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    Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

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    BONNERUE Daniel
    SECOND MAITRE 1ère CLASSE
    SECOND MAITRE 1ère CLASSE

    Age : 76
    NON Mécanicien

    Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par BONNERUE Daniel le Sam 26 Mai 2007 - 17:42

    L'histoire qui va suivre est celle de Maurice CHAUVET, le créateur, entre autres, du "badge commando" que nos camarade portent fièrement, à gauche, sur leur béret vert. Elle décrit son difficile parcours pour rallier l'Angleterre où il servira sous les ordres du légendaire capitaine TREPEL.

    __________________________________________________
    Spoiler:

    L'histoire des Français à Londres on n'en parla que peu, mais tous ne vinrent pas du Liban comme ceux du 2ème B.F.M. du Levant. D'autres, empruntant les chemins sinueux de la captivité et de la souffrance, mettront de longs mois avant d'arriver pour reprendre le combat. Tel Maurice Chauvet, qui devra lutter pendant vingt neuf mois, subir les privations et l'emprisonnement avant d'atteindre l'Angleterre(2).

    Embarqué sur un croiseur de l'escadre de Méditerranée, Chauvet apprenait au retour d'un raid contre la flotte italienne que la France avait signé l'Armistice, mais que l'Angleterre continuait le combat. Il décida aussitôt de gagner l'Angleterre. Arrivant en fin de lien, il fut démobilisé puis regagna Paris et le domicile de ses parents. Ce qu'il constatera dès le début de l'occupation allemande, ainsi que les échos qu'il recueillera au travers des informations venant de Londres, vont confirmer son désir de retourner au plus vite en Angleterre.

    Mais il y a une marge entre le désir de faire et l'exécution ; des milliers de kilomètres à parcourir et des mois de “galère”. Le 2 janvier 1941, Chauvet part vers Marseille. Il lui faut d'abord franchir la “ligne de démarcation” pour passer en “zone libre”, ou du moins déclarée telle. Les gendarmes l'interrogent ; motif du passage ? Il leur répond qu'il part pour s'engager dans la marine. Ralliant enfin Marseille, sans argent, Chauvet parvient, grâce à des amis, à se faire engager comme secrétaire au Service de Chômage de Jeunes (créé par Vichy). Le bureau sert plutôt de centre d'accueil pour des “fuyards” ou ceux qui, comme lui, cherchent à rallier l'Angleterre. Certaines imprudences commises par de jeunes réfugiés, attirent l'attention du Service d'Ordre Légionnaire et Chauvet est contraint de fuir afin d'éviter l'emprisonnement.

    Il parvient à embarquer, de justesse, comme matelot, sur un cargo en partance pour le Dahomey. Des escales étant prévues à Dakar, puis Lomé, avant d'arriver à Cotonou, ce serait bien le diable s'il ne trouvait pas l'occasion de s'éclipser. Et pourtant ! La surveillance de l'équipage était si sévère que Chauvet se trouvait encore sur le cargo, en charge du nouveau fret, pour le retour. Deux cales étaient d'ailleurs remplies de graines de ricin, destinées à la production d'huile pour la Luftwaffe.

    Le 22 juin 1941, un câble-radio annonce que les Allemands viennent d'envahir l'U.R.S.S. Maurice Chauvet est fermement décidé à faire tout son possible pour débarquer.

    Il y parvient lors de l'escale à Casablanca. Là, certaines rumeurs courent sur le port , assurant que des embarcations parviennent à franchir le détroit de Gibraltar. Pourquoi pas ?…

    En attendant, Chauvet est envoyé à Port-Lyautey, sur un cargo désarmé. Il y restera jusqu'à la nuit du 13 au 14 octobre, pendant laquelle, déjouant toute surveillance et avec l'aide de deux Norvégiens qui veulent rejoindre Gibraltar avec lui, ils dérobent un youyou, long de 2,50 m, dans lequel ils embarquent. Mais la chance ne leur sourit pas longtemps. Après une journée passée à s'éloigner des côtes marocaines, la tempête se lève. Ils vont la subir durant cinq jours. Lorsque se lève le septième jour, transis de froid et affamés, ils aperçoivent enfin le détroit de Gibraltar et le célèbre rocher. Un chalutier espagnol d'Algésiras, l'El Manuela, les arraisonne. L'équipage nombreux et étrange est armé de façon disparate. Quant au patron, il porte un énorme pistolet accroché à la ceinture dans un étui en osier.

