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MONTCALM (CROISEUR)

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Jeanfleu
Jeanfleu
QM 1
QM 1

Age : 71
Mécanicien équipage

GEORGES LEYGUES

Message par Jeanfleu le Jeu 10 Jan 2008 - 14:41

Mon père a servi comme mécano sur le sistership du MONTCALM, le croiseur Georges LEYGUES, de 1942 à
1945, après avoir quitté les Arpètes. Il a fait les campagnes de Dakar, puis aux Etats Unis, Philadelphie et
Boston pour transformation de l'artillerie A.A. Rentré ensuite en Algérie, ce batiment est parti à Scapa Flow
pour préparer le débarquement de Normandie. MONTCALM et GEORGES LEYGUES ont été les 2 premiers
batiments français a ouvrir le feu, sur les cotes de NORMANDIE à OMAHA BEACH, sur les positions allemandes de Colleville. Honneur laissé par l'Amiral américain qui commandait le détachement naval, aidé par
le contre-amiral Jaujard bien connu! Le LEYGUES a balancé quelques 900 obus de 152mm entre le 6 et 8 Juin
1944.
Ce croiseur est parti ensuite en Méditerranée pour préparer le débarquement de Provence avec le MONTCALM.
J' ai retrouvé dans les affaires de mon père, une tape de bouche, à laquelle je tiens particulièrement et qui
porte l'incription gravée :
"LA PUISSANCE NAVALE DECIDE DE L'AVENIR DES ETATS" (Georges Leygues-Ministre).
Certains hommes de pouvoir devraient s'en inspirer...
† CYBAL Jacques
† CYBAL Jacques
PREMIER MAÎTRE
PREMIER MAÎTRE

Détecteur ASM équipage NON

Anecdocte...

Message par † CYBAL Jacques le Lun 5 Mai 2008 - 11:50

Je confirme certains propos de ce forum sur l'Océan , qui était bien l'ancien Surcouf et qui abritait en 66-67 l'école des DSM (détection sous-marine) . J'y ai fait mon BE en 67 . On y mangeait et logeait ; tous les cours se donnait sur l'Océan . Le Moncalm abritait les BS de la spé , les autorités des cours . A l'époque on dormait dans les hamacs et les premiers jours d'acclimatation ont été assez épiques : il y avait souvent plus de monde par terre et le week-end ceux qui sortaient avaient obligation d'installer leurs hamacs à même le sol...Une autre époque...
Sur la photo , je suis sur la plage avant de l'Océan et derrière on aperçoit les tourelles du Moncalm
Nana à tous
Jacques

Roland LARA
Roland LARA
QM 2
QM 2

Age : 71
Électricien NON

Croiseur MONTCALM

Message par Roland LARA le Mar 27 Mai 2008 - 0:44

Bonjour,
En naviguant un peu sur le site je suis tombé sur le sujet du MONTCALM, qui m'intéresse particulièrement car j'ai commencé mon arbre généalogique et mon grand'père CAUDAN avait fini quartier maître cannonier sur le MONTCALM mais à une date beaucoup plus ancienne, date en cours de recherche au sein de la famille.
C'est en trouvant son manuel de Service de l'Artillerie de 1910 que j'ai découvert sa photo d'apprenti cannonier . Son manuel est complété par ses informations personnelles manuscrites concernant les précautions relatives à l'emploi des tubes et canons du 1er Groupe.
Quelqu'un a une photo des canons du MONTCALM de l'époque ?
Merci,

Roland Lara
andre blache
andre blache
PRÉSIDENT D' HONNEUR
PRÉSIDENT D' HONNEUR

Age : 93
Canonnier pointeur équipage NON

MONTCALM

Message par andre blache le Jeu 5 Juin 2008 - 17:29

Bonjour à tous en1951 je fut rappellé comme reserviste :depart vers
23h00 gare de Lyon d'un groupe essez impotant de marin tous en tenus
pour ou?????? Arrivé tres tot à Toulon ,non etions attendus par des bus
direction l'arsenal ,dejeuner, visite medicale ,pius direction embarquement ,je me suis retrouvé sur le Moncalm appareyage immediat
pour faire des ronds dans l'eau.Arrivé à Malte (imposible de monter aux telemetres) nous y sommes restes tres peu,puis retour vers Toulon, apres 15 jours de navigation,
c'etait un exercice de mobilisation generale , nous l'avons appris enssuite! Tres bons souvenirs ,Amitiés Andre
andre blache
andre blache
PRÉSIDENT D' HONNEUR
PRÉSIDENT D' HONNEUR

Age : 93
Canonnier pointeur équipage NON

Moncalm

Message par andre blache le Jeu 5 Juin 2008 - 17:37

Mon Fils Philippe a CONSTRUIT le Moncalm d'apres des plans obtenus
du Musee de laMarine ,j'ai toujours le ruban la fouragere l'insigne et qq
photos du batiment(j'avais 26 ans ,aujourd'hui 83) que de bons souvenirs !
Amitiés à toutes et à tous Andre
bertrand robert fils
bertrand robert fils
INVITÉ
INVITÉ

Age : 68
NON

Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Mar 23 Déc 2008 - 10:45

Bonjour à tous,

Mon père Bertrand Aimé était sur le Montcalm depuis le lancement de celui-ci 24-11-37 jusqu'au 8-4-41.

Le 2-8-37 il est IM 1cl.

Le temps de préparer le topo et je reviens ici vous raconter
son temps sur ce bâtiment de la royale.
Jean-Léon
Jean-Léon
MAÎTRE PRINCIPAL
MAÎTRE PRINCIPAL

Age : 71
Armurier NON Missilier ASM

Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par Jean-Léon le Mar 23 Déc 2008 - 19:24

Croiseur Montcalm - Un courrier de 1943.

Un pli rare du Montcalm posté au USA en 1943.


Pli du croiseur Montcalm - 1943
Collection JPL.
COLLEMANT Dominique
COLLEMANT Dominique
MAÎTRE PRINCIPAL
MAÎTRE PRINCIPAL

Age : 72
Mécanicien NON

Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par COLLEMANT Dominique le Mar 23 Déc 2008 - 19:37

Belle pièce de philatéliste Jean-Léon.....
Bien amicalement.
Bill



   
Maître Principal mécanicien Collemant , dit "Bill" dans la sous-marinade / Membre de la section A.G.A.S.M. "Espadon" du Havre / Membre du M.E.S.M.A.T. de Lorient .
Jean-Léon
Jean-Léon
MAÎTRE PRINCIPAL
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Armurier NON Missilier ASM

Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par Jean-Léon le Mar 23 Déc 2008 - 23:08

A Bill

J'ajoute, à propos du pli du Montcalm, que de nombreux collectionneurs américains se sont intéressés aux oblitérations de nos navires de passage aux USA pendant cette période de la seconde guerre mondiale.
Ces plis "philatéliques" bien propres se retrouvent maintenant, pour une petite partie, sur le marché français.
COLLEMANT Dominique
COLLEMANT Dominique
MAÎTRE PRINCIPAL
MAÎTRE PRINCIPAL

Age : 72
Mécanicien NON

Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par COLLEMANT Dominique le Mer 24 Déc 2008 - 8:01

Pour Léon

Pour moi qui suis philatéliste , cela ne m'étonne pas , et c'est parfois très recherché.
Bien cordialement.
Bill



   
Maître Principal mécanicien Collemant , dit "Bill" dans la sous-marinade / Membre de la section A.G.A.S.M. "Espadon" du Havre / Membre du M.E.S.M.A.T. de Lorient .
andre blache
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PRÉSIDENT D' HONNEUR
PRÉSIDENT D' HONNEUR

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Canonnier pointeur équipage NON

MONTCALM

Message par andre blache le Mer 24 Déc 2008 - 12:09

Salut Jean Leon merveilleuse et precieuse cette photo ( j'ai embarqué pour 2 semaines comme reserviste en 1951 )Andre
Jean-Léon
Jean-Léon
MAÎTRE PRINCIPAL
MAÎTRE PRINCIPAL

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Armurier NON Missilier ASM

Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par Jean-Léon le Mer 24 Déc 2008 - 12:50

A André Blache

Ravi de t'avoir fait plaisir.
Joyeux Noël. 🎅 🎅
bertrand robert fils
bertrand robert fils
INVITÉ
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Age : 68
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Jeu 25 Déc 2008 - 11:01

Les autres Montcalm

Quatre bâtiments de la Marine ont porté le nom de Montcalm.

