Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges

Bonjour !

Alors comme ça tu viens visiter le navire ? Même si tu n’as fait que ton service militaire dans la marine, tu peux « embarquer » sur ce forum.

Si tu n'es pas inscrit, tu n’en vois qu'une petite partie.

Si tu es ancien marin et que tu as porté le bachi, viens nous rejoindre : toutes les coursives te seront alors ouvertes. Il te suffit, pour cela, de cliquer sur « S'enregistrer ».
Les renseignements demandés (en particulier ton matricule) devront être correctement complétés ; ils permettront de prévenir quelque intrusion pouvant nuire au bon fonctionnement du forum.
Découvres-tu ainsi un forum ? Crains-tu de ne pas savoir y vivre, t’y retrouver, échanger ?
Tout y est expliqué, commenté, illustré sobrement pour s'y sentir à l'aise. Et de plus tous, à bord, sont ici pour t’aider qu’ils soient copains anciens ou neuves connaissances.

Si tu es déjà membre, il te suffit de cliquer sur « Connexion ».
Amicalement,
Fanch 56

Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges

Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Anciens Cols Bleus et Pompons Rouges

Forum de discussions pour les anciens de la Marine Nationale

Les 3 façons de retrouver le compte d'un membre décédé histoire - Aéronavale Clique10

Du haut de son sémaphore il veille !

histoire - Aéronavale Avatar22 histoire - Aéronavale Ruban11

RESTRICTION D’ACCÈS

Toute personne demandant son inscription sur le forum, et n'étant pas ancien de la Marine Nationale, se verra refuser l'accès, mais pourra contacter le forum. Les matricules devront être correctement inscrits pour ceux qui réunissent les conditions, ceci afin de pouvoir vérifier leur authenticité, et de protéger le forum de toutes intrusions pouvant nuire au bon fonctionnement. Les membres de la famille d'un marin ou les visiteurs intéressés pourront poster leurs questions dans le forum, visiteurs en cliquant sur le lien dudit forum.

Statistiques

Nos membres ont posté un total de 898903 messages dans 15475 sujets

Nous avons 7552 membres enregistrés

L'utilisateur enregistré le plus récent est gueguen

La page Facebook de secours d’A.C.B.

histoire - Aéronavale Fb210

LIVRE D’OR


JE VOUS DEMANDE D'AVOIR LA GENTILLESSE DE NE PAS CRÉER DE DISCUSSIONS SUR LE LIVRE D'OR - MERCI
histoire - Aéronavale Livreo10

Derniers sujets

» [Ports] LE VIEUX BREST
par Gillou29S Aujourd'hui à 1:22

» [Campagne] DJIBOUTI - TOME 1
par MOUTTE Michel Aujourd'hui à 0:13

» [ Blog visiteurs ] Les sous-marins 64/69
par Invité Aujourd'hui à 0:01

» CDT BOURDAIS (AE) Tome 3
par J-L-14 Aujourd'hui à 0:01

» LA SPÉCIALITÉ DE RADIO
par BEURET Hier à 22:52

» LE BASQUE (ER)
par timonier33 Hier à 22:40

» [Les écoles de spécialités] SMER, CER, CEAN ROCHEFORT
par lesourd Hier à 22:21

» [ Aéronavale divers ] Quel est cet aéronef ?
par jym Hier à 20:27

» [LES TRADITIONS DANS LA MARINE] Les blousons de Mer
par ptissier Hier à 19:31

» [Recherche camarades] Recherche camarades du Marcel le BIHAN campagne Japon
par BEURET Hier à 19:14

» [ Recherches de camarades ] Embarqués sur l'ELM DU Chayla de 82 à 86
par patlg Hier à 19:05

» JULES VERNE (BA)
par loulou06000 Hier à 16:33

» D'ESTIENNE D'ORVES (AVISO)
par ptissier Hier à 13:56

» [Campagnes] DAKAR
par ptissier Hier à 13:44

» [Opérations de guerre] INDOCHINE - TOME 12
par Roli64 Hier à 13:06

» [Autre sujet Marine Nationale] Démantèlement, déconstruction des navires - TOME 2
par Gérard Duffond Hier à 1:55

