, tout a été abattu, rasé, transporté et brûlé, comme leurs ancêtres à Reao et à Puka Rua ont pu le faire environ cent ans plus tôt sur leur îles mise alors en valeur.
Du reste, monseigneur Coppenrath, pour la société des études Océaniennes, a écrit ce qu’il observe ce matin-là :
« En touchant Tenararo pour la première fois, et depuis le village de fortune en niau (feuillage de cocotier) qui domine tout l’atoll, l’impression première fut de mélancolie : joie, bien sûr de découvrir un nouvel atoll, de pouvoir le parcourir des yeux dans son ensemble, de sentir que l’on y travaille beaucoup… Mais plus d’arbres ni d’arbustes, plus de végétation ! Quelques petites pousses vertes repartaient des racines ou des troncs, raccourcis au niveau des blocs de coraux blanchâtres. L’atoll venait d’être mis en coupe réglée par des travailleurs courageux, travaillant au tipi rahi (long couteau, autrement dit : coupe-coupe)… L’impression qu’un bombardement ou qu’un ouragan avait aplati l’île ! Un travail considérable venait d’être accompli que l’on pouvait apprécier de toute part… Mais à quel prix ! Au lieu d’une plantation, ou même du décor habituel fait de miki miki, de kahia, de fara, de puka, un arbre encore plus haut, etc, c’était un désert de pierres de corail et de coquillages déchiquetés parsemés sur un sol fait de sable mais aussi d’humus qui donnait en surface une teinte tantôt grise, tantôt brune… Le relief de l’atoll figurait le bord d’un assiette creuse , l’inclinaison assez prononcée allant du côté océan vers le lagon, était générale et presque uniforme. »
Monseigneur passa sa journée avec ces ouailles et le soir…
La dernière baleinière conduit les voyageurs sur l’Aranui et comme dit monseigneur « nous quittons ces moines défricheurs du Pacifique livrés à eux-mêmes jusqu’au retour du bateau dans un mois, un mois et demi. Mais ce ne devait plus être l’Aranui qui, après 17 années de navigation dans l’Est nous emporta jusqu’à Marutea Sud… sur les récifs où elle se mit au sec dans la nuit suivante. Notre tournée des plantations s’arrêta là. »
Voilà un évêque naufragé sur un atoll ! ce n’est pas quelque chose de courant mais l’Océan Pacifique, ça a toujours été le lieu d’aventures extraordinaires, et même en 1977 voyez-vous.
Monseigneur Coppenrath et les autres naufragés, par les soins de la Marine Nationale et de l’aviation militaire se retrouveront à Papeete le 19 septembre 1977
Nota : Le 20 janvier1983, le cyclone Nano s’abattait sur les actéons et causait d’immenses dégâts à la plantation de nos amis Reao et Puka Rua
André Pilon



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Message par PILON le Mer 25 Jan 2012 - 19:39

Naissance de Reao
Quand nous étions sur nos îles basses, les atolls, aux Tuamotus, au bout d’un certain temps de présence nous étions très intrigués par la morphologie de ces étranges terres (il y en a 78) disséminées sur l’Océan Pacifique et qui s’étendent du nord-ouest au sud-est sur 2 000 kilomètres. Nous étions troublés par la faible altitude, l’ennoiement régulier, le manque de terre arable, la faible quantité d’espèce végétale, l’absence d’eau douce et la faune limitée à quelques espèces ; aussi nous parlions souvent de la formation de ces atolls, et l’on entendait parfois de ces théories farfelues comme celle qui consistait à dire que Mururoa pouvait culbuter, lors d’un tir atomique, car il reposait sur trois pieds…
Avec mes quelques connaissances acquises sur le sujet, j’ai romancé la formation de l’atoll Reao, sorti comme tous les autres, un jour, sous forme de lave, comme cela s’est produit - et nous avons vu une vidéo qui est toujours sur Youtube - il y a bientôt deux ans, du côté des îles Tonga.
André Pilon



Spoiler:

Une île naît ; un enfantement difficile.


Il y a vingt millions d’années.