1-Une corvette cuirassé (1865-1891).
Mise sur cale à Rochefort le 26 octobre 1865, elle fut lancée le 16 octobre 1868 et entra en service en janvier 1870. Pendant la guerre de 1870, le Montcalm captura en Atlantique le trois-mâts allemand l'Union. Après une croisière aux Açores, en Amérique du Sud et en Afrique, ce bâtiment fut placé en réserve le 1er août 1871. Réarmé en novembre 1873, il appareilla en janvier 1874 pour les mers de Chine. En 1882, il devint bâtiment amiral de la Division du Pacifique. De retour à Cherbourg en 1884, il y resta désarmé jusqu'en 1891, année où il fut condamné et rayé des listes de la flotte.
(Caractéristiques : 3778 Tx ; longueur : 68,90 m; vitesse : 11 noeuds ; 6 canons de 190mm et 4 canons de 120mm)

Spoiler:
2-Un croiseur cuirassé (1898-1926).
Mis sur cale à la Seyne le 27 septembre 1898, il fut lancé le 27 mars 1900 et entra en service le 24 mars 1902, n'ayant pas encore terminé ses essais, pour accompagner le Président de la République, Émile Loubet en Russie. Arrivé à Cronstadt le 20 mai 1902, le Tsar vint déjeuner à bord le 23 mai. Ce croiseur cuirassé qui, neuf, faisait honneur à la construction française, parcourut pendant de nombreuses années les mers de Chine. En novembre 1921, il fut envoyé à Singapour pour attendre le Maréchal Joffre qu'il accompagna pendant quatre mois au cours de sa visite en Extrême-Orient. Le Montcalm fut condamné à Brest le 28 octobre 1926. Utilisé par la suite comme ponton-école du Groupe Armorique, il fut rebaptisé Tremintin en 1934. Il était encore amarré dans la rade de Brest en 1940 et fut détruit pendant l'occupation en 1943.
(Caractéristiques : 9516 Tx ; longueur : 139,90 m; 3 machines actionnant trois hélices : Puissance : 21 500 ch ; vitesse : 21,4 noeuds ; Armement : 2 canons de 194 mm + 8 canons de 164 mm + 4 canons de 100 mm + 16 canons de 47 mm + 2 tubes lance-torpilles)

3-Un croiseur (1933-1969).

4-Une frégate anti-sous-marine (1975-...).

Composante de la Force d'Action Navale, la frégate Montcalm est spécialisée dans la lutte anti-sous-marine, mais sa polyvalence lui permet de remplir des missions de défense des approches maritimes, de présence et d'escorte en haute mer. C'est la troisième de la série des frégates de type Georges Leygues. Mise sur cale le 5 décembre 1975, lancée le 31 mars 1980, entrée en service le 28 mai 1982, elle est basée à Toulon depuis le 7 juin 1982. C'est un bâtiment à équipage mixte depuis le 6 septembre 1993.
Son histoire est intimement liée aux crises régionales qui ont secoué le monde depuis 20 ans. Elle fait ses premières armes le long des côtes libanaises à 8 reprises de l'été 1982 à l'été 1986 (missions Olifant)...
La frégate Montcalm est parrainée par la ville de Nîmes depuis le 8 juin 1985.





Le croiseur cuirassé (1898-1926)


à suivre... le nom de Montcalm
bertrand robert fils
bertrand robert fils
INVITÉ
INVITÉ

Age : 68
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Jeu 25 Déc 2008 - 11:11

Le nom de Montcalm
Louis-Joseph marquis de Montcalm, seigneur de Saint-Véran, de Candiac et baron de Gabriac est né au château de Candiac, près de Nîmes, le 28 février 1712, dans une famille noble. Pour ses neuf ans, il entre dans l'armée, au régiment de Hainaut. Il est colonel à 31 ans. En 1756 il est maréchal de camp et est chargé de la défense des possessions de la France en Amérique du Nord.
Nommé à la tête des armées françaises en Nouvelle-France. Le 13 mai 1756, il arrive à Québec. Vaudreuil accueille Montcalm amicalement. Le gouverneur de la Nouvelle-France est le supérieur hiérarchique du commandant des troupes françaises. La responsabilité de Montcalm se limite à la discipline, à l'administration et à l'ordonnance interne des bataillons. Il commande uniquement sur le terrain des opérations militaires. Il prend ses ordres de Vaudreuil.
Spoiler:

En Nouvelle-France, il connaît vite le succès lors de combats sur le sol nord-américain au cours de la Guerre de Sept Ans. De ces succès, on note la capture du Fort William Henry des Britanniques et la défense réussie du Fort Carillon en 1758.

Toutefois, ses succès en Nouvelle-France sont de courte durée. Au cours de l'été de l'année 1759, les Britanniques assiègent la ville de Québec. Montcalm, habitué à des batailles rangées comme celles en Europe, est mal préparé pour combattre les troupes britanniques chevronnées sur les Plaines d'Abraham le 13 septembre 1759.

Plutôt que d'attendre de rassembler un plus grand nombre de troupes françaises, Montcalm utilise les troupes dont il dispose et engage hâtivement le combat contre les forces du Général Wolfe. Les troupes britanniques prennent d'assaut le Cap Diamant et envahissent les Plaines d'Abraham où une bataille décisive se déroule. Le 13 septembre 1759, Montcalm est blessé mortellement. Il expire le lendemain, quatre jours avant la capitulation du Québec.





Avant de mourir, Montcalm demandait à son chirurgien :
"Combien de temps me reste-t-il à vivre ?"
"Quelques heures à peine".
"Tant mieux, je ne verrai pas les Anglais dans Québec".







La devise du blason familial : " La guerre est le tombeau des Montcalm."




à suivre... Troisième du nom Montcalm.
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Jeu 25 Déc 2008 - 11:29

3 - Le croiseur Montcalm (1933-1969)




"Mon innocence est ma forteresse"
sur la Tape de bouche du croiseur Montcalm

La marine française à cette date est incontestablement l'une des plus modernes et des puissantes de son temps et la meilleure des trois armes. Elle se situe au quatrième rang mondial, derrière la Royal Navy, l'US Navy et la marine japonaise, devant la Regia Marina et loin devant la Kriegsmarine ou la marine soviétique.

Mon père a embarqué sur le croiseur Montcalm le 24 novembre 1937 jusqu'au 8 avril 1941.
À cette époque il était Ingénieur Mécanicien de 1ere classe.

Le croiseur Montcalm fut mis en service actif le 4 décembre 1937.
Spoiler:
1937-1938 : Les essais du Montcalm commencent à Toulon, fin août 1937. À l'issue de ces essais, parfaitement réussis, il est incorporé à la 4e division de croiseurs basée à Brest.

Sous les ordres du CA Godfroy, cette division effectue une croisière d'endurance qui de Brest l'amène à Alger, Port-Saïd, Colombo, Singapour, Saïgon, où elle arriva en janvier 1938. Elle séjourne 2 mois en Indochine et rallie Brest par Batavia, Colombo, l'île Maurice, Suez, Bizerte, Lorient. Au cours de ces manoeuvres, le matériel se montre excellent et endurant.