    Débarqués à Algésiras, Chauvet et ses malheureux amis sont “collés” en prison. Ayant refusé de décliner leurs identités, ils vont séjourner quatre jours dans une cellule garnie de pavés et ne seront nourris que d'un demi-pain par jour.

    La visite d'un envoyé non officiel du consulat britannique, venu s'enquérir de leur nationalité, leur donne un peu d'espoir. En effet, le lendemain ils sont nourris plus décemment, puis une escorte vient les chercher pour les conduire, pensent-ils, à Gibraltar. Hélas, le soir même ils arrivent à la prison militaire de Séville, où se trouvent déjà sept cents républicains espagnols, incarcérés depuis quatre ans. Les Français y resteront trois semaines.

    Entre temps, des renseignements transmis depuis l'Afrique du Nord, ont permis de les identifier. Intégrés à un convoi, ils vont être dirigés sur Cordoue. Les prisonniers voyagent “à la chaîne”, c'est-à-dire qu'ils sont enchaînés les uns aux autres. Chauvet et les Norvégiens ne recevront aucune nourriture de leurs gardiens. Les prisonniers espagnols étant nourris par leurs familles, nos “évadés” ne pourront compter que sur leur charité pour subsister.

    Lors d'une étape à Linarès, le convoi récupère un jeune Belge. A ce moment, dans une cellule baptisée infirmerie, se meurent deux jeunes français qui ont refusé de donner leur identité.

    Il faut préciser que, suivant les époques, le traitement appliqué aux prisonniers était différent. Ainsi, à la prison de Cordoue après une algarade avec le directeur, Chauvet avait reçu une belle raclée. Quel ne fut pas son étonnement le lendemain, lorsqu'un gardien vint lui remettre un message du directeur présentant ses excuses pour “l'incident” de la veille. Son étonnement fut encore plus grand lorsqu'on lui proposa, à titre exceptionnel, de visiter une cellule dans laquelle Christophe Colomb avait été enfermé… Plus tard, Chauvet émit quelques doutes quant à la véracité de l'histoire, car la cellule en question n'était pas particulièrement différente des autres…

    Après un long et pénible voyage, les prisonniers arrivent à Madrid, où les deux Norvégiens, réclamés par leur Consul, sont libérés. Chauvet quitte également cette prison, mais… pour une autre, également située à Madrid ! Décidément, pour Maurice Chauvet, l'Espagne est un pays ponctué de nombreuses prisons, mais il ne connaît pas encore le camp de Miranda del Ebro.

    Le Service des Etrangers l'ayant identifié, Chauvet va être transféré, en décembre 1941, à Miranda. Quel est le “contenu” de ce camp ?… Sept cents hommes, du moins au moment de l'arrivée de Maurice, car en novembre 1942, lors de l'entrée des Allemands en zone libre, il y en aura jusqu'à cinq mille. Le camp, glacial, est situé dans la province du Burgos, dans une plaine entourée de montagnes. Là, cohabitent les anciens des Brigades internationales Belges, Polonais, Anglais. Il n'y a aucune hygiène. Pour tous les prisonniers, il n'existe qu'un seul robinet qui débite un mince filet d'eau. La nourriture est insuffisante et les hommes n'arrivent à tenir que grâce aux colis de la Croix Rouge britannique.

    Inutile de s'étendre sur l'attitude habituelle des geôliers, pourtant elle changera lorsque les Allemands connaîtront leurs premiers échecs. En attendant, les mois s'écoulent. Leur parviennent quelques nouvelles de la guerre, dont l'annonce du raid canadien à Dieppe (août 1942). Maurice Chauvet craint ne pouvoir jamais participer aux combats. Le nombre des internés croît lentement et leurs conditions de vie sont de plus en plus précaires.