» LES CTM
par dansie Hier à 0:19

» [ Histoires et histoire ] Pierre Loti
par phirou Sam 16 Jan 2021 - 22:35

» [ Histoires et histoire ] Monuments aux morts originaux Français Tome 2
par alain EGUERRE Sam 16 Jan 2021 - 21:52

» [Les ports militaires de métropole] Port de BREST - TOME 3
par Michel Roux Sam 16 Jan 2021 - 21:37

» [Vie des ports] LE PORT DE CONCARNEAU - Volume 006
par doubleloire Sam 16 Jan 2021 - 18:09

» [Patrouilleur rapide] FLAMANT
par montcalm Sam 16 Jan 2021 - 17:19

» [ VOS ESCALES ] Égypte
par alain EGUERRE Sam 16 Jan 2021 - 12:29

» FLOTTILLE 25 F
par Van de Zande Sam 16 Jan 2021 - 9:53

» [ Blog visiteurs ] Mon père Pacha du sous-marin Andromède années 60
par CLOCLO 66 Sam 16 Jan 2021 - 1:28

» [Campagnes] Mers el-Kébir
par Laurent Ven 15 Jan 2021 - 23:26

» [ Blog visiteurs ] GASPARD René
par medoc2 Ven 15 Jan 2021 - 21:24

» [Aéronautique divers] Le RAFALE
par timoniersoum Ven 15 Jan 2021 - 21:14

» GLAIVE P671
par DTL Ven 15 Jan 2021 - 20:56

» ARGENS (BDC)
par CHABARLIN Ven 15 Jan 2021 - 20:45

» [ Histoire et histoires ] L'Aiguade des Quatre-Pompes
par alain EGUERRE Ven 15 Jan 2021 - 19:49

» [ Blog visiteurs ] 25F en 1970 et montre
par Invité Ven 15 Jan 2021 - 19:36

» [CAMPAGNES C.E.P.] TAHITI - TOME 2
par Pytheas Ven 15 Jan 2021 - 16:48

» [Les ports militaires de métropole] Port de LORIENT - TOME 1
par HèmBé43 Ven 15 Jan 2021 - 14:50

» [ Histoire et histoires ] À l'arsenal de Brest
par Doubi7 Ven 15 Jan 2021 - 11:09

» Recherche des SM - école des fourriers rochefort -BS 74
par Quifille Jeu 14 Jan 2021 - 23:34

» [ Histoire et histoires ] Le Sanatorium de Briançon (Le Grand Hôtel des Neiges)
par AVOINE Jeu 14 Jan 2021 - 20:23

» MISTRAL (PHA)
par Nenesse Jeu 14 Jan 2021 - 20:14

» [ Blog visiteurs ] Mon grand-père Michel Cavier Fusilier-Marin
par Invité Jeu 14 Jan 2021 - 19:44

» FORBIN (EE)
par J-L-14 Jeu 14 Jan 2021 - 19:23

» ISÈRE (PR)
par Pytheas Jeu 14 Jan 2021 - 15:20

» [ Histoire et histoires ] Le brouillard était trop épais ou le drame du Fleurus
par Rousier Mer 13 Jan 2021 - 23:48

» CANOPUS (DC)
par thevelin gerard Mer 13 Jan 2021 - 19:01

» [ Recherches de camarades ] Recherche camarade Jim CORRE
par LE MILBEAU Mer 13 Jan 2021 - 19:00

» [ Recherches de camarades ] Gendarmes maritimes Ile Longue 1975/1977
par pathd974 Mer 13 Jan 2021 - 17:50

» [Vieilles paperasses] CARTES POSTALES (en rapport avec la Marine).
par Jean-Léon Mer 13 Jan 2021 - 15:49

» [ Histoire et histoires ] Décès de Ernest Hantz, Médecin-Colonel, ancien de Dien Bien Phu
par Charly Mer 13 Jan 2021 - 13:54