La 4e division reprend la vie d'escadre très active sous les ordres de l'Amiral de Laborde, au milieu des tensions d'avant guerre. En juillet 1938, elle prend part à Calais à la réception des souverains britanniques, puis vint prendre sa place dans la Flotte de l'Atlantique, avec laquelle elle participe notamment à la croisière de mai-juin 1939, autour des îles Britanniques, avec escales à Liverpool, Obban, Firth of Forth (Rosyth) et retour en France par le Pas de Calais et le Havre.

Début 1939, le Montcalm effectue des croisières et patrouilles diverses en Atlantique et Manche. En juillet, il représente la France à la Foire internationale de New York, puis revient prendre sa place à la 4e division des croiseurs que la guerre trouve à Brest, incorporée à la "Force de Raid".

QUELQUES DATES...

Ce type de croiseur de 2e classe marquait le retour aux croiseurs protégés. Au titre des croiseurs légers , on trouve d'abord le sempiternel navire-école Jeanne d'Arc, troisième du nom, lancé en 1930, et le Pluton, un mouilleur de mines lancé en 1929, reconstruit et rebaptisé : La tour d'Auvergne peu avant la guerre. Il y avait aussi l'Émile Bertin (1933), prototype de croiseur léger à tourelles triples, suivi par les six La Galissonnière (La Galissonnière, Jean de Vienne, Marseillaise, Montcalm, Gloire et Georges Leygues, en service en 1935-37). Le Montcalm du type La Galissonnière est construit aux Forges Chantiers de la Méditerranée, à la Seyne sur Mer. C'est là que de grands bâtiments pour la Marine Nationale furent construits : le cuirassé Paris, le porte-avion Béarn (qui fut mis sur cale comme cuirassé), les contre-torpilleurs Vautour, Le Chevalier Paul, Le Malin, et l'Indomptable.

Le croiseur Montcalm est lancé le 26 octobre 1935, en présence de Monsieur Piétri, ministre de la Marine. L'achèvement est retardé en raison des grèves. Un sabotage a lieu, lié à la guerre d'Espagne. Le croiseur est au bassin jusqu'au 29 juillet.

-Le croiseur est armé pour les essais le 1 er septembre 1936.
-Le 4 janvier 1937, il est mis sur rade. Il sort une première fois en mer le 7 janvier.
-Le 19 janvier 1937, il quitte la Seyne pour Lorient. Là, du 28 janvier au 5 février, il est au bassin.
-L'armement définitif date du 20 mai.
-Le 12 novembre, il quitte Lorient pour Brest.
-Il est incorporé à la 4è DC, constituée le 20 novembre 1937.
-Le 4 décembre il est admis au service actif.

L'escadre participera à la réception donnée en l'honneur des souverains Anglais, en juillet 1938.
En juillet 1939, le croiseur Montcalm représente la France à la Foire internationale de New York.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il participe à des opérations de protection de convois dans l'Océan Atlantique.
Il subit un grand carénage, à Cherbourg, dont il sort en avril 1940.




Avant sa modernisation




Sortie de l'Arsenal



Croiseur Montcalm : Caractéristiques principales
(Sources Flottes de combat 1940 à 1970)

Déplacement : 7720 TW (8380 T)
Dimensions (mètres) : longueur H.T. : 179,50 (hors tout) x 17,48; tirant d'eau moyen en charge : 5,08
Vitesse : 31 noeuds (31,5 noeuds au printemps 1952 pendant 2 heures, à pleine charge)
Propulsion : appareil moteur comprenant deux ensembles de turbines à réaction type Parsons, actionnant chacun une ligne d'arbre, d'une puissance torsiométrique totale de 88000 ch. Un appareil évaporatoire comprenant quatre chaudières Indret à surchauffe timbrées à 27 bars, réparties en deux chaufferies de deux chaudières chacune. Deux hélices.
Puissance : 88000 CV (90000 CV max).
Rayon d'action : 5500 milles à 18 noeuds; 3300 milles à 24 noeuds.
Armement : 9 canons de 152 mm en 3 tourelles triples ; 8 canons de 90 mm en quatre plateformes doubles ; 24 canons de 40 mm en 6 affûts quadruples ; 16 canons de 20 mm et deux tubes lance-torpilles double.
Les tourelles et affûts reçurent les noms des régiments de Montcalm : Royal Roussillon , La Sarre, La Reine pour les 152 mm et Béarn, Berry, Guyenne, Languedoc pour les 90 mm. Les évènements de la guerre 1939-1945 devaient conduire par la suite à baptiser les 3 pièces d'une des tourelles Corse, Normandie, Provence. Jusqu'à la guerre, la D.C.A. légère du bâtiment ne comportait que quelques 37 mm et des mitrailleuses de 13,20 mm, de défense rapprochée, armement qui devait se révéler notoirement insuffisant. La D.C.A. fut notoirement renforcée lors de la refonte de 1943.
Protection : Ceinture cuirassée à la flottaison de 105 mm d'épaisseur. Pont principal blindé de 38 mm d'épaisseur ; 60 traverses ; cloison interne avec pare-torpilles de 20 mm (Sécurité : 16 radeaux, 16 filets de sauvetage, 800 gilets de sauvetage).
Aviation : Installation d'un hangar à hydravions pour lequel on avait fait de gros sacrifices. Les appareils étaient lancés par catapultes montées sur la tourelle arrière. Repêchage en marche par un système de rampe d'amerrissage flottante filée de l'arrière carré. (Cette aviation fut débarquée en 1943 aux États-Unis).
Équipage : 509 en 1937 ; 540 en 1945, puis 32 officiers et 642 hommes (Paix) - 32 officiers et 732 hommes (guerre). Un radar fut installé en 1943 et un grand mât ajouté en 1952.




À suivre... La campagne de Norvège.
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Message par andre blache le Jeu 25 Déc 2008 - 12:08

MERCI BERTRAND POUR TOUS CES DETAILS JE POSSEDE ENCORE :LE RUBAN LA FOURAGERE ET
L'INSIGNE EN BLASON VEUS-TU QUE J'ESSAYE DE TE FAIRE PARVENIR QQ PHOTOS MAIS COMMENT ???????? ANDRE
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Jeu 25 Déc 2008 - 13:09

Le Montcalm (1940)
Le Montcalm participe alors à des opérations de protection de convois en Atlantique, en liaison avec les forces de la Home Fleet (du 22 au 28 octobre 1939) puis à une recherche des cuirassés allemands Scharnbost et Gneisenau, qui viennent d'attaquer la Northern Patrol (entre les Féroé et l'Irlande) et de couler le croiseur auxiliaire britannique Rawalpindi. À la suite de cette sortie, le bâtiment va séjourner pendant quelque temps à Cherbourg pour un grand carénage.
Spoiler:
Il sort de carénage en avril 1940 et part aussitôt en Norvège pour relever l'Émile Bertin touché par une bombe le 15 avril devant le Namsen Fjord. Il prend la marque du contre-amiral Derrien, commandant les Forces navales Françaises de Scandinavie et sous les ordres de l'amiral John Cunningham participe aux opérations d'évacuation de Namsos qui seront l'occasion de multiples engagements contre la Luftwaffe.


la Campagne de Norvège (les forces navales 1940)

Résumé : Ensemble des opérations qui opposèrent les Allemands aux Norvégiens et à leurs alliés franco-britanniques pour la possession de la Norvège.
Les Alliés, qui voulaient miner les eaux territoriales de la Norvège pour interdire le transport de minerai de fer suédois vers l'Allemagne, furent pris de vitesse par la Wehrmacht qui investit les côtes norvégiennes (9-13 avril). Un corps franco-anglo-polonais débarqua à son tour et concentra ses efforts sur Narvik. La ville fut reprise le 28 mai, mais la situation en France obligea les Alliés à évacuer la Norvège entre le 3 et le 8 juin.