    Puis le Gouvernement d'Alger est reconnu belligérant, ce qui entraîne quelques départs de Français. Les premiers libérés sont, évidemment des chefs politiques et des officiers. Maurice Chauvet quitte le camp en mars 1943, après dix-huit mois de détention. Il se rend tout d'abord à Madrid, où se déroulent justement les fêtes de la semaine Sainte

    Ayant enfin obtenu son visa, Chauvet quitte l'Espagne et passe au Portugal. Après un voyage interminable, avec d'autres Français, il embarque fin avril à Sétubal, sur un cargo qui va les conduire au Maroc. Mais que d'événements encore. Dès l'arrivée à Casablanca, un général leur annonce qu'ils vont tous être décorés de la Médaille des Evadés ! A la suite de quoi, ils sont dirigés sur un camp entouré… de barbelés. Maurice se demande si cela se terminera un jour.

    Enfin, après avoir décliné les offres et relances des agents recruteurs de tout poil, Maurice Chauvet se joint à un petit détachement réuni par des officiers des Forces Françaises Libres qui les font embarquer sur un cargo en instance d'appareillage. Mais Chauvet est convoqué à l'Inscription Maritime où lui est signifié le jugement faisant suite à sa désertion en 1941 ; il est condamné à 10 ans de travaux forcés. Toutefois, il ne peut être arrêté tant que l'ordre demandé à Alger n'aura pas reçu de confirmation.

    Par chance, la première depuis longtemps, Maurice parvient à temps à regagner le cargo qui appareille pour Gibraltar. Il va y être transféré sur un transport de troupes américain qui a déjà embarqué quatre mille volontaires(3).

    Le général de Gaulle, se rendant en Afrique du Nord, vient leur rendre visite.

    Le bâtiment appareille pour l'Ecosse. Après douze jours de voyage, Chauvet arrive à Greenock, près de Glagow ; nous sommes le 6 juin 1943. Le lendemain, il se retrouve enfin à Londres. Son voyage Paris-Londres aura duré 882 jours !…

    A la caserne “Surcouf”, il contracte un engagement dans les Forces Navales Françaises Libres et se porte volontaire pour les commandos. Le commandant Kieffer, venu à “Surcouf” pour récupérer un des ses hommes fait prisonnier à Dieppe et qui, après s'être évadé, venait de rallier Londres(4), rencontre les nouveaux volontaires… Quelques jours plus tard, un sergent vient les chercher ; une nouvelle troop va être formée.

    BONNERUE Daniel
    SECOND MAITRE 1ère CLASSE
    SECOND MAITRE 1ère CLASSE

    Age : 76
    NON Mécanicien

    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par BONNERUE Daniel le Sam 26 Mai 2007 - 17:56

    Cependant, Kieffer se heurte à l'inertie administrative. Le personnel est là, disponible, mais les affectations traînent… ou sont différées. C'est le cas de Lofi, récemment désigné comme officier de détail à la caserne “Bir-Hakeim” (Portsmouth). Vexé, ce dernier parle tout d'abord de déserter, puis de rallier directement les commandos. Ses supérieurs, qui le connaissent bien, n'opposeront aucune objection à la demande de Kieffer venu le récupérer.
    Spoiler:

    Mais il y a encore tous les autres qu'il faut sélectionner et préparer aux épreuves d'aptitudes physiques. Il ne se pose aucun problème en ce qui concerne ceux qui, comme Lofi, viennent du 2ème B.F.M. du Liban. D'ailleurs, ils sont prévus pour encadrer le personnel de la nouvelle troop. Mais il faut prendre en main les volontaires arrivés de France ou d'Afrique du Nord, souvent après un séjour dans les camps d'Espagne ou de Vichy. Souvent ces hommes là n'ont même jamais touché un fusil, ni d'autres armes d'infanterie.

    Dès l'arrivée à l'unité, les nouveaux sont équipés sommairement afin de subir l'épreuve éliminatoire consistant en une marche de 7 miles anglais (11,263 km) à couvrir en 60 minutes maximum.

    Trepel est là, présent à différents points du parcours, regardant passer ces hommes, dont certains deviendront “ses” hommes. Ensuite il reçoit ceux qui ont réussi l'épreuve, afin de confirmer la sélection par quelques renseignements complémentaires.

