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[ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Jeu 29 Sep 2016 - 13:03

De l’origine des mascottes, dans la marine de guerre.

A l’origine, il n’existait pas de mascottes sur les navires de l’ancienne marine à voile.
Si gent animale il y avait à bord, elle n’était autre qu’un garde-manger sur pattes.
Ainsi, bœufs, vaches, veaux, porcs et moutons constituaient-ils l’ensemble du cheptel embarqué.
Pour ce qui concerne la volaille, cales et faux-ponts foisonnaient de poules, oies, canards, pigeons et autres dindes.

Spoiler:
Volailles, bovidés et porcins, quoique plus nombreux que les hommes d’équipage, il n’en était aucun qui fut symbolique du groupe.
La majorité des vaisseaux arborait un emblème qui, pour être flamme, armoiries ou pavillon de marque, n’était pas encore d’arsenal mais d’armateur voire d’affréteur.
A bord, objets fétiches, amulettes et porte-bonheur fleurissaient cependant.
Du mousse au novice, du matelot au maître d’équipage, de l’aspirant au capitaine, chacun embarquait, plus ou moins secrètement, un objet auquel il était intimement attaché.
Quoique inutile, la plupart du temps, il n’était signifiant que pour le marin qui le chargeait de valeurs personnelles dans lesquelles il se projetait.
Pour hétéroclites et symboliques qu’ils fussent, ces objets étaient une invite à la chance et la bonne fortune des longues traversées, campagnes et périples à venir.
Puis apparurent les emblèmes d’arsenal, allégories, décors et ornements intrinsèques du vaisseau.
Éléments décoratifs et ornementaux, simplement peints ou plus savamment sculptés, ils n’étaient cependant pas identitaires du groupe, du moins pas dans le sens où nous l’entendons actuellement.
Nonobstant, l’équipage était fédéré autour des valeurs que ces symboles étaient sensés évoquer.
Tel fut par exemple le cas des ophtalmoi, yeux géants peints à l’étrave ou l’écubier des Trières de l’antique marine grecque.
Les drakkars des Vikings arboraient, eux, des ornementations à chaque bout du navire.
Amphidromes, ces embarcations pouvaient naviguer indifféremment d’avant en arrière.
Apparurent progressivement les figures de proue.
Primitivement à vocation zoomorphiques, elles se voulaient extravagantes et volontairement terrifiantes.
Les navires enluminaient la guibre de leurs vaisseaux d’animaux sculptés hallucinés tels des dragons, serpents, aigles, chimères, poissons et autres stylisés dauphins.
D’autres bateaux et navires de moyen tonnage enrichissaient de bas reliefs le gouvernail d’étambot de leurs dromes c'est-à-dire leurs barques, canotes, chaloupes et baleinières.
Progressivement, apparurent les ornements de proue anthropomorphiques.
Les équipages étant exclusivement masculins, rien d’étonnant de ces emblématiques sculptures qu’elles exposassent à l’envi les formes généreuses de fantasmagoriques sirènes, déesses, sorcières et autres mythologiques Naïades.
Traversant les siècles, ces figures sont aujourd’hui parmi les plus connues des allégories qui trônent au beaupré des vaisseaux.
Ainsi celles des navires écoles et d’application Amerigo Vespucci, Belem, Christian Radich, Cuauhtemoc, Dar Mlodziezy, Dewaruci, Earl of Bembroke, Le Renard, Loth Loriën, Marité, Mir et Sagres II qui en arborent de très belles.
Hors le fait de porter chance, de conjurer le mauvais pour naviguer sous les meilleures auspices, ces fabuleuses et symboliques figures sont progressivement devenues identitaires du groupe.
Fiers de les exhiber, les capitaines de certains vaisseaux prenaient autrefois un soin quasi-religieux de leurs figures de proue.
C’était à tel point que certains les inscrivaient au rôle de l’équipage.
D’autres s’y refusaient, considérant qu’il n’y avait aucune raison de le faire.
C’est sans doute pourquoi d’aucuns affirmaient du décompte de ces capitaines là, qu’à un membre d’équipage près, il n’était jamais exact.
Il ne l’était effectivement pas, on sait maintenant pourquoi.
C’est à la fin du dix-neuvième siècle qu’apparurent progressivement les animaux embarqués.
C’était principalement des chiens dont la vocation était de débarrasser les navires des indésirables rongeurs et autres parasites.
La raison de leur présence sur les navires était donc prioritairement utilitaire.
Sans que l’on sache exactement pourquoi, ces animaux devinrent progressivement identitaires du groupe.
Choyés, mis en valeur et parfois élevés à un grade, ils furent appelés mascottes.
Elles auront longtemps les faveurs des marins embarqués et de certaines communautés terrestres et organisations à vocation militaire.
Outre leurs devises, marques, pavillons, armoiries et écussons, nombre de régiments intégraient dans leurs effectifs des animaux totems. Identifiés sous le terme générique de Mascottes du régiment, les animaux de prédilection de ces organisations étaient principalement des boucs, béliers, chèvres, singes ou faucons.
Chacun qui se reconnaissait dans les vertus supposées de ces mascottes, était fédéré autour d’un concept qui identifiait et justifiait la puissance et le rayonnement de son unité.
Au fil du temps, la pratique se répandit et se banalisa, pas uniquement dans les régiments coloniaux.
De même qu’aujourd’hui, les nations possèdent leurs hymnes, armoiries, devises et pavillons, beaucoup exhibent toujours un animal dont ils s’approprient les valeurs symboliques.
Ainsi est-il du coq français et de la Pygargue, aigle chauve endémique des États-unis, fierté de l’U.S Marine Corps.
Dans la marine nationale française, pour des raisons essentiellement utilitaires liées à la sécurité des équipages, nous expliquerons plus tard pourquoi, les chiens firent leur d’abord leur apparition à bord des sous-marins de première génération avant que d’être embarqués sur des bâtiments de surface.

Skagerrac (Les mascottes dans la marine nationale (extraits) 29/09/2016.
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Jeu 29 Sep 2016 - 16:15

Suite...