Elle dura du 9 avril 1940 au 10 juin 1940, fut le théâtre de la première confrontation terrestre directe entre les forces alliées — Royaume-Uni et France — et les troupes de l’Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, la Norvège attire l'attention des belligérants. Le pays se situe en effet à un carrefour maritime stratégique, ses fjords peuvent abriter une flotte importante et, par le port de Narvik, transite le minerai de fer de Laponie suédoise fort utile à l'industrie de guerre allemande.
L'agression de la Finlande par l'Union soviétique en novembre 1939 motive un premier plan de débarquement franco-anglais. Dans ce but, en France, le colonel Béthouart est chargé de constituer un corps expéditionnaire. Les désaccords stratégiques et la capitulation finlandaise rendent caducs ces préparatifs.
De nouveaux projets sont en cours quand Hitler lance, début avril 1940, l'attaque sur la Norvège. En une journée, par une série d'opérations aéronavales, les Allemands se rendent maîtres des principaux ports malgré de meurtrières contre-attaques des bâtiments britanniques.
La première riposte alliée vise Trondheim, au centre des côtes norvégiennes. L'offensive directe, par mer, sur la ville est soutenue par des actions terrestres sur Andalnes et Namsos. C'est dans ce dernier
secteur que débarque la 5e demi-brigade de Chasseurs alpins. Les combats se déroulent dans le grand froid et la neige, sous des vagues de bombardements. Alors que Britanniques et Norvégiens chancellent
sous les coups de la Luftwaffe, les Français s'accrochent à Namsos, incendié. Quelques difficiles percées n'empêchent pas la situation de s'aggraver : le War Office décide donc le rembarquement.
Le Haut Commandement veut porter l'effort principal sur Narvik. Trois bataillons britanniques débarquent au nord de l'Ofotenfjord, rejoints par la 27e demi-brigade de Chasseurs alpins et la 13e demi-brigade de la Légion étrangère sous les ordres du général Béthouart.
Tandis que Chasseurs alpins et Norvégiens prennent l'offensive au nord de Bjervik, la 13e, DBLE s'empare de cette ville. L'opération sur Narvik est déclenchée le 28 mai. Légionnaires et Norvégiens atteignent Orneset. Au sud, deux bataillons polonais se portent sur Ankenes et Bjersfjord. Cramponnés à un plateau qui domine la cité, les Allemands ripostent, soutenus par leur aviation. Sous les bombardements, les forces alliées se regroupent, occupent les crêtes, forcent l'ennemi à reculer. Français et Norvégiens entrent victorieux dans Narvik, les Polonais faisant leur jonction avec des éléments de la Légion étrangère dans le Bjersfjord. Les Allemands sont repoussés. Or, à la même époque en France, la situation est devenue dramatique : les panzers ont percé les lignes françaises, le corps expéditionnaire britannique est encerclé dans Dunkerque. Ordre est donné aux forces alliées de quitter la Norvège. Les troupes rembarquent pour Brest où elles arrivent quelques jours avant la fin des combats.

Les forces britanniques:

Les Britanniques assurent le haut commandement des opérations en Scandinavie.

Les forces navales:

Les forces navales britanniques sont composées des cuirassiers Warspite et Resolution, des croiseurs Southampton, Effingham, Aurora, Enterprise et Vindictive, des croiseurs anti-aériens Cairo, Coventry et Curlew, des porte-avions Furious, Ark Royal et Glorious, des destroyers Acasta et Afridi.

Les forces françaises:

Le corps expéditionnaire français en Scandinavie a pour commandant le général de division Audet et pour chef d’état-major le chef de bataillon Goybet.


Les forces navales:

La Force "Z", commandée par le contre-amiral Derrien, se compose des croiseurs Émile Bertin puis Montcalm, des contre-torpilleurs Bison, Tartu, Chevalier Paul, Maillé-Brézé, Milan, Épervier et des torpilleurs Brestois, Boulonnais, Foudroyant.
La 1re division de croiseurs auxiliaires se compose des bâtiments El Djezaïr, El Mansour, El Kantara, Ville d'Oran.
Enfin, sont affectés au transport les bâtiments Ville d'Alger, Djenné, Flandre, Président Doumer, Chenonceaux, Mexique, Colombie, Amiénois, Saumur, Cap Blanc, Château Pavie, Saint Firmin, Brestois, Albert Leborgne, Paul Émile Javary, Saint Clair, Vulcain, Enseigne Maurice Préchac.


Le croiseur Émile Bertin :

Lancé le 9 mai 1933, l'Émile Bertin entre en service en 1934. Navire amiral du groupe Émile Bertin dit Force "Z", il participe, du 13 au 25 avril 1940, aux opérations en mer du Nord et sur les côtes de Norvège où il est endommagé par une bombe allemande. Après la campagne de Norvège, il fait partie des forces navales détachées aux Antilles. Il sert ensuite de soutien au cours des opérations de débarquement en Italie et en France, effectuant de nombreux transports de troupes. Fin 1945, il est envoyé en Indochine avec mission de rapatrier les éléments du corps expéditionnaire français se trouvant à Shanghai puis participe aux opérations visant à réoccuper le Tonkin. Affecté au groupe des Écoles de Toulon en 1947, il est déclassé et utilisé comme base fixe en 1959 et rayé des listes de la flotte le 27 octobre de la même année.

Le croiseur Montcalm :

En avril 1940, il prend la relève de l'Émile Bertin et
participe aux opérations d'évacuation de Namsos.

Au 28 avril, les deux forces ayant été mises en échec par les Allemands, il fut décidé de retirer toutes les forces alliées stationnées en Norvège centrale. La force Faucille, aidée par le général Ruge, parvint à retourner à Åndalsnes et à s'en échapper le 2 mai à 02h00, quelques heures seulement avant que la 196e division d'infanterie allemande ne capture le port. La force Maurice, dont les convois de rembarquement avaient été retardés par le brouillard, fut évacuée le 3 mai, bien que deux de leurs vaisseaux de secours, le destroyer français Bison et son homologue britannique Afridi, aient été coulés par des bombardiers en piqué Junkers Ju 87.

Le 28 mai, les Alliés étaient parvenus à reprendre Narvik aux Allemands, mais le déclenchement par les Allemands de l'invasion de la France et des Pays-Bas modifia considérablement le cours général de la guerre, réduisant considérablement l'importance stratégique de la Norvège. Lors de l'opération, Alphabet, synonyme de la retraite générale des Alliés en Norvège, fut approuvée le 24 mai et le 8 juin, après avoir détruit les lignes de chemin de fer et les installations portuaires, toutes les troupes alliées furent évacuées. Les Allemands lancèrent l'opération Juno dans le but de soulager la pression exercée sur la garnison de Narvik, mais, lorsque l'évacuation fut découverte, l'objectif de la mission changea pour devenir une partie de chasse au cours de laquelle deux destroyers britanniques et le porte-avion HMS Glorious furent coulés.

L'échec de la campagne centrale est considéré comme étant l'une des causes directes du débat sur la Norvège (célèbre séance de débats tenue à la Chambre des Communes), qui aboutit à la démission du premier ministre britannique Neville Chamberlain et à la nomination de Winston Churchill à ce poste.

La flotte britannique connut elle aussi des pertes significatives, perdant un porte-avion, deux croiseurs, sept destroyers et un sous-marin. Toutefois, leur flotte étant bien plus importante, les Britanniques purent absorber les pertes bien plus facilement que les Allemands. Le Royaume-Uni reçut du coup en plus l'appui d'une part de la marine marchande danoise et surtout de la marine marchande norvégienne, une des plus importantes du monde.

La marine française perdit un grand destroyer français le Bison au cours de la campagne.
La marine royale norvégienne perdit un destroyer, deux navires de défense côtière, et trois sous-marins se sabordèrent.