    Maurice Chauvet se souvient de ce contact, il était arrivé à l'unité trois ou quatre jours avant le départ en training. En fin d'épreuve, complètement épuisé, il tentait de reprendre son souffle… Il avait couvert les 7 miles juste dans le temps requis. Chauvet raconte : “Trepel s'approcha de moi, il était petit, l'impression première était massive et je devais être souvent étonné par la suite, de l'agilité et de la rapidité de ce corps qui semblait mal taillé pour la vitesse. Son visage, à ce moment assez gras, était extrêmement volontaire et son regard pénétrant expliquait sans doute son ascendant extraordinaire sur les hommes. Il m'interrogea de façon très précise, il parlait un excellent français, un peu lent, juste teinté d'une pointe d'accent. Ses questions brèves nous obligeaient à lui dire tout ce qu'il désirait savoir.

    Apprenant que j'étais resté vingt-quatre mois prisonnier et n'étais arrivé que depuis trois ou quatre jours en Angleterre, il me demanda, avec un accent presque paternel que je ne devais plus jamais entendre par la suite, si je pensais pouvoir tenir trente jours d'exercices, encore plus éprouvants que les sept miles, à raison de douze heures par jour. A ma réponse “j'essaierai !”, il répondit simplement : “C'est bon, on verra… je vous emmène !”
    et il tourna les talons[i/].

    Quelques jours plus tard, un groupe de quatre-vingt aspirants commandos partait pour Achnacarry. Trepel y allait pour la troisième fois, tenant à être avec ses hommes. C'était la meilleure façon de les connaître tant sur le plan physique que moral.

    Il participa à tous les exercices. De temps à autre, lors d'une quick march(5), il soutenait l'un, portait le sac de l'autre… l'important pour lui, comme pour les autres instructeurs, était que le groupe termine l'exercice au complet. Un signe extérieur indiquant le degré d'humeur de Trepel… sa façon de tirer son béret. Ceux qui le connaissaient bien, savaient si c'était bon ou mauvais !

    Très exigeant pour lui-même, il va continuer à s'instruire, interrogeant l'un et l'autre, radios, spécialistes en cartographie, même d'anciens cambrioleurs…

    Peu à peu l'unité se forgeait, les efforts n'étaient pas vains. Quant à Pinelli, il n'arrêtait pas, se déplaçant d'un camp à l'autre. Il talonnait en poussant ses “coups de gueule”… et ses garçons. Il fallait que cela marche avec “le grand” et il était bien décidé à obtenir le maximum des volontaires sélectionnés qu'on lui amenait. Il y avait bien longtemps que le Bataillon du Pacifique et Nouméa n'étaient plus ses préoccupations prioritaires. Ce brave et solide Pinelli se disait, en mélangeant les termes français et anglais : “Je suis leur coach !”(6)

    Toutefois il ne faudrait pas oublier les autres instructeurs… et certains de nos Français ne pourront jamais oublier. Celui de Devonport, par exemple, chargé du Training Special Barge(7)...

    La veille de commencer le stage, celui-ci fait prévenir les Français de se présenter une demi-heure plus tôt à l'appel du lendemain matin, en raison d'un briefing préliminaire. Le lendemain donc, à 7 heures 30, devant l'ensemble des stagiaires, l'instructeur tient ce langage : “Vous allez subir un entraînement au débarquement qui se déroulera dans des conditions similaires à la réalité… avec tous les risques que cela comporte ! des pertes par exemple… Le commandement tolère un certain pourcentage de “casse”, toutefois je dois vous dire que deux stages avant le vôtre, un groupe de Royal Marines dont j'étais chargé, s'est retourné… deux noyés ! Le stage suivant, donc celui qui vient de se terminer, des gars du 3ème Rangers… Autre incident ! Soi-disant qu'ils ont été largués trop loin du rivage… plusieurs noyés ! Mon pourcentage est dépassé. Aussi je vous demanderai de bien suivre les consignes de sécurité… pour vous… et pour moi !”[Apparemment, d'après les gens présents, il ne s'agissait pas d'humour britannique].

    La Troop 8 est maintenant bien formée. Trepel en a pris le commandement comme capitaine, Lofi dirige la 1ère section et le sous-lieutenant Hulot la 2ème. En ce qui concerne Francis Vourch, il est devenu l'adjoint de Trepel, chargé de tout ce qui est administration(8).