» [ Histoire et histoires ] La Royale à travers la presse ancienne
par MILAN Patrick Mer 13 Jan 2021 - 10:30

» [Vieilles paperasses] Vieilles photos de marins - Tome 2
par Jean-Marie41 Mer 13 Jan 2021 - 0:12

» [ TOUS LES C.F.M. ET C.I.N. ] CFM HOURTIN VOLUME 4
par Pytheas Mar 12 Jan 2021 - 19:43

» [ Recherches de camarades ] Recherche anciens de l'Alsacien 78 à 81
par TECTAM Mar 12 Jan 2021 - 17:56

» LE VENDÉEN (ER)
par VENDEEN69 Mar 12 Jan 2021 - 16:36

» [LES B.A.N.] DIEGO-SUAREZ - ANDRAKAKA
par albertdelm Mar 12 Jan 2021 - 14:15

» [ Vieilles paperasses ] Brochure éditée par l'ADOSM dans les années 80
par jlsaghaa Mar 12 Jan 2021 - 1:16

» [ Recherches de camarades ] Recherche anciens de l'aviso-escorteur commandant Rivière
par lferrah Lun 11 Jan 2021 - 22:17

» [ Blog visiteurs ] Boris ARTUCHKINE
par VERNEYGérard84 Lun 11 Jan 2021 - 21:49

» [ École des Mousses ] École des mousses promotion 73/74
par KERGOAT Lun 11 Jan 2021 - 21:35

» [ Recherches de camarades ] Recherche camarades de La Bourdonnais 1976 et du Jauréguiberry 1977
par MINGHINI Lun 11 Jan 2021 - 21:25

» COMMANDANT DUCUING (PHM)
par BRAND Lun 11 Jan 2021 - 15:01

» FLOTTILLE 15 F
par jlsco22 Lun 11 Jan 2021 - 12:40

» [ Logos - Tapes - Insignes ] TAPE DE BOUCHE ET COUPELLE
par PICCOLO Lun 11 Jan 2021 - 2:43

» [ Recherches de camarades ] Recherche camarades CFM Hourtin janvier à mars 1968 (10ème compagnie)
par Jean-Michel Gaiffe Dim 10 Jan 2021 - 23:46

» MARINE PAPEETE, ET QUE MARINE PAPEETE !
par J.Revert Dim 10 Jan 2021 - 21:55

» [ TOUS LES C.F.M. ET C.I.N. ] CFM Hourtin, c'est fini
par GG Dim 10 Jan 2021 - 21:34

» [Votre passage au C.F.M.] MON ARRIVÉE À HOURTIN
par SIPPEL Dim 10 Jan 2021 - 20:57

» [ Blog visiteurs ] BAN Lanvéoc Poulmic 59/61
par Invité Dim 10 Jan 2021 - 19:54

» Du nouveau pour les anciens Marins (hors commandos) sur la tenue lors des cérémonies patriotiques
par rvr Dim 10 Jan 2021 - 18:53

» LA SPÉCIALITÉ DE DÉTECTEUR
par goblin Dim 10 Jan 2021 - 15:01

» [LES TRADITIONS DANS LA MARINE] TENUE DANS LA MARINE- TOME 02
par PAUGAM herve Dim 10 Jan 2021 - 14:45

» [Vidéo] Terres australes et antarctiques françaises
par J.Revert Dim 10 Jan 2021 - 13:17

» MAILLÉ BREZÉ (EE)
par pepechouf Sam 9 Jan 2021 - 21:34

» [ Associations anciens Marins ] AMMAC du Pays de Montbéliard (25)
par CLAUDEL JEAN-PIERRE Sam 9 Jan 2021 - 20:41