Tir de la tourelle 1 de 152 mm du Montcalm








Le Montcalm




Marins Français dans le bois de Namsos




Troupes francaises à Namsos


à suivre... La perte du Bison vu du Montcalm
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Jeu 25 Déc 2008 - 19:29

vu du Montcalm : La perte du Bison




Le contre-torpilleur BISON au cours des opérations de Norvège disparaît le 03 mai 1940 sous les coups de la Luftwaffe, il appartenait à la 11° DCT dont il arborait le guidon de chef de division (CV BOUAN) qui comportait le MILAN (CF BROS) et l’ÉPERVIER (CF PLUMEJEAUD)).


En préambule je cite les paroles du CV OUDIN officier canonnier du BISON peu de temps avant son décès le 18 février 1975 à Lyon

En ce qui concerne la fin du BISON


« Quand tout le monde eut sauté, je jette mon casque et saute moi-même. Je m’écarte et regarde mon bateau, ou ce qu’il en reste, pour la dernière fois, où flotte, au-dessus, le grand pavillon français
C’est toute ma vie qui s’en va et tout ce qui me restait de jeunesse et d’élan que j’avais donné pour que ce bateau soit capable de tirer et bien tirer ».




Compte rendu de la perte du BISON



03 mai 1940 escorte du convoi évacuant les troupes de NAMSOS
8 H 50 une première vague de 39 appareils attaque le convoi.

Le croiseur MONTCALM semble visé par un bombardier, mais celui-ci s’en prend au BISON qui est frappé de plein fouet à l’avant devant la passerelle.


Compte rendu de l’officier de quart du MONTCALM :


1 - De trois à cinq secondes après la chute de la bombe, aucune réaction visible.

2 - A cet instant, une flamme élevée jaillit de l’avant

3 - Explosion violente, nuage de fumée considérable dans lequel le BISON disparaît complètement.

4 - Aperçu nettement plusieurs débris du bâtiment, dont une pièce de 138 projetée avec sa plateforme à une cinquantaine de mètres de hauteur

5 - La fumée se dégageant, vu d’abord l’arrière, puis les quatre cheminées.

6 - Le bâtiment est coupé sur l’avant de la cheminée 1.

7 - L’avant a complètement disparu. L'arrière flotte.

Un incendie se propage de l'avant vers l'arrière par bâbord.


Le MONTCALM vient sur la gauche en grand pour passer sur l’arrière du BISON.

On peut alors constater :

1 - Nombreux survivants à l’arrière et sur le pont milieu. La plupart munis de leurs brassières de sauvetage. Dans un ordre parfait.

2 - Le bâtiment est entouré de nombreux morceaux de bois flottants et d’une nappe de mazout qui commence à flamber, à bâbord de lui. On distingue des hommes, noirs de mazout, accrochés à diverses épaves.

3 - La baleinière du BISON correctement armée, passe pour se porter au secours des naufragés qui sont à l’eau.

Pendant ce temps les attaques aériennes se poursuivent. Le demi BISON flotte et tire toujours, tout frappé à mort qu’il soit.

Les destroyers britanniques HMS GRENADE, AFRIDI, et IMPÉRIAL s’empressent autour de lui et accostent.

Le CV BOUAN a été tué à son poste, le corps du Commandant en second CC GIRAUD est repêché couvert de blessures mortelles. Les survivants sont pris à bord des destroyers souvent affreusement brûlés, on tire de l’eau les hommes qui nagent dans le mazout. Le plus ancien des officiers survivants le LV OUDIN quitte le bord le dernier et est recueilli par l’AFRIDI.

10 H 20 Fin de l'attaque ennemie

HMS DEVONSHIRE donne l’ordre à l’AFRIDI resté en arrière, de couler l’épave du BISON.

Quelques coups de canon sont tirés...

12 H 7 Le BISON disparait par 65° 42’ N et 07° 17’ E
13 H 52 nouveau raid de la Luftwaffe mené par 3 appareils.
14 H 45 les deux avions qui s’attaquent au croiseur auxiliaire anglais CARLISLE échouent dans leur attaque, le troisième met au but sur l’AFRIDI, près de la cheminée 1.
Le GRIFFIN et l’IMPERIAL se portent au secours de l’AFRIDI en se plaçant de chaque bord de celui-ci,
ils embarquent les rescapés du BISON et les survivants des 219 officiers et hommes de l’AFRIDI (Cdt P-L PIAN).

14 H 45 L’AFRIDI coule.

Le GRIFFIN isolé du gros des navires sera à son tour violemment attaqué, mais parviendra à s’échapper.

05 mai 1940: Au mouillage de Scapa Flow une cinquantaine de rescapés du BISON sont transférés par un remorqueur à bord du paquebot réquisitionné PRESIDENT DOUMER. 9 officiers restent de l’État-major du BISON. Tout vêtus de bleus d’emprunt ou de vareuses trop grandes ou trop petites.

Le SPHINX navire-hôpital français avait embarqué les blessés du BISON, à son appareillage de Scapa Flow il immergera avec les honneurs réglementaires les huit malheureux morts de leurs blessures que les équipes médicales n’avaient pu sauver...

suite...


Dernière édition par bertrand robert fils le Ven 26 Déc 2008 - 23:15, édité 1 fois
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Jeu 25 Déc 2008 - 19:33

suite : Le Bison[center]
Un autre compte rendu extrait de l’ouvrage
LES DESSOUS DE L’EXPÉDITION DE NORVÈGE 1940.
Colonel du Pavillon. (Arthaud)

Spoiler:
NAMSOS, vendredi 3 mai 1940
2 H 30 il fait déjà petit jour.

Les transports ont quitté la rade.

L’EL MANSOUR, parti à l’avance est déjà loin.

L’EL KANTARA fonce entre les parois du fjord.

L’EL DJEZAIR et le CARLISLE suivent.

Le YORK qui s’est attardé dans la rade, rattrape le convoi, le dépasse.

L’AFRIDI ferme la marche.

Sur tous les bâtiments, les hommes harassés se sont couchés les uns sur les autres et dorment comme des brutes.

3 H 30 Le soleil est déjà haut.

Presque à la sortie du fjord l’EL DJEZAIR stoppe. Une fumée noire s’élève de la machine. C’est le plomb de la ventilation qui a sauté. Le YORK et le CARLISLE restent en protection, l’EL KANTARA continue.

Dix minutes après -des minutes qui semblent des heures- la réparation est faite et le navire et ses escorteurs reprennent leur course.

3 H 50 les croiseurs auxiliaires et les croiseurs de bataille sortent du fjord : quelques bancs de brume vers le large qui, malheureusement, se dissipent.

Les bâtiments retrouvent la forte protection qui a navigué au large toute la nuit : le MONTCALM, le BISON, les destroyers britanniques NUBIAN, GRIFFIN, IMPERIAL, GRENADE, le tout sous les ordres de l’Amiral CUNNINGHAM qui a sa marque sur le croiseur DEVONSHIRE.

L’Amiral CUNNINGHAM envoie le YORK vers l’EL MANSOUR, déjà hors de vue. Il va le rejoindre grâce à sa vitesse. Ce petit convoi prend de plus en plus d’avance, file vers le cercle polaire, avant de prendre une direction plus à l’Ouest et rabattre vers le Sud, vers Scapa Flow.

L’armada s’organise en deux groupes :

En avant l’EL KANTARA flanqué du MONTCALM, du BISON et du HMS GRENADE.

À 3000 m, l’EL DJEZAIR et le CARLISLE, sur la gauche le CARLISLE.

Les autres destroyers sont repartis.

La formation se met en ligne de file.

La protection semble fortement assurée.