De l’utilité des animaux embarqués.

Dans la marine de guerre, pas uniquement sur les navires de la marine française, les animaux embarqués étaient majoritairement des chiens.
Pour être mascottes des équipages, c’est toutefois bien malgré eux que ces canidés le sont devenus.
En effet, rien d’amical ni d’affectueux là-dedans.

Spoiler:
A l’origine, sur l’ensemble des bâtiments de surface, la présence des chiens était avant tout utilitaire.
Leur mission consistait en effet à débarrasser le bord de toutes sortes de parasites. Insectes et animaux indésirables étant très présents, la chasse aux passagers clandestins était ouvertement déclarée.
Il faut dire que, s’adaptant parfaitement à l’univers maritime, chaque espèce de cette faune native trouvait à bord largement de quoi se nourrir.
Satellisant autour des cuisines, cambuses, coquerons et autres postes où traînaient les reliefs des repas, il pullulait un assemblage pas très ragoûtant de puces, mille-pattes, blattes, scorpions et incontournables rats.
Le milieu marin, on le sait, accélère considérablement la dégradation des vivres embarqués.
On sait également que, dans l’ancienne marine à voile, faute de pouvoir ingérer des produits frais après de longs jours de navigation, la plupart des marins était atteinte de scorbut, pathologie due à une carence en vitamine C.
La maladie altérait considérablement les fonctions organiques et était préjudiciable au bon moral de l’équipage.
Pour pallier ce manque, la consommation de produits frais était donc impérative, vitale.
Reste qu’à bord des navires, si les aliments frais permettaient de lutter efficacement contre cette maladie, il était indispensable de les consommer rapidement.
Pas question donc pour les hommes de partager leur pitance avec les indésirables du bord.
Faute de pouvoir fréquemment relâcher dans les ports au cours d’escales qui permettaient avitaillements et approvisionnements, il fallait à l’équipage se contenter de ce qui restait à bord.
Faute de grives, dit vox populi, on mange des merles.
Autrement dit, quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a.
Seulement voilà, ces merles là étaient rampants, pourvus d’ailes et de multiples pattes.
Nombreux sont les témoignages qui nous sont parvenus de marins qui ont affirmé avoir, volontairement ou non, mangé du rat.
On peut les croire.
Pour devoir chaque jour côtoyer ces charmantes bestioles, ils finissaient par mieux les connaître.
C’est ainsi qu’ils découvrirent (et la chose est aujourd’hui scientifiquement prouvée), que la chair de ces peu ragoûtants rongeurs palliait le manque de vitamine C.
La viande de rat est en effet capable de synthétiser cette vitamine.
C’est la raison pour laquelle, sur nombre de navires, les rats étaient capturés et mangés.
Plus riches en vitamine C, les abats étaient particulièrement appréciés.
Autre perfide ennemie contre laquelle il fallait batailler ferme était l’humidité ambiante.
Tout pourrissait et se dégradait à vue d’œil.
En son temps, la sous-marinade n’échappa à la règle.
Tout comme à bord des surfaciers, les vivres frais devaient être rapidement consommés.
Tout sous-marinier embarqué sur un long cigare d’acier type Daphné se souvient parfaitement du pain qui moisissait à vue d’œil.
C’est précisément à bord des sous-marins de première génération que l’histoire des mascottes de la marine nationale prendra naissance.
Considérant les équipements qui, aujourd’hui, permettent la bonne conservation des denrées alimentaires, les équipages rouges et bleus des actuels Sous-marins Nucléaires d’Attaque (SNA) et Lanceurs d’Engins (SNLE) sont heureusement mieux lotis.

Skagerrac (Les mascottes de la marine nationale (extraits).
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Jeu 29 Sep 2016 - 16:20

Suite...

Les mascottes à bord des sous-marins,

C’est d’abord dans la sous-marinade que les chiens firent leur apparition.
Connus pour être animaux de compagnie, ils étaient embarqués à bord des sous-marins pour une toute autre raison.
Indispensable, leur présence se justifiait pour des raisons techniques liées à la sécurité des équipages.

Spoiler:
Reconnus d'utilité publique, tous les chiens embarqués sur les sous-marins étaient officiellement inscrits aux rôles.
Élevés au grade de quartiers-maîtres voir plus, ils étaient considérés et respectés comme tels.
Loin d'être issue du caprice d'un commandant original et facétieux, la présence à bord de ces mascottes procédait d'une démarche qualité hautement sécuritaire.
Voici pourquoi la chose était techniquement indispensable.
A bord des sous-marins ancienne génération, hydrogène et oxygène étaient produits par électrolyse lors de la charge des batteries.
Avec l'air ambiant, l'émission de ces gaz pouvait former un mélange détonnant, soit en cas de surcharge d'un ou plusieurs éléments de batterie, soit en cas de sous charge.
Une inversion de polarité pouvait donc s’avérer dangereuse et nocive si un ou plusieurs de ces éléments venait à être défaillant.
L'acide sulfurique qu’ils contenaient était en effet hautement corrosif, soit par contact direct, soit par émanation de gaz.
Pratiquement immédiate, cette nocivité pouvait causer d’importantes brûlures de la peau, des yeux, des voies respiratoires et digestives ; brûlures définitives, irréversibles.
On comprendra donc que, constitutif des éléments de survie du navire, ce matériel devait être vérifié en permanence et soigneusement contrôlé.
Son inspection était cependant très périlleuse.
Elle exigeait, non seulement de veiller à l’entourage en prenant des mesures de sécurité drastiques, mais également d'effectuer les bons diagnostics lors des interventions.
A terme, elles n’avaient pour autre but que celui de vérifier les niveaux d'électrolyte et de tension, la température et le tarage des connections électriques, les fuites possibles du liquide et la détection des vapeurs nocives.
Mais ce n’est pas tout.
Sur les sous-marins ancienne génération, le démarrage des moteurs Diesel au Schnorkel produisait toujours des ratés de lancement qui diffusaient dans le bord des dioxydes et monoxydes de carbone.
Plus lourds que l’air, ces gaz stagnaient au-dessus du plancher, le risque étant d’empoisonner l’atmosphère.
C’est là que la présence d’un chien était utile.
Plus que tout autre exposé, puisque évoluant au plus près du sol, le chien était apte à révéler la présence de ces vapeurs suspectes.
Ces bâtiments de guerre ne disposaient à l’époque d'aucun moyen qui permettait de contrôler la qualité de l'air ambiant.
C’est la raison pour laquelle, puisqu’il était situé à immédiate proximité du plancher, le chien était le premier à être incommodé par ces échappements nocifs.
Dès le lancement des moteurs effectué, l'attention des marins du Central Opérations (CO) se portait sur le chien.
Aux premiers signes de malaise et d’affaiblissement manifesté, il était, illico presto, monté sur la table des cartes, placé sur un tube lance-torpille ou sur une bannette.
Là, il pouvait à nouveau respirer un air moins vicié et reprenait rapidement ses esprits.
Dans le même temps, on se débarrassait du problème en faisant déverser sur le plancher de la chaux sodée.
Quoique toutes les mesures fussent prises, il convient cependant de dire que nombre de chiens embarqués firent, hélas, les frais de ce désagrément.
Tel fut par exemple le cas de Casa, petite chienne mascotte du sous-marin Roland Morillot.
Au-delà de ce seul aspect essentiellement utilitaire et technique, les chiens embarqués à bord des sous-marins étaient également considérés comme une représentation symbolique de l’équipage.
Du reste, n’en faisaient-ils pas partie ?
De là à être le porte-bonheur des marins, il n’y avait qu’un pas.
Pas d’autant plus vite franchi que le statut des chiens, membres d’équipage à part entière, était reconnu officiellement.
C’est ainsi que nombre de canidés demeurèrent des années à bord de leurs sous-marins et y firent de véritables carrières avant de prendre une retraite bien méritée.
Ce livre leur rend hommage.