» LA CHARENTE (PRE)
par Pytheas Sam 9 Jan 2021 - 20:00

» MURUROA - FANGATAUFA VOLUME 3
par Michel Roux Sam 9 Jan 2021 - 15:59

» LE BRESTOIS (ER)
par FISCHER Patrick Sam 9 Jan 2021 - 15:22

» [VOS ESCALES ] Aux USA
par Max Péron Sam 9 Jan 2021 - 15:22

» CDT BORY (AE)
par gilfan Sam 9 Jan 2021 - 14:14

» [Les états-major des ports et régions] MARINE TOULON
par 3eme ligne Sam 9 Jan 2021 - 2:40

» [Les catastrophes dans la Marine] PREMIAN... LE SOUVENIR
par 3eme ligne Sam 9 Jan 2021 - 2:26

» MAINE (BB - MURUROA)
par Michel Roux Ven 8 Jan 2021 - 21:02

» [La musique dans la Marine] Bagad de Lann-Bihoué
par Paulo Ven 8 Jan 2021 - 20:22

» [Divers Navires amphibies] Les LST
par Boënboën Ven 8 Jan 2021 - 19:09

» BEAUTEMPS BEAUPRE (HYDRO)
par BOBOSSE Ven 8 Jan 2021 - 17:16

» LA SPÉCIALITÉ DE SECRÉTAIRE MILITAIRE
par marienneau jean-michel Ven 8 Jan 2021 - 15:37

» TONNERRE (PHA)
par marsouin Ven 8 Jan 2021 - 13:30

» [ Logos - Tapes - Insignes ] PORTE-CLÉS
par MAGER Ven 8 Jan 2021 - 12:27

» [Campagnes] TULÉAR
par HUNZIKER Alain Ven 8 Jan 2021 - 1:43

» LA BAYONNAISE
par FUSILIER Jeu 7 Jan 2021 - 23:42

» [ Recherches de camarades ] [Recherches camarades ER Le Savoyard
par MERCIER Daniel Jeu 7 Jan 2021 - 22:49

» [Campagne] DIÉGO SUAREZ - TOME 018
par Jean-Léon Jeu 7 Jan 2021 - 20:12

» PROTET (AE) - Tome 2
par FUSILIER Jeu 7 Jan 2021 - 0:36

» [Campagne] BIZERTE
par JLG Mer 6 Jan 2021 - 16:37

» CAMÉLIA (DC)
par LE ROUX J-Luc Mer 6 Jan 2021 - 0:39

» MAURIENNE (BB - MURUROA)
par Jean-Marie41 Mer 6 Jan 2021 - 0:16

» [ Recherches de camarades ] Recherche arpètes promotion 03/63 4ème C
par takeo Mar 5 Jan 2021 - 21:23

» L'ACONIT (FREGATE D609)
par papy25 Mar 5 Jan 2021 - 19:34

» FOCH (PA) - TOME 2
par Didier Moreaux Lun 4 Jan 2021 - 21:46

» [Votre passage au C.F.M.] HOURTIN MARINE 1946
par DALIOLI Lun 4 Jan 2021 - 18:46

» [ Logos - Tapes - Insignes ] DIVERS (tout ce ne rentre pas dans les autres sujets logos etc...)
par Charly Lun 4 Jan 2021 - 17:18

DERNIERS SUJETS


histoire - Aéronavale Liensamis

histoire - Aéronavale

TUR2
TUR2
SECOND MAITRE 1ère CLASSE
SECOND MAITRE 1ère CLASSE

Age : 63
Radio NON

histoire - Aéronavale Empty histoire - Aéronavale

Message par TUR2 le Ven 27 Mar 2009 - 16:05

Ce qui suit est extrait d'un ouvrage édité en 1959 par les éditions PUBLEDIT - 71, avenue d'Amade - CASABLANCA
écrit par Jacques Mordal
Titre de l'ouvrage "HISTOIRES DE LA FLOTTE FRANCAISE DE COMBAT"
1/2
"Le premier bombardement de Berlin"
Spoiler:

"Comme si les choses n'allaient pas encore assez mal ce 3 juin 1940, voila que la Luftwaffe s'avisa de venir bombarder Paris !
Ce même jour, à des centaines de kilomètres de là, un grand avion survolait paisiblement les eaux du golfe de Gascogne, surveillant un paquebot cheminant vers le sud de toute la vitesse de ses hélices. Mission d'importance, car ce paquebot, le Ville d'Oran, armée en croiseur auxiliaire, venait d'appareiller du Verdon pour évacuer sur Casablanca une importante réserve d'or. L'avion JULES VERNE avait pris l'air pour déceler sur son avant tout sous-marin qui pourrait se trouver sur sa route et le dérouter en temps opportun pour empêcher un torpillage. Il ne se passa rien. "Mission de plaisance" , notera sur son journal l'un des membres de l'équipage en rentrant se poser sur le terrain de Lanvéoc-Poulic, près de Brest, à huit heures du soir.

Il faut dire que depuis trois semaines, le capitaine de corvette Henri Daillière, commandant l'avion JULES VERNE, avait emmené son équipe dans de reôles de coins. Ils avaient été, le 13 mai, bombarder Aix-la-Chapelle ; ils y étaient revenus la nuit suivante. Le 18, ils attaquaient les allemands à l'ile de Walcheren dans l'Escaut, puis le 19, Aix la Chapelle, et ensuite Flessingue, Anvers... Bref, des endroit où l'ennemi était bien sur ses gardes. Lisez plutôt ces notes du maitre mécanicien volan Corneillet pour la sortie de la nuit du 19 au 20 :
Nous sommes partis de Lanvéoc-POULMIC vers 21 heures, il faisait un clair de lune splendide. Nous avons survolé Aix vers 23 heures à quatre cents mètres d'ltitude, et cette fois on nous attendait : dix, vingt, cinquante, cent projecteurs se sont braqués sur nous.
Les mitrailleuses et les mortiers s'étaient mis à cracher, nous étions littéralement sous une pluie de feu. Le commandant donna l'ordre à Queugniet de voler encore plus bas. Les secondes étaient pour nour des heures dans cette fournaise, quand tout à coup on se setit allégé. Le bombardement venait d'être fait et le but était atteint. C'est alors que Deschamps et moi, qui étions à l'attière, avons senti que nous perdions l'équilibre. Queugniet tortillait tellement le Jules pour lui donner de positions échappatoires, qu'il nous était difficile de rester debout. Nous rasions les toits des maisons et, quand nous quittâmes la ville, nous euûmes l'impression qu'il n'y avait pas un coin de champ sans mitrailleuse. Cette pluie de feu enfin devenue moins dense, le commandant donna l'ordre de reprendre de l'altitude. Nous étions sauvés... Nous pensions que le Jules était criblé de balles, et nous avions hat d'arriver au Poulmic pour nous rendre compte des dégats. Quand nous avons stoppés devant les hangars, nous avons pu constater que nous n'avions que deux trous dans l'aile droite et un dans le stabilisateur droit. Un vrai miracle...

Mais qu'était ce donc que cet avion ? Un puissant bombardier ? Vous n'y êtes pas. Le JULES VERNE avait été construit pour le métier le plus pacifique qui soit. C'était l'un des quatre longs courriers - Farman 2334 - que la compagnie Air-Franc avait en essais pour les lignes d'Atlantique Sud, au moment où la guerre éclata. Ces essais étaient en grande partie dus à l'initiative du élèbre Codos qui avait toujours soutenu le point de vue que, pour traverser l'Atlantique, mieux valait des terrestres que des hydravions comme on en utilisait encore normalement. Un jour qu'il décrivait au ministre de l'Air les plans de l'appareil qu'il estimait le mieux adapté à cette tâche, ce dernier lui avait répondu :

- Mais, Codos, c'est du Jules Verne !

- Peu importe ! avait-il répliqué.

Et sa première machine s'appela JULES VERNE.