La mer bouillonne, l’océan est dans la tourmente. C’est la lutte de l’eau contre le feu ; un énorme cataclysme s’est déclenché une nouvelle fois dans cette région du globe. Dans le fond de l’océan, une masse énorme de roche en fusion remonte des profondeurs, elle est épaisse et pâteuse, rouge et brûlante. C’est une violente éruption volcanique sous-marine qui est en cours. Au contact des eaux profondes, la lave chauffe immédiatement la masse liquide sur une grande surface et provoque de terribles bouillonnements dont les énormes bulles viennent crever la surface de l’océan ; l’eau de mer se transforme immédiatement en vapeur à ce contact brutal, infernal et contre nature. La vapeur produite est tellement importante qu’aussitôt arrivée à la surface, elle se transforme, mêlée à de la fumée sombre en un puissant nuage noirâtre et chaud qui monte verticalement, à grande vitesse et de toute sa puissance dans le ciel. Une vaste étendue maritime est donc en ébullition et, au-dessus, les énormes nuages sombres que forme cette vapeur sont entraînés dans le vent alizé, vers l’ouest. Atteignant alors le stade de puissants cumulonimbus, ces nuages se développent jusque dans les plus hautes couches de l’atmosphère où ils s’étalent comme s’ils étaient bloqués là par une force descendante venue du plus haut des cieux. Toute la région est bientôt recouverte par ces monstrueux nuages et le soleil n’apporte plus aucune clarté, parfois la nuit est presque totale. Dans cette couche sombre, de violents orages se déclenchent ; sans arrêt, les éclairs éblouissants strient les nuées et le grondement du tonnerre est permanent, c’est un roulement qui est presque continu.

Les terribles bouillonnements de la mer, venant des profondeurs, alimentent les nuages en vapeur chaude qui se refroidit vite, ainsi, de sombres et épaisses cataractes de pluie s’abattent en permanence et limitent la visibilité lumineuse propagée par les éclairs. Des coups de vent, forts et subits, liés aux orages, venant de directions variables, agitent l’océan dans un désordre le plus total. Sous l’effet de ces vents violents et irréguliers, les vagues venues de tous les secteurs de l’horizon s’entrechoquent, se bousculent et lancent vers le ciel, de hauts geysers, parfois brûlants, d’eau et d’écume verdâtre.

De sinistres grondements venant des abîmes profonds se font entendre ; mais il n’y a pas encore d’oreilles humaines pour les percevoir. Il n’y a que des « oiseaux de mer », qui semblent être perdus et désorientés dans cette quasi nuit artificielle. Ils s’approchent comme pour observer ce phénomène mais aussi pour récolter quelques proies échaudées quand un peu de clarté se présente, entre deux nuages moins épais. Ils sont bien étranges ces oiseaux de mer ; ils sont de plusieurs espèces, ils ont un long cou, certains possèdent une fine crête élancée vers l’arrière et qui coiffe leur tête ; ils ont une longue queue démesurée, comme celle d’un lézard. Ce sont des animaux que plus tard les hommes qui peupleront la planète Terre, après avoir retrouvé leurs squelettes, appelleront les lézards volants ou encore les reptiles volants. Ils sont à peine dotés de plumes ; ils ont encore beaucoup d’écailles, mais les plumes qu’ils possèdent aux ailes et à la queue sont longues et légères, elles leur permettent d’évoluer dans l’atmosphère avec des battements de leurs membres supérieurs qui sont d’une envergure autant démesurée que leur queue et qui les maintiennent ainsi dans le ciel. Ils ne sont plus des reptiles, ils ne sont pas encore des oiseaux.

Leurs proies sont nombreuses, ce sont les poissons ou d’autres animaux marins tués, échaudés, brûlés, par le cataclysme. Ces reptiles volants, du reste, arrivent maintenant de tous les secteurs de l’horizon, attirés par l’important butin : poissons mourants, asphyxiés ou brulés, ainsi que d’étranges bestioles ressemblant à peine à des poissons qui remontent des abysses en furie, émergeant mortes des profondeurs, le ventre éclaté, les boyaux flottants.