Skagerrac (Les mascottes dans la marine nationale (extraits).
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Max Péron
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par Max Péron le Jeu 29 Sep 2016 - 16:28

Mascottes : il n'y avait pas que des chiens !

La frégate de Tureia
Du 26 mai au 9 juin 1973, je partais en mission à Tureia, une île de l'archipel des Tuamotu. Comme aux Gambiers, le but de la mission était le remplacement de la plupart des équipements météo par de nouveaux matériels plus performants. En bord de mer, une petite tour métallique supportait l' anémomètre (vitesse du vent) et la girouette (direction du vent).
Durant tout le temps où je travaillai sur la plateforme située en haut de cette tour, j'eus une visite surprise : une frégate vint se poser sur la rambarde, à 1,50 m de moi environ. Le bel oiseau, de grande taille, avait une particularité : il portait un petit foulard rouge autour du cou !
Bizarre, vous avez dit bizarre ? Le temps passait, le palmipède me regardait toujours et ne bougeait pas. Pensant avoir gagné sa confiance, je tendis tout doucement la main vers lui pour essayer de le caresser. L'oiseau s'envola aussitôt. L'après-midi, je retournai travailler en haut de la tour. Surgie de nulle part, la frégate revint me voir !
Cette fois, je ne m'approchai pas d'elle et l'animal me tint compagnie toute l'après-midi. Le patron de la station météo m'expliqua qu'au fil des mois, il avait plus ou moins réussi à "apprivoiser" la frégate qui restait, malgré tout, un animal sauvage totalement libre. Le petit foulard rouge autour du cou, c'était lui.



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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par alain EGUERRE le Jeu 29 Sep 2016 - 18:47

Sympa l'histoire de la frégate à foulard rouge de Tureia, Max cela change un peu et c'est du vécu



Mais dans notre mémoire reviennent
Tous les parfums, toutes les rengaines
Qui nous ont fait aimer la mer
Et adorer notre univers
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Ven 30 Sep 2016 - 9:00

Bien !
Original que ce foulard lorsque l'on sait que toutes les frégates mâles exhibent fièrement un sac gulaire de même couleur.
Pour peu, votre frégate méritait d'être mascotte.
Comme l'a dit l'ami Eguerre, cela change un peu (des chiens sans doute ?).
Reste que chiens ou pas, toutes les histoires de ce forum sont issues du vécu.
C'est le moindre hommage que l'on pouvait rendre à ces animaux et ceux qui les ont côtoyés, aimés, nourris, protégés.
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Ven 30 Sep 2016 - 16:32

BLACK.
Mascotte du sous-marin Mouilleur de Mines Q160 Antiope.

BLACK.
Mascotte du Commando Hubert dans les années 70.
Brave comme nul autre, Black passait son temps à s'amuser et à courir après les pierres qu'on lui lançait et qu'il ne rapportait évidemment jamais.
Il préférait plutôt narguer et marquer à la culotte ses généreux lanceurs.
L’officier en second du Commando Hubert sautait en parachute avec son chien, une sorte de saucisson sur pattes qu’il calait dans sa veste.
On ne voyait plus du chien que le bout du museau.
L’avion décollait et c’était partit.
Le chien se payait alors un impressionnant 4200 mètres de chute.
Complice de son maître, il aimait follement ces escapades aériennes et le montrait volontiers, sautant dans tous les sens comme un cabri après l’atterrissage pour se dégourdir les pattes.

BLACK.
Mascotte embarquée à bord du Patrouilleur M730 La Combattante.
Pauvre chien qui détestait le bruit.
Le pire pour lui, c’était les alouettes II qui pointaient le bout de leur rotor et se positionnaient en vol stationnaire au-dessus de la plage arrière du bâtiment.
Une vraie terreur pour le pauvre chien.
Encore heureux qu’ils n’y appontaient pas !

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par Max Péron le Ven 30 Sep 2016 - 17:12

Onyx, Clitoris, Biquette, Gaston et Cannette.