Il y en avait trois autres. C'étaient de grands quadrimoteurs capables de voler cinq à six mille kilomètres, mais relativement lents et nullement construits pour porter des armes à bord. Le ministre de l'Air qui les avait réquisitionnés, au mois de septembre 1939, ne savait qu'en faire. On ne parlait pas encore d'aller bombarder l'Allemagne, ni surtout Berlin où seuls quelques avions anglais avaient été lancer des tracts. Et, de tout façon, des appareils comme le JULES VERNE étaient les derniers qu'on aurait songé à y envoyer. Ils se feraient descendre comme de vulgaires perdreaux !

C'est ainsi que les quatre Farman dormaient paisiblement sous leur hangar lorsqu'on apprit au mois d'octobre la présence d'un corsaite allemand dans l'atlantique sud. C'était l'Admiral Graf Spee.

La marine songea alors que ces grands avions seraient excellents pour les longues explorations en mer, et l'un d'eux, le CAMILLE FLAMMARION, fit quelques vols au-dessus de l'atlantique sud. Ce n'était d'ailleurs pas lui qui trouva le cuirassé allemand, mais qu'importe ! La marine était satisfaite des possiblités qu'offraient ces appareils, et elle demanda au minstère de l'Air de les lui céder tous les quatre. C'est ainsi que le JULES VERNE se trouvait, au mois de mai, équipé de lance-bombes et de mitrailleuses sous le commandement de Daillière avec un équipage de cinq aviateurs de la marine : enseigne de vaisseau Comet, second; maitre principal Queugniet, pilote; maitre mécanicien volant Corneillet; maitre radio volant Scour; second maitre mitrailleur bombardier Deschamps. Les autres appareils étaient en cours d'armement et devaient constituer sous les ordres de Daillière une nouvelle escadrille d'exploration à très grand rayon d'action.
Evidemment, l'armement défensif laissait à désirer. Deux mitrailleuses installées vaille que vaille, c'était peu pour se défendre contre le premier Messerschmidt venu. Mais le JULES VERNE pouvait, s'il était nécessaire, emprter deux ou trois tonnes de bombes, beaucoup plus qu'aucun autre bombardier à l'époque.


Au retour de cette paisible mission dans le golfe de Gascogne, Daillière apprit qu'il était convoqué d'extrême urgence à Maintenon, au poste de commandement de l'Amirauté Française. Il s'y présenta dès le lendemain et fut reçu par le capitaine de vaisseau Auphan, sous-chef d'état major chargé des oprations.

- Daillière, vous savez, n'est ce pas, que les Allemands ont bombardé Paris hier. Cela leur a couté assez cher, puisque j'apprends à l'instant qu'ils y ont laissé ving-six appareils. Mais il faudrait relever le défi. L'Air ne peut rien faire. Les malheureux sont sur les dents, et ce qu'il leur reste de bombardiers n'aurait même pas le rayon d'action. Que diriez vous ...

- D'aller avec le JULES VERNE sur Berlin ?

- Je n'aurais pas songé à vous en donner l'ordre. Je voudrais seulement connaître votre avis.

En fait, c'était une pure folie. Daillière et son équipage avaient toutes les chances d'y rester. Et ce n'étaient pas ces deux malheureuses tonnes de bombes, en admettant qu'il pût les livrer à Belin, qui changeraient quelque chose au sort de la bataille. Mais il n'eut pas une seconde d'hésitation.

- C'est entendu, Commandant, j'irai sur Berlin avec le JULES VERNE.

- Réfléchissez bien. D'abord, êtes vous sûr d'y arriver ?

- naturellement ! Pas question de passer en ligne droite par-dessus les lignes, pour ramasser toute la Flak sur des centaines de kilomètres et se faire suivre à la trace, de poste d'écoute en poste d'écoute. Je prendrai par la mer, comme je l'ai fait pour aller à Aix la chapelle, et je couperai la côte allemande quelque part en Baltique au plus près de Berlin. De ce côté là, ils ne nous attendrons surement pas.

- Bien, fit le commandant Auphan. Nous allons voir ce qu'en disent les Aviateurs.

Le général Vuillemin ne pouvait donner que sa bénédiction à ce candidat au suicide. Daillière, sans plus attendre s'en revint à Lanvéoc et fit convoquer tout son monde.