Voilà bien longtemps que cette nouvelle crise de l’écorce terrestre est commencée, peut-être depuis plusieurs centaines de milliers d’années ; cette manifestation passe par des temps forts et par des périodes de calme ou tout au moins d’assez faible activité. Depuis un assez longtemps, le calme régnait ; il est maintenant rompu et cette fois-ci, c’est une crise majeure qui se déroule. Ces convulsions n’ont peut-être jamais été si violentes ; les grondements, les explosions, que l’on distingue venant du fond de l’océan, elles, n’ont jamais été si importantes.

Les torrents de lave qui montent des profondeurs, produits par ce « point chaud » du globe, le « hot spot » comme le nommeront plus tard les savants vulcanologues, poussés vers le haut par une forte pression interne, se déversent et s’entassent, augmentant le volume d’une montagne sous-marine en forme de cône et en construction.

Il est probable que ce volcan va bientôt apparaître au-dessus de la surface et qu’ainsi une île nouvelle naîtra, comme cela s’est déjà produit maintes fois dans cette région du monde.

Alors, toujours en déversant ses matières, ce cône va bientôt émerger au milieu des eaux et comme qu’il n’y aura plus aucun obstacle ni obstruction par la pression exercée par la couche liquide, de puissantes giclées de laves ininterrompues, rougeâtres, parfois masquées par l’épaisse fumée sombre, seront projetées à la verticale dans l’atmosphère. Cette roche en fusion s’en va retomber aux alentours, continuant d’élever de quelques mètres, puis de quelques décamètres, au-dessus de la surface, ce volcan en formation.

Dans l’avenir, et cela commence aussitôt, aujourd’hui même peut-on dire, cette terre naissante va être agressée par la mer, par la pluie, par le soleil et les vents ; toutes ces actions naturelles vont créer une érosion intense, et pourrait la faire disparaître assez vite, mais d’autres crises, comme celle à laquelle nous assistons, apportant de nouveaux matériaux, vont la solidifier, la renforcer, faire encore grandir cette île en surface et le volcan s’élèvera un peu plus en hauteur. Le phénomène va durer des millénaires et des millénaires.

En effet, dans cette région, le fond de l’océan se trouve vers les trois à quatre mille mètres et il n’est pas stable ; il se déplace ! C’est un phénomène qui se déroule insensiblement, mais la science moderne des hommes nous informe et nous enseigne que ce qui ressemble à d’énormes tapis roulants existent à ces profondeurs dans les fonds océaniques. Justement, par ici, le « toboggan » que l’on y rencontre, qui est appelé la « plaque pacifique », se meut, grosso modo, vers l’ouest nord-ouest, entraînant avec lui tout ce qui pourrait remonter des profondeurs, vomis par le « hot spot », ce point chaud qui provoque des éruptions et qui construit les volcans. Et c’est ainsi qu’aussitôt qu’un volcan sous-marin se forme, les matériaux le constituant ayant été déversé sur ce tapis mobile, entreprennent leur lent déplacement, leur mouvement dans cette direction, transporté par le fond mobile de l’océan. Oh ! la vitesse n’est pas bien grande, le l’ordre de deux à quatre centimètres par an, nous dit-on, et le point chaud demeurera longtemps à la verticale ou presque du cône, ou tout au moins à proximité immédiate et de nouvelles éruptions puissantes continueront à déverser les laves et renforcer la montagne de basalte construite et qui peut devenir alors un magnifique volcan aérien. Mais ici, comme la première île formée dans le passé s’est déjà déplacée d’une cinquantaine de kilomètres dans l’ouest nord-ouest, le nouveau volcan sera édifié à une certaine distance de celui qui n’est plus en phase avec le point chaud qui lui a donné naissance.

Là où nous sommes, ce phénomène va se produire à trois reprises à l’identique par intervalle de quelques centaines de milliers d’années, et alors, nous aurons en finale trois petits volcans aériens accolés par leurs bases et alignés.

Et puis, beaucoup plus tard, alors que depuis longtemps le calme complet est revenu dans la contrée, Cette île aura été colonisée, dans l’océan par les poissons, les crustacés et les coraux, et sur la terre, par quelque rare végétation venue on ne sait d’où, mais probablement apporté par les oiseaux. Ces derniers, ce seront de vrais oiseaux, l’évolution ayant fait disparaître totalement leurs lointains ancêtres, pendant que le transformisme donnait forme à de nouvelles espèces. Ils viennent nidifier ici. Elle est devenue une île comme les autres, d’un genre particulier tout de même puisqu’elle est un atoll.