Le rembarquement a réussi… le plus dur semble fait. Chaque mille parcouru, chaque minute qui passe, nous éloigne d’une menace aérienne.

Il était dit cependant que les Allemands ne lâcheraient pas si facilement leur proie.

5 H 30 L’inévitable hydravion de service se montre à l’horizon. Il vole loin, en arrière. Il disparaît rapidement après avoir repéré le convoi.

8 H 30 alerte !

Les premiers avions apparaissent.

Les klaxons hurlent sur tous les bâtiments.

Le convoi prend ses dispositions ; il marche en lacets.

Les bombardiers en formation de quatre, volent très haut, brillent au soleil, puis s’approchent à la verticale et bombardent, tandis que d’autres amorcent de semi-piqués pour lâcher leurs bombes à faible altitude et s’éloignent en rasant les flots.

Ce sont des piaulements aigus, des éclatements sourds. Les bombardiers tirent de trop haut et ratent leurs objectifs : un chapelet de bombes arrive entre le DEVONSHIRER et l’EL DJEZAIR, un autre à cent mètres en avant du BISON

Des gerbes d’eau, allant jusqu’à 50 mètres, dissimulent les navires les uns après les autres. Elles s’élèvent devant, à gauche, plus loin, plus près.

La DCA est entrée en action et réagit. Les mitrailleuses crépitent, les canons tonnent, crachent du feu à telle cadence que les tubes sont brûlants et doivent être refroidis avec des serpillières trempées dans l’eau.

Tous les hommes d’équipage disponibles sont de corvée pour accélérer l’approvisionnement des pièces en munitions.

La bataille fait rage : c’est un véritable enfer, un vacarme étourdissant.

Les vagues de quatre se succèdent : le ronronnement d’une formation n’est pas encore éteint que celui de l’équipe suivante se précise.

Spectacle grandiose s’il n’était aussi dangereux.

Sur les transports archipleins, les hommes sont partout, envahissent tout, les coursives, les escaliers, les cales, les différents ponts. Pas de brassières pour tous. Les uns ne veulent pas voir, ne pas entendre et se font petits ; d'autres, appuyés sur les bastingages, regardent, hébétés, ce combat auquel ils ne peuvent participer. Ils n’espèrent qu’un dénouement heureux.

Il faut avoir vécu de tels instants pour se rendre compte de la formidable tension à laquelle sont soumis les nerfs, même les mieux équilibrés...

Les avions après une heure de combat sans résultat, disparaissent. Le calme revient, mais le « mouchard » est toujours là qui surveille le convoi.

10 H L’infernale sarabande recommence. Le quadrille aérien reprend, plus intense ; on tire de partout.

Les vagues de bombardier se succèdent à haute altitude, au dessus du convoi, et lancent leurs bombes… on les voit se balancer au départ, grossir ; elles produisent un sifflement sinistre. Elles semblent tomber sur vous. Malgré soi, on baisse la tête, on remonte les épaules… elles explosent, 50 mètres, 100 mètres plus loin, soulevant d’énormes geysers.

L’une d’elles rase l’étrave du MONTCALM, éclate : l’avant du croiseur disparaît dans une gerbe d’eau.

10 H 30 Un Stuka amorce avec détermination un piqué sur le MONTCALM qui semble visé à nouveau. L’avion descend à vive allure, suivi d’une traînée de fumée, il parait touché.

Les cœurs battent de joie sur tous les bâtiments où on suit le combat.

Hélas, le faux éclopé se redresse, infléchit sa course : c’est un demi-piqué qui s’achève à la verticale du BISON dont les canons de 37 tirent rafale sur rafale.

Une bombe de 300 kg est lâchée sur le contre-torpilleur qui est touché à l’avant. L’engin passant au ras de la passerelle, va éclater dans les fonds, dans une soute à munitions.

Explosion de nombreux débris, une pièce de 138 avec sa plateforme, sont projetés en l’air à une cinquantaine de mètres.

Puis c’est un grand souffle chaud, un ébranlement de l’air.

Une flamme immense jaillit de l’avant, puis un nuage de fumée noire s’élève peu à peu.

Des débris enflammés retombent partout.

L’avant a disparu dans les flots, coupé à hauteur de la cheminée 1. L’arrière flotte encore...

Le commandant du BISON ...BOUAN, le chef d’État-major de la 11° DCT LV MERLIN, quatre autres officiers, l’officier de liaison de la marine britannique sont tués sur le coup. Le commandant en second CC GIRAUD, est projeté à la mer par l’explosion, couvert de blessures mortelles.

Bien d’autres morts, des officiers, des quartiers maîtres, des marins, les canonniers de l’avant, toute la bordée en train de déjeuner dans les postes au dessus des soutes à munitions avant, ont disparu également.

suite : Le Bison


Dernière édition par bertrand robert fils le Jeu 25 Déc 2008 - 19:40, édité 2 fois
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Jeu 25 Déc 2008 - 19:33

L’officier canonnier le LV OUDIN, à l’arrière, hurle à l’armement du 37 : « Tirez, Nom de Dieu, bandes de cons … » et le BISON blessé à mort, reprend le tir de toutes ses pièces disponibles sur ’avion qui s’échappe dans un vrombissement d’enfer. Le BISON se défend héroïquement jusqu’à la mort.

Spoiler:
Cet officier –c’est le plus ancien de ceux qui restent- prend le commandement. Il crie : « c’est moi qui commande »

Les marins sont évacués des fonds. L’équipage se rassemble en ordre parfait, rangé comme pour une inspection, sur les ponts du milieu et arrière. Courage, discipline, éducation ?... Un peu de tout cela. « On se vengera » disent-ils.

Des équipes saisissent les extincteurs pour noyer les soutes arrière, mais les commandes sont faussées ; d’autres dégagent les blessés.

L’unique baleinière armée en un temps record, est mise à l’eau, des marins s’installent et se mettent à ramer en ordre, pour aller sauver leurs camarades projetés en mer par l’explosion et qui se débattent dans eau visqueuse.

Tout ce qui peut flotter est je té à la mer : brassières de sauvetage, radeaux, tout ce qui est en bois.

Le BISON court sur son erre ; dans son sillage s’étend une énorme nappe de mazout où flotte tout ce matériel.

L’EL KANTARA veut aller à son secours. Le DEVONSHIRE le rappelle : « reprenez votre poste, j’ai des torpilleurs ».

L’aumônier de la 1re DCX à bord de l’EL DJEZAIR bénit les victimes.

Le MONTCALM se précipite sur les lieux, passe à cent mètres du point du sinistre, mais ne s’attarde pas, car il ne veut pas abandonner la protection du convoi. Il rend à son camarade de combat les derniers honneurs et s’éloigne pour rejoindre son poste.

Les blessés sont ramenés à bord, sur la plage arrière, où le médecin s’active à les soigner avec beaucoup de sang-froid.

Le destroyer GRENADE arrive pour embarquer les rescapés ; le BISON est très incliné. L’évacuation d’un grand nombre de blessés semble longue .HMS GRENADE manque son accostage... Il ne peut plus pleinement utiliser son artillerie de DCA et devient une cible facile, d’autant que les bombardiers continuent à lancer leurs engins. Une bombe vient de tomber à 50 m de l’épave.

L’AFRIDI demande à l’amiral CUNNINGHAM la permission de rejoindre le groupe BISON/GRENADE afin de le protéger contre de nouvelles attaques aériennes.

Mais, ne voulant pas rester à l’écart, il accoste le bord libre, place une passerelle pour participer au sauvetage des survivants, dans l’ordre : les blessés, l’équipage, les officiers. Il arrose avec des manches à incendie, les munitions qui brûlent. L’évacuation est difficile à cause de la bande prise par le BISON et il faut faire vite, car l’incendie se propage de l’avant vers l’arrière et menace une soute à munitions. La peinture de l’AFRIDI prend feu. Il se dégage au plus vite.