- On repart, les enfants ! Et vous savez où ?
-? ? ?
- A Berlin !
- A Berlin ! Fit Deschamps, le mitrailleur. ous n'allez tout de même bombarder Berlin à quatre cent mètres comme Aix la Chapelle ou Walcheren !
- Non, bien sur, mais à deux mille mètres.
- A deux mille, commandant, il y a encore des saucisses.
- Diable ! fit Daillière sur un ton ironique, je n'y avais pas pensé ! Vous m'effrayez !

Effrayé, il ne l'était pas plus que Deschamps. Pour l'instant le seul point délicat, c'est qu'il allait falloir décoller leJules avec six mille litres d'essence, plus de deux mille kilos de bombes... le grand plein, quoi, dix huit tonnes en tout. Et pour ce poids, rien à faire à Lanvéoc. La piste n'était pas assez longue.

- Où y en a-t-il une convenable ?

La meilleure, tout compte fait, se présentait au terrain de Mérignac, à dix kilomètres de Bordeaux.
Bordeaux, ce n'était pas exactement sur la route de Berlin, mais qu'importe ! Daillière y emmena le JULES VERNE d'un coup d'aile le 6 juin , et c'est là qu'on fit les grands pleins.
A 15H30 , le 7 juin, le JULES VERNE était placé à l'extrémité de la piste de Mérignac, bordée d'une double rangée de spectateurs. Toute la base était accourue pour assister à ce départ émouvant.
Au manche, le premier maitre Yonnet a remplace Queugniet, épuisé par les missions précédentes. Comet fera la navigation avec son habituelle précision. Aucun changement dans le reste de l'équipage.
Point mort, Réchauffage. Vérifications. Enlevez les cales !


Fin du 1/2


Dernière édition par Fanch 56 le Ven 27 Mar 2009 - 16:30, édité 1 fois (Raison : Mis sous spoiler)

TUR2
TUR2
SECOND MAITRE 1ère CLASSE
SECOND MAITRE 1ère CLASSE

Age : 63
Radio NON

histoire - Aéronavale Empty Re: histoire - Aéronavale

Message par TUR2 le Ven 27 Mar 2009 - 17:04

2/2

"Le premier bombardement de Berlin".

"Il nous faut toute la piste, note Corneillet.
Elle me parait très longue.
Pas tellement longue en réalité.
Nous volons un long moment en rasant les cimes avant de pouvoir prendre de l'altitude."
Spoiler:

C'est fait.
Le JULES VERNE a disparu vers le Nord.
Suivons-le, si vous voulez bien, sur la carte.
Il fait route pour atteindre la Manche du côté de Ouistreham, loin du front.
- Les allemands ont franchi la Somme et seront à Rouen dans trente-six heures.-
Puis il embouque le "channel", pase le Pas de Calais non loin des côtes anglaises, traverse la mer du Nord.
La nuit se fait.
Le voici au-dessus du Jutland, puis enfin en Baltique.

Tout, jusqu'alors, s'est déroulé avec une précision d'horloge.
On s'approche de Swinemünde, où l'on coupera la côte allemande.
Des étoiles filantes dans le ciel.
Tiens, la D.C.A. est alertée.
Daillière reprend le large pour lui donner le temps de se calmer.
Lorsqu'il se représente, un quart d'heure plus tard, un épais nuage complice s'est formé au-dessus du rivage.
Il s'y glisse subrepticement, et cap au sud, jusqu'à Berlin.

Il était environ minuit quand le JULES VERNE arriva dans la banlieue nord.
Il n'était pas question, on y tenait beaucoup, de venir bombarder les quartiers habités, et l'objectif choisi avait été pris en dehors de la ville : les grandes aciéries Siémens.
Daillières ne voulait pas de bavures.
Pour être plus sûr de lui, il revint trois fois sur ses pas.
Satisfait enfin de ses repères, il donna l'ordre de bombarder.
Par la porte ouverte, Corneillet précipita d'abord à la main les trente grosses bombes incendiaires que Deschamps lui dégoupillait.
Quant elles y furent passées toutes, il en réclama d'autres.