En effet, ces trois petits cônes volcaniques alignés se sont chargés au fil des millénaires d’un énorme poids de coraux vivants et morts ; ces roches sédimentaires calcaires qui sont les débris de ces animaux et de coquillages, le tout bien mélangé, obligent l’île à s’enfoncer sous leur poids pendant son déplacement, si bien que ses trois sommets volcaniques vont disparaître petit à petit, s’affaissant dans l’océan, en laissant la place à un joli lagon étiré.

Ce lagon allongé, en forme de haricot, c’est celui de Reao. L’atoll n’est pas encore nommé ; il le sera, un jour lointain, par des humains explorateurs venus de Hawaiki, du Raro, de l’Ouest. Ces voyageurs, partis à l’aventure, trouvaient probablement la terre promise en arrivant en ces lieux.

L’Océan Pacifique ! Le bien mal nommé. Il a été découvert, nous le savons, un jour de beau temps, par le navigateur portugais qui était au service du roi d’Espagne : Fernando Magellan. Ce jour-là, le 25 novembre 1520, quand il sortit du détroit qui portera plus tard son nom, il trouva devant lui cette immensité liquide qui était d’un calme sans pareil, ce qui n’est pas une chose des plus courantes au sud du Chili et de l’Argentine.

Cet océan a des tempêtes terribles. Que ce soit dans les mers de l’extrême sud ou sous les tropiques, elles se valent ; comme les valent aussi celles que l’on peut rencontrer dans son hémisphère Nord.

Les successeurs de ces découvreurs et eux-mêmes ont fait connaissance avec les violents cyclones. Le plus connu de ceux-ci étant le capitaine de vaisseau de la Pérouse, qui n’en revint pas. On sait maintenant que ses deux navires se sont perdus à Vanikoro pendant une tempête tropicale ou bien un cyclone.

Mais ni Magellan, ni la Pérouse, ne pouvaient voir ce qui se passait dans les profondeurs marine, où apparemment il n’y avait rien de pacifique non plus. Le fond de cette immensité océanique est truffé de volcans ! Ils en sont à tous les stades évolutifs de leur vie, de leur existence. Des centaines et des centaines de volcans en tapissent le fond sur toute sa surface qui équivaut à presque la moitié de celle de la planète Terre. Alors, les soubresauts sismiques sont courants mais ne sont visibles en général que sur les volcans aériens qui, eux aussi, ont été des montagnes sous-marines avant d’acquérir le statut de volcan.

De nos jours beaucoup de volcans sous-marins en activité sont connus dans le Grand Océan ; rien qu’en Polynésie Française on n’en compte pas loin d’une dizaine en y incluant le petit appareil volcanique qui forme l’île de Mehetia à une centaine de kilomètres à l’est de Tahiti. Celui-là, il est momentanément en sommeil ; mais il ne dort que d’un œil, peut-on dire.

Avec les photos des satellites que nous présente sur internet Google Earth, le fond de l’Océan Pacifique est parfaitement visible et tous ces volcans et ces chaînes montagneuses volcaniques ou autres on peut les voir au travers d’une hauteur d’eau atteignant parfois 12 000 mètres. C’est fantastique ! Il est remarquable que dix, vingt, trente, quarante et même plus de ces sommets sont alignés s’étirant en général vers le nord-ouest, à partir du point chaud qui les a vomis. Il est clair aussi que c’est dans l’Océan Pacifique que l’on rencontre la plus grande partie des volcans de notre globe et que l’écorce terrestre - s’il y en a une - ne doit pas être bien épaisse.

Les éruptions, les tremblements de terre, les effondrements, font que la mer à chaque fois encaisse une importante secousse et l’énergie déployée par ces phénomènes se transforme en une vague généralement peu haute mais qui présente une grande longueur d’onde et une célérité élevée, parcourant de très longue distance et pouvant traverser cet océan en une journée. Cette puissante onde s’en va perdre son énergie en détruisant tout sur les côtes ou les îles rencontrées. Quelque fois, alors que le phénomène n’aura pas été détecté, ce tsunami ou raz-de-marée, abordera les rivages sans crier gare, apportant d’importants ravages et la désolation parmi les populations côtières non alertées. C’est avec un phénomène de ce genre, mais de faible intensité, que nous ferons connaissance au chapitre vingt de cet ouvrage.