L’IMPERIAL arrive à son tour et participe au sauvetage. Les marins du BISON qui restent encore à bord commencent, sur ordre, à sauter à l’eau, s’accrochent aux moyens de fortune qui flottent : ils sont noirs de mazout.

Le LV OUDIN comme il se doit saute le dernier.

La mer est heureusement calme.

Les embarcations des destroyers repêchent les rescapés. Mais le mazout prend feu, ce qui rend effroyable la situation des hommes dans l’eau. Nombreux sont atteints de brûlures. C’est la chose la plus atroce qu’on peut imaginer.

Belle et courageuse activité des marins anglais

Et pendant ces épreuves, le bombardement continue : on compte 39 Messerschmitt.

10 H 20 Fin de l’attaque aérienne. La DCA se tait.
11 H le DEVONSHIRE envoie le message : « feu violent dû à l’explosion magasin BISON »
11 H 30 Le MONTCALM signale «Sillage par le tribord de l’EL KANTARA »

L’Amiral DERRIEN demande à l’amiral CUNNINGHAM de donner l’ordre à un de ses destroyers de couler l’épave du BISON que l’on ne peut remorquer et qui persiste à flotter. L’Amiral s’adresse à l’AFRIDI qui recueille les derniers survivants : « Coulez l’épave du BISON »

12 H 7 quelques coups de canon… c’est chose faite. Le BISON s’enfonce lentement, Pavillon haut. Il ne reste plus sur la mer que le mazout qui continue à brûler et des épaves flottantes.

Quelques-uns des blessés et rescapés sont à bord du HMS GRENADE, de l’IMPERIAL, mais la plupart sur l’AFRIDI où les blessés sont soignés, les valides baignés, habillés réconfortés. Ils se regroupent à l’arrière. Sur les 264 membres d’équipage ils ne sont plus que 120, dont certains grièvement blessés

pendant ce temps le convoi file sans s’arrêter. Il zigzague, accélère l’allure, les bâtiments augmentant les distances et les intervalles.

L’AFRIDI, qui ne voit plus de naufragé à la surface des eaux, rejoint le convoi pour reprendre sa mission de protection.

Attardé il chasse à vive allure.

13 H 52 le ciel vibre à nouveau : des bombardiers reviennent à l’assaut. Ils ne sont que trois Messerschmitt, c’est déjà trop. Deux d’entre eux, d’assez haut, lâchent leurs bombes sur le croiseur auxiliaire CARLISLE, sans d’ailleurs l’atteindre.

Le troisième amorce une attaque en semi-piqué sur l’AFRIDI qui s’approchait du MONTCALM.

La bombe tombe, touche le destroyer à l’avant, près de sa première cheminée et explose le mât est brisé, la tôle de la coque avant est retroussée vers l’arrière.

Une immense flamme s’élève, des jets de vapeur fusent de toute part. L’AFRIDI, blessé à mort, penche, abat en grand sur bâbord.

Le GRIFFIN et l’IMPERIAL se portent immédiatement à son secours, s’amarrent de chaque côté pour essayer de le soutenir.

Ils embarquent au plus vite les blessés, les rescapés du BISON, les 210 officiers et membres d’équipage de l’AFRIDI et ceux qui, au départ de Namsos, étaient montés à son bord : les rescapés du BITTERN coulé à Namsos, le 30 avril, les capitaines et midships de cinq chalutiers bombardés dans le Namsenfjord, les officiers anglais de la base maritime et les retardataires embarqués au dernier moment.

L’AFRIDI s’enfonce lentement. Les deux torpilleurs larguent les filins et s’éloignent au plus vite pour rejoindre le convoi.

14 H 45 L’AFRIDI disparaît dans les flots.
15 H 12 bombardiers reviennent… vraiment cela ne finira jamais. Ils en veulent cette fois au GRIFFIN qui est un peu à l’arrière. Il a à son bord 400 rescapés. Le destroyer se défend. À toute vitesse, il vire, revire, disparaît entre les gerbes qui le touchent à 20, 50 mètres et l’inondent de trombes d’eau. Ses pièces crachent un feu d’enfer.

Le LV OUDIN et deux officiers de chalutier participent à la défense ; ils font la chaîne pour passer les douilles.

Les avions s'éloignent enfin sans avoir obtenu de résultat.

15 H 30 Le GRIFFIN pouvait transmettre un court message « No hits »

(le journal de bord de l’EL DJEZAIR mentionne au moins 55 attaques par plus de 40 bombardiers entre 10 H et 15 H 30...)

19 H 13 Le DEVONSHIRE envoie un message au MONTCALM « je reçois de l’IMPERIAL le message suivant : Je demande instructions pour savoir si le CC GIRAUD du BISON, mort, doit être immergé ? »

C’est en effet la coutume de la Navy d’immerger les marins morts en mer, enveloppés dans de la toile à voile, avec un obus d’exercice aux pieds... Le MONTCALM répond : « votre message de 19 H 13 – immergez s’il vous plait »

L’amiral CUNNINGHAM passe un message à tous les bâtiments :

« Mettre les couleurs en berne à 21 H 45, en mémoire des marins morts pendant la journée ». C’est le moment où le CC GIRAUD doit être immergé.

Sur toutes les unités, à l’heure dite, les pavillons descendent aux drisses aux deux tiers de la hauteur réglementaire. Les bâtiments anglais mettent le pavillon français sous le pavillon britannique. Chacun se découvre.

22 H la cérémonie est terminée le convoi fait route sur Scapa Flow.


samedi 4 mai 1940
15 H Les destroyers IMPERIAL, GRENADE, et GRIFFIN quittent le convoi pour aller mouiller aux Shetland à Sulton-Voe où ils transfèrent les rescapés du BISON à bord du navire-hôpital français SPHINX ainsi que sept morts.

Un nouvel appel dénombre 121 rescapés dont 60 blessés, une dizaine d’entre eux assez grièvement.

Le SPHINX appareille dans la soirée pour Scapa Flow.

dimanche 5 mai 1940
Les rescapés valides ou légèrement blessés du BISON sont transférés sur le paquebot réquisitionné PRESIDENT DOUMER en rade de Scapa Flow.

nuit du 5 au 6 mai 1940
Le petit dragueur de mines HEBE sort du mouillage de Scapa Flow.

À l’arrière, les corps de 23 marins britanniques et de 7 marins du BISON, ramenés par le SPHINX seront immergés selon la coutume anglaise pour ceux qui sont morts en mer. Les honneurs règlementaires sont rendus par un détachement britannique en armes. Trois officiers et dix marins du MONTCALM assistent à cette triste cérémonie.


Communiqué de l'Amirauté française :

« Le 3 mai, un convoi de transports de troupes a été attaqué en Mer du Nord par l’aviation ennemie. Aucun bâtiment n’a été touché, mais le contre-torpilleur BISON, qui faisait partie de l’escorte, a été coulé. »

Contre Torpilleur BISON - Citation à l’Ordre de l’Armée de Mer

« Commandé par le Capitaine de Vaisseau BOUAN, a glorieusement sombré au cours d’un violent combat avec un ennemi aérien ; a poussé l’esprit offensif jusqu’aux dernières limites, tirant encore de ses pièces alors que, coupé en deux, envahi par l’incendie, il était près de couler bas. »

Citation du Lieutenant de Vaisseau OUDIN

« Par la suite de la mise hors de combat de ses chefs, a été amené à prendre le commandement du contre –torpilleur BISON, désemparé par les coups de l’ennemi. A su organiser et conduire avec calme le sauvetage des survivants. »




La fin du Bison.

Après la campagne de Norvège, le MONTCALM est envoyé en Méditerranée. A partir du 19 mai, il est stationné à Alger où la flotte française surveille et guette la Marine italienne...