En 84-87, la station radio de la Pointe des Sables en Martinique, c'était un peu l'arche de Noé.
En tout cas, c'était quand même beaucoup moins dangereux que les serpents élevés et exposés au rez-de-chaussée de la salle émission de la station radio de Rufisque (Sénégal) en 68-70.
Biquette était une chèvre "trouvée" - on fait semblant d'y croire - par des matelots de la station lors d'une balade dans le sud de l'île.
Attachée à un piquet avec cinq ou six mètres de bout, nous utilisions ses services pour désherber la station sans bruit et sans pollution.
Tous les jours, nous la changions d'emplacement.
Anciennement à la PDS, le second-maître radio Guyon était maintenant affecté à Rivière Salée.
Un dimanche midi, invité par le chef de quart, il vint manger à la PDS avec sa petite famille ... et son (grand) chien qu'il laissa divaguer à l'intérieur de la station pendant toute la durée du repas.
Pendant que ces messieurs-dames faisaient bombance au carré OMS, le chien de Guyon attaqua et dévora notre pauvre Biquette.
Personne n'entendit rien.
Étonnant.
Le lendemain ou le surlendemain, Guyon vint me voir pour s'excuser.
J'ai eu l'impression qu'il effectuait cette démarche par obligation.
Ce que son chien avait fait à notre Biquette ne semblait pas le gêner outre mesure.
Je lui en ai toujours voulu.
Et je ne suis pas le seul.
Quand on a un animal, on est RES-PON-SA-BLE.

A suivre...



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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Sam 1 Oct 2016 - 14:39

Max, plus que de ton avis.
Merci pour ce témoignage.
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Sam 1 Oct 2016 - 14:41

DIXMUDE

Baudet des Flandres de la Brigade Amiral Ronac’h des Fusiliers marins.
Petit âne à la robe cendrée et la mine placide avec juste ce qu’il faut d’entêté pour ne pas faillir la réputation de ses congénères ongulés.
La Brigade Amiral Ronac’h fut dissoute.
Avec elle, le brave baudet qui avait jusque là servi d’auxiliaire et s’était particulièrement fait remarqué dans les plaines de l’Yser, en octobre et novembre 1914.

Spoiler:
Allait-elle s’en séparer ?
Pas du tout !
Une fin d’après-midi de décembre 1915, sous la brume perlée du jour finissant, quelle ne fut pas la surprise des badauds amassés le long du Cours de Chazelles, à Lorient, de voir apparaître un petit âne, escorté par des poilus en capote, crottés et défaits, les mains de certains toujours ensanglantées.
Il n’en a pas finit, le brave animal, avec les missions qu’on va lui confier au dépôt des Équipages.
Attelé d’une légère charrette, il va encore devoir transporter du menu matériel et autres ballots de tabac de l’arsenal de la marine à la gare.
D’ailleurs, comment ne pas le reconnaître, lui qui arborait fièrement, entre ses longues oreilles, un bachi sur lequel trônait le traditionnel et magnifique pompon rouge ?
Et puis un jour, ce fut l’ébahissement.
Passant par la rue de l’Hôpital et se dirigeant vers le centre ville, Dixmude se met soudain à brouter les fleurs du kiosque à musique de la place Alsace-Lorraine.
Son conducteur, Joseph Allano laisse faire.
Aïe ! Aïe car la situation n’était pas du tout du goût d’un gardien de la paix qui passait par là.
Manu militari, âne et conducteur sont menacés d’être conduits au commissariat.
Un attroupement se forme sous les rires des passants qui s’esclaffent et se gaussent.
Profitant d’une situation qu’il comprend tout de même un peu, notre petit âne se produit en protestations aussi indignées que bruyantes.
Il fallait la voir, la tête de son conducteur, marri d’avoir été, ce jour là, gratifié d’une contravention pour trouble à l’ordre public.
Ce petit âne que les cols bleus avaient baptisé Dixmude, a vécu ensuite de longs et heureux jours au troisième dépôt des Équipages de la Flotte où lui furent assurés gîte et couvert.
Les honneurs lui ont été rendus dans les rangs de la Légion des Demoiselles au Pompons Rouges.
(Texte adapté de l’ouvrage de Paul Broise, Le cimetière de Dixmude).
Parmi les fusiliers marins de la Brigade Amiral Ronac’h qui comptait 6000 hommes, ont combattu dans les plaines de l’Yser 600 très jeunes apprentis venus, entre autres, du dépôt de Lorient.
C’est la raison pour laquelle les parisiens les ont surnommés Demoiselles aux Pompons Rouges.

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Sam 1 Oct 2016 - 14:42

AHMED ! A la charge !
Mascotte du Commando Trépel, ce bélier prenait un malin plaisir à charger la guérite du factionnaire ou encore les véhicules de fonction des officiers.
Il terrorisait également le rmaître d'hôtel du mess, surtout lorsqu’il sortait de la cuisine les bras chargés de délicieux plats et autres victuailles.

Spoiler:
Quand le matelot de service devait traverser l'espace découvert pour se rendre au mess, l'expédition tenait plus du parcours du combattant que d'une promenade de santé !
Quant à tourner le dos au cornu, c'était prendre un sérieux risque car il courait vite le bougre, bien trop vite au goût du motel !
Un jour, mal inspiré justement, le matelot se mît à courir.
Évidemment le bélier chargea et fit valdinguer le matelot et ses plats.
Chacun chargeait donc de son côté avec ce qu'il avait reçu.
Le maître d'hôtel ses plats, Ahmed son arrière train.
Un jour de prise d'arme sur le pont du Dixmude, tout le Groufumaco était à l’appel pour une inspection de l'Amiral.
Pas sérieux s'abstenir !
Tout ce serait bien passé si une furie répondant au nom d'Ahmed ne s'était mis en tête de charger le porteur de la casquette étoilée.
Pour être soudain la cible privilégiée du cornu, l'Amiral prit la fuite sans demander son reste.
Bon, il est vrai que sur le pont, on riait sous cape !
Tout le monde fut mobilisé pour attraper l'animal.
Contraint par quelques solides commandos, solidement attaché et entravé, la cérémonie d'inspection pu normalement reprendre son cours.
On alla chercher l’Amiral qui refit son apparition.
On rît encore beaucoup, surtout lorsqu’il dû passer une nouvelle fois devant la charmante bestiole.
Prudent, l’Amiral fît cette fois un écart.
L’affaire, on s’en doute, n'allait évidemment pas en rester là.
La cérémonie achevée, le Capitaine d'Armes entra en scène à son tour.
La sanction allait être à la hauteur de l’événement.
Dix jours durant, tous ceux qui passaient près du parc à poubelle, pouvaient apercevoir Ahmed, solidement attaché à un piquet.
Telle fut la punition du pauvre bélier.