Notre atoll, nouvellement né, « vogue » donc sur son tapis roulant vers l’ouest nord-ouest à la poursuite d’autres îles qui sont sorties de l’océan bien longtemps avant lui et qui s’échelonnent dans le lointain, dans cette direction et qu’il ne rattrapera jamais. Les hommes qui le découvriront un jour le nommeront Re Ao, comme ils nommeront celui qui l’a précédé de deux à trois millions d’années : Puka Rua ; et comme ils nommeront dans leurs voyages de découvertes toutes les autres : Tatakoto, Rangiroa, Amanu, Hao, Marokau, Ravahere, Apataki, Faaite et Fakarava… Il y en a environ quatre-vingt qui, sorties comme Re Ao, un jour des entrailles de la terre à l’occasion d’éruptions volcaniques, forment l’archipel des Tuamotu. Et puis le phénomène se poursuit, mais si Reao n’est plus concerné, n’étant plus au-dessus de l’infernale cheminée qui lui a donné naissance, d’autres terres apparaissent à leur tour, sur son arrière et sur cet emplacement privilégié accoucheur d’îles. Alors viendront ainsi au jour : Oeno, Henderson, Ducie, Elisabeth, Pitcairn. Du reste, le point chaud doit se trouver non loin de Pitcairn qui est probablement la plus jeune de toutes.



Un jour, alors que le vent soufflait d’ouest, sur l’océan, des pirogues à double balancier apparurent sur l’horizon de l’Ouest. Il y en avait une cinquantaine ! Les hommes qui les montent et les conduisent se dirigent alors cap sur l’atoll et comme pour y aborder. C’est la première fois que l’homme apparaît tout près de cette île basse, mais ils ont déjà fait escale à celle d’en face qu’ils ont nommée Puka Rua, là où ils ont laissé une partie de leurs compagnons d’exploration. Ces hommes, de couleur très sombre, presque noire, ornés de nombreux dessins incrustés dans leur peau, naviguent à la voile faite de pandanus tressé et à la pagaie. Les ancêtres de ces voyageurs ont commencé leur lente migration vers l’est, à partir de ce qui sera un jour la Nouvelle-Guinée ou bien depuis de grandes îles voisines qui étaient très peuplées, il y a environ 4 à 6000 ans. Tout le long des siècles, au hasard des découvertes, au hasard des conflits déclenchés pour s’approprier l’espace vital car les hommes sont de plus en plus nombreux sur la Terre. Les uns sont partis par crainte d’être tués, par peur d’être mangés ; d’autres ont pris la mer tout simplement par esprit d’aventures. Alors, ils ont bientôt colonisé tout ce vaste océan.

Les hommes de la flottille qui approche, au vu de cette terre probablement espérée, et suite à la découverte de la précédente, poussent des cris de joie ; les uns soufflent dans des conques et d’autres dans des flûtes de pan. C’est le soulagement et l’euphorie après la longue distance qu’ils viennent de parcourir et après le long voyage qu’ils viennent d’effectuer, voyage pendant lequel ils ont perdu une dizaine d’embarcations identiques avec tous leurs occupants, disparus et sûrement noyés dans les flots, lors de plusieurs tempêtes qu’ils ont rencontrées. Pour les survivants, ce n’est pas grave et cela était prévu dans la préparation de leur voyage. Ils savent bien que la vie est précaire. Comme ils sont issus d’une civilisation maritime des rivages d’une grande île, ils savaient que la mer prélèverait son tribut sur leur groupe comme elle l’a toujours fait et surtout pendant les voyages d’exploration. Tous l’acceptent car les prêtres leur ont dit que leurs dieux se chargeraient du bonheur éternel de ceux qui disparaîtraient pendant ces voyages d’exploration et de conquête.