    Parmi les hommes de la Troop 8, on comptait plusieurs étranger dont un Canadien qui avait déserté la R.A.F. parce qu'il ne voulait pas être commandé en anglais. Incorporé au Commando, il fit honnêtement son travail. Quelques temps plus tard, il se mariait avec… une Anglaise. Personne n'a jamais su qui dans le ménage donnait les ordres, ni quelle était la langue utilisée ! Egalement cinq Luxembourgeois, dont Reiffers et Neven, qui arrivèrent aux Commandos en mai 1943.

    Un citoyen américain et Français Libre, Henry Nasseau de Warigny (Kinet). Venu des Etats-Unis après l'Armistice, il fut désigné, dès son arrivée à Londres, comme sergent-instructeur au peloton motocycliste. Jugeant cette affectation trop monotone, il se présenta à Kieffer qui, jaugeant l'homme à sa juste valeur, le prit aussitôt avec lui. Sa maîtrise des langues française et anglaise, sa prestance, sa grande taille de 6 pieds 6 pouces auraient pu en faire un magnifique officier… Les Français Libres en feront un Regimental sergent-major de compagnie… Plus tard, ses compétences en mécanique sauveront l'équipe de raid du lieutenant Chausse, sur Middelkerke, quand il leur fallut fuir devant les patrouilleurs allemands.

    Chargé ensuite de l'échelon transport du 1er B.F.M.C., il fera débarquer ses véhicules dans un état de marche impeccable sur les plages de Normandie. Choqué fortement lors d'un bombardement, Nasseau est évacué mais va rapidement revenir en ligne. En fin de campagne, Henry Nasseau de Warigny, surnommé “Pull-trou”, quittera l'armée sur la pointe des pieds, avec le grade de… sergent et une simple Croix de Guerre, prouvant ainsi combien le France est reconnaissante (d'après la formule gravée sur nos monuments aux morts)(9).

    Maintenant, la Troop 8, comme la 1, est prête à opérer. Le temps des raids approche et les Français vont avoir l'occasion d'éprouver la qualité de leur entraînement.

    Entre temps, le 14 juillet 1943, le 1er Bataillon de Fusiliers-Marins Commandos défile à Londres, sous les applaudissements chaleureux de la foule. Pour le capitaine Philippe Kieffer, c'est le premier aboutissement de ses peines. Il a réussi, malgré les nombreux obstacles du début et d'autres ensuite, à présenter une unité homogène, bien entraînée et qui a “de la gueule” !

    Le général Giraud, de passage à Londres, saluera le Commandant des commandos français et le fanion. Quant au général de Gaulle… il était vraisemblablement occupé ailleurs. Les intrigues politiques à Alger l'inquiétaient…

    Quatre mois plus tard, Kieffer et Trepel sont convoqués à l'Etat-Major des Opérations Combinées et envoyés en raid avec les commandos britanniques, en tant qu'observateurs.

    Lors de leur retour, ils reçoivent l'ordre de scinder le bataillon français en deux parties, dont l'une rallie Douvres et l'autre Newhaven, en prévision de raids de sondage.


    (1) - Le Capo-Olmo était un cargo de la marine marchande italienne, capturé puis affecté à la France Libre par l'amiral Muselier.
    (2) - Chauvet sera à l'origine du badge qui orne, sur le côté gauche, le béret des commandos français, en dessinant la maquette. En outre, Chauvet, en réunissant depuis une documentation unique et des plus complètes, s'évertuera à entretenir le culte du souvenir. Le 21 juin 1973, il recevra des mains de son ami Chausse, la croix de la Légion d'Honneur…
    (3) - 4.000 volontaires de 10 nationalités différentes.
    (4) - Il s'agit de César, rescapé du raid sur Dieppe.
    (5) - Quick march : Marche forcée, tout équipé et armé sur une distance et un temps prévu.
    (6) - Coach : Entraîneur-instructeur.
    (7) - Training special barge : Entraînement spécial sur barge de débarquement.
    (8) - Francis Vourch avait quitté pendant un temps les commandos, se retrouvan capitaine d'armes à Greenock. Il reviendra au bout de quelques mois.
    (9) - Démobilisé, Nasseau entrait à la Mobil Oil qui l'envoyait en Afrique Pour des forages et la distribution. Sans rancune, il rendra encore des services à la France, qui resteront d'ailleurs ignorés. Les Américains, plus réalistes, sauront l'apprécier à sa juste valeur en le mutant à un poste important à Tokyo. Plus tard, il deviendra Président de Mobil Oil au Pérou. Il décédera d'un cancer, le 23 décembre 1971, à Lima.