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par larcher le Dim 2 Oct 2016 - 16:53

En apparté et à propos de Ahmed.
A Epinal, au 1er régiment de tirailleurs, comme il se doit, il y a un bélier comme mascotte ; il y a quelques années, il s'appelait Messaoud, qui, comme friandise, se faisait un plaisir avec le tabac de troupe que son 'soigneur' lui donnait en décortiquant les cigarettes toutes faites.
Il a même eu le privilège de faire l'objet d'un sujet TV à 3O millions d'amis.



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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par Nenesse le Dim 2 Oct 2016 - 17:20

et il obéissait quand on commandai t"Assis Messaoud" ????
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par TECTAM le Dim 2 Oct 2016 - 17:41

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Lun 3 Oct 2016 - 12:17

MUZZO.
Chien embarqué sur le sous-marin S641 Daphné, en 1961-1962.
Il avait pour patron un quartier-maître dont le destin allait être dramatiquement lié à celui de la mascotte du bord.
En 1963 en effet, percuté par une voiture, Muzzo ne survécut pas à cet accident.
Quelques années plus tard, le 4 mars 1970, son maître disparut en mer à bord du sous-marin Eurydice.

NANAR et LEO.
Mascottes de la Direction du Port de Moruroa au Centre d’expérimentations du Pacifique en 1975-1976.
Rassasié de longues années de service et très âgé, Léo quitta la marine rapidement.
Sur l’atoll restait donc Nanar.
Mais de quoi parlaient les marins lorsqu’ils employaient le terme bâtard ?
Du chien ?
Pas du tout car Bâtard n’était autre que le patronyme du commandant de la Direction du Port.
De plus, bien qu’il n’exista aucun lien de parenté entre eux (la chose fut plusieurs fois vérifiée), cet homonyme était également celui du pacha en second.
De quoi y perdre son latin mais pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué !
C’est la raison pour laquelle, profitant de la naïveté des nouveaux embarqués, ils les interpellaient pour observer leurs réactions.
C’était un truc du genre :
Eh bâtard ?!
Quoi bâtard ?
C’est à moi que tu dis ça ?

NAPOLÉON.
Magnifique griffon blanc embarqué sur le Blaison en 1957.
C’est en Corse, qu’il embarqua sur le sous-marin et en devînt l’officielle mascotte.
Il succédait ainsi à Bobby, mascotte avant lui sur ce même sous-marin.

NASSER.
Mascotte du sous-marin S606 Créole.
C’est un beau jour de 1956 que Nasser naquît à bord du sous-marin. Francis, alors mascotte du bord, venait en effet de mettre bas une nombreuse portée.
Pauvre Nasser qui n’étalait pas en mer. Indisposé et malade en permanence par les mouvements de roulis du bâtiment, il n’obtînt jamais son macaron de sous-marinier.
Mamina, Milord et Francis (donc), furent également mascottes à bord de ce bâtiment.

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Mer 5 Oct 2016 - 10:04

POPEYE, l'indéracinable !

Mascotte du sous-marin S607 L'Africaine, Popeye était un magnifique petit chien blanc au poil ras, aux oreilles dentelées et dont la queue était aussi nue que celle d’un goret et aussi raide qu’un manche à balai.
Pour parfaire le portrait de cette petite bête à concours, quelques dents manquaient et il boitait d'une patte arrière.

