par TECHNIK le Ven 22 Juil 2011, 09:35
Salut Jauréguiberry,
Ton dernier message faisait allusion à une grosse fissure sur les superstructures.
J'ai connu cette situation.
En automne 1967, Le Champenois tournait et virait dans le golf de Gascogne, face au centre des essais des Landes.
Il était là pour participer à la mise au point de missiles et mesurer et enregistrer les tirs effectués depuis la terre.
Une énorme tempête survint, il n'était pas question d'aller se mettre à l'abris.
La mission et les essais devaient continuer, belle aubaine pour contrôler le fonctionnement des missiles par temps calamiteux.
C'est un moment que l'on ne vit pas souvent, lorsque le bâtiment plonge dans la vague, presque à la verticale et ensuite remonte du nez comme une fusée.
Nous étions en poste de combat, toutes les ouvertures verrouillées.
J'était à la sécurité avant, ce qui me permettait une certaine liberté de mouvement.
La mer donnait des coups de boutoirs terribles.
Un de ces coups, plus fort que les autres, causa une avarie et nous avons quitté le théâtre des opérations.
C'est là que j'ai appris qu'un ER rapide (par exemple) n'était pas construit comme un monolithe mais que ses ponts supérieurs avaient les plaques d'aciers qui glissaient les unes sur les autres ( comme si l'on faisait glisser ses mains l'une sur l'autre d'un mouvement de va et vient).
Cela donnait de la souplesse au bâtiment.
Et bien là, de retour à l'arsenal, j'ai vu cette" fissure" qui n'en était pas une, mais une "ouverture" d'un cm qui laissait rentrer l'eau tombé du ciel et qui rompait l'étanchéité du Champenois. On pouvait y voir à travers, le local cuisine (il me semble que c'était elle) en dessous.
Ce système de "souplesse" était à environs 6 mètres au dessus de la ligne de flottaison.
Ce qui m'a épaté, c'est la méthode de "réparation".
Il on fait entrer la bateau dans une cale de radoub. Dans l'eau, deux socles ont été posés sous le nez et sous l'arrière du Champenois. Là les gars de l'arsenal ont commencé à pomper l'eau de la cale.
Le bateau est venu se poser sur les cales à ses extrémités, ils ont continué à vider l'eau et par le poids (la masse) le champenois à commencé à se déformer et à refermer les ouvertures "fissures" provoquées par la tempête. (les plaques de roof ont ripées en sens inverse, regagnant leurs places initiales.
Après quelques jours de" perm", la vie repris le dessus et nous sommes repartis vers de nouvelles aventures, Amen.
Je me rappelle que la Jeanne d'Arc, quelque mois plus tard, passa également dans cette cale de radoub pour y subir un carénage. Ce bâtiment disposait sous sa coque d'un sonar de détection rétractable.
Les gars de la Jeanne avaient omis de le remonter, aïe, aïe, aïe, il fut complètement écrasé !!!!
D'ou des délais supplémentaires d'indisponibilité.
Voila mon cher Jauréguiberry, un coin ouvert dans ma mémoire et cela grâce à ton post précédent sur les fissures.
Amitiés à toi et aux autres marins du" Champ"