    Dernière édition par BONNERUE Daniel le Jeu 1 Mai 2008 - 20:56, édité 1 fois

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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par 3eme ligne le Mar 29 Mai 2007 - 0:36

    Salut,

    Belle histoire que cette saga, ils en ont fait les gars des choses et du chemin pour arriver enfin à bon port. Hommages à eux.

    La traduction de 7 miles est érronée, il s'agit là de Mile terrestre de 1609m employé pour toutes les mesures de terrain par les Britanniques et non la mesure de nautical Miles, le mille nautique de 1852m.

    Et puis en marche faire 13km/h (12964) n'est plus crédible, c'est de la course à pied et là c'est ma spécialité, je sais qu'un gars normal ne peut le faire sans entraînement adapté, et surtout tenir 1h à cette vitesse.

    Donc 1609m X 7 = 11263m/h, là c'est déjà plus faisable pour des gens un tant soit peu sportifs.

    Cela ne fait que 1700m de différence, (presque 0,50m de vitesse de différence par seconde) c'est peu mais en vitesse de course calculée à l'heure c'est carrément un autre monde.


    Dernière édition par le Mer 20 Juin 2007 - 23:08, édité 1 fois

    Gérard PARIS
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par Gérard PARIS le Mar 29 Mai 2007 - 1:02

    Merci pour ce récit, décidément il y avait des entêtés à cette époque, que ce passerait-il aujourd'hui ?

    Bravo M. CHAUVET ainsi qu'à tous ceux qui l'ont précédés ou suivis.

    cocheril
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par cocheril le Mar 29 Mai 2007 - 10:48

    Ce récit me laisse rêveur... effectivement ces gars là étaient des Hommes !
    Ils ont accomplis leur périple avec le seul soutien de leur patriotisme et le désir profond de "laver l'outrage".
    Mais non Gérard, si par malheur " les tristes jours " revenaient, ils seraient là les petits enfants de ces braves, mais tu as raison certainement de penser que d'autres !!!... feraient comme à la même époque de beaux sal..ds.

    BONNERUE Daniel
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par BONNERUE Daniel le Mer 20 Juin 2007 - 20:00

    J'ai croisé Maurice CHAUVET lundi 18 juin alors que j'entrais à l'HIA du Val-de-Grâce.
    Il en sortait accompagné par un jeune camarade, sa canne blanche à la main.
    Il est pratiquement aveugle maintenant, mais il marchait en tenant le bras de son accompagnateur, ce qui laisse supposer que même si sa santé n'est pas nécessairement florissante, il n'est pas invalide...
    A près tout ce que cet ancien à vécu, il mériterait de vivre longtemps encore, mais dans de meilleures conditions...

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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par Soren le Mer 20 Juin 2007 - 21:54

    Trés beau récit.
    J'ai connu deux Marins qui ont rejoins l'Angleterre, via l'Espagne, et m'ont fortement inflencé pour servir dans la Marine.
    Labbé Marcel, Breton teigneux et Aubry Auguste dit "Crapouillot" petit basque plein de fougue et de loyauté, il devint mon " Parrain" pour appuyer ma démarche à la Pépinière.
    Yan.

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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par webtcdorage le Ven 21 Mai 2010 - 17:17

    Désolé de vous l'apprendre

    On apprend le décès de Maurice Chauvet, à l'âge de 92 ans. Ancien du commando Kieffer, il avait débarqué à Ouistreham, le 6 juin 1944 avec la Bataillon des fusiliers marins commandos.
    Blessé, il fut évacué cinq jours plus tard. Il était caporal à la Troop 8.

    Artiste, Maurice Chauvet est l'homme qui a dessiné l'insigne - toujours porté, évidemment à gauche, sous une forme légèrement modifiée - des commandos-marine, avec le brick et la dague.
    Il s'était engagé dans la France libre dès 1941, après avoir gagné l'Angleterre via l'Espagne.

    Après guerre, il poursuivit une carrière dans le cinéma, notamment pour le compte de l'Onera, tout en restant très fidèle au souvenir du commando Kieffer.
    Conseiller du film Le Jour le plus long, il avait publié plusieurs livres retraçant cette épopée : "Mille et un jours pour le Jour J" (Michel Lafon), "It's long way to Normandy" (Picollec) et "Fusilier marin, commando de la France libre" (edtitions Italiques).