Spoiler:
Autant dire que le pauvre chien ne ressemblait plus à grand-chose.
Reste qu'à bord, il était très apprécié et se sentait chez lui, allant et venant comme il le voulait.
A certaines heures, toujours les mêmes, il savait exactement où se trouver.
L'équipage était intimement convaincu que leur mascotte avait mis en place un véritable emploi du temps.
Comme Rex, chien emblématique de l'Amiral Charner, Popeye était le plus ancien du bord.
Il participa activement à l'armement du sous-marin et navigua neuf ans à son bord.
Comme tous ses congénères, sa présence était indispensable sur le bateau pour des raisons liées à la sécurité.
Raisons pour lesquelles il était hors de question que le sous-marin appareilla sans lui.
Comme beaucoup de chiens en mal de sensations fortes, il est pourtant arrivé à Popeye de ne pas répondre présent à l’appel.
Deux fois en effet, le départ fut retardé.
Naïvement, on attribuait ces petites fugues à quelque petite chienne qui, à l'occasion, faisait les yeux doux à Popeye en passant devant le sous-marin.
Quoique inattendues et récurrentes, les escapades du chien furent toujours excusées.
Popeye connaissait parfaitement les ordres diffusés à bord.
Quand il était à la passerelle et qu'il entendait retentir l’ordre, prendre la tenue de veille, il se précipitait près du panneau de descente.
Tous les marins le savaient de telle sorte que le premier qui descendait prenait le chien dans ses bras.
Confiant, l’animal mettait alors ses deux pattes sur les épaules de son attentionné porteur puis se plaquait contre son torse et se cramponnait pendant toute la descente.
Lorsque le sous-marin naviguait en surface et que Popeye décidait de prendre l'air, il se mettait au garde à vous devant l'échelle.
Le premier matelot qui grimpait dans le massif le prenait et le montait dans la baignoire.
Popeye étant prioritaire à bord, le pacha lui-même exécuta la manœuvre un nombre considérable de fois.
La nuit, et seulement la nuit, la mascotte dormait sur des chiffons posés sur le sol de la cuisine.
Le jour au contraire, il aimait faire de longues siestes au carré des officiers, invariablement couché sur la bannette de l'ingénieur mécanicien.
La bannette servait également de siège à la table du carré des officiers.
Curieusement, il n'en choisissait jamais une autre.
On se posa longuement la question de savoir ce que cette bannette avait de si particulier.
Pourquoi Popeye affectionnait-il celle là et pas une autre ?
La réponse se fit attendre alors qu’elle s’imposa d’elle-même.
A bord du sous-marin, l'ingénieur mécanicien ne faisait jamais de quart ; il pouvait donc s'étendre sur sa bannette quand il le voulait.
Si d'aventure Popeye squattait déjà la place, l'homme attendait patiemment que le chien daigne la lui céder pour pouvoir enfin s'allonger.
Pour le moins courtoise, cette attitude en surprit plus d’un parmi les membres d'équipage.
On su plus tard pourquoi l’ingénieur mécanicien le faisait.
Pour avoir le pied marin, il n'était jamais sujet au mal de mer et peu lui importait de devoir patienter pour que le chien consentît à libérer sa bannette ; il savait attendre et trouvait toujours à s'occuper ailleurs.
Le jour vînt où, muté sur une autre unité, l’ingénieur débarqua, immédiatement remplacé par un autre mécanicien.
Très différent de son prédécesseur, lui au contraire était sujet au mal de mer et vomissait à l’envi tripes et boyaux.
Dès le premier jour qu'il passa en mer, il fut épouvantablement malade.
Le pauvre joua de malchance car la mer ce jour là était particulièrement mauvaise.
Lorsque tournis, salivation, nausées et sueurs le prirent, il quitta le PC Opérations et se dirigea vers sa bannette dans l’espoir de pouvoir s'allonger un peu.
Seulement voilà, qui était là, bien au chaud qui dormait comme un bienheureux ?
Popeye, évidemment !
Malgré les injonctions de l'ingénieur mécanicien pour récupérer sa bannette, le chien fit la sourde oreille ; il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ; pas question de céder la place.
Juste à côté, le commandant qui était dans sa chambre assistait à la scène, visiblement très amusé.
Comme Popeye, l’œil noir, ne voulait rien savoir, l’ingénieur le saisît par son collier et tira fortement, bien décidé à virer la mascotte de sa bannette.
C’était compter sans le pacha qui sortit alors de sa chambre et dit : pas question, c'est la place de Popeye !
Quand il partira de lui-même, vous reprendrez possession de votre bien !
Inutile de dire que depuis ce jour là, se tenant à distance l’un de l’autre, Popeye et l'ingénieur mécanicien se détestèrent cordialement.
Un jour de 1957, le commandant du sous-marin reçut l’ordre d’appareiller d’urgence pour aller à la recherche du sous-marin Sybille qui venait de disparaître.
C’est seulement après l’appareillage que l’on se rendît compte que Popeye n’était pas à bord.
Il avait manqué l’appareillage et personne ne s’en était rendu compte.
On avait oublié la mascotte !
C’est alors que l’on se rendît compte que les notes de service ne faisaient jamais mention de la mascotte du bord.
Il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que son nom ne soit pas cité lors de l’appel.
Ne fait-elle pas partie de l’équipage ?
Bien sûr que si alors pas question pour le pacha de partir en mission de recherche sans sa mascotte.
Il donne l’ordre de faire demi tour pour aller chercher le chien.
Ce qui fut dit fut fait. Popeye attendait sur le quai.
Quelques mois plus tard, L’Africaine était en grand carénage à Lorient.
Débarqué, l'équipage logeait dans des casernements provisoires proches du bassin de radoub.
Vieillissant, Popeye commençait à manifester des signes de fatigue et de lassitude.
Visiblement, il en avait marre.
Comme beaucoup de mascottes embarquées, ce chien exceptionnel souffrait plus que la normale.
Mais exceptionnels, ne l’étaient-ils pas tous ?!
Le sous-marin devant repartir en opération, allait-on imposer à Popeye cette nouvelle mission ?
Après maintes discussions, il fut finalement décidé de le faire partir.
Peu avant l’appareillage, on téléphona au vétérinaire pour fixer un rendez-vous le lendemain.
Comme s'il avait deviné quel sinistre projet les matelots fomentaient à son endroit, Popeye se laissa mourir le soir même au coin du poêle de la chambrée.
Le lendemain, la mascotte fut embarquée sur le sous-marin qui largua ses amarres comme prévu.
Placé avec respect dans une boîte métallique lestée d’une gueuse d’une trentaine de kilos, on l’entoura du pavillon français sur lequel on apposa la Croix de guerre.
Croisant en surface au large, le pacha ordonna l'appel de l’équipage au poste de bande.
Quelques instants plus tard, tous étaient impeccablement alignés sur les plages avant et arrière.
Après une minute de silence, un bref et émouvant éloge funèbre, le commandant ordonna de déposer sur la mer la précieuse sépulture.
Voilà comment, après onze ans de bons et loyaux services, Popeye s’enfonça lentement dans les flots pour son ultime voyage.
A bord de L’Africaine, Fifille, la relève, était déjà là.
Après le désarmement de L’Africaine, elle succéda à Phallus sur le sous-marin Artémis.
Pour l’avoir côtoyé, Popeye était de ces chiens qu’aucun marin ne peut oublier, n’oublia et n’oubliera jamais.

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par COLLEMANT Dominique le Mer 5 Oct 2016 - 11:50

Captivant et émouvant ton récit....



   
Maître Principal mécanicien Collemant , dit "Bill" dans la sous-marinade / Membre de la section A.G.A.S.M. "Espadon" du Havre / Membre du M.E.S.M.A.T. de Lorient .
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par Matelot le Mer 5 Oct 2016 - 12:24

Jolie récit

Merci de nous faire revivre ses mascottes
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par Charly le Mer 5 Oct 2016 - 15:02


Sujet très intéressant.