- Je n'en ai plus, fit son camarade.
- Tant pis, passe-moi mes godasses que je les leur f.... sur la gueule !

Un sillon de feu jalonnait maintenant l'objectif.
Daillièr se représenta une dernière fois pour lâcher les huit bombes explosives de 2220 kilos.
Ça y est ! Filons!

Il n'était pas loin de deux heures du matin et l'aube n'allait plus beaucoup tarder.
Pas assez d'essence pour rentrer par le même chemin.
Pas assez de vitesse pour déjouer la chasse allemande qui l'attendrait dès les premières lueurs, sur tout le trajet qui le séparait du front de l'Aisne.
Bref, il n'y avait pas le choix.
Suivi par les projecteurs allemands, caracolant dans le ciel pour dérégler le tir de la D.C.A., le JULES VERNE filait vers le front.
Le jour n'était pas levé encore lorsque les lueurs du canon soulignèrent le champ de bataille.
L'ennemi préparait son attaque entre Reims et Soissons.
Volant en rase-mottes, le Farman passa comme une fleur.
Mais un autre danger apparut bientôt sur les jauges d'essence qui baissaient dangereusement. Daillière, à tout hasard, fit endosser les parachutes et reprendre de l'altitude.
Précautions superflues.
Bientôt Comet put reconnaitre les pylônes de TSF d la station de Saint-Amand, puis le cours de la Seine.
A 5H10 Yonnet, dans un atterrissage impeccable, posait sur le terrain d'Orly le JULES VERNE rigoureusement indemne.

Mis en goût par cett réussite, on renvoya le JULES VERNE sur Rostock deux jours plus tard.
Puis il fallut s'occuper des Italiens, qui venaient de nous déclarer la guerre.
Le 1er juin, Daillière s'en fut bombarder les chantiers de Porto-Maghere, près de Venise.
Il fit même le crochet par Rome.
Non pour y jeter des bombes, ce n'était pas un vandale, mais seulement pour un lâcher de tracts.
Aventure qui faillit mal se terminer pour Corneillet qui répandait les paquets de tracts par la porte d l'avion.
Un sac entier de ces papiers faillit l'entrainer avec lui, et il serait passé par-dessus bord si Deschamps ne l'avait retenu à la dernière seconde.

- Deschamps, dit-il, le pape ! Vois-tu que mon sac lui soit tombé sur la tête !...

Goering avait juré à Hitler que jamais un avion ennemi ne se risquerait sur Berlin.
Les quelques alertes données à la capitale de l'Allemagne n'avaient jamais été suivies d'effet.
C'est pourquoi ces premières bombes tombées dans son ciel en pleine euphorie de victoire, dans la nuit du 7 au 8 juin 1940, eurent une résonance désagréable.
Avec quelques satisfaction, l'Amirauté Française fit publier le communiqué suivant : "Une formation de l'aviation maritime a bombardé Berlin la nuit dernière."
On ne précisait pas qu'il n'y avait qu'un seul appareil...
Mais au fait, une formation, cela peut bien ne comporter qu'un avion !

La France était bien mal en point, mais les aviateurs de la marine avaient relevé le gant.
Même les Anglais attendront encore des semaines avant de venir bombarder la capitale du Reich, puisque ce n'est que le 29 aout suivant que la Royal Air Force s'y présenta pour la première fois.

Évidemment, il y eut d'autres raids par la suite.
Mais n'est ce pas, ici comme ailleurs, avant tout le premier qui compte ?

En hommage à l'aéronautique navale.

TUR2

Anonymous
Invité
Invité

histoire - Aéronavale Empty Re: histoire - Aéronavale

Message par Invité le Sam 28 Mar 2009 - 18:45

L'OE Queugniet,retiré à Hyeres,encore moniteur à l'Aéroclub du Var à plus de 70 ans.Il est dcd aux environs de 1970.

    La date/heure actuelle est Lun 18 Jan 2021 - 7:20