    Maurice Chauvet, qui avait perdu la vue depuis quelques années, était un original, qui ne craignait pas de s'afficher en pantalon écossais, lointain souvenir de son passage au centre d'entrainement d'Achnacarry.

    La description héraldique de l'insigne est la suivante : « Sur un écu de bronze, qui est de France, portant au centre le brick de l'Aventure supporté par des vagues, surchargé d'un poignard Commando, dirigé du canton senestre du chef au canton dextre de la pointe, et décoré d'une Croix de Lorraine dans le canton dextre du chef.
    L'ecu repose sur un ruban portant l'inscription "1er Bataillon F.M. Commando".
    Ses deux extrémités repliées montrent deux petites ancres rappelant l'origine marine de l'Unité. »

    Extrait "Secret défense"

    BONNERUE Daniel
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par BONNERUE Daniel le Ven 21 Mai 2010 - 18:31

    Désolé d’apprendre le décès de Maurice CHAUVET. Devenu aveugle, je crois qu’il résidait à l’hôtel des Invalides.

    Les fusiliers-commandos d’Ile-de-France qui se réunissent ce soir, vont certainement marquer une minute de silence en son honneur.

    Adieu vaillant combattant ! Que ce que tu as accompli en compagnie de tes camarades commandos et plus particulièrement de tes 176 compagnons du 6 juin 1944, reste dans tous les souvenirs pour les siècles à venir !

    BERTRAND Robert
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par BERTRAND Robert le Lun 31 Mai 2010 - 10:57

    Maurice Chauvet vient de rejoindre le paradis des guerriers celtes, l'un des derniers survivants du commando Kieffer, seule unité française à avoir débarqué sur les plages normandes le 6 juin 1944, est mort vendredi 21 mai à l'Institution nationale des Invalides, à l'âge de 92 ans.



    Hommage rendu aux Invalides, le 25 mai 2010.




    PHL
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par PHL le Lun 31 Mai 2010 - 12:26

    Le point ne l'a pas oublié:



    Condoléances à sa famille et amicales pensées.

    Pierre-Henry

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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par 3eme ligne le Sam 5 Juin 2010 - 21:36

    Hommages à Monsieur Maurice Chauvet, qui jusqu'au bout à gardé une gouaille de jeunot malgré son infirmité en tant que pensionnaire de l'hôtel des Invalides. Honneurs à lui.

    Profonds respects.

    Momo
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par Momo le Dim 6 Juin 2010 - 11:00

    Merci BERTRAND Robert.


    Charly.
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par Charly. le Lun 7 Juin 2010 - 0:18

    Merci Daniel d'avoir ouvert ce sujet

    qui rend hommage à Maurice CHAUVET.

    Merci Bertrand Robert.


    Invité
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    Re: Le parcours de Maurice CHAUVET pour rallier les FNFL...

    Message par Invité le Lun 12 Mar 2012 - 23:03

    Bonsoir et bravo pour ce reportage si bien réalisé.

    je ne connaissais de maurice chauvet ce que tous anciens savent, mais par contre j'ai eu de visus l'histoire de la prison de "Miranda d'El Ebro", prison ou sont passé beaucoup d'évadé français regoignant "De Gaulle" à Londre, sa a été le cas de mon beau père.

    Evadé du STO, à Luchon la reine des Pyrénées, en 1943, il passe le col du portillon, et par le val d'Aran regoin l'Espagne, arreté, a Lérida, il est condui à la tristement célèbre prison de Miranda.

    Un exemple de la cruauté des gardiens de cette prison, raconté par mon beau père: "à la prison tout les dimanche, la messe était OBLIGATOIRE, et ceux qui comme lui refusais d'y aller sous la contrainte, était passé à tabac."voila il y en aurait d'autre mais c'etait comme sa.

    Il a été échangé contre des colis de la croix rouge, et a regoint l'angleterre, ou il c'est engagé dans les FAFL, en tant que mécano, qui était son métier.

    Amitiés à tous

    Richard

      La date/heure actuelle est Mer 19 Juin 2013 - 7:33