OFFICIER EN SECOND

Merci de respecter les règles pour le bon fonctionnement du forum
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Georges CACALY
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par Georges CACALY le Mer 5 Oct 2016 - 16:30

Très beau reportage sur les chiens de sous-marins.
Quand j'étais sur la " SIRÈNE ", Notre chien s'appelait BACCHUS...
Je crois me rappeler que " Bacchus " était né en plongée sur le sous-marin " ASTREE ".
Quand on a rendu la SIRÈNE aux Anglais, Bacchus a été affecté sur un nouveau sous-marin dont je ne me rappelle plus le nom.
Souvenirs... Souvenirs.
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Jeu 6 Oct 2016 - 11:25

Hello Georges,

J'ai trouvé deux chiens mascottes répondant au nom de Bacchus.
L'un était embarqué sur le sous-marin Espadon en 1960, l'autre dans les Forces Navales Françaises Libres sur le sous-marin Rubis mouilleur de mines. Il mourut à bord en 1945.
Aristo lui succéda.
J'aimerais bien trouver des anecdotes concernant le Bacchus que vous avez connu. Si vous ou des anciens de la Sirène en avez...j'en écrirais l'histoire avec plaisir.
Je fais néanmoins des recherches.
Bien maritimement.

Skagerrac.



Hello Georges.
Après recherches, considérant ton message n° 533 de la page 22 du forum consacré aux mascottes, il me semble que le BACCHUS auquel vous faisiez allusion plus haut soit bien celui de l'ESPADON. En voici donc l'histoire. Notez s'il vous plaît que l'embarquement de
Bacchus:
Bacchus sur le SM Sirène n'est pas cité. Je ne savais pas en effet d'où venait ce chien. Vos anecdotes permettront sans doute de pallier ce manque !?

BACCHUS, le sixième sens !
Deuxième du nom, Bacchus fut embarqué en 1960 sur l’Espadon, redoutable chasseur dont les lettres rouges S637 de l’immatriculation, trônaient fièrement au centre du noir massif. Il l’ignorait encore mais, dès qu’il y posa les pattes, Bacchus allait passer à bord du sous-marin ses plus belles années avant de voguer vers de nouvelles aventures. En 1965, la mascotte reçut une nouvelle affectation et embarqua sur le Roland Morillot, ancien U-Boot de la kriegsmarine. Après la Seconde Guerre mondiale, nombre de sous-marins allemands avaient en effet été récupérés par la marine française. Elle les trouva à l’abandon dans les bases sous-marines implantées le long du trait de côte atlantique, qui à Lorient Keroman, qui à Saint-Nazaire. Quel chien que ce Bacchus ! Regretté par les marins de l’Espadon à qui personne n’avait demandé l’avis, il su immédiatement se faire apprécier par les membres d’équipage du Roland Morillot. S’il existe beaucoup d’anecdotes concernant ce chien, il en est une qui laissa pantois d’admiration ceux qui s’occupaient de lui à bord du sous-marin. Elle est sans doute l’illustration la plus significative des qualités de ce chien d’exception qui possédait ce sixième sens dont on sait que les chiens sont dotés. Voici comment la chose arriva. Un jour de 1966, le sous-marin devait appareiller pour une nouvelle mission. Appel général au poste de manœuvre. Sans que l’on puisse expliquer pourquoi et fait exceptionnel, Bacchus manquait à l'appel. Il fallait d’urgence trouver le chien car il n’était pas question pour le bâtiment de désamarrer sans lui. Séance tenante, l’équipage fut mobilisé. Tous azimuts, les marins battirent le pavé de l’Arsenal, cherchant, sans la trouver, la petite mascotte du bord. Or, Bacchus n’était pas le seul membre d’équipage à manquer à l’appel. Le quartier-maître mécanicien du bord était également porté absent et ça, c’était autrement plus grave ! Quoi qu’il en soit, faute de mascotte et de quartier-maître bouchon gras, le sous-marin reçut tout de même l’ordre appareiller. Lentement, il déborda le quai et gagna le large pour effectuer sa mission. Lorsque les deux indisciplinés arrivèrent sur le quai, force fut de constater que le bâtiment était parti sans eux. Se présentant aux autorités militaires, on mis aux arrêts tant le chien que le marin. La mission une fois achevée, le Roland Morillot rentra au port. Peau de bouc oblige, le quartier-maître fut immédiatement convoqué par le Capitaine d’Armes qui l’interrogea longuement sur les motifs de son absence. Visiblement peu impressionné par les sévères injonctions de son chef de service, le matelot répondit tout de go :
Voilà patron, j'ai remarqué que, depuis quelques temps, le chien refuse d'appareiller avec le bateau. Alors je me suis dit que… si le chien n'a plus confiance, ben…moi non plus. C'est pour ça que j'ai volontairement raté l'appareillage !
L’affaire, on s’en doute, ne resta pas sans suite. Le quartier-maître fut envoyé en consultation chez un psychologue qui le contraignit dans quelques vagues tests dans les résultats desquels le praticien cru voir des incompatibilités avec la vie militaire. En définitive, il déclara le quartier-maître inapte au service à la mer. Sans autre forme de procès, il le renvoya dans ses foyers. Et Bacchus dans tous ça ? Bacchus dont on sait qu'il avait également été mis aux arrêts avec son complice. Il ne fut nullement inquiété car enfin, allait-on l’envoyer aussi chez le psychologue ? Evidemment non et heureusement ! Tels que sont ces tordus avec leur batterie de tests, ils auraient bien fini par lui trouver une quelconque aversion pour la chose marine. Or, il y avait effectivement quelque chose. Quelque chose qu’aucun psychologue n’aurait jamais pu ni diagnostiquer, ni évaluer. Très peu de temps après la fâcheuse aventure qui avait valu son renvoi de la marine au quartier-maître mécanicien, le sous-marin Roland Morillot commença à manifester des ratés successifs et essuyer de graves avaries en mer. Avec force experts, on entoura le malade d’acier, chercha, ausculta, inventoria mais ne trouva rien. Nonobstant, la marine nationale pouvait-elle, en conscience, prendre le risque de laisser naviguer un bâtiment sur lequel planait une telle menace ? Certainement pas ! Immédiatement convoquée, une commission statua sur les risques encourus par l’équipage du Roland Morillot. Ils convinrent finalement que continuer de naviguer à bord de ce sous-marin était devenu trop critique. Conséquence de quoi, le sous-marin fut désarmé et mis au rebut. Force fut alors à la commission de constater que, pour avoir refusé d’embarquer, la mascotte du bord avait eu raison. Admettre aussi que, grâce à Bacchus et pour s'en être inspiré, le quartier-maître mécanicien ne s’était également pas trompé. Seulement voilà, pour lui c’était trop tard et il n’était pas question pour la marine de faire si j’ose dire, machine arrière ! Fi donc des tests chez le psychologue qui avait, sans raison valable, renvoyé le quartier maître dans ses foyers. Reste que cette stupide décision avait gravement compromis sa carrière. La conclusion s’impose d’elle-même. Que serait-il arrivé à l’équipage du Roland Morillot sans le sixième sens de Bacchus ? Nul n'ose l'imaginer tant la chose est terrifiante.