à suivre ... Dakar(1940)
andre blache
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MONCALM

Message par andre blache le Ven 26 Déc 2008 - 11:55

ROBERT BERTRAND TON RECIT ET FORMITABLE POURQUOI NE PAS EN FAIRE UN FASCICULE (avec toutes autorisations de reproductionq)QUE NOUS POURIONS ACQUERIRE .POUR MOI AVEC PLAISIR!BON COURAGE AMITIES ANDRE
Jean-Léon
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par Jean-Léon le Ven 26 Déc 2008 - 19:38

A Bertrand Robert fils

Remarquable récit, passionnant et terrible.
Merci.
J-L-14
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le croiseur montcalm

Message par J-L-14 le Ven 26 Déc 2008 - 20:06

formidable récit
bravo,et merci
bertrand robert fils
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Re: MONTCALM (CROISEUR)

Message par bertrand robert fils le Sam 27 Déc 2008 - 19:35

Préambule

Avant d'écrire sur le parcours du Montcalm à Dakar, je pris le temps d'une courte pose de réflexion.
En faisant les recherches, je me suis aperçu que d'un bord à l'autre les blessures avaient à peine cicatrisé et que subtilement d'un texte à l'autre on avait aussi tendance à faire pencher la balance d'un camp à l'autre comme pour exorciser les faits eux-même.

Spoiler:
Pourtant, on est bien obligé de constater et de rendre compte de l'histoire. Je laisse donc à ceux qui sont dans le temps de la vengeance, aux autres qui sont dans le temps du pardon et à ceux qui s'efforcent d'oublier, que le temps passe et qu'il soigne ainsi ces cicatrices.
Il y a un temps d'importance comme un devoir pour les générations futures, c'est le temps de la mémoire. Je pense qu'un homme sans passé, est un homme sans avenir.



Introduction



Rappelé à la force de Raid, le Montcalm part pour la Méditerranée et est basé sur Alger à partir du 19 mai 1940. Appareillé d'Alger le 3 juillet, lors des évènements de Mers el-Kébir où en fin d’après-midi, la Force « H » attaqua la Flotte Française. Il arrive à Toulon le 4 juillet.

Fin août 1940, la 4ème D.C. est désignée pour se rendre dans le golfe de Guinée sous les ordres de l'amiral Bourragué. Cette mission est marquée par un certain nombre d'incidents et par la participation du Montcalm et du Georges Leygues à la défense de Dakar au cours des combats des 23, 24 et 25 septembre 1940.

A Mers El-Kébir, en juillet 1940, les Britanniques détruisaient délibérément la flotte française et tuaient d'un coup un grand nombre de Français alors que les deux pays combattaient côte à côte contre l’Allemagne quelques jours auparavant.
Comment et pourquoi en étaient-ils arrivés là alors que, dans les deux camps qui tout d'un coup s’affrontaient ainsi, des soldats français et surtout les plus jeunes qui avaient la foi, la générosité et l’enthousiasme de leur âge, le même amour de leur Patrie et la même haine de celui qui l’occupait, étaient persuadés d’accomplir leur devoir ? Drame terriblement humain qui a déjà alimenté bien des polémiques et suscité bien des jugements péremptoires, surtout chez ceux qui jugent avec le recul de l’histoire.



bref rappel du mois de juillet 1940

4 Juillet 1940 :

En fin d’après-midi, la Force « H » bombarda la flotte française à Mers el-Kébir.
Le « Dunkerque » (croiseur) et le « Provence » (cuirassé) furent touchés.
Les tirs foudroyèrent ensuite le « Mogador » (torpilleur)
et le « Bretagne » (cuirassé) qui s’enflamma presque aussitôt.
Le porte-avion Commandant-Teste a pu s’échapper à l’aube du 4 juillet.
Cette bataille navale coûta la vie à près de 1 300 marins français, aucune perte anglaise et pour cause...

Elle fit renoncer la Marine française à tout combat contre l’Axe jusqu’en 1943.

6 Juillet 1940 :

Le « Strasbourg » (croiseur de bataille) réussit en tenant à respect les Anglais grâce à ses salves à quitter la rade pour se mettre à l’abri à Toulon.
L’Ark Royal paracheva la destruction de la Flotte française en bombardant le « Dunkerque »
et le « Terre Neuve » (patrouilleur), qui sombra après avoir explosé.

8 Juillet 1940 :

Dakar fut le théâtre d’un nouveau raid anglais au cours duquel le « Richelieu » (cuirassé) fut touché.

L’opération Catapult se termine aussi à Dakar. Le 7 juillet, en fin d’après-midi, une escadre anglaise accompagnée par le porte-avion Hermès se présente devant le Port et envoie le même ultimatum qu’à Alexandrie.

L’objectif est le Richelieu handicapé par des problèmes de machines et dont l’armement n’est pas complètement installé suite à sa fuite du chantier naval de l’Atlantique où il était en cours d’achèvement lors d'une attaque allemande.

Le 8 à l’aube, il sera successivement torpillé à l’arrière par un aviso puis avarié par un raid aérien.
L’escadre anglaise ayant terminé son travail, se retire.

Les Anglais venaient d’écrire une des pages les plus noires des relations entre les deux pays.



Dakar


C'est dans cette ambiance que l'Angleterre qui venait de lancer l'opération Catapult en juillet va lancer l'opération MENACE en septembre. Une flotte alliée composée de batiments anglais et FFL se présentera devant DAKAR et demandera le ralliement à la France libre. Le choc présent de juillet à Mers El Kébir va provoquer cet affrontement entre Français et les alliés d'hier.

Mon père est sur le croiseur Montcalm ancré le 19 mai et stationné à Alger (430 kilomètres à l'est de Mers el Kébir) d’où il rejoint immédiatement Toulon en apprenant l'attaque portée contre Mers el-Kébir. Appareillé d'Alger le 3 juillet, il arrive à Toulon le 4 juillet.
Comme pour tous les marins français c'est un choc pour mon père, une tragédie.

L'incroyable c'est produit, la flotte française mise à mal par les amis de la veille. Ils viennent ensemble de faire la campagne de Norvège. Il y a à peine quelques jours encore. L'ordre leur est donné de rejoindre Dakar.
De la force Raid le Montcalm passe à la force " Y".

Mon père ne pouvait pas savoir à ce moment là que le croiseur l'Aurora qui avait fait la campagne de Norvège comme lui coulera son torpilleur la Tornade deux ans plus tard pendant l'opération Torch. Oui, personne ne savait combien de français tomberont par la suite sous des obus non-allemands.

Le 9 septembre, il quitte le port Varois avec son sister-ship Gloire et le croiseur Georges Leygues. Il passe Gibraltar sans être inquiété (ce qui vaudra à l'amiral Norh commandant la place navale britannique d'être relevé de ses fonctions). La flottille s'arrête à Casablanca pour faire le plein et continue jusqu'à Dakar où elle arrive le 14 septembre. Elle quitte Dakar le 18 septembre en direction de Libreville au Gabon mais est bloquée par des navires britanniques dont le HMS Australia. Seuls, Le Georges Leygues accompagné du Montcalm retourne alors sur Dakar. Ils aideront à la défense du port contre l'attaque des Britanniques et des FFL pour prendre la ville le 23 septembre 1940.

à suivre... le 23 septembre 1940
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LE CROISEUR MONTCALM

Message par gaston dit miniboum le Dim 28 Déc 2008 - 17:55

Voici une photo du croiseur Montcalm prise en Baie d'Along en mars 1954.
Photo aimablement prêtée par mon frère, matelot canonnier, matricule 2688T 53,
présent à bord à l'époque de la photo. A l'issue de son cours de BE canonnier, il a été affecté sur le Montcalm et à rejoint l'Indochine à son bord.

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Re: MONTCALM (CROISEUR)

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