Joyeux, après ce long voyage qui va probablement se terminer ici, ils soufflent de plus belle dans leurs énormes conques marines, s’envoyant dans leur langage encore plus de signaux et d’informations d’une pirogue à l’autre. Le chef de l’expédition montant une embarcation qui se trouve au centre du groupe, a signalé, en effet, que ce long voyage va prendre fin ici et qu’un établissement va y être créé.

Cette île sera donc bientôt nommée Re Ao : Joyau du monde. C’est le joyau offert en cadeau par Ruahatu, leur dieu de la mer, le Neptune de l’Océan Pacifique, à ces vaillants explorateurs.

Voilà donc les premiers colonisateurs humains de l’atoll. Tout heureux d’avoir enfin terminé ce long voyage, ils s’installent après avoir débarqué à la pointe Ouest de cette terre promise, promise par un rêve peut-être et qu’avait entrevu un chef qui a réussi sa traversée, arrivant d’une île haute, loin dans l’ouest : de Tahiti probablement, qui est peuplée par les mêmes hommes qu’eux, des hommes noirs, ceux que, beaucoup plus tard, les ethnologues appelleront : les Nègres Océaniens.

On peut essayer de dater à quel moment cette ethnie à la peau sombre conquit une grande partie des îles de l’Océan Pacifique. Cet événement a probablement duré longtemps, il ne s’est pas fait en un seul jour, mais déroulé pendant de longs siècles. Situons-nous donc quelques deux mille ans avant le Christ pour l’arrivée des pirogues à deux balanciers et de ces voyageurs noirs sur cet atoll nommé dorénavant Re Ao.

Et puis, la saga des Nègres Océaniens dans l’Océan Pacifique va prendre fin et vers le début de l’ère chrétienne, ce sera celle des Polynésiens envahissants et conquérants à leur tour qui va la remplacer. Originaire d’Asie du Sud-Est, ils vont acquérir, eux aussi, les connaissances maritimes nécessaires et s’élancer vers l’est sur de grandes pirogues à un seul balancier ou bien encore sur des pirogues doubles recouvertes d’une plateforme. D’une façon générale, dans la zone qui deviendra un jour la Polynésie Française, quelques métissages ayant toutefois eu lieu, les Nègres Océaniens seront éliminés par les Polynésiens. A Tahiti, les deux ethnies cohabitèrent, mais les noirs, que les Polynésiens appelèrent les Manahune, qui étaient peut-être les derniers descendants des Néandertaliens, seront repoussés par ces envahisseurs dans les profondes vallées. Quelques quinze siècles plus tard, ce sont les Polynésiens qui seront exterminés à leur tour par les découvreurs européens. Ils ne seront pas volontairement détruits par les armes, ils le seront par les microbes d’importation, dans ce que l’on peut appeler : un ethnocide microbien.


Dernière édition par PILON le Jeu 26 Jan 2012 - 23:31, édité 2 fois



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Message par jean-claude BAUD le Jeu 26 Jan 2012 - 23:27

André, REAO,  l'écho d'un lointain lagon. - Page 24 582735



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Message par surfar le Ven 27 Jan 2012 - 8:55

ce récit pourrait etre abordé en bande déssinée ,?




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Message par PILON le Ven 27 Jan 2012 - 9:13

Oui bien sûr, Surfar, mais c'est le premier chapitre d'un ouvrage pour lequel je cherche un éditeur, alors pour l’instant ce n'est pas possible.
C'est l'histoire de l'atoll, toujours romancé mais réel, qui continue par la suite.

André Pilon



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Message par marsouin le Ven 3 Fév 2012 - 20:34

André et d'autres ACB îliens incollables sur cet atoll ont peut-être entendu parler de ce transfert héliporté original...
En 67, trois vahinés ont été "emballées" par des légionnaires et mises en caisse entre Puka et Reao héliportées par Alouette (II ou III?) et transbordées ni vues ni connues sur un BDC (Cheliff ou Blavet ?) avant d'être livrées ou délivrées par leurs protecteur REAO,  l'écho d'un lointain lagon. - Page 24 580511:
Un cas très rare de passagères clandestines sur un fier vaisseau de la Marine. REAO,  l'écho d'un lointain lagon. - Page 24 746231



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