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Sam 8 Oct 2016 - 9:53

Scapa, Schnaps, Schnouf, Scotty, Chita, Sibor.

SCAPA
Le sous-marin S632 Marsouin était basé à Lorient, dans la 2e Escadrille de Sous-Marins de la Base de Keroman.
En octobre 61, au retour d'une longue traversée, Fifille, la mascotte du bord, donna naissance à deux adorables chiots.
L’un fut baptisé Scapa, son frère, Gardon.

Spoiler:
SCHNAPS
Mascotte adoptée par l’équipage du sous-marin Galatée à qui il avait été offert en 1943.

SCHNOUF
Mascotte embarquée sur le sous-marin S613, Roland Morillot.
Bacchus et Casa furent également mascottes sur ce long cigare d’acier.
En 65, Bacchus venait du sous-marin S637 Espadon, Casa du sous-marin S650 Psyché.

SCOTTY
Mascotte embarquée sur le Dragueur Côtier M671 Camélia.
Le chien n’y était pas seul. Fifille, était en effet l’autre mascotte embarquée sur le dragueur.
A bord, la manette du klaxon était située près de la descente, dans le local des cartes de la chambre de barre.
Il arrivait souvent qu’un matelot actionne le bruyant avertisseur d’un coup long et deux courts (lettre D en alphabet Morse pour les initiés).
Alertée par ce signal, Fifille gagnait immédiatement la plage arrière. Indésirable, elle s’en faisait pourtant chasser mais revenait toujours.
De même, lorsque l’on appelait au poste de sécurité, Scotty se réfugiait invariablement au pied du barreur tandis que Fifine se mettait à aboyer, postée devant le panneau de descente à la machine.
Un matelot la prenait alors dans ses bras.
De là à penser que les animaux du bord étaient capables de reconnaître les différents appels du bord il n’y avait qu’un pas.
Nous le franchirons aussi car c’était exactement le cas.
A bord d’autres navires, bien des matelots apportèrent leurs témoignages des facultés extraordinaires dont les chiens embarqués étaient dotés.
Quant à leur mythique sixième sens, on sait maintenant qu’il sauva un nombre considérable de vies.

SHAFT
Mascotte du Service de Transmissions Veille du Littoral, à Nouméa.

SHITA
Mascotte embarquée du Pétrolier Ravitailleur A620 Var, en 52.

SIBOR
Chien détecteur des équipes cynophiles spécialisées dans la recherche d'explosifs.
Il fut affecté dans le Groupement des Fusiliers Marins de Toulon. Frann, Nurphy et Chip ont été affectés dans la même unité.

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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par skagerrac le Mar 11 Oct 2016 - 10:10

Il est des chiens embarqués dont nous savons peu de choses, faute d'anecdotes reçus de ceux qui les ont connues.
Il n'empêche, elles ont été, elles aussi, les mascottes aimées et choyées des équipages de ces bâtiments et sont donc dignes de l'hommage qu'il convient de leur rendre.
Cette étude ne laisse de nous étonner lorsque nous constatons que nombre de chiens furent baptisés du même nom.

Spoiler:
Voici donc Roger et Roger, Rosalie, Rourik, Rusty et Rusty.

ROGER.
Chien de race basset, mascotte embarquée sur la base de Diego-Suarez.

ROGER.
Mascotte embarquée sur l’Aviso escorteur Protet.
James, Swim, Kébir furent également mascottes à bord de ce bâtiment.

ROSALIE.
Mascotte embarquée sur le Bâtiment de Soutien Logistique A 621 Rhin, en 1977.

ROURIK
Mascotte embarquée sur l’Aviso escorteur Protet. Roger, Swimm, Kébir et James furent également mascottes de ce fier vaisseau.

RUSTY.
Mascotte du Dragueur Côtier M639 Acanthe.
Un jour commémoration, Rusty fut invité à une cérémonie de dépôt de gerbe sur le monument dédié aux disparus en mer.
La gerbe une fois déposée par les très officielles autorités maritimes, le chien s'en approcha et l’aspergea d’une très liquide et très copieuse contribution.
Sans doute, par cette touche très personnelle, Rusty voulait-il rendre à son tour hommage aux marins disparus ?
Personne ne lui en voulut.
Après le départ de Rusty en 1967, Kiki embarqua sur l'Acanthe et en devint la nouvelle mascotte.

RUSTY.
Mascotte affectée à l'Atelier Sécurité-Embarcations Chaleix à Nouméa, en 1966.
Rusty cohabitait sur la base de Nouméa avec trois de ses congénères qui étaient Lady, Rex et Pilou.

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marsouin
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par marsouin le Mar 11 Oct 2016 - 11:18

Je présume qu'il y a eu aussi des mascottes autres que des représentants de l'espèce canine ?
Des chats ? autres que les noirs...
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Georges CACALY
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Re: [ Les traditions dans la Marine ] LES MASCOTTES DANS LES UNITÉS DE LA MARINE

Message par Georges CACALY le Mar 11 Oct 2016 - 17:05

Merci Skagerrac pour tous les renseignements concernant notre chien "BACCHUS", qui après désarment de la SIRENE, a été embarqué sur un autre sous-marin.

    La date/heure actuelle est Sam 26 Mai 2018 - 17:24